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	<title>Leaule &#187; Mélomanie</title>
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	<description>Revue littéraire et artistique d’arrière‐garde &#124; Revue transgénique pluridisciplinaire &#124; Revue obscurantiste</description>
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		<title>Krux II</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Jul 2010 22:01:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Mélomanie]]></category>
		<category><![CDATA[Krux]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce second album de Krux, sobrement intitulé II, est une œuvre magistrale. Il appartient probablement à la quintessence du Doom Metal et mériterait de figurer parmi les grands maîtres du genre. Krux est la deuxième collaboration entre Leif Edling et Mats Levén après l’excellent Abstrakt Algebra qui ne produisit qu’un unique album éponyme. Ces deux artistes de qualité façonnèrent des œuvres uniques, puissantes et passionnantes. Nous rappelons à toutes fins utiles que Leif Edling est le pilier de Candlemass, un des plus grands groupes de Doom Metal, que nous avons déjà généreusement chroniqué sur leaule. Mats Levén, quant à lui, est connu comme étant l’un des chanteurs de Therion et d’Yngwie Malmsteen. Nous sommes donc confrontés à deux figures essentielles du genre dont le talent a atteint, lors de la création de Krux, une pleine maturité. Le résultat de cette remarquable alliance est insoupçonné ; II  est, comme nous l’affirmions péremptoirement dans l’incipit de ce modeste article, saisissant de la première à la dernière seconde. Les titres se succèdent dans une sorte de frénésie furieuse, emportant l’auditeur dans les formidables volutes d’un Doom Metal exacerbé. Fabuleux, fantastique et fantasmagorique, II nous confie des airs psychédéliques et énergiques avec une cohérence exceptionnelle. Les musiciens, aux capacités incontestables, forment allégrement des riffs ondoyants et serpentins qui hypnotisent l’auditeur grâce à des séquences psychédéliques protéiformes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce second album de Krux, sobrement intitulé <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em>, est une œuvre magistrale. Il appartient probablement à la quintessence du Doom Metal et mériterait de figurer parmi les grands maîtres du genre. Krux est la deuxième collaboration entre Leif Edling et Mats Levén après l’excellent Abstrakt Algebra qui ne produisit qu’un unique album éponyme. Ces deux artistes de qualité façonnèrent des œuvres uniques, puissantes et passionnantes. Nous rappelons à toutes fins utiles que Leif Edling est le pilier de <a href="http://leaule.com/mot-clef/candlemass/" target="_blank">Candlemass</a>, un des plus grands groupes de Doom Metal, que nous avons déjà généreusement chroniqué sur <em>Leaule</em>. Mats Levén, quant à lui, est connu comme étant l’un des chanteurs de Therion et d’Yngwie Malmsteen. Nous sommes donc confrontés à deux figures essentielles du genre dont le talent a atteint, lors de la création de Krux, une pleine maturité. Le résultat de cette remarquable alliance est insoupçonné&nbsp;; <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em> est, comme nous l’affirmions péremptoirement dans l’<em>incipit</em> de ce modeste article, saisissant de la première à la dernière seconde. Les titres se succèdent dans une sorte de frénésie furieuse, emportant l’auditeur dans les formidables volutes d’un Doom Metal exacerbé. Fabuleux, fantastique et fantasmagorique, <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em> nous confie des airs psychédéliques et énergiques avec une cohérence exceptionnelle. Les musiciens, aux capacités incontestables, forment allégrement des <em>riffs</em> ondoyants et serpentins qui hypnotisent l’auditeur grâce à des séquences psychédéliques protéiformes. </p>
<p>L’album commence talentueusement avec le titre <em>Serpent</em>&nbsp;: <em>riffs</em> puissants et énergiques, voix expressive et véhémente, c’est l’esprit de cet opus qui surgit dès les premières notes. Un orgue discret vient accompagner la basse et confère au morceau un aspect religieux et profanatoire, accentué par des chœurs voilés qui surgissent au fil du titre. Le rythme varie selon les ondulations du serpent, évoquant la dissimulation, la ruse et la tromperie. Une guitare frénétique s’exalte ponctuellement, précédant un <em>riff</em> massif accompagné de sons étranges et psychédéliques. La voix se fait parfois douce et séduisante lorsqu’elle narre au discours direct les allusions du serpent. Elle devient rauque et désabusée lorsque le narrateur dépeint le traître reptile et ses sournois appâts. C’est le serpent biblique dont il est question, dragon antique, vil tentateur qui multiplie les promesses de gloire mais dont les propos ne sont que mensonges. Cependant, il est impossible de fuir le reptile qui s’immisce partout&nbsp;: «&nbsp;<em>No matter how you hide behind your doors I will always sneak in</em>&nbsp;». Son regard perçant est dans l’œil de chaque homme, «&nbsp;<em>I see your lizard eyes in every man</em>&nbsp;», pour finalement s’introduire dans l’être même&nbsp;: «&nbsp;<em>You know the serpent is you</em>&nbsp;». Le serpent est donc en chacun de nous.</p>
<p><em>Devil Sun</em> débute avec des sonorités acerbes et une voix étouffée. Les<em>riffs</em> pesants et dépressifs s’imposent ensuite, tandis que le chant se fait plaintif et furieux. Le titre, «&nbsp;<em>Devil Sun</em>&nbsp;», est scandé de manière hypnotique avec un fonds d’orgue aux intonations métalliques et toujours cette musique répétitive, obsédante… La guitare s’immisce audacieusement, extatique et précipitée&nbsp;; elle périt finalement, comme soudainement affaiblie, tandis que des cliquetis accompagnent la reprise du <em>riff</em> initial. Un chœur méphistophélique retentit, appuyé par l’omniprésence d’un orgue dément. La voix faiblit soudain, comme aspirée par l’abîme de la géhenne et le titre s’achève finalement, abandonnant l’auditeur haletant. Le <em>Devil Sun</em>, soleil nocturne, étoile démoniaque, devient le repaire, la divinité d’une âme souffrante. Le chant s’achève avec cette profession de foi&nbsp;: «&nbsp;<em>And I praise, the god the Devil Sun</em>&nbsp;». La vénération de divinités occultes dans un syncrétisme énigmatique est un thème courant chez Krux, doté d’une vision hermétique et extatique de la religiosité. Citons, dans le présent album, <em>Serpent</em>, où le reptile ressemble à une divinité aztèque nommée Quetzalcóatl, serpent doté de plumes&nbsp;: «&nbsp;<em>You&#8217;re spreading your feathers like a god</em>&nbsp;» et dans le premier album, l’éponyme, le titre <em>Popocatépetl</em>, où le chanteur invoque avec ferveur une déesse qu’il adore&nbsp;: «&nbsp;<em>Earth mother birth goddess</em>&nbsp;». Krux semble passionné par la foi éperdue et désintéressée en une divinité tutélaire et possessive.</p>
<p><em>Sea of Doom</em> est introduit par des <em>riffs</em> entraînants. La voix poursuit, toujours aussi expressive, accompagnée de quelques bruissements incisifs et futuristes. Lorsque le chanteur scande «&nbsp;<em>Sea of Doom</em>&nbsp;», les <em>riffs</em> se font lourds, la voix lente et grave. La structure de ce titre est classique et rappelle les deux derniers opus de <a href="http://leaule.com/mot-clef/candlemass/" target="_blank">Candlemass</a>, <em><a href="http://leaule.com/culture/candlemass-king-grey-islands/" target="_blank">King of the Grey Islands</a></em> et <em>Death Magic Doom</em>, dans le traitement du rythme et de la musicalité. Néanmoins, les râles de la voix accompagnés de reprises déformées et artificielles donnent son originalité au titre, ainsi qu’un côté futuriste qui n’est pas sans déplaire à Leif Edling. Le thème est également conventionnel&nbsp;; le narrateur conte son ennui et sa lassitude. Le désespoir qui l’étreint est comparé à un océan abyssal dans lequel il se précipite afin de s’y noyer. <em>Sea of Doom</em> symbolise le trépas, le suicide, quand la tristesse engendre une désespérance telle qu’il n’est plus permis de s’en extraire.</p>
