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	<title>Leaule &#187; Roger Vadim</title>
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	<description>Ode au temps jadis.</description>
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		<title>Barbarella</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Jul 2009 18:32:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéphagie]]></category>
		<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Jane Fonda]]></category>
		<category><![CDATA[John Phillip Law]]></category>
		<category><![CDATA[Roger Vadim]]></category>

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		<description><![CDATA[L’on pourrait s’étonner, en parcourant Leaule, de trouver la critique d’un film aussi frivole et insouciant que Barbarella. Il s’avère que nous trouvons maintes subtilités à ce film fantasque et opulent qui multiplie les situations ubuesques et les personnages hautement fantaisistes. Barbarella est un de ces films qui vous laissent doucement hilare avec une expression [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’on pourrait s’étonner, en parcourant <em>Leaule</em>, de trouver la critique d’un film aussi frivole et insouciant que <em>Barbarella</em>. Il s’avère que nous trouvons maintes subtilités à ce film fantasque et opulent qui multiplie les situations ubuesques et les personnages hautement fantaisistes. <em>Barbarella</em> est un de ces films qui vous laissent doucement hilare avec une expression d’agréable contentement sur votre visage. La première scène de <em>Barbarella</em> s’avère prometteuse&nbsp;; un scaphandre fait d’une matière semblable à de l’aluminium flotte dans une pièce entièrement tapissée d’une espèce de fourrure synthétique rousse ressemblant étrangement à la parure de bovins des Highlands, ornée de tableaux et de statues au charme suranné. L’astronaute entreprend progressivement un déshabillement lascif des différentes parties de ce disgracieux costume, révélant des courbes féminines impudiquement dévêtues. L’érotisme provocant de cette scène est immédiatement contrebalancé par l’inénarrable kitsch de la pièce et par l’inélégance première de la tenue de cosmonaute dont elle était parée. Une musique désuète et psychédélique orne cet exorde d’un goût délicieusement rococo. Barbarella se voit confier par le président de la république terrienne une éminente tâche, celle de retrouver un savant du singulier nom de Duran-Duran égaré dans le système inexploré et sauvage de Tau-Céti. Duran-Duran aurait créé un rayon funeste qui compromettrait la paix universelle et qui, s’il était confié aux êtres primitifs et violents de Tau-Céti, pourrait causer une féroce querelle. Barbarella vit dans une époque où le mot «&nbsp;guerre&nbsp;» n’est prononcé qu’avec répulsion&nbsp;; les planètes sont pacifiées dans une fraternité festive et citoyenne. Chacun, pour saluer un comparse, lève la main en disant «&nbsp;Love&nbsp;!&nbsp;» et exprime sa sensualité avec une hardiesse insouciante. Barbarella se rend donc dans le système singulier de Tau-Céti et son vaisseau loquace se retrouve désespérément pris dans un furieux orage magnétique symbolisé par des éclaboussures aux couleurs douteuses sur l’écran de la nef spatiale. Barbarella finit par atterrir en catastrophe sur un lac de glace de Tau-Céti cerclé de cristaux levés et transparents. Elle est accueillie par deux jumelles à l’indescriptible coupe de cheveux qui l’assomment, la ligotent et la transportent sur un traîneau tiré par une raie frôlant le sol glacé. Barbarella, s’apprêtant contre son gré à se faire lentement dévorer par des poupées mécaniques dotées d’une dentition d’acier acéré, est sauvée par un homme hirsute couvert de fourrures. Avec malignité, il lui demande de prouver sa reconnaissance en se donnant à lui. Barbarella, persuadée que l’on aime que grâce à une pilule qui relie les sens enfiévrés des deux êtres, s’effarouche des procédés archaïques de son bienfaiteur avant d’y céder. Tandis que l’on répare fort maladroitement son vaisseau, Barbarella se pare d’une peau de bête dont la longue queue, formant une élégante traîne, se prendra à plusieurs reprises dans les portes du vaisseau de la jeune femme et la fera même trébucher. Barbarella s’écrase ensuite au sein d’un inquiétant labyrinthe au sommet duquel trône la tyrannique cité de Sogo, ineffable lieu de vice et de cruauté reposant sur une matière liquide qui se nourrit avidement des péchés des citadins, le Mathmos.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/vlcsnap-2010-10-16-17h40m07s151.png" title="Site externe : http://leaule.com/medias/vlcsnap-2010-10-16-17h40m07s151.png" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/vlcsnap-2010-10-16-17h40m07s151-500x281.png" alt="" title="Barbarella (Jane Fonda) et Pygar (John Phillip Law)" width="500" height="281" class="aligncenter size-medium wp-image-4446" /></a></p>
