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	<title>Leaule &#187; Mélomanie</title>
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	<description>Ode au temps jadis.</description>
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		<title>Odz Manouk / Tukaaria</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Sep 2011 10:37:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Mélomanie]]></category>
		<category><![CDATA[Black Metal]]></category>
		<category><![CDATA[Black Twilight Circle]]></category>
		<category><![CDATA[Rhinocervs]]></category>

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		<description><![CDATA[Les deux groupes californiens Odz Manouk et Tukaaria unissent leur art la durée d’un excellent split édité par Rhinocervs Records, label entretenant des liens étroits avec le Crepúsculo Negro, du fait qu’il édite parfois certaines formations du Black Twilight Circle. Rhinocervs, qui produit des œuvres au format cassette, s’intéresse donc à des groupes méconnus dotés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les deux groupes californiens Odz Manouk et Tukaaria unissent leur art la durée d’un excellent <em>split</em> édité par Rhinocervs Records, label entretenant des liens étroits avec le Crepúsculo Negro, du fait qu’il édite parfois certaines formations du Black Twilight Circle. Rhinocervs, qui produit des œuvres au format cassette, s’intéresse donc à des groupes méconnus dotés d’un caractère certain, musicalement semblables à ceux du Black Twilight Circle, néanmoins sans mettre en exergue les revendications indigènes ni l’iconographie inspirée par les civilisations précolombiennes. L’association entre Odz Manouk et Tukaaria ne trahit pas cet engouement pour un Black Metal unique, façonné par de remarquables talents. Des rumeurs appuyées veulent que le label lui-même soit tenu par les musiciens de Tukaaria et d’Odz Manouk et que ce soit eux qui composent les titres anonymes qui parsèment les productions de Rhinocervs.</p>
<p>Tukaaria, dont le nom signifie «&nbsp;nuit&nbsp;» dans la langue d’une race amérindienne, située au nord du Mexique et au sud des États-Unis, appelée Yaqui, contribue à ce <em>split</em> grâce à trois titres habiles. Le premier, <em>Mythology</em>, possède un son étouffé, qui confère une atmosphère feutrée au titre. La musique, contrastant avec l’émergence de la voix, grave et sépulcrale, est dotée d’une certaine légèreté. La batterie égrène son rythme répétitif tandis que la guitare rivalise de beauté s’unissant dans un savant contraste avec la voix, également sublime. Tandis que la voix s’apaise dans un râle, l’air acquiert une légèreté inaccoutumée, s’élançant vers des aigus uniques. Entraînante et fascinante, l’interprétation des instruments est bientôt accompagnée de discrets chœurs fantomatiques qui viennent rehausser l’aspect sinistre de la voix. Le rythme acquiert imperceptiblement une certaine rapidité, avant de reprendre sa vitesse initiale, ponctuant la voix sévère de ses notes légèrement aigrelettes. Une voix sépulcrale paraît, effacée et lointaine, donnant à ce titre une richesse insoupçonnée et une indéniable profondeur. La guitare égrène soudain sa partition répétitive semblable à celle de la batterie, notes étranges et singulières au sein d’un titre prométhéen, révélant l’ampleur de sa variété, tandis que la voix poursuit, imperturbable, ses cris étouffés, parfois difficilement perceptibles, perdus dans ce déferlement musical fantastique. Le râle puissant qui conclut le titre s’abrège soudain sur une sobre note de guitare.</p>
<p>D’une tonalité menaçante et effrayante, le deuxième titre, <em>Suspensions</em>, commence avec une batterie fulminante ponctuée de sons métalliques semblables aux chaînes entrechoquées d’un prisonnier. La voix surgit soudain, parfaitement cohérente avec la musique effrayante. Soudain, une guitare chargée de sonorités positives surgit avec espoir, avant de pleinement se joindre à la batterie. Les râles sombres contrastent avec les sonorités insouciantes de la guitare, qui s’efforce de quitter le maelström musical provoqué par une batterie hystérique. Le rythme ralentit sensiblement, cesse avec un son métallique, puis reprend avec une vigueur redoublée, ponctuée de son psychédéliques et, surtout, de la guitare devenue impérieusement fiévreuse, tandis que la voix semble comme poursuivie par des échos effrayants, qui deviennent bientôt des cris fantomatiques. Le rythme poursuit néanmoins sa course effrénée comme la voix, imperturbable, qui scande rageusement, dans ce déferlement musical où la guitare virtuose semble animée d’une existence unique et s’affranchit enfin du rythme, qu’elle domine de son habileté et de son aigreur.</p>
<p>Le troisième titre de Tukaaria, intitulé <em>Memory of an Extinct Race</em> commence avec cette même guitare virtuose qui enchaîne avec un <em>riff</em> d’envergure. La voix apparaît ensuite, infiniment sépulcrale, entonnant un air d’une grande ingéniosité, entrecoupé de silences inquiétants et de râles expressifs, ponctués par les notes vives et variées de la guitare, qui néanmoins entonne régulièrement son oppressant couplet. La batterie, quant à elle, alterne rapidité et lenteur, force et douceur, avec une expressivité inaccoutumée pour un tel instrument. Révélant sa force, la voix use de cris déments et rauques qui viennent embellir la prestation des instruments, d’une grande richesse, rehaussée de légers chœurs. Finalement, le titre s’achève sur une aporie progressive du son, concluant avec talent la prestation de Tukaaria.</p>
<p>Odz-Manouk est un personnage de la mythologie arménienne et le fils d’un couple royal imaginaire. Ce singulier fils, à la naissance, était un gigantesque serpent. Enfermé dans une chambre dissimulée du palais, il se nourrissait exclusivement de jeunes vierges. Un jour, la belle Arevhat fut enlevée pour nourrir Odz-Manouk, mais lorsque le roi se rendit dans la chambre afin de vérifier s’il s’était sustenté, il réalisa avec stupéfaction qu’Arevhat était intacte et que le serpent s’était métamorphosé en un magnifique jeune homme. Comme il se doit, il épousa Arevhat et le couple dirigea bientôt le royaume arménien. Odz Manouk débute avec <em>The Scavenger</em>, qui commence sur une tonalité oppressante et répétitive. La voix de Yagian, le créateur d’Odz Manouk, contraste néanmoins parfaitement avec celle de Tukaaria, car elle est aiguë, insistante et sépulcrale. La guitare ponctue l’interprétation de trois notes originales et répétées qui s’intercalent avec les couplets proférés de la voix menaçante et appuyée. Progressivement, la musique subit des variations sensibles, soigneusement élaborées, orchestrées principalement par une guitare virtuose. La voix gagne en force et en expressivité, tandis que la guitare entame des notes éthérées et discrètes dont la sonorité rappelle l’orgue. Soudain, la musique cesse complètement, puis reprend avec une verve similaire, enfin entame une séquence caractérisée par une lenteur sentencieuse où la voix devient grave et gutturale. La musique s’atténue et s’amenuise, jusqu’à ce que seule la guitare puisse conclure cet éloquent titre.</p>
<p>Le <em>split</em> s’achève avec <em>The Sloth</em>, où la batterie et la guitare entament un rythme particulièrement convaincant, aux intonations magistrales et semblables au Doom Metal. La voix révèle une énième facette de son interprétation en lançant un cri sinistre et grave. La guitare poursuit cependant son <em>riff</em> d’excellente facture, mais soudainement, se change en un air de véritable Black Metal, bientôt accompagné d’une batterie dont la ferveur est caractéristique. La voix reprend son incantation, agrémentée d’un subtil écho. Le rythme ralentit tandis que la voix éructe ses cris, ponctuée d’un discret chant clair. La guitare entame un air superbe, soigneusement appuyé, toujours doté d’une sensibilité Doom. La voix éraillée cesse, bientôt remplacée par une voix claire saisissante, mais renaît bientôt, dans un rire satanique. La musique cesse, remplacée par un air psychédélique aux sonorités métalliques et éthérées, rappelant encore l’orgue, concluant de façon magistrale ce <em>split</em>.</p>
<p>Tukaaria et Odz Manouk livrent donc un <em>split</em> de qualité, soigneusement élaboré et magistralement interprété, qui révèle la richesse musicale de ces deux excellents artistes.</p>
<p class="alinea">Extraits en écoute&nbsp;:</p>
<p></p>
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		<title>Bloodflower</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Aug 2011 21:34:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Mélomanie]]></category>
		<category><![CDATA[Black Metal]]></category>
		<category><![CDATA[Black Twilight Circle]]></category>