<p><em>Lex Lucifero</em> commence de manière lente, ironique et répétitive à la manière d’un excellent Doom Metal. La voix s’élève, désabusée et se dédouble sourdement lors de certaines répliques. Un <em>riff</em> ouvragé et hypnotique assure la relève de la voix. Le titre narre l’effroi d’un homme qui voit des démons entourer son lit. «&nbsp;<em>A place to sleep becomes a tomb</em>&nbsp;» affirme le narrateur qui sent venir le trépas de manière cauchemardesque, le sommeil devenant une promesse de mort. <em>Pirates</em> débute avec un <em>riff</em> puissant ponctué de notes de guitare intrigantes. La batterie conclut ce prélude appuyé et une guitare frénétique succède à la lenteur originelle du titre. Les pilleurs dont il est fait mention, détruisant et brûlant tout sur leur passage, sont le symbole représentant ceux qui s’adonnent au Metal&nbsp;: «&nbsp;<em>We plague the cities with fire, we are in control. Storm the bastions with metal and rock&#8217;n'roll</em>&nbsp;». Les chanteurs et musiciens sont des pirates qui viennent dévaster l’âme des auditeurs. Cette assertion prend tout son sens à l’écoute de <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em>, œuvre vandale, païenne et profanatrice.</p>
<p><em>Depressive Strokes of Indigo</em> est plus nuancé, alternant des passages aux em>riffs lourds, agrémentés de sons étranges, et de passages légers, accompagnés d’un fonds sonore contrasté. Le titre semble, à un instant, terminé, mais surgit soudain un air envoutant bientôt suivi de la voix murmurante et menaçante du chanteur. S’ensuivent des effets indescriptibles qui confèrent une richesse exceptionnelle à ce titre séduisant et subjuguant. Le narrateur désire peintre son autoportrait d’une manière telle qu’aucune contemplation dans un miroir ne pourrait rendre une telle image. C’est son âme qu’il désire représenter, une âme sombre, nocturne et tourmentée&nbsp;: «&nbsp;<em>I paint me a picture, with depressive strokes, selfportrayed in indigo</em>&nbsp;». Cette âme ressemblerait presque à un cadavre décharné, avec ses ongles longs, sa peau grise et son effroyable maigreur. L’horreur de l’âme humaine se dissimule derrière une apparente beauté. Dans son exhortation finale, le chanteur encourage l’auditeur à se souvenir de ce qu’il était, reflet de toutes les abominations et de toutes les ignominies. Nul ne doit oublier la profonde dualité de l’homme.</p>
<p>Le titre suivant, <em>Too Close to Evil</em>, est musicalement moins extravagant mais néanmoins convaincant, alternant des passages puissants et d’autres prestes, à la manière d’un Doom Metal classique. Nous reconnaissons cependant, dans les sonorités vaguement caverneuses et inquiétantes, la signature particulière de Krux. Le titre retrace les relations destructrices d’un couple en une sorte de déclaration d’amour inversée où seule la haine s’exalte. «&nbsp;<em>Evil I do, Evil you see. My feelings are true. And more evil you will be</em>&nbsp;». Ces Adam et Ève vindicatifs se détruisent et se haïssent allégrement, symbolisant une certaine conception nihiliste de l’amour. Le dernier titre, <em>The Big Empty</em>, consiste en un Doom Metal conventionnel dont l’allégresse contraste avec les paroles, éloge du vide, vide inquiétant et singulier qui plaît au narrateur.</p>
<p>Krux façonne donc un excellent Doom Metal, à la fois classique et original, dont la touche étrange et futuriste nous séduit. Les paroles ne manquent point de profondeur et chaque titre présente l’univers particulier du groupe, univers étrange, oscillant entre modernité et sacralité. Il s’agit donc d’une musique infiniment personnelle. <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em>, deuxième album du groupe, est une simple réussite et nous attendons avec une hâte non dissimulée la parution d’un troisième opus. <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em> est cependant élaboré de façon si minutieuse et si élégante qu’il est, semble-t-il, ardu de pouvoir mieux faire. Les membres de Krux sont pourtant talentueux et il ne serait point étonnant qu’un troisième album, meilleur encore que les deux précédents, puisse troubler nos oreilles attentives et dévaster nos âmes ravies.</p>
<p><strong><u>Appendice</u>&nbsp;:</strong><br />
Extrait <em>Devil Sun</em></p>
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		<title>Death Magic Doom</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jul 2009 15:24:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici encore un disque de Candlemass qui frôle l’excellence&nbsp;; après <em><a href="http://leaule.com/culture/candlemass-king-grey-islands/" target="_blank">King of the Grey Islands</a></em>, qui signait le digne retour du groupe après l’injuste défection de Messiah Marcolin, <em>Death Magic Doom</em> représente, en quelque sorte, l’aboutissement artistique de Candlemass auprès du chanteur qui succéda au fantasque moine, l’américain Robert Lowe. <em><a href="http://leaule.com/culture/candlemass-king-grey-islands/" target="_blank">King of the Grey Islands</a></em> fut façonné pour Messiah Marcolin&nbsp;; Robert Lowe dût donc chanter des airs qui ne lui étaient destinés et plier sa voix aux exigences premières du capricieux Messie. Le résultat fut sublime, grâce aux remarquables qualités du nouveau chanteur, qui parvint malgré tout à fournir une œuvre personnelle et cohérente, mais nous attendions avec hâte et appréhension un suivant album, qui viendrait sceller la prometteuse collaboration entre Candlemass et Robert Lowe. Nous ne fûmes absolument pas déçus par cet album. <em>Death Magic Doom</em> est donc, au contraire, pleinement adapté aux capacités et aux goûts de Robert Lowe, qui, ayant trouvé sa place auprès des musiciens, permet à sa voix de se déployer pleinement, dans des contrastes de plus en plus saisissants. C’est encore du Candlemass, mais avec plus d’audace, plus de caractère et plus de panache, comme si, après maintes errances artistiques, le groupe était enfin pleinement conscient de toute l’ampleur de ses qualités musicales et atteignait une maturité artistique nécessaire pour élaborer des œuvres dantesques, franches, parfaites, comme celles que l’on trouve dans <em>Death Magic Doom</em>.</p>
<p>Le premier titre, <em>If I Ever Die</em>, est un convaincant prélude. Le titre est saisissant, et entraine d’ores et déjà l’auditeur dans l’impétueux maelström musical de Candlemass. Les quelques notes dissonantes des premières secondes se muent en un rythme farouche et soutenu qui porte inlassablement la voix du chanteur, expressive et précipitée. L’air, mis en valeur par une musique enfiévrée et furieuse ainsi que par des <em>riffs</em> frénétiques, est brièvement entrecoupé de quelques secondes de silence où le chanteur exalte son sentiment d’immortalité. En effet, le titre est marqué par un profond sentiment de vie qui perce au travers de cette vive musique et de cette voix impérieuse. Robert Lowe scande toutes les conséquences de son trépas&nbsp;: «&nbsp;<em>rivers will dry, pillars will break, Hell feels like ice, the mountains will shake</em>&nbsp;» et «&nbsp;<em>the stars will drop from the sky, the gods will mourn me and cry</em>&nbsp;» symbolisent l’apocalypse qui parachèvera sa mort, mort improbable face à la véhémence de cette volonté de vivre qui lui donne la certitude d’être immortel. Hymne à la vie et à l’insouciance, ce titre invite l’auditeur à n’avoir aucun regret, aucune tristesse, à profiter de chaque instant comme s’il n’y avait pas de lendemain. Seule cette façon d’exister fait de l’homme un être immortel pour qui la mort n’est qu’une abstraction. <em>Hammer of Doom</em> est un air plus pessimiste, reposant sur un rythme lent, appuyé et funèbre. La voix, parfois calme, parfois emportée, est suivie par les envolées tourmentées de la guitare. Un son de cloches retentissant lentement donne à cet air une sonorité inquiétante et sentencieuse. <em>Hammer of Doom</em> narre l’inéluctable exécution d’un homme et sa descente en Enfer, descente sous entendue par l’isotopie de l’enfer «&nbsp;<em>hell</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>hellfire</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>inferno</em>&nbsp;» et par l’allure désolée du lieu où aucune rose ne pousse et où aucun rayon de soleil ne point.</p>
<div align=center><img src="http://leaule.com/img/candlemass-500x332.jpg" alt="candlemass" title="candlemass" width="500" height="332" class="aligncenter size-medium wp-image-1685" /></div>
