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	<title>Leaule &#187; John Phillip Law</title>
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		<title>Danger&#160;:&#160;Diabolik&#160;!</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Jul 2009 18:48:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Le lecteur circonspect de <b>leaule</b> ne sera point décontenancé de lire, après <em><a href="http://leaule.com/culture/barbarella/" title="Site externe : http://leaule.com/culture/barbarella/" target="_blank">Barbarella</a></em>, une chronique d’une autre production de Dino de Laurentiis, maître de la démesure kitsch et du sublime suranné. <em>Danger&nbsp;:&nbsp;Diabolik&nbsp;!</em> compte en effet parmi les films les plus psychédéliques et désuets qui soient. Cependant, et ceci est représentatif des œuvres les plus talentueuses des années soixante, <em>Danger&nbsp;:&nbsp;Diabolik&nbsp;!</em> s’apprécie encore plus vivement après le passage successif des ans et des modes. Ce film est tel un vin exquis dont l’âge seul peut révéler la beauté de la robe et l’attrait du goût. Diabolik est un aigrefin machiavélique qui parvient à accomplir des rapines audacieuses sans jamais faillir ni être attrapé par la police, impuissante face à ce voleur fascinant et redoutable. L’inspecteur Ginko, inénarrable détracteur de Diabolik, cherche désespérément à le capturer et, surtout, à éviter qu’il ne commette d’autres coups fulgurants. Des mesures particulières sont mises en œuvre pour leurrer le clephte et procéder au convoi d’une mirifique somme d’argent sans attirer la convoitise de l’insatiable Diabolik. L’expédition, parvenue au quai d’un port, endroit convenu pour délivrer le pécule, tout semble s’être déroulé sans la moindre anicroche. Cependant, une fumée aux couleurs jaunes, violettes et vertes se déploie, aveuglant la maréchaussée. Un rire sardonique se fait entendre tandis que le spectateur contemple un regard affilé au sourcil levé encadré d’un masque sombre. Il s’agit de Diabolik, qui s’empare théâtralement des sacs contenant les innombrables billets, abandonnant les policiers, ridicules et suffoqués, sur le quai encore enfumé. S’en suit une course poursuite frénétique où, au volant d’une Jaguar noire, Diabolik est assailli par un hélicoptère. Diabolik se réfugie dans un tunnel à flanc de montagne, et y retrouve Eva Kant, sa bien-aimée impudiquement vêtue. Il lance sa voiture sans conducteur à l’extérieur du tunnel pour qu’elle aille s’écraser dans une falaise tandis que les amants se rendent tranquillement jusqu’à leur repaire afin de s’étendre lascivement sur un lit de billets de banque. Diabolik, désireux d’offrir un présent à son épouse, jette son dévolu sur un somptueux collier d’émeraudes qui sera particulièrement surveillé par Ginko, persuadé de parvenir à le capturer grâce à ce somptueux appât. Le danger n’arrêtera pas l’audacieux voleur, mais ses plans se verront bientôt contrariés par une collaboration inattendue entre Ginko et le truand Valmont, qui a prévu d’enlever Eva, l’unique point faible de Diabolik, et de la lui remettre seulement en échange d’une rançon et des émeraudes avant de les confier, tous deux, à la police.</p>
<div align="center"><img src="http://leaule.com/img/vlcsnap-4303151-500x288.png" alt="Danger&nbsp;: Diabolik&nbsp;!" title="Danger&nbsp;: Diabolik&nbsp;!" width="500" height="288" class="aligncenter size-medium wp-image-2030" /></div>
<p><em>Danger&nbsp;:&nbsp;Diabolik&nbsp;!</em> est une transposition fort libre d’un <em>fumetto</em> italien très prisé, narrant les péripéties d’un détrousseur charismatique qui parvient toujours à dérober d’exorbitants butins et à déjouer les rets de l’inspecteur Ginko. Dino de Laurentiis décida de confier la réalisation de son projet à Mario Bava, le maître du <em>giallo</em>, réputé pour sa sensibilité esthétique et son sens artistique. Bava, coutumier des huis clos oppressants et des ambiances sombres, fait de <em>Danger&nbsp;:&nbsp;Diabolik&nbsp;!