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	<title>Leaule &#187; Mario Bava</title>
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	<description>Ode au temps jadis.</description>
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		<title>Danger&#160;:&#160;Diabolik&#160;!</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Jul 2009 18:48:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéphagie]]></category>
		<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[John Phillip Law]]></category>
		<category><![CDATA[Mario Bava]]></category>
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		<description><![CDATA[Le lecteur circonspect de leaule ne sera point décontenancé de lire, après Barbarella, une chronique d’une autre production de Dino de Laurentiis, maître de la démesure kitsch et du sublime suranné. Danger&#160;:&#160;Diabolik&#160;! compte en effet parmi les films les plus psychédéliques et désuets qui soient. Cependant, et ceci est représentatif des œuvres les plus talentueuses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le lecteur circonspect de <b>leaule</b> ne sera point décontenancé de lire, après <em><a href="http://leaule.com/culture/barbarella/" title="Site externe : http://leaule.com/culture/barbarella/" target="_blank">Barbarella</a></em>, une chronique d’une autre production de Dino de Laurentiis, maître de la démesure kitsch et du sublime suranné. <em>Danger&nbsp;:&nbsp;Diabolik&nbsp;!</em> compte en effet parmi les films les plus psychédéliques et désuets qui soient. Cependant, et ceci est représentatif des œuvres les plus talentueuses des années soixante, <em>Danger&nbsp;:&nbsp;Diabolik&nbsp;!</em> s’apprécie encore plus vivement après le passage successif des ans et des modes. Ce film est tel un vin exquis dont l’âge seul peut révéler la beauté de la robe et l’attrait du goût. Diabolik est un aigrefin machiavélique qui parvient à accomplir des rapines audacieuses sans jamais faillir ni être attrapé par la police, impuissante face à ce voleur fascinant et redoutable. L’inspecteur Ginko, inénarrable détracteur de Diabolik, cherche désespérément à le capturer et, surtout, à éviter qu’il ne commette d’autres coups fulgurants. Des mesures particulières sont mises en œuvre pour leurrer le clephte et procéder au convoi d’une mirifique somme d’argent sans attirer la convoitise de l’insatiable Diabolik. L’expédition, parvenue au quai d’un port, endroit convenu pour délivrer le pécule, tout semble s’être déroulé sans la moindre anicroche. Cependant, une fumée aux couleurs jaunes, violettes et vertes se déploie, aveuglant la maréchaussée. Un rire sardonique se fait entendre tandis que le spectateur contemple un regard affilé au sourcil levé encadré d’un masque sombre. Il s’agit de Diabolik, qui s’empare théâtralement des sacs contenant les innombrables billets, abandonnant les policiers, ridicules et suffoqués, sur le quai encore enfumé. S’en suit une course poursuite frénétique où, au volant d’une Jaguar noire, Diabolik est assailli par un hélicoptère. Diabolik se réfugie dans un tunnel à flanc de montagne, et y retrouve Eva Kant, sa bien-aimée impudiquement vêtue. Il lance sa voiture sans conducteur à l’extérieur du tunnel pour qu’elle aille s’écraser dans une falaise tandis que les amants se rendent tranquillement jusqu’à leur repaire afin de s’étendre lascivement sur un lit de billets de banque. Diabolik, désireux d’offrir un présent à son épouse, jette son dévolu sur un somptueux collier d’émeraudes qui sera particulièrement surveillé par Ginko, persuadé de parvenir à le capturer grâce à ce somptueux appât. Le danger n’arrêtera pas l’audacieux voleur, mais ses plans se verront bientôt contrariés par une collaboration inattendue entre Ginko et le truand Valmont, qui a prévu d’enlever Eva, l’unique point faible de Diabolik, et de la lui remettre seulement en échange d’une rançon et des émeraudes avant de les confier, tous deux, à la police.</p>
<div align="center"><img src="http://leaule.com/img/vlcsnap-4303151-500x288.png" alt="Danger&nbsp;: Diabolik&nbsp;!" title="Danger&nbsp;: Diabolik&nbsp;!" width="500" height="288" class="aligncenter size-medium wp-image-2030" /></div>