<p><em>The Bleeding Baroness</em> révèle tout le talent de Candlemass qui parvient à créer des tableaux évocateurs grâce à une musique hautement expressive et à des paroles soigneusement élaborées. La lenteur majestueuse de la guitare au début de l’air rappelle la lenteur et la grâce de la pâle créature qui descend les escaliers. La voix du chanteur suggère l’envoûtement à la mention de l’odeur capiteuse de musc qui entoure la femme. Ce calme mouvement introductif est interrompu par une musique effrénée et des paroles saccadées qui suggèrent des images fulgurantes, effectuant un glissement vers l’horreur et l’effroi&nbsp;; une tour sombre pendant la pleine lune, un massacre nocturne perpétré par la femme, un vampire assoiffé d’un sang délicieux. La femme mystérieuse descendant doucement les escaliers n’était autre qu’un vampire en quête de sa proie. La véhémence acerbe de ces évocations chaotiques contraste avec le refrain, semblable à une lamentation. <em>Demon of the Deep</em> est un titre qui excelle mêmement dans la création d’une ambiance tant poétique que musicale. Le titre débute avec des notes douces et répétitives de guitare. La voix grave et lente de Robert Lowe vient se superposer à la musique jusqu’à ce que celle-ci se mette à tonner un air menaçant puis se calme à nouveau, comme après une soudaine tempête. Cette musique contrastante vient accompagner la description d’un sinistre monstre marin, semblable au Léviathan biblique, «&nbsp;<em>tyrant of the abyss, plague of the seas</em>&nbsp;», les savantes modulations de la guitare, l’éclat de la voix font de <em>Demon of the Deep</em> un titre protéiforme aussi grondant et farouche que la créature qui est décrite. La fin du titre s’achève avec quelques notes d’un discret clavier et un chœur furtif qui prononce les dernières syllabes du chant. <em>House of 1000 Voices</em> décrit un orphelinat ayant brûlé et que les petites victimes continuent à hanter. La musique est excellente et parvient à retranscrire le sentiment de peur et d’inquiétude face à un tel tableau. Le titre s’inscrit dans la tradition des films d’épouvante&nbsp;; les visages des enfants morts apparaît dans les miroirs, le bruit de leurs pas dans les couloirs se fait entendre. Les ruines noircies, abandonnées par tous et déjà envahies par la végétation, dégagent une aura diabolique et mystérieuse&nbsp;: «&nbsp;<em>just a box full of evil</em>&nbsp;». L’inéluctabilité du destin fatal de ces enfants rend la scène encore plus oppressante, d’autant qu’un élément vient troubler le calme du paysage calciné&nbsp;: «&nbsp;<em>There’s a smell of something that’s wrong</em>&nbsp;». Ces dernières paroles, presque hurlées, suggèrent que l’incendie fut criminel, de même que le terme «&nbsp;<em>murder</em>&nbsp;». Derrière cette image symbolique se cache un thème cher à Candlemass&nbsp;; la fatalité. Enfermés dans la demeure, les enfants furent condamnés et n’eurent aucun choix. Leurs rêves brisés et la fulgurance de leur mort font qu’ils errent encore dans les ruines et ne sont guère conscients d’être des fantômes. Le contraste entre l’enfance et la mort est marqué musicalement par un léger air enfantin jaillissant d’une boîte à musique accompagné de la guitare, après qu’elle ait exalté la mort dans des <em>riffs</em> lourds et acérés.</p>
<div align=center><img src="http://leaule.com/img/candlemasspic4364-500x333.jpg" alt="Candlemass" title="Candlemass" width="500" height="333" class="aligncenter size-medium wp-image-1686" /></div>
<p><em>Dead Angel</em> fait explicitement référence à Lucifer, «&nbsp;<em>a born devil, a saint that deceives</em>&nbsp;» et à sa nature ambiguë, à la fois ange déchu et créature satanique. La description faite de Lucifer dans le présent titre évoque davantage la vision de William Blake que celle de la Bible&nbsp;; le poète anglais considérait en effet Lucifer comme un être semblable à Orc, homme musculeux ceint de feu, esprit de la révolution et de la sédition. Ces éléments se retrouvent dans les paroles «&nbsp;<em>I’m an image of perfection, I’m the sunrise, the resurrection</em>&nbsp;». La référence à la mer et à la terre provient de l’Apocalypse de Saint Jean où Satan s’incarne dans des monstres, l’un terrestre, l’un maritime. <em>Dead Angel</em> est évidemment un titre ironique&nbsp;; les paroles insistent sur le fait que Lucifer est partout, dans les éléments déchainés et dans le cœur tourmenté des hommes, pour en venir à cette conclusion&nbsp;: «&nbsp;<em>I’m the angel alive</em>&nbsp;». De fait, Satan n’est pas détruit dans l’Apocalypse, mais seulement enchaîné durant mille ans. Les <em>riffs</em> très rapides accompagnant le chant âpre de Lowe sont alternés par des passages plus lents, chantés par plusieurs voix douces, symbolisant la nature paradoxale de l’ange déchu. <em>Clouds of Dementia</em> aborde le thème de la folie, autre thème cher au groupe. La voix lancinante et traînante se lamente furieusement et mime parfaitement celle d’un dément désespéré. La détresse perce effectivement dans la voix du chanteur&nbsp;: il n’a pu se débarrasser des cris des fous qui occupent perpétuellement son esprit et a échoué dans ses différentes tentatives de suicide. Le dernier titre, <em>My Funeral Dreams</em> énumère des séries de rêves morbides. La musique, douce lorsque le chanteur raconte la longue descente éthérée vers les portes du trépas pendant le sommeil, se déchaine en même temps que la voix lors de l’énumération des songes. Les rêves de mort s’enchaînent sans cohérence&nbsp;: citons par exemple la mort dans les tranchées de la Première Guerre. Le narrateur se fait tirer dessus sans raison, est étranglé pour trahison ou se retrouve frappé par une flèche empoisonnée. La superposition de ces images d’anéantissement est intimement liée au thème de la superstition et de la peur. Le réveil est terrible&nbsp;; «&nbsp;<em>I’m dead without leaving my own bed</em>&nbsp;». Ces pensées funèbres sont autant de morts quotidiennes qui viennent tourmenter l’endormi. La musique, obsédante et lugubre, parvient à faire éprouver un sentiment similaire à l’auditeur, qui ressent le même trouble sinistre.</p>
<p>La présente édition limitée à 500 exemplaires contient un titre supplémentaire <em>Lucifer Rising</em> qui appartenait au précédent EP éponyme contenant deux inédits, dont celui-ci, un réenregistrement de <em>Demons Gate</em> et des versions de concert gravées sur scène à Athènes en 2007.</p>
<p><em>Death Magic Doom</em> forme un album soigneusement élaboré, superbement orchestré, doté de maintes chansons évocatrices qui traitent des thèmes chers de Candlemass. Le talent de Robert Lowe se dévoile encore une fois dans toute sa richesse et toute sa profondeur&nbsp;; sa parfaite maîtrise des effets vocaux est remarquable. L’auditeur avisé a le sentiment que ces chansons ont été faites pour lui et qu’elles lui correspondent pleinement. Ce nouvel opus s’écoute donc avec bonheur, délectation et s’inscrit parmi les nombreux chefs-d’œuvre du groupe.</p>
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		<title>Tofotukami Wemitamafe</title>
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		<pubDate>Mon, 25 May 2009 18:23:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mïsogi, possède cette singularité d’être un groupe de Black Metal nippon profondément inspiré par ses origines orientales, tant musicalement que poétiquement. Chez leaule, nous avons l’ineffable honneur de suivre, depuis un certain temps déjà, les évolutions artistiques du créateur de Mïsogi, le génial Touko. Nous souhaitons ardemment que ce modeste hommage à cet artiste, remarquable [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mïsogi, possède cette singularité d’être un groupe de Black Metal nippon profondément inspiré par ses origines orientales, tant musicalement que poétiquement. Chez <b>leaule</b>, nous avons l’ineffable honneur de suivre, depuis un certain temps déjà, les évolutions artistiques du créateur de Mïsogi, le génial Touko. Nous souhaitons ardemment que ce modeste hommage à cet artiste, remarquable tant par sa fécondité que par sa ténacité, puisse lui permettre de s’épanouir et de nous confier d’autres merveilles dans l’auguste lignée de <em>Tofotukami Wemitamafe</em>. Touko est un musicien précautionneux et avisé&nbsp;; ce premier opus fut le fruit recherché de maintes années de réflexion esthétique. Ce temps ne fut point perdu en vain&nbsp;; l’adroit fondateur a côtoyé les principaux maîtres du Black Metal japonais, Magane, Sigh, Abigail, et fut profondément marqué par leur démarche de façonner un Black Metal inspiré de la florissante et foisonnante culture nippone. Mais cette entreprise, bien que notable, ne perdura point et les influences japonaises demeurèrent fort ténues chez ces groupes tiraillés entre leurs traditions et un genre musical profondément occidental.</p>
