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	<title>Leaule &#187; Doom Metal</title>
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	<description>Ode au temps jadis.</description>
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		<title>2010 Demo</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Aug 2011 15:17:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il est difficile d’exprimer pleinement l’enthousiasme que nous procure ce groupe, natif de l’Arkansas, sinistrement et dignement dénommé Pallbearer. Sa première démo, sobrement intitulée 2010 Demo, dissimule, derrière son titre austère et sa pochette funèbre, trois titres d’un Doom Metal à l’excellence telle que nous pouvons considérer la démo comme l’une des meilleures œuvres du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est difficile d’exprimer pleinement l’enthousiasme que nous procure ce groupe, natif de l’Arkansas, sinistrement et dignement dénommé Pallbearer. Sa première démo, sobrement intitulée <em>2010 Demo</em>, dissimule, derrière son titre austère et sa pochette funèbre, trois titres d’un Doom Metal à l’excellence telle que nous pouvons considérer la démo comme l’une des meilleures œuvres du genre. Pallbearer mérite déjà de siéger parmi les véritables souverains du Doom Metal que sont Candlemass, Black Sabbath et Solitude Aeturnus, afin de ne citer que cet éloquent triptyque dont Pallbearer semble s’inspirer. Aucun terme n’est suffisamment puissant pour exalter le déferlement intense d’émotions causé par l’écoute de <em>2010 Demo</em> et la transe mélancolique provoquée par ces airs hypnotiques d’une facture éminente, parfaite et prodigieuse, à l’expressivité exacerbée et à l’intensité telle qu’elle captive l’âme frissonnante et suscite des tremblements corporels. </p>
<p>L’auditeur est spontanément fasciné par le rythme lent et lourd, les <em>riffs</em> pénétrants et délicats de la guitare et, enfin, la voix suave et subtilement nasale du chanteur, Brett Campbell, semblable à celle d’Ozzy Osbourne, l’insigne chanteur de Black Sabbath et de Dan Fondelius, de Count Raven, préservant néanmoins sa particularité, son caractère éthéré et délicat d’ange mélancolique qui s’accorde avec la musique sans pourtant la dominer, avec une précision de nuances remarquable et un goût d’une invraisemblable perfection. La voix complète donc la musique et lui confère son aspect poétique et déchirant, dans un équilibre érudit, qui souligne la considérable puissance évocatoire de ce triptyque remarquable, confondant majesté et mélancolie avec intelligence, technique et supériorité. </p>
<p>La vigueur et la virilité de cette considérable démo est savamment pondérée par cette particularité qui confère à Pallbearer sa beauté fascinante, cette sérénité désabusée d’une finesse inégalée, cette sagace connaissance de l’âme et de l’alchimie hermétique qui règne entre elle et la musique, dont la cabalistique harmonie seule parvient à l’écarteler dans une abondance déchirante d’émotions. Ces druides occultes, versés dans une poésie oubliée, ne sont guère les fossoyeurs de l’âme&nbsp;; ils en sont les rédempteurs qui épanchent, grâce à des rites précis et gracieux, les douleurs humaines. Révélateur des affligés et des tourmentés, Pallbearer use d’une tendre et miséricordieuse catharsis qui désenchaîne l’âme et délivre Prométhée de son éternel supplice. La véritable beauté mélancolique de <em>2010 Demo</em> est une expérience de l’extase poétique. La sublimité sépulcrale de ce sacrement initiatique est impossible à dépeindre sans que sa magnificence en soit altérée.</p>