</em>, une œuvre chamarrée et désinvolte, dont le rendu est très proche des bandes dessinées de l’époque. Mentionnons par exemple l’usage de couleurs vives, notamment dans les fumées jaune, violette et verte, dans les vêtements d’Eva et dans le jaune franc de l’or fondu, et encore l’utilisation de plans tantôt rapprochés, tantôt éloignés sans transition pour un rendu très proche des vignettes de bandes dessinées. Le réalisateur n’hésite pas à se montrer grandiloquent&nbsp;; certaines séquences n’ont d’autre but que de mettre en valeur le décor et l’ambiance particulière du film. La longue descente en jaguar jusque dans les appartements de Diabolik n’existe que pour montrer la somptuosité kitsch de la demeure futuriste en plein centre d’une vaste grotte. Le passage où, dans un cabaret aux éclairages multicolores, des personnes singulièrement vêtues s’échangent de la drogue avec un mouvement de caméra qui suit la progression du cône entre les mains de ceux qui le fument est parfaitement inutile pour la compréhension du film. Néanmoins, cette scène parvient à rehausser le kitsch audacieux du film. Mario Bava a réussi avec peu de moyens, et bien avant nos réalisateurs modernes désireux d’adapter des <em>comics</em>, à créer un film à l’esthétique fort particulière. La rumeur veut que Mario Bava n’ait dépensé qu’une maigre portion de l’argent dont il disposait pour<em>Danger&nbsp;:&nbsp;Diabolik&nbsp;!</em>&nbsp;; cet homme humble nous démontre qu’il n’est pas besoin de dispendieuses dépenses pour façonner un film attrayant. La musique d’Ennio Morricone, psychédélique à souhait, accompagne brillamment le film et lui donne une vigueur appropriée.</p>
<p>Diabolik est un personnage fascinant car il symbolise le désir de transgression de chacun. C’est un homme affranchi des soucis quotidiens et des exigences des sociétés modernes. C’est un anarchiste individualiste qui n’hésite pas à tuer des policiers parce qu’il ne les reconnaît pas en tant que tels, mais les voit seulement comme des personnes qui cherchent à entraver ses désirs. Il vit en parfaite indépendance avec Eva et tous deux font penser à Adam et Eve tant ils se suffisent à eux-mêmes. Leur exceptionnelle complémentarité fait qu’ils sont parfaitement heureux, seuls, dans cette grotte originelle, où ils sont libérés des obligations et des contraintes journalières. Comme si elle était issue de la côte de son amant, Eva est la compagne de tous les jours, la muse et l’inspiratrice du bandit. Elle l’aide dans l’accomplissement de ses différents larcins, mais demeure une faiblesse pour Diabolik, car elle est la seule chose qui lui soit indispensable. Valmont l’aura compris et cherchera à la capturer pour parvenir jusqu’à son époux. Attirée par la beauté d’un magnifique bijou, elle n’en demeure pas moins passionnément amoureuse de Diabolik, fidèle et dévouée, prête à périr avec l’être aimé.</p>
<div align="center"><img src="http://leaule.com/img/vlcsnap-4308514-500x288.png" alt="Danger&nbsp;: Diabolik&nbsp;!" title="Danger&nbsp;: Diabolik&nbsp;!" width="500" height="288" class="aligncenter size-medium wp-image-2031" /></div>
<p>Diabolik ne s’intéresse d’ailleurs pas aux richesses par cupidité, il use même de son argent de façon singulière. Les billets de banque lui servent de drap dans lequel il s’abandonne avec sa femme&nbsp;; ce goût démesuré et exubérant pour le luxe n’est pas, comme souvent, issu d’une volonté de puissance ou de pouvoir. Diabolik ne cherche, en somme, que son bonheur et celui de sa femme, bonheur intimement lié à l’appréciation esthétique d’objets de luxe. Voler et dérober est, pour Diabolik, le moyen d’obtenir ce qu’il désire. Et strictement rien ne doit ni ne peut résister à un homme qu’aucune loi, qu’aucun gouvernement et qu’aucune police ne saurait arrêter. Car, si l’ambitieux Diabolik est un aigrefin, c’est avant tout par attrait pour le danger. Diabolik ne souffre aucune défaite&nbsp;; chaque larcin est, en quelque sorte, une manière pour lui de montrer la valeur de son individualité et l’importance de ses désirs face à une société qui cherche à emprisonner l’être dans la geôle de conventions asservissantes. Plus son entreprise est ardue, plus elle lui plaît et lui donne envie de s’y investir. Après que Diabolik ait fait exploser le bâtiment du Trésor public, le ministre des finances vient supplier à la télévision les citoyens de continuer à payer leurs impôts. Les gens incrédules et amusés ne paieront certainement pas le moindre