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		<description><![CDATA[L’excellent EP de Blue Hummingbird on the Left est édité par le Crepúsculo Negro, un label recueillant des artistes américains d’origine mexicaine, qui appartiennent au Black Twilight Circle, fascinés par les mythologies inca et aztèque. L’esthétique de ces groupes généralement talentueux est donc inspirée par la religion cosmique mésoaméricaine, par son panthéon singulier, et, en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’excellent EP de Blue Hummingbird on the Left est édité par le Crepúsculo Negro, un label recueillant des artistes américains d’origine mexicaine, qui appartiennent au Black Twilight Circle, fascinés par les mythologies inca et aztèque. L’esthétique de ces groupes généralement talentueux est donc inspirée par la religion cosmique mésoaméricaine, par son panthéon singulier, et, en ce qui concerne Blue Hummingbird on the Left, par la divinité Huitzilopochtli, le colibri de la gauche du titre, divinité solaire de la guerre parée de plumes de colibri, ces oiseaux représentant les âmes des combattants défunts qui accompagnent l’astre solaire. La gauche symbolise, dans la mythologie aztèque, le séjour des morts, duquel dépendent les guerriers défunts. Huitzilopochtli est la divinité protectrice des Aztèques, qui lui consacrèrent d’innombrables sacrifices humains afin de bénéficier de son énergie solaire et de sa protection virile. Férus de nationalisme mexicain, Coapahsolpol, Yayauhqui, Tlacelel et Yecpaocelotl, les quatre artistes de Blue Hummingbird on the Left, y insèrent le thème guerrier du dieu colibri Huitzilopochtli. Musicalement, leur EP de trois titres, intitulé <em>Bloodflower</em>, évoque un Black Metal puissant, agrémenté de touches légères et obsédantes, imprégné d’un caractère unique.</p>
<p>Le premier titre, <em>Cuauh Youalli</em> évoque l’aigle, symbole des grands guerriers aztèques qui se paraient des plumes de l’oiseau majestueux. S’initiant sur un rythme étouffé et puissant, à la rapidité frénétique, le titre s’apaise rapidement avec l’arrivée de la guitare, accompagnée de sons aigus de sifflets qui évoquent les cris d’un aigle furieux. La batterie reprend son rythme initial, impitoyable et impérieux. La voix, grave et rauque, surgit, avec ses hurlements saccadés et expressifs. Essoufflé, le rythme regagne son intensité tandis que la voix rageuse éructe en de brefs halètements ses cris farouches. Le sifflet retentit à nouveau, tandis que surviennent des tambours au rythme martial, scandant l’entrée en guerre des guerriers aigles sanguinaires. <em>Cuauh Youalli</em> rappelle l’élite guerrière des cuāuhpipiltin lors d’un conflit sanglant, ponctué des cris volontaires des soldats et des sons de tambours virils, sous la protection céleste de l’aigle glatissant. Cet aigle symbole de virilité et de courage, dont les ailes sont illuminées, est l’aigle solaire qui, lors de la Création, éleva le soleil dans les cieux et s’en brûla les ailes.</p>
<p><em>Southern Rules Supreme</em> évoque l’entrée en guerre des légions solaires en un tableau martial agrémenté des divinités aztèques qui veillent sur les guerriers. Il débute sur un rythme effréné ponctué de cris semblables aux hululements de quelque nyctalope furieux. Le sifflet, surgissant soudain, imite le cri de quelque oiseau alerté, avant que la voix, suivant les sifflements légers, ne décrive justement le contraste entre le calme de la nature et la proximité de l’assaut des guerriers, entre la vie fourmillante de mille animaux et la mort prochaine des combattants&nbsp;: «&nbsp;<em>Yet, the birds still sing their songs, songs of life as our lord rises and signals the Attack!</em>&nbsp;» Le rythme éminemment martial accompagne la voix, rauque et emportée tel un cri de guerre, dans la description du combat. Tandis que les coups mortels fusent, symbolisés par les notes cruelles et rageuses de la guitare et les ponctuations effrénées de la batterie, les oiseaux font entendre, grâce au sifflet, leur mélodie aigrelette, alors que la voix poursuit son récit à la gloire des divinités guerrières. «&nbsp;<em>The hummingbird of the south, Signals of smoke, mirror the battlefield eagles scout northern plains jaguars advance, target, Slay!</em>&nbsp;» Le conflit est humain, animal et divin, impliquant des forces naturelles et surnaturelles, présentes dans la musique, sauvage, combattive et sublime, qui décrit farouchement le déroulement de la bataille, bataille acharnée de surhommes dont le corps tendu s’harmonise avec la nature afin de grandir en férocité et en force. D’une démente expressivité, la musique place l’auditeur au sein de la guerre, entre le vol d’une chouette effarouchée et le coup d’épée d’un guerrier mourant dont l’âme rejoindra bientôt le discret colibri.</p>
<p>Le dernier titre, <em>Bloodflower</em>, débute avec une guitare rageuse, suivie par une batterie frénétique dans la continuité du titre précédent. Les exclamations gutturales accompagnent la musique en une narration soutenue, expressive et élégante, ponctuée d’un léger écho, évocation éthérée du trépas d’un valeureux guerrier, dont l’âme, bénie des dieux pour son courage et sa valeur, est emportée dans les airs par le colibri bleu&nbsp;: «&nbsp;<em>I hear birds who cry out like flutes, my heart beats along with the blue hummingbird</em>&nbsp;». Les <em>riffs</em> expressifs de la guitare soulignent, de par leur tension, l’envolée de cette âme vers le soleil qui nourrira bientôt le colibri lors de l’éclosion des fleurs nouvelles.</p>
<p><em>Bloodflower</em> est donc un triptyque évocateur qui s’écoute comme trois tableaux traitant de la guerre, de la préparation nocturne sous la protection de l’aigle à la mort des braves dont l’âme est choyée par le colibri funèbre, sans oublier le conflit, sous l’œil des animaux et volatiles qui jugent la valeur des guerriers. La richesse thématique et mythologique de Blue Hummingbird on the Left est servie par une musique puissante, élégante et cruelle, dotée d’un immense caractère et ponctuée par des sifflets qui évoquent la présence des oiseaux aztèques. <em>Bloodflower</em> compte parmi les œuvres géniales du Black Twilight Circle, dont la qualité et le caractère sont évidents. Nous conseillons donc fermement l’écoute de cet EP parfait, dont l’expressivité parvient à exacerber l’imagination.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Bloodflower2a.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Bloodflower2a.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Bloodflower2a-500x375.jpg" alt="Blue Hummingbird on the Left - Bloodflower&nbsp;: versions sur vinyle 7″." title="Blue Hummingbird on the Left - Bloodflower&nbsp;: versions sur vinyle 7″." width="500" height="375" class="aligncenter size-medium wp-image-10539" /></a></p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Bloodflower2b.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Bloodflower2b.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Bloodflower2b-500x375.jpg" alt="Blue Hummingbird on the Left - Bloodflower&nbsp;: édition régulière sur vinyle 7″." title="Blue Hummingbird on the Left - Bloodflower&nbsp;: édition régulière sur vinyle 7″." width="500" height="375" class="aligncenter size-medium wp-image-10540" /></a></p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Bloodflower2c.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Bloodflower2c.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Bloodflower2c-500x375.jpg" alt="Blue Hummingbird on the Left - Bloodflower&nbsp;: édition spéciale sur vinyle 7″." title="Blue Hummingbird on the Left - Bloodflower&nbsp;: édition spéciale sur vinyle 7″." width="500" height="375" class="aligncenter size-medium wp-image-10541" /></a></p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Bloodflower2d.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Bloodflower2d.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Bloodflower2d-500x375.jpg" alt="Blue Hummingbird on the Left - Bloodflower&nbsp;: test press du vinyle 7″." title="Blue Hummingbird on the Left - Bloodflower&nbsp;: test press du vinyle 7″." width="500" height="375" class="aligncenter size-medium wp-image-10542" /></a></p>
<p class="alinea">Extrait en écoute&nbsp;:</p>
<p></p>
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		<title>Demo 2</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Aug 2011 18:50:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Mélomanie]]></category>
		<category><![CDATA[Black Metal]]></category>

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		<description><![CDATA[Le groupe suédois Octinomos est constitué de Frederik Söderlund, un des membres de Puissance, groupe de musique industrielle fasciné par les thèmes de l’holocauste nucléaire et de l’humanicide, et d’un membre d’Arditi, Mårten Björkman, un groupe d’ambiant porté sur la matière militaire. Ces deux artistes de tendance néoclassique se sont réunis afin de créer Octinomos, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le groupe suédois Octinomos est constitué de Frederik Söderlund, un des membres de Puissance, groupe de musique industrielle fasciné par les thèmes de l’holocauste nucléaire et de l’humanicide, et d’un membre d’Arditi, Mårten Björkman, un groupe d’ambiant porté sur la matière militaire. Ces deux artistes de tendance néoclassique se sont réunis afin de créer Octinomos, dans un style musical différent, le Black Metal. L’auditeur s’attendrait presque à ce que cette production soit pétrie du genre usuellement pratiqué par eux, une musique soignée aux orchestrations raffinées, or Octinomos est un Black Metal cru, généralement classique, hormis quelques originalités présentes dans certaines de leurs productions ultérieures. Leur Black Metal est certes soigneusement élaboré, avec recherche, souci du détail et esthétique, mais néanmoins simple, reposant sur l’incessante répétition de <em>riffs</em> similaires et le respect obséquieux des principes du genre. La démo, intitulée <em>Demo 2</em>, est, contrairement à ce que son titre indique, la première démo éditée par Octinomos. Le duo y révèle des aptitudes inattendues dans le domaine du Black Metal et s’approprie ses conventions afin de fournir quatre titres classiques mais talentueux, dotés d’une esthétique soignée.</p>
