<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Leaule &#187; Yoshio Harada</title>
	<atom:link href="http://leaule.com/mot-clef/yoshio-harada/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://leaule.com</link>
	<description>Ode au temps jadis.</description>
	<lastBuildDate>Thu, 12 Apr 2012 05:55:00 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.2</generator>
		<item>
		<title>The Fearless Avenger</title>
		<link>http://leaule.com/culture/the-fearless-avenger/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=the-fearless-avenger</link>
		<comments>http://leaule.com/culture/the-fearless-avenger/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2009 17:42:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéphagie]]></category>
		<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Kazuo Ikehiro]]></category>
		<category><![CDATA[Mikogami]]></category>
		<category><![CDATA[vengeance]]></category>
		<category><![CDATA[yakuza]]></category>
		<category><![CDATA[Yoshio Harada]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://leaule.com/?p=1256</guid>
		<description><![CDATA[Dans ce deuxième opus de la trilogie Mikogami, Jokichi poursuit sa quête féroce de vengeance. Après un Trail of Blood éminemment puissant et sanglant, The Fearless Avenger est une continuation remarquablement conçue et une suite respectueuse des aspirations du premier film. Le volet de ce triptyque, tout comme son premier vantail, est marqué du thème [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce deuxième opus de la trilogie Mikogami, Jokichi poursuit sa quête féroce de vengeance. Après un <em><a href="http://leaule.com/revue-culturelle/mikogami-trail-blood/" title="Site externe : http://leaule.com/revue-culturelle/mikogami-trail-blood/" target="_blank">Trail of Blood</a></em> éminemment puissant et sanglant, <em>The Fearless Avenger</em> est une continuation remarquablement conçue et une suite respectueuse des aspirations du premier film. Le volet de ce triptyque, tout comme son premier vantail, est marqué du thème de l’errance, qui ouvre et clôt l’œuvre, avec de savantes modulations qui se contemplent comme une estampe japonaise, où le décor est travaillé avec soin et minutie et où la silhouette errante de Jokichi est savamment placée. Jokichi, toujours à la recherche des meurtriers de son épouse et de son fils, traque les deux derniers yakuzas responsables de cet abject assassinat. Pour ce faire, il endure avec un flegme éminent les affres de la solitude et de l’errance dans une nature sublime mais peu indulgente. La rencontre d’être immoraux marque son périple d’étapes poignantes, où le sang s’épand à foison et où l’épée fulgurante de Jokichi lui permet de se frayer un chemin dans ce pays sauvage peuplé d’hommes féroces. Lors d’une traversée en barque, deux odieux sbires de Chogoro de Kaiun tentent de violer une femme. Jokichi, dès qu’il apprend que les deux scélérats servent l’un des ennemis qu’il désire pourfendre, se défait de cette attitude faussement passive face à la douleur féminine, et provoque les larrons. Avant de tuer son dernier ennemi, après l’avoir poursuivi dans l’eau calme et peu profonde, il tente de lui extirper des aveux sur l’endroit où se trouve son maître. Il reste impassible face aux supplications larmoyantes du misérable dans un dialogue court mais incisif où toute la tragédie de Jokichi se trouve impitoyablement résumée&nbsp;:</p>
<blockquote><div align="left">— Épargne-moi&nbsp;!<br />
— Je ne peux pas.<br />
— Je ne suis pas impliqué dans ce qui est arrivé à ta femme&nbsp;! Épargne-moi&nbsp;!<br />
— Moi aussi, j’ai un jour demandé grâce.</div>
</blockquote>
<p>Jokichi se rend alors à un rassemblement des grands patriarches Yakuzas, et, dans une tentative suicidaire d’approcher Chogoro et de le provoquer en duel lors d’une soirée où chaque Oyabun s’adonne aux plaisirs du jeu de hasard, se retrouve acculé par l’impressionnant nombre de gardes qui protègent les illustres Yakuzas. Chogoro profite de cette intrusion subreptice et surtout interdite pour réclamer le trépas de cet ennemi redoutable. Cependant, Juzaburo, un Kumichô vieillissant, intervient pour que l’on épargne Jokichi, dont le courage inébranlable et la fière audace ont su toucher le cœur de ce Yakuza, l’un des rares qui soit encore attaché à un certain code d’honneur. Quand ses comparses s’adonnent au viol, au meurtre et à la violence, Juzaburo, lui, use de discernement et de clémence. Il réclame ainsi que Jokichi soit épargné. Jeté à l’eau, sauvé par deux vieux pêcheurs, Jokichi est réprimandé par le chevalier borgne du premier film, qui lui avoue son admiration pour sa tâche sanglante et son opiniâtreté à se venger (le concept de kataki-uchi, c’est-à-dire la némésis sanguinaire de celui qui fut, autrefois, bafoué et humilié, était fort prisé dans l’ère féodale japonaise) mais récuse son acte imprudent et futile, l’interprétant comme