<p>Adoucir le paradoxe, atténuer l’antithèse et élaborer l’infinie affinité entre le Black Metal et le Japon fut le dantesque travail de Touko, l’instigateur, le créateur de ce que nous nous permettrons de nommer avec un profond respect l’Oriental Pagan Metal. Après avoir réalisé quelques démos pour d’autres projets, Touko façonna, en 2001, son groupe tant espéré, Mïsogi. Ce nom résume admirablement la démarche de l’auguste créateur&nbsp;; le <em>mïsogi</em> est un rituel de purification intrinsèquement lié à l’eau qui consiste à invoquer les esprits divins en un geste de réconciliation. Touko réaffirme ainsi sa volonté de créer un Black Metal immaculé, inspiré des traditions japonaises, de le purifier de toute influence néfaste ou corruptrice, et d’«&nbsp;exprimer des sentiments transcendantaux à travers la musique&nbsp;», comme il l’explique si bien. Les cris et les évocations du rituel du Mïsogi rappellent également les grognements sourds du Black Metal, prouvant ainsi qu’il existe un inextricable lien entre la culture de Touko et ce genre musical qu’il apprécie tant, mais qui puise pourtant ses sujets dans une mythologie qui lui est, hélas, étrangère. Touko apprécie également maints groupes de Black Metal occidental dans la veine de Burzum, dont il avait fait une fidèle reprise de <em>A Lost Forgotten Sad Spirit</em> dans une précédente démo. Touko ne s’est pourtant pas contenté d’imiter les modèles occidentaux du Pagan ou du Viking Metal&nbsp;; il était d’ailleurs impossible pour lui de s’épanouir dans des sujets inappropriés et méconnus sans exalter les richesses luxuriantes et inexplorées de sa propre culture. Il voulait, au contraire, extraire l’essence même du Black Metal, dans toute sa finesse musicale, pour en engendrer une forme unique, personnelle, infiniment orientale qui pourrait lui permettre de lier un Metal épuré et élégant avec différents styles de musique traditionnelle nipponne, le <em>minyoh</em>, le <em>soh</em>, le <em>biwa</em> et des instruments spécifiquement japonais, dont le <em>koto</em>, le <em>shamisen</em> ou le <em>fue</em>. Le résultat est, en un mot simple et direct, magnifique&nbsp;; un Black Metal consciencieux, minutieux, élégant, allié avec habileté et dextérité à des instruments traditionnels et des partitions énigmatiques. Cette entreprise fort périlleuse donne un résultat singulier et superbe grâce au perfectionnisme de Touko et à sa passion tant pour le Black Metal que pour la musique traditionnelle japonaise. L’auditeur d’un Black Metal classique et occidental est instantanément surpris et séduit par cette originalité musicale, mais, également, par cette fidélité aux canons du genre. <em>Tofotukami Wemitamafe</em> reste assurément du Black Metal&nbsp;: les membres du groupe arborent un visage livide marqué de noir, émettent des cris puissants sur fond de guitare et de batterie frénétiques. Ses compositions sont, il faut l’avouer, excellentes, d’une finesse et d’une pureté que seuls les hauts noms du Black Metal peuvent se targuer de composer. Elles ont, de surcroît, le charme de s’allier à des voix masculines ou féminines qui scandent des chants, à de la flûte hypnotique ainsi qu’à des partitions qui passent avec aisance du Metal au traditionnel, les deux se mêlant, s’unissant, s’enchevêtrant, pour former une musique unique et en tout point remarquable.</p>
<p>Le titre introductif, <em>Asagimadala</em>, est un court morceau, simple et épuré, où Touko chante, sur fond itératif de guitare, son adoration poétique devant un papillon aux infinies pérégrinations, à la manière des courts mais charmants poèmes japonais. Cette légère scène contemplative est aussitôt contrebalancée par le second titre, <em>Susanowo</em>, puissant morceau à la musique exubérante et débridée, en l’honneur du dieu de la destruction, divinité tyrannique, belliqueuse et terrible. La voix, autrefois douce et rêveuse, se fait râle formidable, murmure menaçant, accompagnée de guitares saisissantes et répétitives ainsi que d’instruments traditionnels, dont la fameuse flûte, accentuant la violente démence de cette voix furieuse rythmée par des impulsions frénétiques parfaitement maîtrisées. Des chants subtilement placés cadencent les exhortations possédées avec des accents spectraux. La divinité serait, selon les paroles, issue du rituel du <em>mïsogi</em>&nbsp;; Touko, tout comme le dieu japonais, puise ses forces de la purification pour devenir un être vengeur et violent. Cette véhémence est puissamment mise en valeur par un Black Metal raffiné et opulent, dont les modulations rageuses sont remarquablement exaltées. Ces deux titres sont issus de la démo <em>Kiriu</em> mais ont été complètement remaniés et perfectionnés de façon à ce qu’ils atteignent l’achèvement transcendantal d’un Black Metal énergique et éloquent.</p>
<div class="center"><embed src="http://leaule.com/mediaplayer.swf" width="320" height="20" allowfullscreen="true" flashvars="&#038;file=http://leaule.com/mp3/2_-_Susanowo.mp3&#038;height=20&#038;width=320&#038;location=http://leaule.com/mediaplayer.swf&#038;autostart=false" /><br /><font size="1">Premier extrait&nbsp;: <em>Susanowo</em></font></div>
<p><em>Idumo</em>, est un morceau frénétique où s’unissent la guitare débridée et les cymbales véhémentes en un rythme ardent et âpre. La musique est à la fois démente et maîtrisée, les voix sont expressives et impressionnantes. L’emportement s’essouffle progressivement puis reprend, plus sourd, plus menaçant, suivi de chœurs brefs rapidement interrompus par la vocifération vocale. Complexe et singulier, il s’achève sur des voix profondes qui soulignent la délicatesse de ce Black Metal élaboré comme une œuvre protéiforme. <em>Aidu</em>, titre instrumental, associe la douceur de la flûte kagula, la vigueur des tambours et l’amertume de la guitare avec subtilité.</p>
<div class="center"><embed src="http://leaule.com/mediaplayer.swf" width="320" height="20" allowfullscreen="true" flashvars="&#038;file=http://leaule.com/mp3/5_-_Filume.mp3&#038;height=20&#038;width=320&#038;location=http://leaule.com/mediaplayer.swf&#038;autostart=false" /><br /><font size="1">Second extrait&nbsp;: <em>Filume</em></font></div>
<p><em>Filume</em> est un titre complexe issu de la deuxième démo du groupe, <em>Wakemitama</em>. Il débute avec une partie instrumentale unissant à nouveau la flûte légère que l’on nomme <em>fue</em>, la guitare et également un clavier aux sonorités japonisantes de harpe Koto. La voix se fait finalement entendre en anglais, acérée, entrecoupée régulièrement de passages chantés par une voix féminine grave et douce, en japonais. Cet effet de chants amébées, dans deux langues différentes, ressemble à quelque dialogue éthéré et terrible. Le chant de la femme exalte la beauté de la nature, tandis que, dans une tonalité dysphorique, la voix masculine éructe des imprécations sur le thème de la mort, de la religion et de l’extase. Le contraste entre voix et thèmes est audacieux et saisissant. Le titre semble s’achever sur quelques sonorités psychédéliques de Noise Music japonaise, mais reprend avec des grondements furieux alliés à un clavier fougueux. <em>Phlebotomy</em> se veut plus conventionnel, il n’en demeure pas moins un excellent titre de Black Metal où la voix sait se faire mélodieuse et tonitruante, alternant passages chantés, passages criés et passages parlés, tous deux magistralement interprétés avec des <em>riffs</em> judicieusement placés. Entêtant, séduisant, ce titre ne manque ni de caractère ni de vigueur.</p>
<p><em>Tukuyomi</em> débute sur une guitare euphorique avant de devenir forcenée et de s’unir à une batterie impétueuse. Ce chant parle non sans poésie d’un dieu mineur de la mythologie nippone, qui serait une divinité de la lune nocturne. Alternant des passages de climax vocal et musical à des périodes d’ataraxie surprenantes, dont un instant de silence inopiné et une brève partie de clavier relevant du génie absolu tant dans son positionnement que dans sa composition. <em>Akakiyuki</em> provient, tout comme <em>Tukuyomi</em> de la démo <em>Kiriu</em>. C’est une chanson sur une jeune fille vouée à la vengeance. L’influence thématique du manga <em>Lady Snowblood</em>, de Kazuo Koike, est perceptible avec la mention du sang et de la neige. La grâce funeste de la femme est suggérée par l’emploi de sonorités douces et amères, symbolisant sa résolution vengeresse et sa gracieuse féminité&nbsp;; «&nbsp;<em>her eyes are graceful though they are instrument of killing</em>&nbsp;».</p>