<p>Le premier titre, <em>Still Those Stars Shine</em>, commence par un <em>riff</em> éculé mais néanmoins savamment réalisé, rapidement accompagné par la voix flûtée du chanteur, qui se répand en râles incessants. L’air repose sur la répétition, mais son élaboration est néanmoins harmonieuse, tandis que le chanteur émet des plaintes d’une voix progressivement acérée. Exaltée, la musique l’accompagne dans ses cris rageurs, formant un léger contraste d’un goût certain, qui s’achève de façon abrupte, enchaînant sans transition avec le deuxième titre.</p>
<p><em>From the Sky</em> débute avec un rythme reposant sur la lenteur, mais qui soudainement s’agite et se précipite dès l’apparition de la voix hurlante. La guitare, cristalline et enjouée, évoque subtilement la musique d’un orgue, justement accompagnée par de discrètes notes de clavier qui en évoquent la sonorité sépulcrale. Cette délicatesse presque harmonieuse contraste avec la batterie, d’une violence insoupçonnée, tandis que la voix s’abandonne à des râles dont la virulence surpasse celle du titre précédent, dotée de légères tonalités nasales. Des bruits indéterminables, semblables à des clapotis aquatiques souterrains, confèrent à ce titre une sonorité étrange et maléfique, amplifiée par la musique, qui oscille entre la démence et la douceur de façon imprévisible. La voix s’accorde aux caprices de cette musique protéiforme et astucieuse, dont le rythme passe de la lenteur à la frénésie, avec une nuance d’exaltation et d’enjouement, qui contraste avec les menaces d’un cadre musical inquiétant.</p>
<p><em>Iniuira</em> reprend la sonorité aigre des précédents titres. La musique, tantôt volubile tantôt répétitive, accompagne la voix dont les grognements rauques sont d’une grande variété. Un air apaisé accompagne un cri rauque, avant de soudainement se reprendre, avec une batterie frénétique, qui encourage la voix à éructer ses cris répétés et expressifs. La guitare semble acérée comme la voix, formant un surprenant dialogue, ponctué par l’ire irrépressible de l’insaisissable batterie. Les râles se suivent, uniques, tantôt graves, tantôt aigus, brefs, longs, sinistres, jubilatoires, ils semblent emportés par ce flux musical incessant, dont les secondes de repos ne sont que des accalmies avant des redoublements d’intensité, et qui finit par périr dans un bref écho.</p>
<p><em>The Demiurge</em>, dernier titre de la démo, possède un rythme rapide, reposant sur une base musicale similaire à celle des trois titres précédents. La voix semble comme transportée par cette ultime performance, révélant davantage encore la richesse de sa palette et exaltant ses interminables râles d’une profonde expressivité. Elle semble enfin surpasser l’opulence musicale qui l’accompagne, cette dernière étant comme maîtrisée, enfin, par la voix, d’une force inouïe, semblable à quelque infernal gouffre dans lequel l’auditeur est précipité. Les instruments s’abandonnent à des séquences rythmiques répétitives afin de rehausser davantage ses râlements nasaux. Menaçants et brefs, ils confèrent un sentiment de profondeur musicale effrayant, comme si le titre était interprété de quelque abîme mystérieux, au creux de l’antre d’un démon qui ne serait autre que cette voix, révélant enfin pleinement son expressivité, avant de s’éteindre dans un dernier remarquable cri.</p>
<p><em>Demo 2</em> est donc une œuvre plaisante, reposant sur les conventions du Black Metal, dénuée de remarquable originalité, mais néanmoins talentueusement interprétée, avec expressivité et sensibilité.</p>
<p class="alinea">Extrait en écoute&nbsp;:</p>
<p></p>
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		<title>2010 Demo</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Aug 2011 15:17:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Mélomanie]]></category>
		<category><![CDATA[Doom Metal]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est difficile d’exprimer pleinement l’enthousiasme que nous procure ce groupe, natif de l’Arkansas, sinistrement et dignement dénommé Pallbearer. Sa première démo, sobrement intitulée 2010 Demo, dissimule, derrière son titre austère et sa pochette funèbre, trois titres d’un Doom Metal à l’excellence telle que nous pouvons considérer la démo comme l’une des meilleures œuvres du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est difficile d’exprimer pleinement l’enthousiasme que nous procure ce groupe, natif de l’Arkansas, sinistrement et dignement dénommé Pallbearer. Sa première démo, sobrement intitulée <em>2010 Demo</em>, dissimule, derrière son titre austère et sa pochette funèbre, trois titres d’un Doom Metal à l’excellence telle que nous pouvons considérer la démo comme l’une des meilleures œuvres du genre. Pallbearer mérite déjà de siéger parmi les véritables souverains du Doom Metal que sont Candlemass, Black Sabbath et Solitude Aeturnus, afin de ne citer que cet éloquent triptyque dont Pallbearer semble s’inspirer. Aucun terme n’est suffisamment puissant pour exalter le déferlement intense d’émotions causé par l’écoute de <em>2010 Demo</em> et la transe mélancolique provoquée par ces airs hypnotiques d’une facture éminente, parfaite et prodigieuse, à l’expressivité exacerbée et à l’intensité telle qu’elle captive l’âme frissonnante et suscite des tremblements corporels. </p>
<p>L’auditeur est spontanément fasciné par le rythme lent et lourd, les <em>riffs</em> pénétrants et délicats de la guitare et, enfin, la voix suave et subtilement nasale du chanteur, Brett Campbell, semblable à celle d’Ozzy Osbourne, l’insigne chanteur de Black Sabbath et de Dan Fondelius, de Count Raven, préservant néanmoins sa particularité, son caractère éthéré et délicat d’ange mélancolique qui s’accorde avec la musique sans pourtant la dominer, avec une précision de nuances remarquable et un goût d’une invraisemblable perfection. La voix complète donc la musique et lui confère son aspect poétique et déchirant, dans un équilibre érudit, qui souligne la considérable puissance évocatoire de ce triptyque remarquable, confondant majesté et mélancolie avec intelligence, technique et supériorité. </p>
<p>La vigueur et la virilité de cette considérable démo est savamment pondérée par cette particularité qui confère à Pallbearer sa beauté fascinante, cette sérénité désabusée d’une finesse inégalée, cette sagace connaissance de l’âme et de l’alchimie hermétique qui règne entre elle et la musique, dont la cabalistique harmonie seule parvient à l’écarteler dans une abondance déchirante d’émotions. Ces druides occultes, versés dans une poésie oubliée, ne sont guère les fossoyeurs de l’âme&nbsp;; ils en sont les rédempteurs qui épanchent, grâce à des rites précis et gracieux, les douleurs humaines. Révélateur des affligés et des tourmentés, Pallbearer use d’une tendre et miséricordieuse catharsis qui désenchaîne l’âme et délivre Prométhée de son éternel supplice. La véritable beauté mélancolique de <em>2010 Demo</em> est une expérience de l’extase poétique. La sublimité sépulcrale de ce sacrement initiatique est impossible à dépeindre sans que sa magnificence en soit altérée.</p>
<p><em>The Legend</em> s’ouvre sur des notes de guitare qui initient cette catabase dans les tréfonds de l’âme. Le rythme, pesé avec une savante exactitude, est souligné par un crescendo éloquent, puis ponctué par la batterie, qui en souligne les accords désabusés. Immédiate et exacte, la beauté surgit des ténèbres de ces instruments funèbres dont les notes névrosées annoncent un Doom Metal d’une grande pureté, soulignant l’indolence sépulcrale du rythme et l’insistante profondeur des instruments. La puissance n’est guère dénuée d’harmonie et le rythme est posé, dans de talentueuses variations, qui précèdent la voix. Voix plaintive, presque effacée, mais mélodieuse et d’une infinie douceur, qui contraste avec la sonorité fougueuse de la guitare. Vibrante et implorante, la voix révèle, dans une interprétation parfaite, sa beauté éthérée. La batterie et la basse confèrent un arrière-plan digne des grandes œuvres du Doom Metal à ce titre sublime et leur force est souvent révélée lors de séquences astucieusement disposées. La composition savante permet d’exalter la suave légèreté de la voix, rehaussée dans un mystérieux contraste par la grande intensité des instruments.</p>
<p>Le deuxième titre, intitulé <em>Devoid of Redemption</em>, s’annonce également comme un chef-d’œuvre du Doom Metal. Équilibre et puissance s’unissent afin d’élaborer un titre à l’eurythmie parfaite. Les phrases musicales s’enchaînent de façon soignée, sur un rythme solide, tel un atlante vigoureux, afin de soutenir cette voix sans cesse dressée vers les cieux, tel un ange aux ailes brisées. Presque lointaine, comme agrémentée d’une subtile résonnance, elle déclame avec d’esthétiques gémissements son douloureux poème. Néanmoins, elle se révèle alternativement acerbe, ironique, désabusée et caressante, dans un contraste d’émotions remarquable. Elle déploie, avec ces magnifiques variations, sa grande expressivité. Captivés par ces émotions, les instruments deviennent menaçants, avec des sonorités cruelles et hypnotiques, avant de reprendre leur rythme habituel. La voix, soudainement défigurée, devient ensuite métallique, elle se dédouble, se déforme, puis meurt dans l’écho d’un véritable déchirement, tandis que la batterie égrène de façon imperturbable son rythme d’insensible bourreau. La guitare succède à la voix dans un <em>riff</em> talentueux, mais les clameurs désespérées reprennent, avec une intensité nouvelle, dans une surprenante et inattendue renaissance, pour enfin s’épuiser tandis que le rythme ralentit sensiblement. L’interminable titre s’achève enfin, dans l’agonie mesurée de l’épuisement et de l’aporie. </p>