<p><em>The Legend</em> s’ouvre sur des notes de guitare qui initient cette catabase dans les tréfonds de l’âme. Le rythme, pesé avec une savante exactitude, est souligné par un crescendo éloquent, puis ponctué par la batterie, qui en souligne les accords désabusés. Immédiate et exacte, la beauté surgit des ténèbres de ces instruments funèbres dont les notes névrosées annoncent un Doom Metal d’une grande pureté, soulignant l’indolence sépulcrale du rythme et l’insistante profondeur des instruments. La puissance n’est guère dénuée d’harmonie et le rythme est posé, dans de talentueuses variations, qui précèdent la voix. Voix plaintive, presque effacée, mais mélodieuse et d’une infinie douceur, qui contraste avec la sonorité fougueuse de la guitare. Vibrante et implorante, la voix révèle, dans une interprétation parfaite, sa beauté éthérée. La batterie et la basse confèrent un arrière-plan digne des grandes œuvres du Doom Metal à ce titre sublime et leur force est souvent révélée lors de séquences astucieusement disposées. La composition savante permet d’exalter la suave légèreté de la voix, rehaussée dans un mystérieux contraste par la grande intensité des instruments.</p>
<p>Le deuxième titre, intitulé <em>Devoid of Redemption</em>, s’annonce également comme un chef-d’œuvre du Doom Metal. Équilibre et puissance s’unissent afin d’élaborer un titre à l’eurythmie parfaite. Les phrases musicales s’enchaînent de façon soignée, sur un rythme solide, tel un atlante vigoureux, afin de soutenir cette voix sans cesse dressée vers les cieux, tel un ange aux ailes brisées. Presque lointaine, comme agrémentée d’une subtile résonnance, elle déclame avec d’esthétiques gémissements son douloureux poème. Néanmoins, elle se révèle alternativement acerbe, ironique, désabusée et caressante, dans un contraste d’émotions remarquable. Elle déploie, avec ces magnifiques variations, sa grande expressivité. Captivés par ces émotions, les instruments deviennent menaçants, avec des sonorités cruelles et hypnotiques, avant de reprendre leur rythme habituel. La voix, soudainement défigurée, devient ensuite métallique, elle se dédouble, se déforme, puis meurt dans l’écho d’un véritable déchirement, tandis que la batterie égrène de façon imperturbable son rythme d’insensible bourreau. La guitare succède à la voix dans un <em>riff</em> talentueux, mais les clameurs désespérées reprennent, avec une intensité nouvelle, dans une surprenante et inattendue renaissance, pour enfin s’épuiser tandis que le rythme ralentit sensiblement. L’interminable titre s’achève enfin, dans l’agonie mesurée de l’épuisement et de l’aporie. </p>
<p>La démo se clôt avec <em>Gloomy Sunday</em>, la reprise éponyme de la célèbre chanson hongroise du début du siècle dernier. Cette œuvre aurait de fait provoqué d’innombrables suicides depuis sa création. Elle évoque tristement un amant désireux de se suicider afin de retrouver l’être aimé dans la mort. Souvent reprise de façon malheureuse, cette chanson ne semblait guère attirer les musiciens pratiquant le Doom Metal. Le sujet, morbide et dépressif, était pourtant prédestiné aux adeptes de ce genre, dont les thèmes de prédilection sont notamment la dépression et le suicide. Jusqu’à Pallbearer, l’aura saisissante de cette chanson semble cependant avoir rebuté les artistes. Néanmoins, Pallbearer a décidé de soumettre sa version de l’air hongrois, une version d’une implacable puissance, autrement plus évocatrice que l’interprétation bêlante et apathique de Billie Holiday. Dans la version de Pallbearer, la batterie virile et la guitare puissante remplacent le piano amorphe et le saxophone nonchalant, imposant un rythme captivant, infiniment plus expressif et dramatique. La mélancolie itérative de l’interprétation intensifie le caractère tragique et dépressif de l’œuvre. </p>