<div class="center"><embed src="http://leaule.com/mediaplayer.swf" width="320" height="20" allowfullscreen="true" flashvars="&#038;file=http://leaule.com/mp3/9_-_Simo.mp3&#038;height=20&#038;width=320&#038;location=http://leaule.com/mediaplayer.swf&#038;autostart=false" /><br /><font size="1">Troisième extrait&nbsp;: <em>Simo</em></font></div>
<p><em>Simo</em> clôt ce superbe album de façon magistrale. Anciennement issu de <em>Wakemitama</em>, ce titre est une chanson funèbre ressemblant fortement à du Doom Metal&nbsp;; c’est un titre lent et appuyé, inspiré des chansons médiévales japonaises usant du <em>biwa</em>, un instrument traditionnel ressemblant à une guitare. Le chant est en japonais, la voix est douce, capiteuse, épousant talentueusement une guitare sentencieuse et un <em>biwa</em> insistant. Le texte, est, comme de coutume, soigneusement élaboré, poétique, expressif&nbsp;: «&nbsp;<em>My heart’s been closed in perpetual ice</em>&nbsp;» conclut ce chant magnifique qui parachève merveilleusement cet album incomparable.</p>
<p><em>Tofotukami Wemitamafe</em> demeure donc une absolue réussite du début à la fin. Ce premier album de Mïsogi est l’aboutissement de longues années de passion, de pratique, de labeur et de cœur. Touko confie à l’auditeur avisé un Black Metal talentueux et protéiforme, à la fois épuré et complexe, profondément respectueux tout en ne manquant de hardiesse. Mïsogi séduit tant les ineffables puristes du Metal que ceux qui apprécient la témérité musicale, surtout quand celle-ci se pare d’énigmatiques accents nippons. Touko est une personnalité éprise de Black Metal et de culture japonaise&nbsp;; cela se perçoit dans le perfectionnisme acharné avec lequel il ébauche ses œuvres. Cet intérêt fervent est plus que communicatif, il s’immisce dans l’oreille attentive de l’auditeur et rend cette musique parfaite et inoubliable.</p>
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		<title>Remains of a Ruined, Dead, Cursed Soul</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Feb 2009 19:19:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Coin de l’Érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Mélomanie]]></category>
		<category><![CDATA[Black Metal]]></category>
		<category><![CDATA[Mütiilation]]></category>

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		<description><![CDATA[L’exquis groupe de Black Metal français, Mütiilation, immole dans cet opus farouche toute notion de plénitude et de pondération, faisant chanceler l’auditeur dans d’obscures exhalaisons d’insanité et d’aliénation. Cet album peut volontiers être considéré comme l’apocalyptique manifeste d’un dément prodigieux en quête de son esthétique. Ce credo artistique est exécuté d’une main de maître et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’exquis groupe de Black Metal français, Mütiilation, immole dans cet opus farouche toute notion de plénitude et de pondération, faisant chanceler l’auditeur dans d’obscures exhalaisons d’insanité et d’aliénation. Cet album peut volontiers être considéré comme l’apocalyptique manifeste d’un dément prodigieux en quête de son esthétique. Ce credo artistique est exécuté d’une main de maître et d’une voix ambitieuse. La fugitive adresse du livret sombre et sobre, aux caractères gothiques gracieux et noueux, fournit une justification à cette œuvre frénétique, compilation de titres inédits. Les cinq premiers titres devaient figurer sur le premier album de Mütiilation <em>Evil, the Gestalt of Abomination</em>, avant <em>Vampires of Black Imperial Blood</em>, qui n’a pu s’esquisser par suite de sombres dissensions avec le label d’origine colombienne qui devait l’éditer, Warmasters Records. Ces cinq premiers titres datent tous de 1993 et sont une ébauche âpre mais déjà dantesque de l’art de Mütiilation. Les deux derniers titres sont des enregistrements datant de 1996, prétendue année du trépas de Lord Meyhna’ch, chiffre aux deux six inversés par rapport à sa date de naissance, en 1666, signifiant l’affliction et la lassitude du chanteur face à l’abâtardissement et la dénaturation du Black Metal. Ces deux titres singuliers préfigurent par leur minutie et leur emphase l’opus suivant, <em>Black Millenium (Grimly Reborn)</em>. <em>Remains of a Ruined, Dead, Cursed Soul</em> reste donc encore une fantasmagorie mystérieuse qui peut être vue comme le testament de la maison de disques Drakkar Production suite au décès théorique de Lord Meyhna’ch. De fait, le message inséré dans la pochette est énigmatique&nbsp;; l’artiste y annonce le trépas de Lord Meyhna’ch en même temps que celui du Black Metal, faisandé par la multitude de grotesques qui se réclamaient mêmement composer et interpréter du Black Metal, mais un Black Metal ignominieux et pusillanime.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center;">
<em>Our world is dead now&#8230;<br />
Black-Metal is dead and Meyhna’ch &#8211; the creature you need to consider as the root of all Evil, of all your pains and of the downfall of &laquo;&nbsp;straight well thinking black metal scene&nbsp;&raquo; &#8211; has gone too. I’m a part responsible of his death.<br />
The history has shown that narrow little beings has very well destroyed the true black metal scene, and they didn’t need me to help them.<br />
So what the use to go on&#8230;<br />
Though, here’s a piece of &laquo;&nbsp;Evil, the Gestalt of Abomination&nbsp;&raquo; album which should have been out in late 1993 on a colombian wankers shit label, a rough 4 Tx recorded tape which only be appreciated by old black metal freaks.<br />
The other songs are the following of the &laquo;&nbsp;Vampires of Black Imperial Blood&nbsp;&raquo; album, just before the end, the irreversible end&#8230;<br />
None of those pieces has the pretention to give a new breath to black metal, it’s just a reflection of dark past, remains of a ruined, dead, cursed soul, and also another reason for you to hate me&#8230;</em></p>
</blockquote>
<p>Cette confession du chanteur sera le dernier message qu’il laissera avant son suicide. Ce suicide fut-il véritable ou métaphoriquement artistique&nbsp;? Est-ce la mort de Lord Meyhna’ch, l’artiste, qui est annoncée ou celle de Willy Roussel, l’homme&nbsp;? Il fut un temps, la rumeur d’un suicide véritable était encore vivace, amplifiant et embellissant le mythe. 2001 verra la renaissance de Lord Meyhna’ch dans son album Grimly Reborn, où il proclamera vouloir redonner vie à l’authentique Black Metal. Le suicide était donc artistique, mais il était aussi intérieur&nbsp;; souffrant de ce que l’on pourrait appeler une certaine schizophrénie, Willy Roussel voyait en Lord Meyhna’ch un autre être indépendant, son être virtuose, dont il aurait provoqué la chute&nbsp;; «&nbsp;<em>I’m a part responsible of his death</em>&nbsp;» argue Willy Roussel, en proie aux drogues et dont le meurtre de Lord Meyhna’ch entamera sa pénible traversée du désert. Il suffit de le voir en couverture de <em>Black Millenium (Grimly Reborn)</em>, épave loqueteuse avachie sur un fauteuil roulant, pour se convaincre de son calvaire. Ce dédoublement de soi se retrouve également chez Gérard de Nerval, qui dissociait l’humain de l’artiste et dont les troubles psychiques l’ont conduit à la pendaison. Le Nerval du Black Metal, aura donc choisi de ne sacrifier qu’une partie de son être en immolant Lord Meyhna’ch seulement. Le morcellement de l&#8217;intériorité forge en majeure partie le souffle furieux de sa musique. Il suffit de se rappeler le titre de l’opus pour s’en assurer&nbsp;; ces termes sont des restes d’âme, et exaltent la déstructuration de l’être. Le premier titre, <em>Suffer the Gestalt</em>, en référence à la thérapie venant du verbe allemand <em>gestalten</em>, «&nbsp;mettre en forme, donner une structure signifiante&nbsp;», qui vise à l’unité et à la pleine découverte de soi par l’analyse de son passé, de son corps ou de ses pensées, exalte brillamment ce refus d’une unité intérieure, ce refus d’être un être intelligible. Ses cris bestiaux puissamment éructés, ses râles de démence sur fond d’une musique acérée laissent entrevoir son intense refus de s’ajuster au cadre que son être, sa raison et la société tentent de lui imposer et sa volonté de demeurer une créature informe, impénétrable et ambiguë. Lord Meyhna’ch ne s’embarrasse guère de mielleuses et absconses thérapies&nbsp;; son unique moyen d’apaiser son être demeure le Black Metal.</p>
<div class="center"><img src="http://leaule.com/img/meynach.png" alt="Lord Meyna’ch" title="Lord Meyna’ch" width="313" height="454" class="size-full wp-image-382" /></div>