<p>La démo se clôt avec <em>Gloomy Sunday</em>, la reprise éponyme de la célèbre chanson hongroise du début du siècle dernier. Cette œuvre aurait de fait provoqué d’innombrables suicides depuis sa création. Elle évoque tristement un amant désireux de se suicider afin de retrouver l’être aimé dans la mort. Souvent reprise de façon malheureuse, cette chanson ne semblait guère attirer les musiciens pratiquant le Doom Metal. Le sujet, morbide et dépressif, était pourtant prédestiné aux adeptes de ce genre, dont les thèmes de prédilection sont notamment la dépression et le suicide. Jusqu’à Pallbearer, l’aura saisissante de cette chanson semble cependant avoir rebuté les artistes. Néanmoins, Pallbearer a décidé de soumettre sa version de l’air hongrois, une version d’une implacable puissance, autrement plus évocatrice que l’interprétation bêlante et apathique de Billie Holiday. Dans la version de Pallbearer, la batterie virile et la guitare puissante remplacent le piano amorphe et le saxophone nonchalant, imposant un rythme captivant, infiniment plus expressif et dramatique. La mélancolie itérative de l’interprétation intensifie le caractère tragique et dépressif de l’œuvre. </p>
<p>L’aisance avec laquelle les musiciens s’approprient la chanson révèle que <em>Gloomy Sunday</em> était façonnée pour le Doom Metal et, près d’un siècle après la création de cette chanson, elle parvient enfin à révéler pleinement sa beauté, sa subtilité et sa tristesse, grâce à l’interprétation sublime de Pallbearer. La force incomparable de l’instrumentation permet d’exprimer de multiples sentiments, comme le désespoir, le désenchantement, la détermination et la tristesse. Sa verve inclut un ressenti semblable à quelque rage sourde face à l’injustice de l’existence. La voix exalte avec une profonde beauté la palette de ces émotions&nbsp;; douce et éthérée, dotée d’une intensité inégalée, elle exécute avec une expressivité et une aisance inouïes cet air périlleux qui nécessite justesse et caractère de la note introductive à la note conclusive. Cette interprétation magistrale est absolument parfaite et d’un équilibre exemplaire. Parfois maniérée et sombre, parfois éraillée et farouche, parfois aigüe et implorante, parfois même ornée, dans ses implorations désespérées, d’un discret vibrato qui ponctue élégamment les phrases, la voix révèle ses aptitudes avec une retenue et une rectitude singulières. Sa volubilité contraste avec les instruments, puissants et constants, qui accompagnent funèbrement les plaintes de la voix, apposant à chaque note le sceau de l’issue inéluctable symbolisé par le serment de suicide prononcé par le chanteur&nbsp;: «&nbsp;<em>Angels have no thought of ever returning you would they be angry if I thought of joining you?</em>&nbsp;». Magnifique et massif, ce titre clôt souverainement cette démo qui abandonne l’auditeur à la réminiscence mélancolique de cette véritable beauté musicale.</p>
<p>Pallbearer n’est donc définissable que comme l’éloquente allégorie de cette religion de l’âme qu’est le Doom Metal. Lucifer à la diabolique distinction, Hécate à l’angoisse lunaire, Pallbearer incarne la plainte gémissante des damnés au sein d’une nature à la solennité de cathédrale gothique. Magnifique et monumental, <em>2010 Demo</em> est un prodige musical, une merveille à préserver et à chérir au creux de son âme, un baume pour les instants d’affliction, un aromate, un encens précieux qui confère à l’existence son caractère thaumaturgique et dont les émanations permettent de saisir le sens occulte de la vie. L’écoute de ce triptyque éloquent provoque chez l’auditeur une transe révélatrice grâce à laquelle il entrevoit l’immoralité de l’âme dans une démarche platonicienne qui ouvre l’individu aux beautés impalpables de la divinité.</p>
<p>Il existe, de <em>2010 Demo</em>, deux éditions de format CD&nbsp;; un premier pressage à 120 exemplaires sur CD-R orné d’une pochette sérigraphiée et un second pressage sur le même support, dont la quantité est limitée, disponible à la vente lors des différents concerts du groupe. Nous possédons cette dernière version. S’ajoutent enfin deux éditions cassette. Le label Deathsmile a édité une première version à 66 exemplaires, puis un second pressage à 100 exemplaires avec une présentation améliorée figurant sur la photographie ci-dessous. Enfin, Pallbearer distribue généreusement une version mp3 de l’intégralité de la démo en téléchargement libre, version disponible en écoute à la fin de cette recension.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Pallbearer-2010-Demo.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Pallbearer-2010-Demo.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Pallbearer-2010-Demo-500x375.jpg" alt="" title="Nos versions de la démo 2010 de Pallbearer, badges et sticker." width="500" height="375" class="aligncenter size-medium wp-image-9193" /></a></p>
<p class="alinea">Démo en écoute&nbsp;:</p>
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		<title>The Almighty</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Jul 2011 10:52:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Mélomanie]]></category>
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		<description><![CDATA[Nauthis est un obscur groupe de Black Metal suédois qui ne produisit qu’une seule création, la démo The Almighty qui nous intéresse précisément. Il est navrant, à l’écoute de cette talentueuse démo, de constater que le groupe ne façonna d’autre ouvrage. La démo est néanmoins équilibrée, dotée de quatre titres dont une ouverture, dotés d’une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nauthis est un obscur groupe de Black Metal suédois qui ne produisit qu’une seule création, la démo <em>The Almighty</em> qui nous intéresse précisément. Il est navrant, à l’écoute de cette talentueuse démo, de constater que le groupe ne façonna d’autre ouvrage. La démo est néanmoins équilibrée, dotée de quatre titres dont une ouverture, dotés d’une fort cohérence musicale.</p>
<p><em>War</em> est donc le titre introductif de la démo. Il débute avec le rythme répétitif et appuyé d’une guitare, soulignée par une basse solennelle. Une voix sépulcrale et satanique scande quelques imprécations avec lenteur.</p>
<p>Le contraste avec le titre suivant, <em>The Evil Dark</em>, est saisissant. Ce second titre repose sur un rythme rapide et frénétique, appuyé par la véhémence d’une boîte à rythme effrénée. La guitare enchaîne des notes répétitives et furieuses tandis que la voix révèle l’étendue de sa palette. Il arrive qu’elle soit rehaussée par la délicatesse d’un léger écho qui confère une certaine profondeur au chant. Parfois, elle s’accompagne des râles sataniques présents dans le titre introductif, qui suggère la schizophrénie et la damnation. Le titre est donc presque composé comme un véritable chant à deux voix, dont l’originalité est manifeste. La voix est rauque et virile, dotée d’une véritable puissance évocatrice. Lorsque la voix cesse momentanément son agonie, la musique semble comme entraînée dans une tempête, dont la virulence est accentuée par les notes orageuses de la guitare, qui exaltent la folie et la claustration. La voix est alors semblable à celle de quelque forçat, de quelque forcené, qui fulmine de sa prison physique et mentale. L’insanité même s’exalte dans ce titre expressif, doté d’une composition soignée et élaborée.</p>
<p>Le troisième titre <em>The Almighty</em>, titre éponyme, joue davantage sur la rapidité du rythme et sur la variété des airs. La guitare s’exprime pleinement et use de l’ensemble des airs traditionnels du Black Metal. La boîte à rythme continue son imperturbable martèlement, présentant un savant contraste entre son rythme constant et les circonvolutions changeantes de la guitare. La voix, présente dès la première seconde du titre, scande de façon enlevée son agonie, toujours subtilement accompagnée de l’écho qui la poursuit, soulignant l’omniprésence diabolique de Satan. Elle enchaîne sa complexe partition avec une étonnante aisance. Le titre s’achève avec les cris sataniques de cette voix présente dans le titre introductif, qui hante la démo et révèle l’infinie virulence du Diable.</p>
<p>Enfin, l’ultime titre <em>Winter</em> débute sur un talentueux râle du chanteur et s’achève sur un grognement du Diable, signifiant l’avènement de l’Antéchrist et la victoire de Satan sur l’humanité dans l’apocalypse hivernale. Le rythme est toujours frénétique, mais la guitare et la boîte à rythme s’allient pour rehausser la puissance de la voix tyrannique. La guitare, dont les élans effarouchés évoquent l’angoisse, est bientôt rattrapée dans sa course épouvantée par l’intrusion de Satan, dont les rugissements bestiaux ponctuent les interventions désespérée du chanteur, qui semble hypnotisé par cette présence enivrante et essaie d’exprimer son envoûtement par des vociférations d’une rare expressivité.</p>
<p><em>The Almighty</em> est donc une véritable ode aux puissances ténébreuses, une symphonie expressive digne de l’aliénation qu’elle exalte. Nauthis est un groupe obscur et rare qui mériterait une digne reconnaissance dans le Black Metal. Il est simplement navrant que cette unique démo soit le seul témoignage de la qualité musicale de ces inspirés démoniaques dont la musique élaborée s’enroule intégralement autour de la voix d’un Satan qui dévore les instruments de ses rugissements insatiables.</p>