impôt de leur plein gré. Diabolik représente le souffle de l’homme libre toujours prêt à s’exhaler. Diabolik se plaît à humilier ceux qui veulent le priver de sa liberté&nbsp;; se faisant passer pour un journaliste, il propage du gaz hilarant lors d’une conférence de presse du ministre de l’intérieur. Diabolik critique donc les ridicules qui prétendent assurer la discipline et régir la société mais sont, en vérité, impuissants face aux désirs véhéments des Hommes. Il critique également leurs jugements de valeur qui les font s’identifier au bien. Pourquoi les rapines de Diabolik seraient-elles, en effet, plus néfastes que le vol régulier des impôts&nbsp;? Quelle légitimation pour ces États qui pillent les richesses de chacun&nbsp;? Les actes de Diabolik ont le mérite de déstabiliser cet État dont on ignore le nom mais qui est représentatif de la plupart des États modernes. Si le ministre souhaite arrêter Diabolik, c’est avant tout parce que celui-ci représente une menace pour son gouvernement, car chaque vol est une cuisante humiliation plus qu’une perte conséquente d’argent. Ginko ne se préoccupe certainement pas de l’anglaise dont il a utilisé le collier comme appât, sans même la prévenir ni l’informer de ses desseins. Mais il comprendra finalement Diabolik, lorsque celui-ci sera jeté en pâture aux journalistes et aux visiteurs, couvert par l’or qu’il cherchait à faire fondre et figé pour l’éternité dans la posture où il fut surpris.</p>
<p><em>Danger&nbsp;:&nbsp;Diabolik&nbsp;!</em> reste donc un excellent film, même à notre époque où certains effets paraissent datés et où l’esthétique semble démodée. Ces défauts n’enlèvent en rien le plaisir que l’on peut éprouver à le regarder&nbsp;; ils ajoutent, au contraire, un certain caractère à quelques scènes qui se trouvent embellies par un charme désuet qui provoque maints sourires indulgents. John Phillip Law incarne un Diabolik austère et placide&nbsp;; ses postures hiératiques confèrent au personnage une aura mystérieuse et flegmatique. Marisa Mell prête ses courbes longilines à une Eva Kant lascive et plastique, pareille à un mannequin. Tous deux forment un couple éthéré et saisissant qui, à défaut d’être expressif, reste attachant. A l’inverse, les seconds rôles se distinguent par leurs exagérations comiques&nbsp;: Terry-Thomas est un ministre de l’Intérieur, puis des Finances, excessif et amusant dans la lignée du burlesque typiquement anglais&nbsp;; Adolfo Celi, sosie improbable de Jean-Pierre Raffarin, est parfait en Ralph Valmont, un parrain aux répliques aussi hilarantes que grotesques. Enfin, l’interprétation de Michel Piccoli, un inspecteur Ginko déterminé, oscille entre sobriété et dépit&nbsp;: le comédien semble à chaque instant sceptique quant à sa présence dans le film. Ces jeux contrastants, au départ surprenants, renforcent l’excentricité de <em>Danger&nbsp;:&nbsp;Diabolik&nbsp;!</em>, fantasque quintessence du cinéma des années soixante.</p>
<p><strong><u>Appendice</u>&nbsp;:</strong><br />
Bande-annonce anglaise</p>
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		<title>Barbarella</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Jul 2009 18:32:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>L’on pourrait s’étonner, en parcourant <em>Leaule</em>, de trouver la critique d’un film aussi frivole et insouciant que <em>Barbarella</em>. Il s’avère que nous trouvons maintes subtilités à ce film fantasque et opulent qui multiplie les situations ubuesques et les personnages hautement fantaisistes. <em>Barbarella</em> est un de ces films qui vous laissent doucement hilare avec une expression d’agréable contentement sur votre visage. La première scène de <em>Barbarella</em> s’avère prometteuse&nbsp;; un scaphandre fait d’une matière semblable à de l’aluminium flotte dans une pièce entièrement tapissée d’une espèce de fourrure synthétique rousse ressemblant étrangement à la parure de bovins des Highlands, ornée de tableaux et de statues au charme suranné. L’astronaute entreprend progressivement un déshabillement lascif des différentes parties de ce disgracieux costume, révélant des courbes féminines impudiquement dévêtues. L’érotisme provocant de cette scène est immédiatement contrebalancé