<p>Le deuxième titre, <em>To the Memory of the Dark Countess</em> rend hommage à la comtesse Elizabeth Bathory, accusée de maints meurtres et supposée se baigner dans le sang de ses victimes afin de conserver beauté et jeunesse éternelles. Des <em>riffs</em> hypnotiques et saturés, des percussions répétitives et linéaires métempiriques, issues du chaos et du désordre primordial, accompagnent une voix au phrasé élégant et harmonieux qui s’altère vers la fin du titre dans des feulements lyriques, accompagnant le retour au vide premier. Le tout s’écoute comme un divin poème, mesuré, versifié et aux échos de sonorités magistralement dispersés. L’impression d’égarement se renforce avec <em>Posessed and Immortal</em> où, tout comme dans le deuxième titre, Lord Meyhna’ch affirme l’immortalité de l’âme grâce à la damnation et au refus d’obédience, dans des plaintes qui s’accentuent progressivement grâce à des râles de pur désespoir, jusqu’aux sanglots désespérés. La musique, hypnotique et admirable, participe amplement à l’accès d’aliénation de Lord Meyhna’ch, créant une symbiose entre la voix et la musique dans des entremêlements et des circonvolutions toutes gothiques. L’illustration de la pochette nous semble le mieux représenter ce titre&nbsp;; des corps émaciés et distordus entassés en un macabre monticule dans la nef splendide d’une cathédrale, marquant l’étroit nœud liant les somptuosités d’une voix furieuse aux modesties itératives des instruments, jusque dans un équilibre pandémoniaque. Le son minimaliste, étouffé et oppressant de <em>Through the Funeral Maelstrom of Evil</em> fascine et obsède l’auditeur, tandis que la voix Lord Meyhna’ch s’abandonne dans la décadence. La brève et tranquille accalmie, surplombant le titre dans un apaisement provisoire et trompeur, entraîne le déchaînement final d’une voix destructrice et d’un air fièrement convulsif, amenant <em>Travels to Sadness, Hate and Depression</em>, titre aux sonorités corrosives et martelantes où Lord Meyhna’ch hurlera magnifiquement sa haine et son désespoir dans l’épouvantable agitation d’un tragique soliloque d’opéra. Ses cris, poussés à la perfection dans une débauche de frénésie, ont un sens du rythme et une musicalité rares. <em>The Fear that Freeze</em> est différent de ces premiers titres, datant tous de 1993. Le changement est perceptible dans la voix, plus sépulcrale et suggestive, mais aussi dans le rythme, devenu effréné et austère. Le dernier titre, en français, <em>Holocaust in Mourning Dawn</em> s’efforce d’aller encore plus loin que son prédécesseur, la voix de Lord Meyhna’ch se faisant d’une expressivité rare et d’une richesse de tons inattendue. Plus complexe, la musique évoque de vifs battements de cœur qui s’harmonisent avec l’épanchement vocal de Lord Meyhna’ch.</p>
<p>Cet album demeure une réussite pure, où chaque titre est façonné soigneusement dans une cohérence et une recherche exceptionnelles. Une instrumentalisation épurée et hypnotique permet à Lord Meyhna’ch de faire preuve d’une variété de tons et de timbres impressionnante, faisant de cet album une référence du vrai Black Metal, que les histrions du genre ne pourront jamais égaler.</p>
<p><strong><u>Appendice</u>&nbsp;:</strong><br />
Extrait <em>Suffer the Gestalt</em></p>
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		<title>King of the Grey Islands</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Jun 2007 14:33:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Coin de l’Érudit]]></category>
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		<category><![CDATA[Candlemass]]></category>
		<category><![CDATA[Doom Metal]]></category>

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		<description><![CDATA[Hormis leur premier et remarquable album, Epicus Doomicus Metallicus, qui a irrémédiablement posé les fondements musicaux du groupe, chaque tentative qu’a subi Candlemass de changer de chanteur fut une expérience désastreuse, déplaisante, une dénaturation de cette sensibilité qui donne à la musique du groupe tout son relief. Candlemass se retrouvait alors depuis des années assimilé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hormis leur premier et remarquable album, <em>Epicus Doomicus Metallicus</em>, qui a irrémédiablement posé les fondements musicaux du groupe, chaque tentative qu’a subi Candlemass de changer de chanteur fut une expérience désastreuse, déplaisante, une dénaturation de cette sensibilité qui donne à la musique du groupe tout son relief. Candlemass se retrouvait alors depuis des années assimilé à la voix chaleureuse du charismatique moine à la chevelure hirsute nommé Messiah Marcolin, dont il semblait qu’elle était faite pour perdurer toujours avec lui. Hélas, Messiah est un chanoine fort capricieux et pour des raisons qui sont pudiquement tues par le meneur, Leif Edling, Candlemass s’est vu contraint de congédier le chartreux fantasque et, cette fois-ci, la séparation semble être définitive. Si Messiah a tant marqué Candlemass, est-il raisonnable de poursuivre sur une voie semée de difficultés, notamment celle de trouver un autre chanteur, qui soit digne d’hériter du rang messianique, au risque de causer à nouveau la déception d’un public fidèle, pétri de méfiance vis-à-vis des écarts excentriques du groupe lorsque celui-ci se retrouve sans la voix du Moine irascible&nbsp;? Nous attendions donc ce dernier opus avec une crainte excessive, mais aussi avec espoir et confiance. Notre intuition nous disait que nous n&#8217;allions guère être déçus de nos maintes expectatives, et celles-ci se sont montrées de très bon aloi. Néanmoins, certaines peurs persistaient en nos esprits&nbsp;; nous doutions que les airs de ce dernier opus, composés initialement pour la voix si particulière de Messiah Marcolin, seraient aussi bien interprétés par un autre chanteur. Nous présumions qu’il s’agissait d’une néfaste erreur que le Messie quitte ce groupe qu’il a à jamais marqué de son empreinte, de cette voix à la fois puissante et douce, pleine d’expressivité et de ferveur. Cependant, depuis quelque temps, le groupe peinait piteusement à se renouveler et s’appauvrissait lentement. Messiah, conservateur pointilleux, refusait toute tentative de progression, d’audace, de changement, préférant avec une bonhomie pantagruélique prendre repos sur ses divins lauriers, s’estimant, avec une certaine présomption, si vital au groupe qu’il pouvait relâcher ses exigences et sombrer dans un contentement sourd et aveugle. En maints aspects, ce nouvel opus est une providentielle renaissance pour Candlemass, ce qui lui permet de laisser son essence s’épanouir à nouveau pleinement, tout en renouant avec cette audace, la même qui avait fait d’<em>Epicus Doomicus Metallicus</em> et de <em>Nightfall</em> deux piliers de leur discographie. <em>King of the Grey Islands</em> est, par conséquent, digne de parachever ce triptyque.</p>
<p>Ce qui charme de premier abord dans cet opus, c’est son aura éthérée et déroutante, dès le prologue, doux et énigmatique, invitation à un lointain ailleurs ou à une proximité méconnue. Nous pressentons que l’écoute de l’album ne sera qu’une longue pérégrination mystique dans des cœurs sombres et tourmentés par les affres de l’existence. Cet aspect est bien entendu renforcé par la voix étonnante de Robert Lowe, chanteur émérite de Solitude Aeturnus, un maître qui contrôle chaque effet de voix à la perfection, nous entraînant soit dans les affres d&#8217;une rudesse révoltée et charismatique, soit dans les volutes d’une douceur ensorcelante. Une voix changeante, certes, expressive et infiniment subtile, alliée à des <em>riffs</em> défiant toute puissance. Le titre <em>Emperor of the Void</em> est un exemple de cette force intacte et immortelle des musiciens, qui transporte quiconque l&#8217;écoute dans une fureur jubilatoire. L’album ne se résume certainement pas à cet unique titre, et exulte de rage à peine contenue dans les titres suivants, où la suavité de la voix contraste et s’allie à merveille au rythme ralenti et appuyé des titres <em>Devil Seed</em> et <em>Of Stars and Smoke</em>, qui parfois prennent une suavité inaccoutumée. Nous reconnaissons assurément Candlemass, mais un Candlemass perfectionné, apaisé, serein, qui renaît de ses cendres poussiéreuses pour créer un opus infiniment plus poignant et assuré que ce à quoi nous aurions pu nous attendre d’un groupe dont nous craignions