<p class="alinea">Extrait en écoute&nbsp;:</p>
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		<title>Reh Sept 02</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Jul 2011 18:57:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Mélomanie]]></category>
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		<description><![CDATA[Reh Sept 02 de Deathcode of the Abyss est l’enregistrement sur le vif d’une simple répétition. Cet enregistrement particulier induit une certaine vivacité&#160;; il confère une impression d’instantanéité, semblable à l’esthétique punk, qui exige que les prises soient réduites afin de capturer l’essence musicale de l’instant. Deathcode of the Abyss s’inspire de cette esthétique pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Reh Sept 02</em> de Deathcode of the Abyss est l’enregistrement sur le vif d’une simple répétition. Cet enregistrement particulier induit une certaine vivacité&nbsp;; il confère une impression d’instantanéité, semblable à l’esthétique punk, qui exige que les prises soient réduites afin de capturer l’essence musicale de l’instant. Deathcode of the Abyss s’inspire de cette esthétique pour offrir un triptyque d’une grande spontanéité, spontanéité telle que le groupe n’a pas désiré nommer sa création d’une autre façon qu’avec la date de l’enregistrement. La musique est imparfaite, le son volontairement feutré et étouffé, conférant l’impression d’un enregistrement hâtif, qui privilégie l’émotion plutôt que la finesse. Une patine légèrement occulte et fuligineuse se dépose sur la musique, lui donnant un caractère affirmé de vin embelli par les années.</p>
<p>Le premier titre, intitulé <em>Hymn to the Horns</em>, est une reprise de la cassette <em><a href="http://leaule.com/culture/wrath-and-revenge/" title="Site externe : http://leaule.com/culture/wrath-and-revenge/" target="_blank" target="_blank">Wrath and Revenge</a></em>. Néanmoins, le titre est difficilement reconnaissable, chargé d’une aura ténébreuse et vaporeuse provoquée par la spécificité de l’enregistrement. Les contrastes sont atténués et le titre est légèrement dépouillé de son originelle vigueur. Mais il est comparable à quelque tableau halluciné de Munch&nbsp;; les détails sont oubliés dans de grands traits de peinture vive et tourmentée, qui suffisent à décrire une ambiance sordide hantée par l’omniprésence du trépas et des âmes défuntes. Il s’achève et débute encore plus abruptement, avec les notes inachevées d’un larsen inharmonieux. Le rythme gagne néanmoins en frénésie et en insanité, mais semble comme étouffé, saisi à la gorge par quelque entité maléfique. La voix prend une tonalité grave, semblable à celle d’une créature d’outre-tombe qui s’efforce d’échapper à l’emprise des ténèbres. Les râles sont subtilement rehaussés par la satire –&nbsp;dans son ancienne acception du latin <em>satura</em> signifiant «&nbsp;mélange&nbsp;»&nbsp;– des instruments savamment mêlés et parfois difficilement discernables dans cette brume musicale.</p>
<p><em>Infernally Altarized</em>, le deuxième titre, est un inédit doté d’un certain caractère. Arborant toujours une esthétique étouffée et sépulcrale, la batterie égrène son rythme changeant tandis que la voix éructe ponctuellement des râles qui accompagnent la sourde puissance des instruments. Les instants d’ataraxie et d’acmé se suivent dans un déferlement musical d’une saisissante variété. Comme le précédent, il débute avec un larsen mais s’achève avec un son mat qui souligne l’anéantissement de la musique.</p>
<p><em>Voices</em>, tiré de <em><a href="http://leaule.com/culture/wrath-and-revenge/" title="Site externe : http://leaule.com/culture/wrath-and-revenge/" target="_blank" target="_blank">Wrath and Revenge</a></em>, achève cet enregistrement talentueux. Le titre est littéralement méconnaissable, tant sa frénésie est étouffée par le son caractéristique de <em>Reh Sept 02</em>, qui lui confère une esthétique sépulcrale et abyssale. Seules sont perceptibles les envolées démentes de la batterie, d’une simplicité et d’une élégance remarquables. La voix abandonne ses cris suraigus pour devenir grave et profonde et s’accorder davantage à la singularité de l’enregistrement. Certaines séquences semblent parfois ralenties, prolongeant la durée du titre de quelques secondes et donnant l’impression que les musiciens livrent un combat acharné contre une musique qu’ils peinent à contrôler et qui leur échappe inexorablement.</p>
<p><em>Reh Sept 02</em> est donc davantage qu’un enregistrement certes talentueux mais anecdotique. Il est un véritable témoignage de cette frénésie qui s’empare spontanément des musiciens de Black Metal. La musique personnifiée semble chargée d’une existence autonome&nbsp;; elle s’efforce d’échapper à la tyrannie de ses créateurs afin d’acquérir sa liberté et devient simplement irrépressible. <em>Reh Sept 02</em> est donc une expérience de la maîtrise et de l’expression conjuguées, illustrée par le combat d’Hercule contre le centaure, digne symbole de la bestialité et de la sauvagerie. <em>Reh Sept 02</em> et <em><a href="http://leaule.com/culture/wrath-and-revenge/" title="Site externe : http://leaule.com/culture/wrath-and-revenge/" target="_blank" target="_blank">Wrath and Revenge</a></em> mériteraient assurément une réédition sur vinyle qui honorerait cette gladiature musicale d’envergure.</p>
<p class="alinea">Extrait en écoute&nbsp;:</p>
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		<title>Wrath &amp; Revenge</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Jul 2011 21:28:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Black Metal]]></category>
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		<description><![CDATA[Deathcode of the Abyss est un groupe de Black Metal à la carrière brève et fulgurante mais néanmoins intéressante. Il est navrant que les deux musiciens français n’aient produit davantage que les cassettes Wrath &#038; Revenge et Reh Sept 02. Le sujet de notre attention passagère n’est autre que la talentueuse cassette intitulée Wrath &#038; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Deathcode of the Abyss est un groupe de Black Metal à la carrière brève et fulgurante mais néanmoins intéressante. Il est navrant que les deux musiciens français n’aient produit davantage que les cassettes <em>Wrath &#038; Revenge</em> et <em><a href="http://leaule.com/culture/reh-sept-02/" title="Site externe : http://leaule.com/culture/reh-sept-02/" target="_blank" target="_blank">Reh Sept 02</a></em>. Le sujet de notre attention passagère n’est autre que la talentueuse cassette intitulée <em>Wrath &#038; Revenge</em>, qui initie une création astucieuse, dans la digne lignée d’un Black Metal traditionnel mais néanmoins personnel. Le groupe produisit effectivement des titres classiques en y imprimant leur empreinte particulière. L’ensemble est donc éminemment plaisant et agréable à l’ouïe aguerrie.</p>
<p><em>Rites</em>, le titre initial, est un parfait exemple de ce Black Metal pétri de conventions mais néanmoins chargé de fougue et de personnalité. Les premières notes énergiques ne sont guère dénuées de caractère, elles sont suivies par un rythme frénétique et dément, dont la violence est saisissante. La voix est mesurée, pleine d’une remarquable maîtrise, accompagnant les instruments déchaînés de ses élans éraillés, s’unissant admirablement au tumulte de la basse et de la guitare, tandis que la batterie égrène sa cadence hallucinée. Les notes sont vives, acérées et tranchantes à la façon d’un sabre. Étouffée par la belliqueuse puissance de la musique, la voix furieuse s’efforce d’accompagner la véhémence dévorante de la musique, qui ne s’apaise que pour ressurgir, massive et vigoureuse.</p>
<p>Le second titre, <em>Veneration</em>, est enchaîné sans répit et asservit l’auditeur sous la domination de son infatigable frénésie. Le rythme, similaire à celui du titre précédent, est néanmoins savamment modulé. La guitare s’exalte en une partition fielleuse et virulente, tandis que les cris, d’une éloquente inhumanité, atteignent une véritable démence, transportés par l’intensité de ce titre pourtant bref, qui abandonne pourtant l’auditeur dans un état de suffocation jubilatoire.</p>
<p><em>Hymn to the Horns</em> débute avec un rythme lent et appuyé, néanmoins rapidement suivi d’un véritable déchaînement instrumental et vocal, dont les râles étouffés percent difficilement l’insanité d’une musique qui s’efforce avec hâte et empressement d’atteindre son paroxysme. Paroxysme inatteignable mais néanmoins d’une prodigieuse proximité, entrecoupé de précieux instants de repos où la musique, essoufflée et pantelante, aspire à de vaines accalmies avant d’éclater à la façon d’un orage démoniaque, déversant continuellement sa foudre. L’élégance apparaît, furtive et discrète, dans ce maelström d’apocalypse, semblable au galop furieux de quelque destrier écumant.</p>
<p>L’ultime titre, <em>Voices</em>, est constitué d’un rythme répétitif et appuyé, qui exalte l’expressivité d’une batterie saturée aux interminables <em>blast beats</em> magistralement élaborés et interprétés. La guitare discrète égrène des notes acerbes tandis que la voix exprime pleinement sa profondeur dans des cris déformés et torturés d’une grande éloquence. Le titre s’achève de façon abrupte, abandonnant l’auditeur après cette écoute frénétique et édifiante.</p>