<p><em>Danger&nbsp;:&nbsp;Diabolik&nbsp;!</em> est une transposition fort libre d’un <em>fumetto</em> italien très prisé, narrant les péripéties d’un détrousseur charismatique qui parvient toujours à dérober d’exorbitants butins et à déjouer les rets de l’inspecteur Ginko. Dino de Laurentiis décida de confier la réalisation de son projet à Mario Bava, le maître du <em>giallo</em>, réputé pour sa sensibilité esthétique et son sens artistique. Bava, coutumier des huis clos oppressants et des ambiances sombres, fait de <em>Danger&nbsp;:&nbsp;Diabolik&nbsp;!</em>, une œuvre chamarrée et désinvolte, dont le rendu est très proche des bandes dessinées de l’époque. Mentionnons par exemple l’usage de couleurs vives, notamment dans les fumées jaune, violette et verte, dans les vêtements d’Eva et dans le jaune franc de l’or fondu, et encore l’utilisation de plans tantôt rapprochés, tantôt éloignés sans transition pour un rendu très proche des vignettes de bandes dessinées. Le réalisateur n’hésite pas à se montrer grandiloquent&nbsp;; certaines séquences n’ont d’autre but que de mettre en valeur le décor et l’ambiance particulière du film. La longue descente en jaguar jusque dans les appartements de Diabolik n’existe que pour montrer la somptuosité kitsch de la demeure futuriste en plein centre d’une vaste grotte. Le passage où, dans un cabaret aux éclairages multicolores, des personnes singulièrement vêtues s’échangent de la drogue avec un mouvement de caméra qui suit la progression du cône entre les mains de ceux qui le fument est parfaitement inutile pour la compréhension du film. Néanmoins, cette scène parvient à rehausser le kitsch audacieux du film. Mario Bava a réussi avec peu de moyens, et bien avant nos réalisateurs modernes désireux d’adapter des <em>comics</em>, à créer un film à l’esthétique fort particulière. La rumeur veut que Mario Bava n’ait dépensé qu’une maigre portion de l’argent dont il disposait pour<em>Danger&nbsp;:&nbsp;Diabolik&nbsp;!</em>&nbsp;; cet homme humble nous démontre qu’il n’est pas besoin de dispendieuses dépenses pour façonner un film attrayant. La musique d’Ennio Morricone, psychédélique à souhait, accompagne brillamment le film et lui donne une vigueur appropriée.</p>
<p>Diabolik est un personnage fascinant car il symbolise le désir de transgression de chacun. C’est un homme affranchi des soucis quotidiens et des exigences des sociétés modernes. C’est un anarchiste individualiste qui n’hésite pas à tuer des policiers parce qu’il ne les reconnaît pas en tant que tels, mais les voit seulement comme des personnes qui cherchent à entraver ses désirs. Il vit en parfaite indépendance avec Eva et tous deux font penser à Adam et Eve tant ils se suffisent à eux-mêmes. Leur exceptionnelle complémentarité fait qu’ils sont parfaitement heureux, seuls, dans cette grotte originelle, où ils sont libérés des obligations et des contraintes journalières. Comme si elle était issue de la côte de son amant, Eva est la compagne de tous les jours, la muse et l’inspiratrice du bandit. Elle l’aide dans l’accomplissement de ses différents larcins, mais demeure une faiblesse pour Diabolik, car elle est la seule chose qui lui soit indispensable. Valmont l’aura compris et cherchera à la capturer pour parvenir jusqu’à son époux. Attirée par la beauté d’un magnifique bijou, elle n’en demeure pas moins passionnément amoureuse de Diabolik, fidèle et dévouée, prête à périr avec l’être aimé.</p>
<div align="center"><img src="http://leaule.com/img/vlcsnap-4308514-500x288.png" alt="Danger&nbsp;: Diabolik&nbsp;!" title="Danger&nbsp;: Diabolik&nbsp;!" width="500" height="288" class="aligncenter size-medium wp-image-2031" /></div>