<p>Si <em>Barbarella</em> surprend, c’est d’abord par la richesse de ses personnages et de ses décors. Ils parviennent aisément à faire oublier l’indigence des effets spéciaux et leur peu de vraisemblance. L’on évolue dans un univers protéiforme et singulier esthétiquement saisissant&nbsp;; le décor le plus remarquable demeure incontestablement le labyrinthe, digne des plus grandes imaginations antiques, où évoluent les damnés qui ne sont point assez vils pour demeurer à Sogo. Les créatures se retrouvent parfois intégrées aux murs tortueux du labyrinthe et reçoivent comme pitance des fleurs d’orchidée qu’ils dévorent désespérément. Ce cadre est assurément stupéfiant, d’autant qu’y vivent deux êtres tout aussi curieux&nbsp;: le professeur Ping, un vieux savant courbé qui place sa loupe sur son front au lieu de la poser face à son œil et Pygar, un ange aveugle et miséricordieux qui a perdu l’envie de voler. Nous mentionnerons de même les souterrains de la résistance, à Sogo, ornés de tubes en plastique transparent et d’installations désuètes qui tombent régulièrement en panne. Le chef de la résistance, un homme excentrique et truculent, propose comme mot de passe l’imprononçable nom du village gallois,</p>
<blockquote><p>Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch<br />&nbsp;</p></blockquote>
<p>que Barbarella répètera avec une aisance amusante. L’imagination démesurée des créateurs côtoie un humour déconcertant du plus bel effet. La principale source d’humour est la candide Barbarella&nbsp;; l’on rit aux éclats de son innocence et de son ingénuité, jusque dans les situations les plus tragiques. Lorsqu’elle commence à se faire dévorer par d’inoffensives perruches ou lorsqu’elle se retrouve dans la machine excessive qui aurait dû la faire trépasser de plaisir et qu’elle finit par abîmer en endurant sans expirer ces voluptés inhumaines, Barbarella s’en tire toujours avec un innocent regard, un sourire naïf et une nouvelle tenue, toujours plus saugrenue et toujours plus déshabillée. <em>Barbarella</em> est un hymne à l’allégresse et à la légèreté&nbsp;; rien n’est jamais grave dans ce film insouciant où chacun endure les pires tourments avec futilité. Barbarella est évidemment d’un optimisme immodéré, affrontant d’inextricables situations sereinement. Pygar, l’ultime ornithanthrope, se fait également persécuter avec un sourire indifférent. <em>Barbarella</em> donne ainsi une agréable leçon d’optimisme.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/vlcsnap-2010-10-16-17h38m32s225.png" title="Site externe : http://leaule.com/medias/vlcsnap-2010-10-16-17h38m32s225.png" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/vlcsnap-2010-10-16-17h38m32s225-500x281.png" alt="" title="Barbarella (Jane Fonda) dans son vaisseau en fourrure" width="500" height="281" class="aligncenter size-medium wp-image-4447" /></a></p>
<p>Ce film prétendument manichéen oppose la figure de Barbarella à celle du Grand Tyran de Sogo. Hormis les gardes noirs du Grand Tyran, qui ne sont d’ailleurs des êtres humains puisqu’ils sont une inquiétante carapace de cuir vide, les figures les plus maléfiques sont également hautement divertissantes. Duran-Duran provoque l’hilarité tant ses desseins de conquête sont incompatibles avec ses airs ridicules&nbsp;: la scène classique du rire machiavélique du monstre triomphant est d’ailleurs dédramatisée par l’effet de loupe provoqué par de grands cercles en suspension derrière lesquels Duran-Duran s’esclaffe. Duran-Duran, déformé, étiré et grimaçant semble plus grotesque que menaçant. Le Grand Tyran n’est autre qu’une femme fort semblable à Barbarella. Bien que cette dernière soit vivement repoussée par le Mathmos que son innocence insupporte, Barbarella s’adonne tout de même, dans un fumoir de Sogo, à l’absorbtion d’une certaine essence de mâle, qu’elle ne semblera pas dédaigner. <em>Barbarella</em> approche furtivement le thème de la connaissance du bien et du mal. Barbarella est une Ève originelle qui s’adonne à la chair sans avoir conscience que cette dualité existe. Les habitants de Sogo savent que ce qu’ils font est péché, et tirent leur jouissance de ce postulat. L’on peut d’ailleurs considérer que Sogo n’est autre que la réduction de Sodome et Gomorrhe. Barbarella est donc une femme dénuée du péché originel, l’idéal impossible des années soixante auquel aspirent les utopistes de la république terrienne, perdue dans la cruauté inéluctable d’une géhenne apocalyptique semblable à la fuite de l’Eden. <em>Barbarella</em> exalte donc toutes les contradictions de l’être humain. Ce film symbolise la quête chimérique de la pureté, pureté conquérante et irréfragable, qui abolit toute entrave et qui rétablit la paix et l’amour aux confins des galaxies. Les acteurs servent merveilleusement ce conte futuriste et semblent s’égayer généreusement&nbsp;; le plaisir irrépressible qu’ils éprouvent à interpréter ces rôles éminemment baroques est très communicatif. Jane Fonda correspond parfaitement à son rôle de Barbarella, elle joue avec légèreté et allégresse. Les autres acteurs sont expressifs et s’inscrivent parfaitement au sein des intrigues insouciantes et amusantes de ce film. Ils sont dénués de toute lourdeur et n’hésitent pas à provoquer maintes fois l’hilarité par leurs manières étranges et leurs propos décalés. <em>Barbarella</em> permet donc, en dépit de son âge et de ses effets spéciaux obsolètes, de passer un excellent moment. Nous oublions même facilement l’indigence des moyens de l’époque pour nous laisser guider dans cet univers psychédélique ou rire et imagination se mêlent hardiment.</p>
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