<p>Cette cassette de Deathcode of the Abyss est donc une œuvre saisissante. La musique, tendue et nerveuse, est d’une qualité notable, et évoque quelque animal puissant lancé dans une course effrénée. Notre version est une réédition de <em>Wrath &#038; Revenge</em> en cassette professionnelle, contenant, dans la deuxième face, le <em><a href="http://leaule.com/culture/reh-sept-02/" title="Site externe : http://leaule.com/culture/reh-sept-02/" target="_blank" target="_blank">Reh Sept 02</a></em> qui est l’objet d’une recension séparée.</p>
<p class="alinea">Extrait en écoute&nbsp;:</p>
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		<title>Oath of Woe</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Jul 2011 09:00:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Doom Metal]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec sa démo éponyme, Oath of Woe initie une carrière fort prometteuse, chargée de grâce et de mélancolie. Ce Doom Metal est élaboré par un unique artiste danois, dénommé Andreas Thunbo, qui élabore à la fois la composition et l’interprétation de son œuvre. Les trois titres contenus dans cet essai rivalisent en élégance et en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avec sa démo éponyme, Oath of Woe initie une carrière fort prometteuse, chargée de grâce et de mélancolie. Ce Doom Metal est élaboré par un unique artiste danois, dénommé Andreas Thunbo, qui élabore à la fois la composition et l’interprétation de son œuvre. Les trois titres contenus dans cet essai rivalisent en élégance et en sobriété. L’ensemble est harmonieux et mélodique, évoquant une certaine tristesse éthérée. </p>
<p>Cependant, le premier titre, <em>I</em>, débute avec un air convaincant de guitare, semblable à celui de nombreux groupes de ce genre évocateur, air repris de façon itérative par la voix douce et légère d’Andreas Thunbo, qui semble s’élever tant elle est aérienne et contraste avec la puissance naturelle de la guitare. L’air répétitif et néanmoins délicatement modulé procure un sentiment hypnotique de sérénité. L’exaltation diffuse d’une flûte vient embellir cet air qui sonne comme une douce ballade élégiaque. Les tintements ponctuels d’une cloche solitaire viennent souligner l’évocation de ce tableau mélancolique, semblable à quelque peinture romantique et gothique d’un paysage tortueux et solitaire, hanté uniquement par des fantômes esseulés, donc l’immatérialité est décrite par une voix qui aspire à l’exaltation surnaturelle et dont les échos thaumaturgiques semblent parfaitement impalpables. L’équilibre de ce titre savamment élaboré est parfait.</p>
<p>Le second titre, <em>Skikkelse</em>, débute avec l’introduction teintée de tristesse d’une guitare sèche. Les notes simples et timides de l’instrument finissent par devenir un ruissellement serein et émouvant bientôt accompagné d’une flûte claire et limpide évoquant la tranquillité surnaturelle de quelque rivière paisible. La voix devient murmurante et distante, laissant davantage de pouvoir à la volubilité de la guitare sèche, qui s’exalte enfin dans une puissance désabusée. Sa tourmente est ponctuée par les réponses légères de la flûte et de la voix, parfois si ténue qu’elle semble progressivement disparaître pour s’immerger, telle Ophélia, dans la nitescence transparente de ce ruisseau musical. Mais la guitare sombre à nouveau dans la tranquillité moirée de l’air initial, magnifique et incantatoire. La flûte païenne engendre de frêles frémissements d’un spleen indéfinissable teinté d’effroi religieux et d’exaltation fantasmagorique.</p>
<p>Enfin, le troisième titre, <em>II</em>, est introduit par la guitare et la batterie, renouant avec l’esthétique traditionnelle du genre, sans délaisser la fraîcheur étrange et spécifique d’Oath of Woe. La flûte réapparaît donc bientôt, s’ébrouant dans un déferlement de notes vives qui répond à l’agitation de la guitare. Elle est suivie par la voix toujours douce et plaintive, qui scande avec gravité sa sereine désespérance avant de s’éteindre et de s’incliner devant l’autorité naissante des instruments autrefois délaissés. Puis elle renaît et s’allie à la guitare et à la flûte, oscillant entre élévation et damnation. Les <em>riffs</em> confèrent autorité et ferveur au titre, mais la voix, semblant toujours provenir d’un lointain énigmatique, y ajoute une douceur sépulcrale. La flûte d’outre-tombe continue de scander les phrases de la guitare et de la batterie, désireuses de conclure cette démo sur une intonation classique de Doom Metal. Le contraste est savamment dosé et la transition n’irrite guère. Elle suscite admiration du fait de son harmonieux équilibre et de sa savante circonspection.</p>
<p><em>Oath of Woe</em> métaphorise donc l’avènement du Doom Metal et s’écoute comme une véritable poésie du sentiment. Son exaltation féconde de l’élément naturel est induite par la représentation d’un pittoresque triptyque musical qui évoque des ambiances, des endroits et des sensations grâce à une élaboration experte, oscillant entre l’art pictural et l’art poétique. Face à l’éradication de l’art, souillé par la fange inculte des artistes modernes, <em>Oath of Woe</em> est un manifeste de l’art purifié et rayonnant, qui trouve sa nouvelle expression dans le Doom Metal.</p>
<p>La présente démo est disponible à la vente directement auprès d&#8217;Andreas Thunbo, à l&#8217;adresse solivagus@email.dk, pour la modique somme de 4 euros, assortie des frais de port conséquents.</p>
<p class="alinea">Extrait en écoute&nbsp;:</p>
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		<title>Der freiwillige Bettler</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Jun 2011 23:05:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Mélomanie]]></category>
		<category><![CDATA[Black Metal]]></category>
		<category><![CDATA[Urfaust]]></category>

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		<description><![CDATA[Der freiwillige Bettler, dernier album en date d’Urfaust, est un chef-d’œuvre, une apothéose pour ce duo hollandais dont les productions, dès le premier opus, Geist ist Teufel, sont de véritables pièces d’orfèvrerie savamment ouvragées. La touche particulière apportée par la voix sombre et tourmentée de IX, l’éminent chanteur d’Urfaust, contribue amplement à la beauté farouche [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Der freiwillige Bettler</em>, dernier album en date d’Urfaust, est un chef-d’œuvre, une apothéose pour ce duo hollandais dont les productions, dès le premier opus, <em>Geist ist Teufel</em>, sont de véritables pièces d’orfèvrerie savamment ouvragées. La touche particulière apportée par la voix sombre et tourmentée de IX, l’éminent chanteur d’Urfaust, contribue amplement à la beauté farouche de ce Black Metal singulier, dont les sonorités occultes et rituelles parviennent à hypnotiser l’auditeur séduit. Chaleureuse et puissante, la voix ressemble parfois à de sévères imprécations de théâtre kabuki, exaltée et claire, elle rappelle les envolées majestueuses d’un folklore païen oublié, rauque et aiguë, elle devient parfois la sombre clameur d’un damné. Infiniment changeante, la voix de IX exprime une variété étourdissante de sentiments et d’impressions. Elle captive, fascine et ensorcelle dans ses occultes psalmodies comme dans ses furieuses ardeurs. Cette voix unique est servie par une musique délicate et précise qui accompagne l’envoutement provoqué par les litanies occultes du chanteur. </p>
<p><em>Der freiwillige Bettler</em> constitue l’apogée d’Urfaust à maints égards. L’opus est de fait parfaitement égal, comparativement à <em>Verräterischer, Nichtswürdiger Geist</em>, dont l’unicité pouvait souffrir d’une présence écrasante d’instrumentaux, certes sublimes, mais pouvant nuire à l’eurythmie de la composition. Nous devons préciser que cinq années séparent <em>Verräterischer, Nichtswürdiger Geist</em> et <em>Der freiwillige Bettler</em>, cinq années d’intense mûrissement pendant lesquels Urfaust n’a produit que quelques <em>splits</em> et deux vinyles, <em>Drei Rituale Jenseits des Kosmos</em> et <em>Einsiedler</em>, comportant respectivement trois et deux titres chacun. <em>Der freiwillige Bettler</em> est donc le fruit d’interminables instants de maturation et, de la même manière que certains spiritueux se bonifient avec le temps, Urfaust cinq ans d’âge est un excellent cru aux effluves enivrantes, à la robe somptueuse et au goût capiteux. Les instrumentaux sont particulièrement élaborés, avec la présence d’une basse et d’un chœur masculin. Les guitares et les claviers sont présents de manière soutenue, comparativement aux précédents albums. Cette hypertrophie musicale donne une densité particulière à cet opus qui, par contraste avec les précédentes œuvres, arborant un aspect minimaliste, confère un sentiment d’oppression face à l’ajout d’une profondeur musicale inaccoutumée. Les phrases musicales se superposent en un harmonieux pandémonium. Leur ampleur stimule une opulence occulte embellie par un son clair, fort éloigné de la production vieillie de <em>Geist ist Teufel</em>.</p>