par l’inénarrable kitsch de la pièce et par l’inélégance première de la tenue de cosmonaute dont elle était parée. Une musique désuète et psychédélique orne cet exorde d’un goût délicieusement rococo. Barbarella se voit confier par le président de la république terrienne une éminente tâche, celle de retrouver un savant du singulier nom de Duran-Duran égaré dans le système inexploré et sauvage de Tau-Céti. Duran-Duran aurait créé un rayon funeste qui compromettrait la paix universelle et qui, s’il était confié aux êtres primitifs et violents de Tau-Céti, pourrait causer une féroce querelle. Barbarella vit dans une époque où le mot «&nbsp;guerre&nbsp;» n’est prononcé qu’avec répulsion&nbsp;; les planètes sont pacifiées dans une fraternité festive et citoyenne. Chacun, pour saluer un comparse, lève la main en disant «&nbsp;Love&nbsp;!&nbsp;» et exprime sa sensualité avec une hardiesse insouciante. Barbarella se rend donc dans le système singulier de Tau-Céti et son vaisseau loquace se retrouve désespérément pris dans un furieux orage magnétique symbolisé par des éclaboussures aux couleurs douteuses sur l’écran de la nef spatiale. Barbarella finit par atterrir en catastrophe sur un lac de glace de Tau-Céti cerclé de cristaux levés et transparents. Elle est accueillie par deux jumelles à l’indescriptible coupe de cheveux qui l’assomment, la ligotent et la transportent sur un traîneau tiré par une raie frôlant le sol glacé. Barbarella, s’apprêtant contre son gré à se faire lentement dévorer par des poupées mécaniques dotées d’une dentition d’acier acéré, est sauvée par un homme hirsute couvert de fourrures. Avec malignité, il lui demande de prouver sa reconnaissance en se donnant à lui. Barbarella, persuadée que l’on aime que grâce à une pilule qui relie les sens enfiévrés des deux êtres, s’effarouche des procédés archaïques de son bienfaiteur avant d’y céder. Tandis que l’on répare fort maladroitement son vaisseau, Barbarella se pare d’une peau de bête dont la longue queue, formant une élégante traîne, se prendra à plusieurs reprises dans les portes du vaisseau de la jeune femme et la fera même trébucher. Barbarella s’écrase ensuite au sein d’un inquiétant labyrinthe au sommet duquel trône la tyrannique cité de Sogo, ineffable lieu de vice et de cruauté reposant sur une matière liquide qui se nourrit avidement des péchés des citadins, le Mathmos.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/vlcsnap-2010-10-16-17h40m07s151.png" title="Site externe : http://leaule.com/medias/vlcsnap-2010-10-16-17h40m07s151.png" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/vlcsnap-2010-10-16-17h40m07s151-500x281.png" alt="" title="Barbarella (Jane Fonda) et Pygar (John Phillip Law)" width="500" height="281" class="aligncenter size-medium wp-image-4446" /></a></p>
<p>Si <em>Barbarella</em> surprend, c’est d’abord par la richesse de ses personnages et de ses décors. Ils parviennent aisément à faire oublier l’indigence des effets spéciaux et leur peu de vraisemblance. L’on évolue dans un univers protéiforme et singulier esthétiquement saisissant&nbsp;; le décor le plus remarquable demeure incontestablement le labyrinthe, digne des plus grandes imaginations antiques, où évoluent les damnés qui ne sont point assez vils pour demeurer à Sogo. Les créatures se retrouvent parfois intégrées aux murs tortueux du labyrinthe et reçoivent comme pitance des fleurs d’orchidée qu’ils dévorent désespérément. Ce cadre est assurément stupéfiant, d’autant qu’y vivent deux êtres tout aussi curieux&nbsp;: le professeur Ping, un vieux savant courbé qui place sa loupe sur son front au lieu de la poser face à son œil et Pygar, un ange aveugle et miséricordieux qui a perdu l’envie de voler. Nous mentionnerons de même les souterrains de la résistance, à Sogo, ornés de tubes en plastique transparent et d’installations désuètes qui tombent régulièrement en panne. Le chef de la résistance, un homme excentrique et truculent, propose comme mot de passe l’imprononçable nom du village gallois,</p>
<blockquote><p>Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch<br />&nbsp;</p></blockquote>