<p>Diabolik ne s’intéresse d’ailleurs pas aux richesses par cupidité, il use même de son argent de façon singulière. Les billets de banque lui servent de drap dans lequel il s’abandonne avec sa femme&nbsp;; ce goût démesuré et exubérant pour le luxe n’est pas, comme souvent, issu d’une volonté de puissance ou de pouvoir. Diabolik ne cherche, en somme, que son bonheur et celui de sa femme, bonheur intimement lié à l’appréciation esthétique d’objets de luxe. Voler et dérober est, pour Diabolik, le moyen d’obtenir ce qu’il désire. Et strictement rien ne doit ni ne peut résister à un homme qu’aucune loi, qu’aucun gouvernement et qu’aucune police ne saurait arrêter. Car, si l’ambitieux Diabolik est un aigrefin, c’est avant tout par attrait pour le danger. Diabolik ne souffre aucune défaite&nbsp;; chaque larcin est, en quelque sorte, une manière pour lui de montrer la valeur de son individualité et l’importance de ses désirs face à une société qui cherche à emprisonner l’être dans la geôle de conventions asservissantes. Plus son entreprise est ardue, plus elle lui plaît et lui donne envie de s’y investir. Après que Diabolik ait fait exploser le bâtiment du Trésor public, le ministre des finances vient supplier à la télévision les citoyens de continuer à payer leurs impôts. Les gens incrédules et amusés ne paieront certainement pas le moindre impôt de leur plein gré. Diabolik représente le souffle de l’homme libre toujours prêt à s’exhaler. Diabolik se plaît à humilier ceux qui veulent le priver de sa liberté&nbsp;; se faisant passer pour un journaliste, il propage du gaz hilarant lors d’une conférence de presse du ministre de l’intérieur. Diabolik critique donc les ridicules qui prétendent assurer la discipline et régir la société mais sont, en vérité, impuissants face aux désirs véhéments des Hommes. Il critique également leurs jugements de valeur qui les font s’identifier au bien. Pourquoi les rapines de Diabolik seraient-elles, en effet, plus néfastes que le vol régulier des impôts&nbsp;? Quelle légitimation pour ces États qui pillent les richesses de chacun&nbsp;? Les actes de Diabolik ont le mérite de déstabiliser cet État dont on ignore le nom mais qui est représentatif de la plupart des États modernes. Si le ministre souhaite arrêter Diabolik, c’est avant tout parce que celui-ci représente une menace pour son gouvernement, car chaque vol est une cuisante humiliation plus qu’une perte conséquente d’argent. Ginko ne se préoccupe certainement pas de l’anglaise dont il a utilisé le collier comme appât, sans même la prévenir ni l’informer de ses desseins. Mais il comprendra finalement Diabolik, lorsque celui-ci sera jeté en pâture aux journalistes et aux visiteurs, couvert par l’or qu’il cherchait à faire fondre et figé pour l’éternité dans la posture où il fut surpris.</p>
<p><em>Danger&nbsp;:&nbsp;Diabolik&nbsp;!</em> reste donc un excellent film, même à notre époque où certains effets paraissent datés et où l’esthétique semble démodée. Ces défauts n’enlèvent en rien le plaisir que l’on peut éprouver à le regarder&nbsp;; ils ajoutent, au contraire, un certain caractère à quelques scènes qui se trouvent embellies par un charme désuet qui provoque maints sourires indulgents. John Phillip Law incarne un Diabolik austère et placide&nbsp;; ses postures hiératiques confèrent au personnage une aura mystérieuse et flegmatique. Marisa Mell prête ses courbes longilines à une Eva Kant lascive et plastique, pareille à un mannequin. Tous deux forment un couple éthéré et saisissant qui, à défaut d’être expressif, reste attachant. A l’inverse, les seconds rôles se distinguent par leurs exagérations comiques&nbsp;: Terry-Thomas est un ministre de l’Intérieur, puis des Finances, excessif et amusant dans la lignée du burlesque typiquement anglais&nbsp;; Adolfo Celi, sosie improbable de Jean-Pierre Raffarin, est parfait en Ralph Valmont, un parrain aux répliques aussi hilarantes que grotesques. Enfin, l’interprétation de Michel Piccoli, un inspecteur Ginko déterminé, oscille entre sobriété et dépit&nbsp;: le comédien semble à chaque instant sceptique quant à sa présence dans le film. Ces jeux contrastants, au départ surprenants, renforcent l’excentricité de <em>Danger&nbsp;:&nbsp;Diabolik&nbsp;!</em>, fantasque quintessence du cinéma des années soixante.</p>
<p><strong><u>Appendice</u>&nbsp;:</strong><br />
Bande-annonce anglaise</p>
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