<p><em>Vom Gesicht und Rätsel</em>, premier titre de l’opus, initie parfaitement l’auditeur à l’intense somptuosité musicale d’Urfaust. IX y dévoile une volubilité et une exubérance vocale absolument fascinantes. La guitare entame un <em>riff</em> puissant, répétitif et véhément, tandis que s’élève enfin la voix de IX, exhalant des clameurs furieuses et des cris d’insensé. Cette voix singulière enchaîne les effusions jaculatoires avec une aisance et une expressivité stupéfiantes, dans un lyrisme dément et exalté, jusqu’à l’instant de répit que constitue un léger air éthéré, répétitif et minimal, semblable à de l’orgue, entrecoupé de coups isolés de tambour et de cymbale, se faisant finalement plus présents et finalement reprenant leur tyrannie, s’unissant avec cette voix qui redouble de ferveur exacerbée, ses plaintes formidables se muant progressivement en des cris rauques. La musique, elle-même troublée par ces cris sauvages, s’égare, s’essouffle, s’agite, puis reprend son rythme jusqu’à l’issue du titre, où elle meurt dans la dissonance d’une guitare agonisante.</p>
<p><em>Der freiwillige Bettler</em> est le titre éponyme de l’œuvre. Il est un parfait exemple de la superposition des différentes phrases musicales. La batterie ponctue l’air d’un rythme répétitif, la guitare impose un tumulte sourd, un chœur survient, qui scande une mélopée lancinante, une psalmodie grégorienne avilie, tandis que la voix, dans de douloureux accords, tente de percer la rumeur entêtante de ces tréfonds musicaux. L’auditeur s’empêtre dans cette fange tortueuse et ne parvient à s’extraire de cet enchevêtrement hypnotique. Semblable à la voix de IX, symbole de l’auditeur piégé par la musique chaotique en une astucieuse mise en abyme, celui qui entend les premiers accords ne parvient plus guère à s’extirper du cloaque ténébreux. Vers la fin du titre, les voix s’épuisent finalement, de même que la musique initiale, remplacée par les accords mélancoliques d’un clavier dont les notes métalliques et furtives finissent d’achever l’auditeur. N’oublions pas qu’Urfaust qualifie son œuvre de «&nbsp;<em>Ritual Music for the True Clochard</em>&nbsp;». <em>Der freiwillige Bettler</em> signifie «&nbsp;Le Mendiant volontaire&nbsp;». Ce titre est incontestablement une musique rituelle sinon sacrée, matérialisée par l’inspiration grégorienne, mais d’une sacralité abaissée et avilie qui s’oublie dans une damnation alcoolique exaltée par ces chants d’ivrogne divin.<em>Das Kind mit dem Spiegel</em> débute par un air équilibré et éloquent, qui parvient à réconcilier puissance et légèreté avec une exceptionnelle maîtrise. S’ensuivent de véritables râles conjuguant douleur et désespoir, qui s’achèvent de façon répétitive sur des notes aigues soulignées d’un subtil écho, façonnant une voix sépulcrale qui contraste avec les tonalités enjouées de la composition. Les éclats d’outre-tombe s’interrompent ponctuellement, s’effaçant devant l’air dont les notes deviennent incendiaires, sensuelles et suffocantes, le miroir devenant l’expression de la démence et des dessous occultes de l’âme enfantine.</p>
<p><em>Der Mensch, die kleine Narrenwelt</em> est probablement inspiré de l’ouvrage <em>Die kleine Narrenwelt</em> de l’écrivain et polémiste allemand Karl Gutzkow, entièrement dévoué à la littérature, emprisonné pour son roman satirique <em>Wally, die Zweiflerin</em>, il appartenait au mouvement dénommé <em>Die Jung Deutschland</em>, mouvement moderniste radicalement contraire au romantisme germanique. Ce titre débute avec une certaine douceur, néanmoins chargée d’un rythme pesant. La voix profonde de IX apparaît, semblable à une lamentation obscure, bientôt accompagnée d’un rythme puissant surgissant de l’ambiance sépulcrale. Bientôt elle éructe rageusement ses imprécations, souveraine et somptueuse, d’une voix tantôt rude tantôt claire, semblable à des chants amébées aliénés. <em>Ein leeres Zauberspiel</em> possède un rythme rapide et enjoué contrastant avec le titre précédent. La voix acquiert une insoupçonnable profondeur, semblable dans ses intonations à celle du Death Rock, comme si elle surgissait du néant, rapide, grave et heurtée. Elle s’accorde au rythme effréné de l’air et ne laisse aucun instant de répit, abandonnant l’auditeur haletant à cette chevauchée musicale dont le destrier est inapaisable.</p>
<p><em>Der hässlichiste Mensch</em> concilie harmonie et disharmonie&nbsp;; la douceur grave d’un instrument semblable à un hautbois est alliée à des sonorités métalliques amères. La batterie impose son rythme répétitif tandis que la voix survient, comme toujours sombre et plaintive, faisant de ce titre une œuvre protéiforme. Les plaintes se superposent ensuite, psalmodiant jusqu’à l’aporie musicale qui clôt le titre. <em>Der Zauberer</em> achève finalement cet album en arborant une couleur semblable au titre précédent mais se transmutant et révélant un chef-d’œuvre savamment ciselé dont la complexité saisit l’auditeur. La voix magnifique de IX s’avère d’une volubilité rare et révèle les infinies possibilités de sa palette aux sombres nuances. Habile et subtile, son harmonie délicate se rompt soudainement en clameurs convulsives pour périr dans un funeste râle. Elle exalte les infinies facultés d’un chant expressif servi par une voix surhumaine, accompagnée ensuite d’un chœur damné qui en souligne l’inquiétante beauté. Un <em>riff</em> classique achève cette création démente, digne conclusion d’un opus fabuleux.</p>
<p><em>Der freiwillige Bettler</em> est un magnifique album qui s’écoute avec un indicible plaisir et procure d’ineffables sentiments musicaux. L’écoute est captivante et saisissante. L’opus se déguste seul, dans un fauteuil capitonné et une lumière tamisée, telle une liqueur douce et amère déposée dans un verre aux reflets acérés et diaprés. L’oreille attentive est, dès les premières notes, happée par la luxuriance protéiforme des différents titres qui sont autant de tentacules avides de saisir leur victime, qui s’abandonne consciemment aux délices et aux périls de cette étreinte musicale cyclopéenne orchestrée par ce véritable Titan vocaliste qu’est IX. </p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Der-freiwillige-Bettler-versions.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Der-freiwillige-Bettler-versions.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Der-freiwillige-Bettler-versions-500x375.jpg" alt="" title="Nos versions de Der freiwillige Bettler" width="500" height="375" class="aligncenter size-medium wp-image-8251" /></a></p>
<p>Nous possédons trois des quatre versions disponibles de cet élégant et puissant grand cru, la version CD et deux vinyles de l&#8217;édition dite <em>Intoxication</em>, la rouge, premier pressage épuisé en seulement quelques jours dès la pré-commande, et la bleue, second pressage, d&#8217;une teinte absolument magnifique. Il existe également une édition vinyle classique baptisée <em>Clochard</em> que nous ne possédons pas encore.</p>
<p class="alinea">Extrait en écoute&nbsp;:</p>
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		<title>Krux II</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Jul 2010 22:01:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Mélomanie]]></category>
		<category><![CDATA[Doom Metal]]></category>
		<category><![CDATA[Krux]]></category>
		<category><![CDATA[Leif Eidling]]></category>
		<category><![CDATA[Mats Levén]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce second album de Krux, sobrement intitulé II, est une œuvre magistrale. Il appartient probablement à la quintessence du Doom Metal et mériterait de figurer parmi les grands maîtres du genre. Krux est la deuxième collaboration entre Leif Edling et Mats Levén après l’excellent Abstrakt Algebra qui ne produisit qu’un unique album éponyme. Ces deux artistes de qualité façonnèrent des œuvres uniques, puissantes et passionnantes. Nous rappelons à toutes fins utiles que Leif Edling est le pilier de Candlemass, un des plus grands groupes de Doom Metal, que nous avons déjà généreusement chroniqué sur leaule. Mats Levén, quant à lui, est connu comme étant l’un des chanteurs de Therion et d’Yngwie Malmsteen. Nous sommes donc confrontés à deux figures essentielles du genre dont le talent a atteint, lors de la création de Krux, une pleine maturité. Le résultat de cette remarquable alliance est insoupçonné ; II  est, comme nous l’affirmions péremptoirement dans l’incipit de ce modeste article, saisissant de la première à la dernière seconde. Les titres se succèdent dans une sorte de frénésie furieuse, emportant l’auditeur dans les formidables volutes d’un Doom Metal exacerbé. Fabuleux, fantastique et fantasmagorique, II nous confie des airs psychédéliques et énergiques avec une cohérence exceptionnelle. Les musiciens, aux capacités incontestables, forment allégrement des riffs ondoyants et serpentins qui hypnotisent l’auditeur grâce à des séquences psychédéliques protéiformes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce second album de Krux, sobrement intitulé <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em>, est une œuvre magistrale. Il appartient probablement à la quintessence du Doom Metal et mériterait de figurer parmi les grands maîtres du genre. Krux est la deuxième collaboration entre Leif Edling et Mats Levén après l’excellent Abstrakt Algebra qui ne produisit qu’un unique album éponyme. Ces deux artistes de qualité façonnèrent des œuvres uniques, puissantes et passionnantes. Nous rappelons à toutes fins utiles que Leif Edling est le pilier de <a href="http://leaule.com/mot-clef/candlemass/" title="Site externe : http://leaule.com/mot-clef/candlemass/" target="_blank" target="_blank">Candlemass</a>, un des plus grands groupes de Doom Metal, que nous avons déjà généreusement chroniqué sur <em>Leaule</em>. Mats Levén, quant à lui, est connu comme étant l’un des chanteurs de Therion et d’Yngwie Malmsteen. Nous sommes donc confrontés à deux figures essentielles du genre dont le talent a atteint, lors de la création de Krux, une pleine maturité. Le résultat de cette remarquable alliance est insoupçonné&nbsp;; <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em> est, comme nous l’affirmions péremptoirement dans l’<em>incipit</em> de ce modeste article, saisissant de la première à la dernière seconde. Les titres se succèdent dans une sorte de frénésie furieuse, emportant l’auditeur dans les formidables volutes d’un Doom Metal exacerbé. Fabuleux, fantastique et fantasmagorique, <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em> nous confie des airs psychédéliques et énergiques avec une cohérence exceptionnelle. Les musiciens, aux capacités incontestables, forment allégrement des <em>riffs</em> ondoyants et serpentins qui hypnotisent l’auditeur grâce à des séquences psychédéliques protéiformes. </p>