une tentative de suicide déguisé. Dans une scène à l’humilité touchante, Jokichi remercie les deux pêcheurs et poursuit finalement sa quête. Il lui est demandé, contre numéraire, de ramener Oyuki, la jeune fille de Juzaburo à son père. L’effrontée Oyuki refuse de retrouver ce père qu’elle a fui, répugnant à épouser l’homme qu’il lui a choisi, qui ne l’aime guère et qu’elle n’apprécie point. Jokichi accepte cette tâche ardue, espérant obtenir la protection de Juzaburo, lui qui, après son acte inconsidéré, est considéré comme un réprouvé dans les huit provinces de Kanto. La jeune fille est, hélas, capturée et violée par des ennemis de Jokichi qui désirent que Juzaburo le punisse de son inattention. Jokichi les exécute sauvagement, mais Oyuki est malencontreusement tuée par un poignard que le yakuza errant avait esquivé. Consterné, Jokichi se rend chez Juzaburo et lui présente la chevelure de sa fille, narrant son imprudence, acceptant tête baissée son châtiment. Mais Juzaburo l’épargne et lui révèle le lieu où se trouve Chogoro. Jokichi y fera la rencontre d’Okayo, une jeune prostituée, et sera impliqué dans une intrigue qu’il s’efforcera de faire tourner à son avantage.</p>
<div class="center"><img src="http://leaule.com/img/capture-195424-500x279.png" alt="The Fearless Avenger" title="The Fearless Avenger" width="500" height="279" class="size-medium wp-image-1404" /></div>
<p>Les thèmes du premier film se retrouvent donc, dans ce deuxième opus, très respectueux de l’ambiance de cette trilogie violente et sauvage. Les yakuzas sont toujours ces hommes cruels et haïssables, aux visages grimaçants et aux agissements avilissants. Ce ne sont point les yakuzas qui sont vertement critiqués, mais l’homme, que l’accès à un certain statut ôte toute humanité. Dès qu’il peut se targuer d’une place dans la hiérarchie ou peut bénéficier de la protection d’un maître, il s’abandonne aux pires accès de fureur et de luxure. Jokichi, dont l’âme indépendante ne peut souffrir la moindre autorité (sa tentative éperdue d’interrompre la réception des chefs yakuzas étant une irrémédiable preuve de sa dissidence et de son irrespect des coutumes hiérarchiques), est un homme intègre car pleinement responsable de ses actes. Mais Jokichi n’est plus cette unique et vacillante flamme de justice vengeresse dans les ténèbres, Juzaburo représente, lui aussi, une figure vertueuse qui adoucit l’acerbe constat du film. Elle l’attendrit d’autant plus que Juzaburo est un Oyabun, un chef, et qu’il n’abuse guère de sa position en s’adonnant aux viles forfaitures et aux pires atrocités&nbsp;: il respecte un certain code d’honneur, appelé Ninkyôdô chez les yakuzas, qui prône le courage plus que la couardise et qui remercie la sincérité plutôt que le mensonge. Ainsi, lorsque Jokichi se rend à son domicile pour lui annoncer le trépas de sa fille, Juzaburo ne réclame pas la sentence pourtant demandée par Jokichi lui-même, mais admire la démarche franche et pénitente de l’ancien yakuza&nbsp;: il n’a pas fui, acceptant d’assumer la responsabilité de ses fautes, et, bien qu’il soit voué à sa vengeance, en fait abstraction pour invoquer la nécessité de l’expiation de son péché, quitte à ne jamais pouvoir mener à bien ses ambitions personnelles. Bien qu’il soit effondré à l’annonce de la mort de sa fille, Juzaburo récompense ainsi la probité et la vertu de Jokichi, deux qualités si rares qu’elles doivent être distinguées. Juzaburo avait pourtant toutes les raisons d’être un juge aveugle et cinglant, mais dans son regard se lit cette même lassitude que Jokichi d’un monde qui n’est plus voué qu’à l’iniquité. </p>
<div class="center"><img src="http://leaule.com/img/capture-197246-500x279.png" alt="The Fearless Avenger" title="The Fearless Avenger" width="500" height="279" class="size-medium wp-image-1405" /></div>
<p>Les principales victimes de cet univers implacable sont, comme toujours, les femmes, ces sublimes martyres de la bestialité des hommes. Meurtries, violées, injuriées, elles sont impuissantes face au pouvoir irraisonné et à la force tyrannique des hommes. Feu l’épouse de Jokichi se reflète dans le visage insoumis de deux autres femmes, Oyuki et Okayo, aux destins différents mais toujours marqués de l’empreinte despotique de l’homme. L’attendrissante et juvénile Oyuki, meurt après un viol honteux qui visait à attirer la colère de Juzaburo sur Jokichi&nbsp;: celui-ci est consterné que ses ennemis en soient arrivés au point de sacrifier la pureté d’une femme innocente seulement pour se venger de lui. La mortification et l’agonie d’Oyuki symbolisent la persécution et l’instrumentalisation de la femme, qui ne sert qu’à assouvir les désirs charnels des hommes et leur permettre de parvenir à leurs fins. Okayo, la prostituée aux visage rougeaud et aux manières franches et bienveillantes, est, elle aussi, une autre victime de l’homme. Menacée de mort, elle doit user de son pouvoir de