<p>L’aisance avec laquelle les musiciens s’approprient la chanson révèle que <em>Gloomy Sunday</em> était façonnée pour le Doom Metal et, près d’un siècle après la création de cette chanson, elle parvient enfin à révéler pleinement sa beauté, sa subtilité et sa tristesse, grâce à l’interprétation sublime de Pallbearer. La force incomparable de l’instrumentation permet d’exprimer de multiples sentiments, comme le désespoir, le désenchantement, la détermination et la tristesse. Sa verve inclut un ressenti semblable à quelque rage sourde face à l’injustice de l’existence. La voix exalte avec une profonde beauté la palette de ces émotions&nbsp;; douce et éthérée, dotée d’une intensité inégalée, elle exécute avec une expressivité et une aisance inouïes cet air périlleux qui nécessite justesse et caractère de la note introductive à la note conclusive. Cette interprétation magistrale est absolument parfaite et d’un équilibre exemplaire. Parfois maniérée et sombre, parfois éraillée et farouche, parfois aigüe et implorante, parfois même ornée, dans ses implorations désespérées, d’un discret vibrato qui ponctue élégamment les phrases, la voix révèle ses aptitudes avec une retenue et une rectitude singulières. Sa volubilité contraste avec les instruments, puissants et constants, qui accompagnent funèbrement les plaintes de la voix, apposant à chaque note le sceau de l’issue inéluctable symbolisé par le serment de suicide prononcé par le chanteur&nbsp;: «&nbsp;<em>Angels have no thought of ever returning you would they be angry if I thought of joining you?</em>&nbsp;». Magnifique et massif, ce titre clôt souverainement cette démo qui abandonne l’auditeur à la réminiscence mélancolique de cette véritable beauté musicale.</p>
<p>Pallbearer n’est donc définissable que comme l’éloquente allégorie de cette religion de l’âme qu’est le Doom Metal. Lucifer à la diabolique distinction, Hécate à l’angoisse lunaire, Pallbearer incarne la plainte gémissante des damnés au sein d’une nature à la solennité de cathédrale gothique. Magnifique et monumental, <em>2010 Demo</em> est un prodige musical, une merveille à préserver et à chérir au creux de son âme, un baume pour les instants d’affliction, un aromate, un encens précieux qui confère à l’existence son caractère thaumaturgique et dont les émanations permettent de saisir le sens occulte de la vie. L’écoute de ce triptyque éloquent provoque chez l’auditeur une transe révélatrice grâce à laquelle il entrevoit l’immoralité de l’âme dans une démarche platonicienne qui ouvre l’individu aux beautés impalpables de la divinité.</p>
<p>Il existe, de <em>2010 Demo</em>, deux éditions de format CD&nbsp;; un premier pressage à 120 exemplaires sur CD-R orné d’une pochette sérigraphiée et un second pressage sur le même support, dont la quantité est limitée, disponible à la vente lors des différents concerts du groupe. Nous possédons cette dernière version. S’ajoutent enfin deux éditions cassette. Le label Deathsmile a édité une première version à 66 exemplaires, puis un second pressage à 100 exemplaires avec une présentation améliorée figurant sur la photographie ci-dessous. Enfin, Pallbearer distribue généreusement une version mp3 de l’intégralité de la démo en téléchargement libre, version disponible en écoute à la fin de cette recension.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Pallbearer-2010-Demo.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Pallbearer-2010-Demo.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Pallbearer-2010-Demo-500x375.jpg" alt="" title="Nos versions de la démo 2010 de Pallbearer, badges et sticker." width="500" height="375" class="aligncenter size-medium wp-image-9193" /></a></p>
<p class="alinea">Démo en écoute&nbsp;:</p>
<p></p>
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		<title>Oath of Woe</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Jul 2011 09:00:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Avec sa démo éponyme, Oath of Woe initie une carrière fort prometteuse, chargée de grâce et de mélancolie. Ce Doom Metal est élaboré par un unique artiste danois, dénommé Andreas Thunbo, qui élabore à la fois la composition et l’interprétation de son œuvre. Les trois titres contenus dans cet essai rivalisent en élégance et en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avec sa démo éponyme, Oath of Woe initie une carrière fort prometteuse, chargée de grâce et de mélancolie. Ce Doom Metal est élaboré par un unique artiste danois, dénommé Andreas Thunbo, qui élabore à la fois la composition et l’interprétation de son œuvre. Les trois titres contenus dans cet essai rivalisent en élégance et en sobriété. L’ensemble est harmonieux et mélodique, évoquant une certaine tristesse éthérée. </p>