l’irrésistible déclin. <em>Demonia 6</em> et <em>Destroyer</em>, deux sommets du talent de Candlemass, sont deux titres qui, à n’en point douter, raviront ceux qui apprécient un Doom Metal exacerbé par un aspect énigmatique&nbsp; les paroles expriment toutes un malaise, un sentiment persistant de mal être dans la société, et abordent des thèmes d’un pessimisme acéré&nbsp;: la dépression, la souffrance existentielle, les horreurs de la drogue, la volonté d’en finir avec ce monde avili, infâme, et toujours cette aspiration à un dépassement, une transfiguration dans le rêve et l’imagination divine, dans la mort, symbole ultime d&#8217;achèvement spirituel et d’extase finale. La reprise de <em>Solitude</em>, le titre le plus célèbre du groupe, à l’issue de l’édition <em>digipack</em>, n’est point innocente&nbsp;: la recherche du trépas solitaire, considéré comme délivrance et source infinie de délectation voit ici son expression la plus pleine. Chacun de nous est un <em>King of the Grey Islands</em> qui, au moins une fois dans son existence, a ressenti un abyssal dégoût de ce qui constitue notre basse et creuse vie quotidienne, ainsi qu’un sentiment tant de révolte que d’impuissance. L’opus se concentre sur la déchéance, la ruine de tous ceux qui ont tenté de se débattre en vain dans un monde qui n’est et ne sera jamais fait pour eux. Il s’agit probablement de l’album le plus pessimiste de Candlemass, en partie expurgé des résonances religieuses et apaisantes que l’on retrouve dans <em>Nightfall</em>. C’est sans doute pourquoi il évoque un ailleurs insulaire, semblable à l&#8217;île de Patmos, sombre et lointain, dans une dynamique descendante semblable à une chute vers des profondeurs mystérieuses et démoniaques. Le chant acéré de Lowe exprime parfaitement cette volonté de combattre et de se révolter, alliée à un désespoir profond et inextinguible qui semble consumer chaque note. <em>Clearsight</em>, avec ses râles répétitifs, en est une parfaite illustration.</p>
<div align="center"><img class="size-medium wp-image-1034" title="Candlemass" src="http://leaule.com/img/candlemass_pic_4027-500x333.jpg" alt="Candlemass" width="500" height="333" /></div>
<p><em>King of the grey Islands</em> est introduit, dans le livret, par un court texte qui résume admirablement l’ensemble de l’album. Le voici donc&nbsp;:</p>
<blockquote><p><center><em>I am the king of the grey islands. An unworthy soul, windswept and scarred, bent and confused.<br />
My castle, my ruin, the moldering grave where the memory fades with the mourning cry of the mother.<br />
Pain is an ally, loyal and true. Sweet like a burning poison. I know you.<br />
Who counts the wounds? Who sees the hunger and it’s flight over the coastline of denial?<br />
The fibers, the nerves, that rupture from arterie to cell, continuously repeating the hymn of life, death and the holy whore…<br />
Desecrated in desperation.<br />
I am the king of the grey islands. A lifeless and godforsaken realm at the rim of the great divide.<br />
Where existence is torn apart against the black rock.<br />
The foul taste of failure and disappointment enrapture my soul and my cries are smothered in fruitless abandon.<br />
The smell of self contempt sultry over the springs of oblivion.<br />
I stand before destruction, beholding the stone of my realm.<br />
It’s dignity, cold and stern. Unmerciful without empathy. Eternal like sin.<br />
You saw my birth, an ornament in your grain.<br />
You see my death.<br />
Dreadful and cold.<br />
Alone.<br />
Divine.</em></center></p></blockquote>
<p>Ces propos sont en partie repris dans le premier titre qui commence avec un prélude doux et amer à la fois, puis s’exalte dans des <em>riffs</em> à la démence à peine contenue. <em>Emperor of the Void</em> demeure l’un des titres les plus pessimistes de l’album, où la figure virginale se trouve désacralisée, dans un retournement apocalyptique, en celle d’une odieuse hétaïre. La détresse narrée dans ce titre est telle qu’elle ne trouve plus l’apaisement dans les figures conciliatrices de la religion. Dans un revirement similaire, le château se fait ruine et devient sépulcre. Il ne reste plus que la couleur grise, oppressante, et le vide infini, deux symboles d’une terreur abyssale synonyme de mort. L&#8217;isotopie de pouvoir «&nbsp;<em>ruler</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>king</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>emperor</em>&nbsp;» exalte les vanités humaines, assimilée aux vastitudes abandonnées d&#8217;îles perdues au sein d&#8217;un océan inquiétant, elle montre l’arrogance pusillanime de la nature humaine qui croît se targuer de quelque autorité alors qu’elle n’a aucune influence sur l’issue inéluctable de la vie&nbsp; la mort, mort évoquée par des éléments du corps humain qui, chaque instant, ramènent l’homme à son destin fatal. <em>Devil Seed</em> assimile la figure du diable à celle d’une drogue dont nul ne peut se défaire. L’être est dépossédé de sa substance, habité par des voix lancinantes qui rendent impossible toute guérison et causent le meurtre, le suicide. Ce sont les pouvoirs séducteurs et terribles de la drogue que cette chanson à l’air obsédant, lourd et répétitif cherche à illustrer&nbsp; il suffit d&#8217;en ingérer un soupçon, «&nbsp;<em>a little seed</em>&nbsp;», mais cette semence diabolique dévore consciencieusement jusqu’à l’âme de celui qui l’a ingurgitée, propageant une lèpre intérieure. La volonté de Satan se répand comme une vérole infâme, rendant toute échappatoire vaine. Les remords, les soins sont inutiles. <em>Of Stars and Smoke</em> exalte la dualité de l’homme&nbsp; son âme vouée à l’élévation, à l’éternité, aux chimères et son corps, fragile, tellurique, éphémère. L’homme est tel un arc-en-ciel passager dont les couleurs rapidement défaillent avant de disparaître. «&nbsp;<em>From nothing I came before, to nothing I go</em>&nbsp;», telle est la leçon de ce titre lent et délicat qui s’écoute comme une ballade, adoucissant l’acerbe sincérité de ses propos&nbsp;: «&nbsp;Homme, tu n’es qu’un songe rapide, un rêve douloureux&nbsp; tu n’existes que par le malheur&nbsp; tu n’es quelque chose que par la tristesse de ton âme et l’éternelle mélancolie de ta pensée&nbsp;!&nbsp;» écrivait Chateaubriand. <em>Of Stars and Smoke</em> veut exprimer un constat similaire à celui que Dieu dresse à Adam une fois le péché originel consommé&nbsp;: «&nbsp;car tu es poussière et tu retourneras en poussière&nbsp;». Aucun titre peut exprimer aussi bien le thème de la chute que <em>Demonia 6</em>, avec ses sonorités lourdes et hypnotiques et ses paroles répétitives. Le sentiment de déchéance se voit accompagné d’une euphorie luciférienne et d’un enivrement frénétique. <em>Destroyer</em> exacerbe, dans des <em>riffs</em> menaçants, un puissant désir de destruction, celui d’une société infâme et immonde dont le massacre est source d&#8217;ineffable jouissance. Les paroles cherchent intentionnellement à scandaliser et prouvent que s’il existe des êtres qui désirent puissamment l’extinction du monde, l’ignominieuse race humaine en est responsable&nbsp;: «&nbsp;<em>I am injected, with venom and your piss. My life is hatred, I spiral down the abyss. A mind on kill mode, expressionless face. Brain like a child, fuck the human race</em>&nbsp;». Le titre suivant, <em>Man of Shadow</em> rassemble des passages véhéments et acerbes et d’autres plus doux. Il raconte la détresse d’un homme qui se suicide par dépit, chérissant sa dépression, enfouissant son âme dans la douleur. <em>Clearsight</em>, excellent air métaphorique aux sonorités menaçantes et puissantes, raconte le périple à travers les mers du navire <em>Clerasight</em>, à la recherche des lointaines rives de la connaissance. Après quatre ans de navigation, les passagers périssent d&#8217;inanition mais leurs esprits continuent leur sempiternel périple à travers les océans, assistant au déclin progressif de l’humanité. Ce titre est merveilleusement servi par une modulation du <em>riff</em> initial extrêmement savante et talentueusement interprétée. L’ultime chant, <em>Embracing the Styx</em> arbore une imagerie tout aussi mélancolique&nbsp;: un mort franchit le Styx, fleuve sinueux des enfers, assisté par le nocher Charon. Inéluctablement, à chaque vague que la barque fend, il sent la vie s’échapper de son corps.</p>
<div align="center"><img class="size-medium wp-image-1035" title="Candlemass" src="http://leaule.com/img/candlemass_pic_4137-500x333.jpg" alt="Candlemass" width="500" height="333" /></div>