séduction pour convaincre Jokichi de se rendre à un règlement de compte entre deux clans qui permettra à Chogoro de le tuer. Jokichi a tout entendu de la conversation menaçante entre la jeune femme et le yakuza, c’est ainsi qu’il décide de se mêler à la querelle, espérant parvenir à se venger, mais Okayo, désespérée, le suppliera pour qu’il n’y prenne part et cherche à s’enfuir. Contrairement à Oyuki, dont la fin sera tragique, Okayo sera libérée de son joug et, dans une scène émouvante, demandera à Jokichi de ne point trop boire, elle qui pourtant l’avait enivré la veille. L’indifférence de Jokichi vis à vis de la condition féminine n’est que feinte&nbsp;; même s’il est tout entier voué à la vengeance, sa culpabilité à la mort d’Oyuki démontre avec subtilité qu’il voit en ces portraits de femmes tourmentées l’immuable souvenir de son épouse et son impuissance à la sauver de la cruauté masculine. La femme du début du film, que les deux larrons tentaient de violer, est, elle aussi, une des innombrables créatures blessées et souillées par l’homme. Cette apathie de Jokichi que maints pourraient voir comme de la couardise ou encore de l’insensibilité, peut s’expliquer de deux façons différentes mais complémentaires&nbsp;; Jokichi ne vit que pour sa vengeance, les affres d’autrui ne devraient, par conséquent, pas le toucher, même si l’indolence du yakuza errant n’est qu’une apparence qui sera bien vite contredite par la suite (Jokichi, au contact des deux femmes, recouvrera progressivement une part de son humanité perdue lors des funérailles de son épouse), et quoi qu’il en soit, les femmes sont si couramment brutalisées tout au long des errements de Jokichi que celui-ci ne peut toutes les secourir. Tout déshumanisé qu’il l’est par les circonstances, Jokichi est pourtant le seul qui perçoive le présent que chaque femme peut lui faire&nbsp;; elles lui confient toujours un peu plus de cette humanité nécessaire à la prise de conscience de leur statut. Les autres hommes, eux, ont définitivement perdu la moindre bribe de sentiments humains. L’ivresse partagée de Jokichi et d’Okayo évoque en effet une bienheureuse scène du passé où Jokichi s’enivre de saké auprès de sa femme et de son fils, Jokichi s’étant montré d’une grande sobriété depuis le massacre de sa famille.</p>
<p>L’originalité de ce film par rapport au précédent opus se trouve dans l’usage appuyé d’un élément&nbsp;; l’eau. En effet, le film débute sur une scène de navigation, et s’achève par un combat où cet élément joue un rôle capital puisque l’eau qui embarrasse les ennemis en surnombre du yakuza errant semble ne pas gêner celui-ci, au contraire, puisqu’il cache son épée dans l’onde trouble pour que nul ne puisse savoir où il va frapper. A l’image de cet élément, Jokichi est fuyant et insaisissable. L’eau permet aussi, dans la scène initiale, de renforcer le leitmotiv du sang&nbsp;; l’épée de Jokichi traverse le corps du dernier des deux sbires de Chogoro répandant tout son sang dans les flots, qui deviennent écarlates. Jokichi est donc un excellent combattant&nbsp;; il avait réussi à faire de son amputation de deux doigts une force en se forgeant trois serres impitoyables lors du précédent film, dans ce second volet, il parvient à user des ressources de la nature avec une rare intelligence, se muant lors des affrontements en une créature fuyante et féroce dont l’épée foudroyante, teintée de sang et ruisselante d’eau, se fait l’instrument d’une vengeance qui dépasse l’entendement. Ce deuxième opus, savamment constitué, doté d’une mise en scène acérée et sanglante au rythme haletant mais jamais superficiel, toujours agrémenté de la même musique psychédélique, est une digne continuation du premier film mais y apporte une progression ainsi qu’un approfondissement des thèmes précédemment évoqués. <em>The Fearless Avenger</em> n’est pas qu’un simple film de vengeance, c’est également le parcours d’un homme assoiffé de justice dans un monde funeste, qui dresse tout au long de son parcours erratique le portrait de figures tantôt détestables, tantôt attachantes. Jokichi, bien que dissimulé par son large couvre-chef élimé, se révèle être une personnalité admirable cachée, dans le but de survivre parmi les hommes cruels, derrière une cuirasse d’impassibilité et de froideur.</p>
<p><strong><u>Appendice</u>&nbsp;:</strong><br />
Bande-annonce originale sous-titrée en anglais</p>
<div class="center"><embed src="http://leaule.com/mediaplayer.swf" width="500" height="246" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" flashvars="width=500&#038;height=246&#038;file=http://leaule.com/flv/thefearlessavenger.flv"/></div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://leaule.com/culture/the-fearless-avenger/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
<enclosure url="http://leaule.com/flv/thefearlessavenger.mp4" length="12180370" type="audio/mp4" />
		</item>
	</channel>
</rss>