<p>Cependant, le premier titre, <em>I</em>, débute avec un air convaincant de guitare, semblable à celui de nombreux groupes de ce genre évocateur, air repris de façon itérative par la voix douce et légère d’Andreas Thunbo, qui semble s’élever tant elle est aérienne et contraste avec la puissance naturelle de la guitare. L’air répétitif et néanmoins délicatement modulé procure un sentiment hypnotique de sérénité. L’exaltation diffuse d’une flûte vient embellir cet air qui sonne comme une douce ballade élégiaque. Les tintements ponctuels d’une cloche solitaire viennent souligner l’évocation de ce tableau mélancolique, semblable à quelque peinture romantique et gothique d’un paysage tortueux et solitaire, hanté uniquement par des fantômes esseulés, donc l’immatérialité est décrite par une voix qui aspire à l’exaltation surnaturelle et dont les échos thaumaturgiques semblent parfaitement impalpables. L’équilibre de ce titre savamment élaboré est parfait.</p>
<p>Le second titre, <em>Skikkelse</em>, débute avec l’introduction teintée de tristesse d’une guitare sèche. Les notes simples et timides de l’instrument finissent par devenir un ruissellement serein et émouvant bientôt accompagné d’une flûte claire et limpide évoquant la tranquillité surnaturelle de quelque rivière paisible. La voix devient murmurante et distante, laissant davantage de pouvoir à la volubilité de la guitare sèche, qui s’exalte enfin dans une puissance désabusée. Sa tourmente est ponctuée par les réponses légères de la flûte et de la voix, parfois si ténue qu’elle semble progressivement disparaître pour s’immerger, telle Ophélia, dans la nitescence transparente de ce ruisseau musical. Mais la guitare sombre à nouveau dans la tranquillité moirée de l’air initial, magnifique et incantatoire. La flûte païenne engendre de frêles frémissements d’un spleen indéfinissable teinté d’effroi religieux et d’exaltation fantasmagorique.</p>
<p>Enfin, le troisième titre, <em>II</em>, est introduit par la guitare et la batterie, renouant avec l’esthétique traditionnelle du genre, sans délaisser la fraîcheur étrange et spécifique d’Oath of Woe. La flûte réapparaît donc bientôt, s’ébrouant dans un déferlement de notes vives qui répond à l’agitation de la guitare. Elle est suivie par la voix toujours douce et plaintive, qui scande avec gravité sa sereine désespérance avant de s’éteindre et de s’incliner devant l’autorité naissante des instruments autrefois délaissés. Puis elle renaît et s’allie à la guitare et à la flûte, oscillant entre élévation et damnation. Les <em>riffs</em> confèrent autorité et ferveur au titre, mais la voix, semblant toujours provenir d’un lointain énigmatique, y ajoute une douceur sépulcrale. La flûte d’outre-tombe continue de scander les phrases de la guitare et de la batterie, désireuses de conclure cette démo sur une intonation classique de Doom Metal. Le contraste est savamment dosé et la transition n’irrite guère. Elle suscite admiration du fait de son harmonieux équilibre et de sa savante circonspection.</p>
<p><em>Oath of Woe</em> métaphorise donc l’avènement du Doom Metal et s’écoute comme une véritable poésie du sentiment. Son exaltation féconde de l’élément naturel est induite par la représentation d’un pittoresque triptyque musical qui évoque des ambiances, des endroits et des sensations grâce à une élaboration experte, oscillant entre l’art pictural et l’art poétique. Face à l’éradication de l’art, souillé par la fange inculte des artistes modernes, <em>Oath of Woe</em> est un manifeste de l’art purifié et rayonnant, qui trouve sa nouvelle expression dans le Doom Metal.</p>