<p>L’album commence talentueusement avec le titre <em>Serpent</em>&nbsp;: <em>riffs</em> puissants et énergiques, voix expressive et véhémente, c’est l’esprit de cet opus qui surgit dès les premières notes. Un orgue discret vient accompagner la basse et confère au morceau un aspect religieux et profanatoire, accentué par des chœurs voilés qui surgissent au fil du titre. Le rythme varie selon les ondulations du serpent, évoquant la dissimulation, la ruse et la tromperie. Une guitare frénétique s’exalte ponctuellement, précédant un <em>riff</em> massif accompagné de sons étranges et psychédéliques. La voix se fait parfois douce et séduisante lorsqu’elle narre au discours direct les allusions du serpent. Elle devient rauque et désabusée lorsque le narrateur dépeint le traître reptile et ses sournois appâts. C’est le serpent biblique dont il est question, dragon antique, vil tentateur qui multiplie les promesses de gloire mais dont les propos ne sont que mensonges. Cependant, il est impossible de fuir le reptile qui s’immisce partout&nbsp;: «&nbsp;<em>No matter how you hide behind your doors I will always sneak in</em>&nbsp;». Son regard perçant est dans l’œil de chaque homme, «&nbsp;<em>I see your lizard eyes in every man</em>&nbsp;», pour finalement s’introduire dans l’être même&nbsp;: «&nbsp;<em>You know the serpent is you</em>&nbsp;». Le serpent est donc en chacun de nous.</p>
<p><em>Devil Sun</em> débute avec des sonorités acerbes et une voix étouffée. Les<em>riffs</em> pesants et dépressifs s’imposent ensuite, tandis que le chant se fait plaintif et furieux. Le titre, «&nbsp;<em>Devil Sun</em>&nbsp;», est scandé de manière hypnotique avec un fonds d’orgue aux intonations métalliques et toujours cette musique répétitive, obsédante… La guitare s’immisce audacieusement, extatique et précipitée&nbsp;; elle périt finalement, comme soudainement affaiblie, tandis que des cliquetis accompagnent la reprise du <em>riff</em> initial. Un chœur méphistophélique retentit, appuyé par l’omniprésence d’un orgue dément. La voix faiblit soudain, comme aspirée par l’abîme de la géhenne et le titre s’achève finalement, abandonnant l’auditeur haletant. Le <em>Devil Sun</em>, soleil nocturne, étoile démoniaque, devient le repaire, la divinité d’une âme souffrante. Le chant s’achève avec cette profession de foi&nbsp;: «&nbsp;<em>And I praise, the god the Devil Sun</em>&nbsp;». La vénération de divinités occultes dans un syncrétisme énigmatique est un thème courant chez Krux, doté d’une vision hermétique et extatique de la religiosité. Citons, dans le présent album, <em>Serpent</em>, où le reptile ressemble à une divinité aztèque nommée Quetzalcóatl, serpent doté de plumes&nbsp;: «&nbsp;<em>You&#8217;re spreading your feathers like a god</em>&nbsp;» et dans le premier album, l’éponyme, le titre <em>Popocatépetl</em>, où le chanteur invoque avec ferveur une déesse qu’il adore&nbsp;: «&nbsp;<em>Earth mother birth goddess</em>&nbsp;». Krux semble passionné par la foi éperdue et désintéressée en une divinité tutélaire et possessive.</p>
<p><em>Sea of Doom</em> est introduit par des <em>riffs</em> entraînants. La voix poursuit, toujours aussi expressive, accompagnée de quelques bruissements incisifs et futuristes. Lorsque le chanteur scande «&nbsp;<em>Sea of Doom</em>&nbsp;», les <em>riffs</em> se font lourds, la voix lente et grave. La structure de ce titre est classique et rappelle les deux derniers opus de <a href="http://leaule.com/mot-clef/candlemass/" title="Site externe : http://leaule.com/mot-clef/candlemass/" target="_blank" target="_blank">Candlemass</a>, <em><a href="http://leaule.com/culture/candlemass-king-grey-islands/" title="Site externe : http://leaule.com/culture/candlemass-king-grey-islands/" target="_blank" target="_blank">King of the Grey Islands</a></em> et <em>Death Magic Doom</em>, dans le traitement du rythme et de la musicalité. Néanmoins, les râles de la voix accompagnés de reprises déformées et artificielles donnent son originalité au titre, ainsi qu’un côté futuriste qui n’est pas sans déplaire à Leif Edling. Le thème est également conventionnel&nbsp;; le narrateur conte son ennui et sa lassitude. Le désespoir qui l’étreint est comparé à un océan abyssal dans lequel il se précipite afin de s’y noyer. <em>Sea of Doom</em> symbolise le trépas, le suicide, quand la tristesse engendre une désespérance telle qu’il n’est plus permis de s’en extraire.</p>
<p><em>Lex Lucifero</em> commence de manière lente, ironique et répétitive à la manière d’un excellent Doom Metal. La voix s’élève, désabusée et se dédouble sourdement lors de certaines répliques. Un <em>riff</em> ouvragé et hypnotique assure la relève de la voix. Le titre narre l’effroi d’un homme qui voit des démons entourer son lit. «&nbsp;<em>A place to sleep becomes a tomb</em>&nbsp;» affirme le narrateur qui sent venir le trépas de manière cauchemardesque, le sommeil devenant une promesse de mort. <em>Pirates</em> débute avec un <em>riff</em> puissant ponctué de notes de guitare intrigantes. La batterie conclut ce prélude appuyé et une guitare frénétique succède à la lenteur originelle du titre. Les pilleurs dont il est fait mention, détruisant et brûlant tout sur leur passage, sont le symbole représentant ceux qui s’adonnent au Metal&nbsp;: «&nbsp;<em>We plague the cities with fire, we are in control. Storm the bastions with metal and rock&#8217;n'roll</em>&nbsp;». Les chanteurs et musiciens sont des pirates qui viennent dévaster l’âme des auditeurs. Cette assertion prend tout son sens à l’écoute de <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em>, œuvre vandale, païenne et profanatrice.</p>
<p><em>Depressive Strokes of Indigo</em> est plus nuancé, alternant des passages aux em>riffs lourds, agrémentés de sons étranges, et de passages légers, accompagnés d’un fonds sonore contrasté. Le titre semble, à un instant, terminé, mais surgit soudain un air envoutant bientôt suivi de la voix murmurante et menaçante du chanteur. S’ensuivent des effets indescriptibles qui confèrent une richesse exceptionnelle à ce titre séduisant et subjuguant. Le narrateur désire peintre son autoportrait d’une manière telle qu’aucune contemplation dans un miroir ne pourrait rendre une telle image. C’est son âme qu’il désire représenter, une âme sombre, nocturne et tourmentée&nbsp;: «&nbsp;<em>I paint me a picture, with depressive strokes, selfportrayed in indigo</em>&nbsp;». Cette âme ressemblerait presque à un cadavre décharné, avec ses ongles longs, sa peau grise et son effroyable maigreur. L’horreur de l’âme humaine se dissimule derrière une apparente beauté. Dans son exhortation finale, le chanteur encourage l’auditeur à se souvenir de ce qu’il était, reflet de toutes les abominations et de toutes les ignominies. Nul ne doit oublier la profonde dualité de l’homme.</p>
<p>Le titre suivant, <em>Too Close to Evil</em>, est musicalement moins extravagant mais néanmoins convaincant, alternant des passages puissants et d’autres prestes, à la manière d’un Doom Metal classique. Nous reconnaissons cependant, dans les sonorités vaguement caverneuses et inquiétantes, la signature particulière de Krux. Le titre retrace les relations destructrices d’un couple en une sorte de déclaration d’amour inversée où seule la haine s’exalte. «&nbsp;<em>Evil I do, Evil you see. My feelings are true. And more evil you will be</em>&nbsp;». Ces Adam et Ève vindicatifs se détruisent et se haïssent allégrement, symbolisant une certaine conception nihiliste de l’amour. Le dernier titre, <em>The Big Empty</em>, consiste en un Doom Metal conventionnel dont l’allégresse contraste avec les paroles, éloge du vide, vide inquiétant et singulier qui plaît au narrateur.</p>
<p>Krux façonne donc un excellent Doom Metal, à la fois classique et original, dont la touche étrange et futuriste nous séduit. Les paroles ne manquent point de profondeur et chaque titre présente l’univers particulier du groupe, univers étrange, oscillant entre modernité et sacralité. Il s’agit donc d’une musique infiniment personnelle. <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em>, deuxième album du groupe, est une simple réussite et nous attendons avec une hâte non dissimulée la parution d’un troisième opus. <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em> est cependant élaboré de façon si minutieuse et si élégante qu’il est, semble-t-il, ardu de pouvoir mieux faire. Les membres de Krux sont pourtant talentueux et il ne serait point étonnant qu’un troisième album, meilleur encore que les deux précédents, puisse troubler nos oreilles attentives et dévaster nos âmes ravies.</p>
<p class="alinea">Extrait en écoute&nbsp;:</p>
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