<p>Outre la voix mélancolique de Lowe, qui donne l’ultime touche aux différents airs, la performance de Leif Edling s’approche de la perfection, et donne un aspect intemporel à cet opus. L’air de clôture, <em>Embracing the Styx</em>, représente une merveilleuse synthèse de tout l’album qui s’achève dans une tranquillité déconcertante, mortelle et fascinante. Les musiciens sont loin d’être délaissés&nbsp;; si l’étouffant trappiste occultait légèrement les performances musicales des instrumentistes, Lowe parvient, dans un équilibre magistral, à s’imposer tout en laissant s’exprimer avec largesse les <em>riffs</em> toujours aussi talentueux, mais plus acerbes et appuyés qu’à l’accoutumée, de Leif Edling.</p>
<p>Un nouveau chef-d’œuvre de Candlemass, donc, sans doute celui dont l’ambiance est la plus pessimiste et sombre. Un chanteur mélancolique, à la fois plaintif et agressif, nous confie une prestation mémorable. Des musiciens imposants, aux <em>riffs</em> majestueux, se montrent d’une expressivité inégalée. Tout est compris, dans cet album, pour en faire l’un des meilleurs de Candlemass, rival estimé et méritant d’<em>Epicus Doomicus Metallicus</em> et de <em>Nightfall</em>. Précisons que la version <em>digipack</em> contient deux titres exclusifs, <em>Solitude</em> et <em>At the Gallows End</em> interprétés par Robert Lowe. On peut y suivre l’évolution musicale du groupe, sa nouvelle sensibilité, plus extravagante et amère, et apprécier la prestation fort sagace du nouveau chanteur. Ces deux titres, bien qu’étant des reprises d&#8217;anciens albums, s’inscrivent à merveille dans l’ambiance tourmentée de l’opus. Pour ceux qui auront le privilège d’acquérir l’édition limitée du <em>digipack</em>, ils découvriront un mini-disque bonus contenant la reprise de Robert Lowe du titre <em>Black Dwarf</em>, signe éclatant que Robert Lowe est un digne héritier de Messiah Marcolin, et la version première de <em>Demonia 6</em>. Nous fûmes enchantés à l’écoute de <em>King of the Grey Islands</em>, que nous ne nous lassons guère d’apprécier. Chaque titre est intriguant, merveilleux, puissant, et mérite une écoute attentionnée afin d’en saisir toute la profondeur. Il faut, avec intérêt, prêter l&#8217;oreille à cette musique si foisonnante et changeante, servie par un chanteur expressif et troublant.</p>
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		<title>Still at War</title>
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		<pubDate>Sun, 27 May 2007 16:19:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thorkaël</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Les pizzas, les pâtes, le calcio, les fausses blondes à forte poitrine, le tiramisu, Rome, Venise, la tour de Pise sont, parmi d’autres, autant d’éléments caractéristiques de l’Italie. Mais les guides touristiques occultent une autre grande spécialité transalpine: le metal épique. Le grandguignolesque arbre RHAPSODY [OF FIRE] cache trop souvent dans l’imaginaire collectif du metalhead l’opulente forêt des WOTAN, DOMINE, DOOMSWORD, ICY STEEL, ADRAMELCH, etc. Ainsi, la présente chronique jardinière s’intéressera au cas de la jeune pousse HOLY MARTYR.</p>
<p>Après s’être fait les dents avec trois démos (<em>Hatred and Warlust</em>, <em>Hail to Hellas</em>, <em>Vis et Honor</em>) ou encore sur les planches du Keep It True, le quintet sarde, au nom à consonance jihadiste, nous livre en cet an de grâce 2007 leur premier album, <em>Still at War</em>, une véritable pépite de &laquo;&nbsp;war epic metal&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Comme beaucoup de ses confrères officiant dans le même courant musical, HOLY MARTYR puisse ses sources dans des gloires des années 80 comme MANILLA ROAD (dont figure sur le tribute <em>The Riddle Masters</em> une reprise de &laquo;&nbsp;Dragon Star&nbsp;&raquo;), OMEN ou MANOWAR. Rien de bien original, certes, mais HOLY MARTYR réussit le tour de force de sonner à la fois joliment démodé et résolument moderne.</p>
<p>Après une introduction évocatrice (des légionnaires répétant en chœur un serment en latin), <em>Still at War</em> démarre fort, batterie battante et guitares acérées, sur ce qui constitue à mon sens le joyau hymnique de l’opus: &laquo;&nbsp;Vis et Honor&nbsp;&raquo;. Dans cet ébouriffant mid-tempo à l’ambiance héroïque et martiale, tel un imprécateur, le vocaliste nous transmet la furieuse envie de prendre les armes pour la gloire de Rome. On retrouvera une folie similaire sur le fougueux &laquo;&nbsp;Warmonger&nbsp;&raquo;, morceau speed le plus bourrin de l’effort au refrain entêtant et ravageur.</p>
<p>La voix d’Alex Mereu contribue indéniablement à la qualité des compositions. Rauque, puissante, elle rappelle un peu J.D. Kimball; elle lorgne aussi vers Blaze Bayley, par exemple sur la belle balade &laquo;&nbsp;From the north comes the war&nbsp;&raquo;. A propos des thèmes abordés, on retrouve sans surprise les civilisations anciennes européennes sur fond de grandeur militaire. Cliché, oui, mais après tout, ces sujets conviennent au style pratiqué, n’est-ce pas?<br />
Ceux qui s’étaient pris une baffe avec leurs compatriotes WOTAN n’ont désormais plus qu’à tendre l’autre joue pour s’en prendre une seconde avec HOLY MARTYR.</p>
<p>Ave Roma!</p>
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		<title>Epos</title>
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		<pubDate>Sun, 06 May 2007 16:10:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thorkaël</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Coin de l’Érudit]]></category>
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		<description><![CDATA[Trois ans après un remarquable premier album, Carmina Barbarica, le quartet lombard présente son nouvel effort, Epos. Ce dernier suit les traces laissées par son prédécesseur; digérant avec soin et classe ses glorieuses influences, Wotan nous distille son Heavy-Metal épique, traditionnel mais néanmoins personnel. Sur Epos, le groupe, toujours aussi guerrier, délaisse un peu les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Trois ans après un remarquable premier album, <em><a href="http://amazon.fr/exec/obidos/ASIN/B0006B95MM/leaule-21" rel="nofollow" >Carmina Barbarica</a></em>, le quartet lombard présente son nouvel effort, <em>Epos</em>. Ce dernier suit les traces laissées par son prédécesseur; digérant avec soin et classe ses glorieuses influences, <span style="font-variant:small-caps;">Wotan</span> nous distille son Heavy-Metal épique, traditionnel mais néanmoins personnel.<br />
Sur <em>Epos</em>, le groupe, toujours aussi guerrier, délaisse un peu les passages speed au profit de ceux plus lourds et/ou mid-tempo. Doté d’une meilleure maîtrise vocale, Vanni <span style="font-variant:small-caps;">Ceni</span> réalise une excellente prestation, plus sûre que sur <em>Carmina Barbarica</em>, dont les intonations rappellent parfois Eric <span style="font-variant:small-caps;">Adams</span>. Autre amélioration, la production semble avoir bénéficié de meilleurs moyens; la puissance et la netteté du son s’en trouvent donc renforcées.<br />
A l’image du précédent opus, et contrairement à ce que laisserait supposer le nom du combo, les thèmes abordés ne se limitent pas seulement à la mythologie germanique/nordique. Sont ainsi évoqués divers épisodes de bravoure européenne, aussi variés que Rome (<em>Vae Victis</em>, <em>Spartacus</em>), la Grèce antique (<em>Ithaca</em>), la chanson de geste et les légendes médiévales (<em>The Quest For The Grail</em>, <em>Chanson de Roland</em>, morceau fleuve de quinze minutes). Et plus originalement, <span style="font-variant:small-caps;">Wotan</span> reprend <em>Foggy Dew</em>, aux sonorités logiquement celtiques, un hymne révolutionnaire irlandais du début du XXe siècle exaltant le peuple à se soulever contre l’occupant anglais.<br />
A noter également la participation d’un invité de marque, <span style="font-variant:small-caps;">Ross The Boss</span>, qui joue de la guitare sur le manowaresque <em>Spartacus</em> et du piano sur <em>Mother Forest</em> (dont le début rappelle celui de <em>Heart Of Steel</em>, mais se révèle finalement être le seul titre pourri de l’album).<br />
En conclusion, <em>Epos</em> ravira, je pense, les amateurs du genre. A ranger aux côtés des <span style="font-variant:small-caps;">StormWarrior, DoomSword, Holy Martyr, Twisted Tower Dire</span>…</p>
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