<p>La présente démo est disponible à la vente directement auprès d&#8217;Andreas Thunbo, à l&#8217;adresse solivagus@email.dk, pour la modique somme de 4 euros, assortie des frais de port conséquents.</p>
<p class="alinea">Extrait en écoute&nbsp;:</p>
<p></p>
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		<title>Krux II</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Jul 2010 22:01:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce second album de Krux, sobrement intitulé II, est une œuvre magistrale. Il appartient probablement à la quintessence du Doom Metal et mériterait de figurer parmi les grands maîtres du genre. Krux est la deuxième collaboration entre Leif Edling et Mats Levén après l’excellent Abstrakt Algebra qui ne produisit qu’un unique album éponyme. Ces deux artistes de qualité façonnèrent des œuvres uniques, puissantes et passionnantes. Nous rappelons à toutes fins utiles que Leif Edling est le pilier de Candlemass, un des plus grands groupes de Doom Metal, que nous avons déjà généreusement chroniqué sur leaule. Mats Levén, quant à lui, est connu comme étant l’un des chanteurs de Therion et d’Yngwie Malmsteen. Nous sommes donc confrontés à deux figures essentielles du genre dont le talent a atteint, lors de la création de Krux, une pleine maturité. Le résultat de cette remarquable alliance est insoupçonné ; II  est, comme nous l’affirmions péremptoirement dans l’incipit de ce modeste article, saisissant de la première à la dernière seconde. Les titres se succèdent dans une sorte de frénésie furieuse, emportant l’auditeur dans les formidables volutes d’un Doom Metal exacerbé. Fabuleux, fantastique et fantasmagorique, II nous confie des airs psychédéliques et énergiques avec une cohérence exceptionnelle. Les musiciens, aux capacités incontestables, forment allégrement des riffs ondoyants et serpentins qui hypnotisent l’auditeur grâce à des séquences psychédéliques protéiformes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce second album de Krux, sobrement intitulé <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em>, est une œuvre magistrale. Il appartient probablement à la quintessence du Doom Metal et mériterait de figurer parmi les grands maîtres du genre. Krux est la deuxième collaboration entre Leif Edling et Mats Levén après l’excellent Abstrakt Algebra qui ne produisit qu’un unique album éponyme. Ces deux artistes de qualité façonnèrent des œuvres uniques, puissantes et passionnantes. Nous rappelons à toutes fins utiles que Leif Edling est le pilier de <a href="http://leaule.com/mot-clef/candlemass/" title="Site externe : http://leaule.com/mot-clef/candlemass/" target="_blank" target="_blank">Candlemass</a>, un des plus grands groupes de Doom Metal, que nous avons déjà généreusement chroniqué sur <em>Leaule</em>. Mats Levén, quant à lui, est connu comme étant l’un des chanteurs de Therion et d’Yngwie Malmsteen. Nous sommes donc confrontés à deux figures essentielles du genre dont le talent a atteint, lors de la création de Krux, une pleine maturité. Le résultat de cette remarquable alliance est insoupçonné&nbsp;; <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em> est, comme nous l’affirmions péremptoirement dans l’<em>incipit</em> de ce modeste article, saisissant de la première à la dernière seconde. Les titres se succèdent dans une sorte de frénésie furieuse, emportant l’auditeur dans les formidables volutes d’un Doom Metal exacerbé. Fabuleux, fantastique et fantasmagorique, <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em> nous confie des airs psychédéliques et énergiques avec une cohérence exceptionnelle. Les musiciens, aux capacités incontestables, forment allégrement des <em>riffs</em> ondoyants et serpentins qui hypnotisent l’auditeur grâce à des séquences psychédéliques protéiformes. </p>