<p>que Barbarella répètera avec une aisance amusante. L’imagination démesurée des créateurs côtoie un humour déconcertant du plus bel effet. La principale source d’humour est la candide Barbarella&nbsp;; l’on rit aux éclats de son innocence et de son ingénuité, jusque dans les situations les plus tragiques. Lorsqu’elle commence à se faire dévorer par d’inoffensives perruches ou lorsqu’elle se retrouve dans la machine excessive qui aurait dû la faire trépasser de plaisir et qu’elle finit par abîmer en endurant sans expirer ces voluptés inhumaines, Barbarella s’en tire toujours avec un innocent regard, un sourire naïf et une nouvelle tenue, toujours plus saugrenue et toujours plus déshabillée. <em>Barbarella</em> est un hymne à l’allégresse et à la légèreté&nbsp;; rien n’est jamais grave dans ce film insouciant où chacun endure les pires tourments avec futilité. Barbarella est évidemment d’un optimisme immodéré, affrontant d’inextricables situations sereinement. Pygar, l’ultime ornithanthrope, se fait également persécuter avec un sourire indifférent. <em>Barbarella</em> donne ainsi une agréable leçon d’optimisme.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/vlcsnap-2010-10-16-17h38m32s225.png" title="Site externe : http://leaule.com/medias/vlcsnap-2010-10-16-17h38m32s225.png" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/vlcsnap-2010-10-16-17h38m32s225-500x281.png" alt="" title="Barbarella (Jane Fonda) dans son vaisseau en fourrure" width="500" height="281" class="aligncenter size-medium wp-image-4447" /></a></p>
<p>Ce film prétendument manichéen oppose la figure de Barbarella à celle du Grand Tyran de Sogo. Hormis les gardes noirs du Grand Tyran, qui ne sont d’ailleurs des êtres humains puisqu’ils sont une inquiétante carapace de cuir vide, les figures les plus maléfiques sont également hautement divertissantes. Duran-Duran provoque l’hilarité tant ses desseins de conquête sont incompatibles avec ses airs ridicules&nbsp;: la scène classique du rire machiavélique du monstre triomphant est d’ailleurs dédramatisée par l’effet de loupe provoqué par de grands cercles en suspension derrière lesquels Duran-Duran s’esclaffe. Duran-Duran, déformé, étiré et grimaçant semble plus grotesque que menaçant. Le Grand Tyran n’est autre qu’une femme fort semblable à Barbarella. Bien que cette dernière soit vivement repoussée par le Mathmos que son innocence insupporte, Barbarella s’adonne tout de même, dans un fumoir de Sogo, à l’absorbtion d’une certaine essence de mâle, qu’elle ne semblera pas dédaigner. <em>Barbarella</em> approche furtivement le thème de la connaissance du bien et du mal. Barbarella est une Ève originelle qui s’adonne à la chair sans avoir conscience que cette dualité existe. Les habitants de Sogo savent que ce qu’ils font est péché, et tirent leur jouissance de ce postulat. L’on peut d’ailleurs considérer que Sogo n’est autre que la réduction de Sodome et Gomorrhe. Barbarella est donc une femme dénuée du péché originel, l’idéal impossible des années soixante auquel aspirent les utopistes de la république terrienne, perdue dans la cruauté inéluctable d’une géhenne apocalyptique semblable à la fuite de l’Eden. <em>Barbarella</em> exalte donc toutes les contradictions de l’être humain. Ce film symbolise la quête chimérique de la pureté, pureté conquérante et irréfragable, qui abolit toute entrave et qui rétablit la paix et l’amour aux confins des galaxies. Les acteurs servent merveilleusement ce conte futuriste et semblent s’égayer généreusement&nbsp;; le plaisir irrépressible qu’ils éprouvent à interpréter ces rôles éminemment baroques est très communicatif. Jane Fonda correspond parfaitement à son rôle de Barbarella, elle joue avec légèreté et allégresse. Les autres acteurs sont expressifs et s’inscrivent parfaitement au sein des intrigues insouciantes et amusantes de ce film. Ils sont dénués de toute lourdeur et n’hésitent pas à provoquer maintes fois l’hilarité par leurs manières étranges et leurs propos décalés. <em>Barbarella</em> permet donc, en dépit de son âge et de ses effets spéciaux obsolètes, de passer un excellent moment. Nous oublions même facilement l’indigence des moyens de l’époque pour nous laisser guider dans cet univers psychédélique ou rire et imagination se mêlent hardiment.</p>
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