<p>L’album commence talentueusement avec le titre <em>Serpent</em>&nbsp;: <em>riffs</em> puissants et énergiques, voix expressive et véhémente, c’est l’esprit de cet opus qui surgit dès les premières notes. Un orgue discret vient accompagner la basse et confère au morceau un aspect religieux et profanatoire, accentué par des chœurs voilés qui surgissent au fil du titre. Le rythme varie selon les ondulations du serpent, évoquant la dissimulation, la ruse et la tromperie. Une guitare frénétique s’exalte ponctuellement, précédant un <em>riff</em> massif accompagné de sons étranges et psychédéliques. La voix se fait parfois douce et séduisante lorsqu’elle narre au discours direct les allusions du serpent. Elle devient rauque et désabusée lorsque le narrateur dépeint le traître reptile et ses sournois appâts. C’est le serpent biblique dont il est question, dragon antique, vil tentateur qui multiplie les promesses de gloire mais dont les propos ne sont que mensonges. Cependant, il est impossible de fuir le reptile qui s’immisce partout&nbsp;: «&nbsp;<em>No matter how you hide behind your doors I will always sneak in</em>&nbsp;». Son regard perçant est dans l’œil de chaque homme, «&nbsp;<em>I see your lizard eyes in every man</em>&nbsp;», pour finalement s’introduire dans l’être même&nbsp;: «&nbsp;<em>You know the serpent is you</em>&nbsp;». Le serpent est donc en chacun de nous.</p>
<p><em>Devil Sun</em> débute avec des sonorités acerbes et une voix étouffée. Les<em>riffs</em> pesants et dépressifs s’imposent ensuite, tandis que le chant se fait plaintif et furieux. Le titre, «&nbsp;<em>Devil Sun</em>&nbsp;», est scandé de manière hypnotique avec un fonds d’orgue aux intonations métalliques et toujours cette musique répétitive, obsédante… La guitare s’immisce audacieusement, extatique et précipitée&nbsp;; elle périt finalement, comme soudainement affaiblie, tandis que des cliquetis accompagnent la reprise du <em>riff</em> initial. Un chœur méphistophélique retentit, appuyé par l’omniprésence d’un orgue dément. La voix faiblit soudain, comme aspirée par l’abîme de la géhenne et le titre s’achève finalement, abandonnant l’auditeur haletant. Le <em>Devil Sun</em>, soleil nocturne, étoile démoniaque, devient le repaire, la divinité d’une âme souffrante. Le chant s’achève avec cette profession de foi&nbsp;: «&nbsp;<em>And I praise, the god the Devil Sun</em>&nbsp;». La vénération de divinités occultes dans un syncrétisme énigmatique est un thème courant chez Krux, doté d’une vision hermétique et extatique de la religiosité. Citons, dans le présent album, <em>Serpent</em>, où le reptile ressemble à une divinité aztèque nommée Quetzalcóatl, serpent doté de plumes&nbsp;: «&nbsp;<em>You&#8217;re spreading your feathers like a god</em>&nbsp;» et dans le premier album, l’éponyme, le titre <em>Popocatépetl</em>, où le chanteur invoque avec ferveur une déesse qu’il adore&nbsp;: «&nbsp;<em>Earth mother birth goddess</em>&nbsp;». Krux semble passionné par la foi éperdue et désintéressée en une divinité tutélaire et possessive.</p>
<p><em>Sea of Doom</em> est introduit par des <em>riffs</em> entraînants. La voix poursuit, toujours aussi expressive, accompagnée de quelques bruissements incisifs et futuristes. Lorsque le chanteur scande «&nbsp;<em>Sea of Doom</em>&nbsp;», les <em>riffs</em> se font lourds, la voix lente et grave. La structure de ce titre est classique et rappelle les deux derniers opus de <a href="http://leaule.com/mot-clef/candlemass/" title="Site externe : http://leaule.com/mot-clef/candlemass/" target="_blank" target="_blank">Candlemass</a>, <em><a href="http://leaule.com/culture/candlemass-king-grey-islands/" title="Site externe : http://leaule.com/culture/candlemass-king-grey-islands/" target="_blank" target="_blank">King of the Grey Islands</a></em> et <em>Death Magic Doom</em>, dans le traitement du rythme et de la musicalité. Néanmoins, les râles de la voix accompagnés de reprises déformées et artificielles donnent son originalité au titre, ainsi qu’un côté futuriste qui n’est pas sans déplaire à Leif Edling. Le thème est également conventionnel&nbsp;; le narrateur conte son ennui et sa lassitude. Le désespoir qui l’étreint est comparé à un océan abyssal dans lequel il se précipite afin de s’y noyer. <em>Sea of Doom</em> symbolise le trépas, le suicide, quand la tristesse engendre une désespérance telle qu’il n’est plus permis de s’en extraire.</p>
<p><em>Lex Lucifero</em> commence de manière lente, ironique et répétitive à la manière d’un excellent Doom Metal. La voix s’élève, désabusée et se dédouble sourdement lors de certaines répliques. Un <em>riff</em> ouvragé et hypnotique assure la relève de la voix. Le titre narre l’effroi d’un homme qui voit des démons entourer son lit. «&nbsp;<em>A place to sleep becomes a tomb</em>&nbsp;» affirme le narrateur qui sent venir le trépas de manière cauchemardesque, le sommeil devenant une promesse de mort. <em>Pirates</em> débute avec un <em>riff</em> puissant ponctué de notes de guitare intrigantes. La batterie conclut ce prélude appuyé et une guitare frénétique succède à la lenteur originelle du titre. Les pilleurs dont il est fait mention, détruisant et brûlant tout sur leur passage, sont le symbole représentant ceux qui s’adonnent au Metal&nbsp;: «&nbsp;<em>We plague the cities with fire, we are in control. Storm the bastions with metal and rock&#8217;n'roll</em>&nbsp;». Les chanteurs et musiciens sont des pirates qui viennent dévaster l’âme des auditeurs. Cette assertion prend tout son sens à l’écoute de <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em>, œuvre vandale, païenne et profanatrice.</p>
<p><em>Depressive Strokes of Indigo</em> est plus nuancé, alternant des passages aux em>riffs lourds, agrémentés de sons étranges, et de passages légers, accompagnés d’un fonds sonore contrasté. Le titre semble, à un instant, terminé, mais surgit soudain un air envoutant bientôt suivi de la voix murmurante et menaçante du chanteur. S’ensuivent des effets indescriptibles qui confèrent une richesse exceptionnelle à ce titre séduisant et subjuguant. Le narrateur désire peintre son autoportrait d’une manière telle qu’aucune contemplation dans un miroir ne pourrait rendre une telle image. C’est son âme qu’il désire représenter, une âme sombre, nocturne et tourmentée&nbsp;: «&nbsp;<em>I paint me a picture, with depressive strokes, selfportrayed in indigo</em>&nbsp;». Cette âme ressemblerait presque à un cadavre décharné, avec ses ongles longs, sa peau grise et son effroyable maigreur. L’horreur de l’âme humaine se dissimule derrière une apparente beauté. Dans son exhortation finale, le chanteur encourage l’auditeur à se souvenir de ce qu’il était, reflet de toutes les abominations et de toutes les ignominies. Nul ne doit oublier la profonde dualité de l’homme.</p>
<p>Le titre suivant, <em>Too Close to Evil</em>, est musicalement moins extravagant mais néanmoins convaincant, alternant des passages puissants et d’autres prestes, à la manière d’un Doom Metal classique. Nous reconnaissons cependant, dans les sonorités vaguement caverneuses et inquiétantes, la signature particulière de Krux. Le titre retrace les relations destructrices d’un couple en une sorte de déclaration d’amour inversée où seule la haine s’exalte. «&nbsp;<em>Evil I do, Evil you see. My feelings are true. And more evil you will be</em>&nbsp;». Ces Adam et Ève vindicatifs se détruisent et se haïssent allégrement, symbolisant une certaine conception nihiliste de l’amour. Le dernier titre, <em>The Big Empty</em>, consiste en un Doom Metal conventionnel dont l’allégresse contraste avec les paroles, éloge du vide, vide inquiétant et singulier qui plaît au narrateur.</p>
<p>Krux façonne donc un excellent Doom Metal, à la fois classique et original, dont la touche étrange et futuriste nous séduit. Les paroles ne manquent point de profondeur et chaque titre présente l’univers particulier du groupe, univers étrange, oscillant entre modernité et sacralité. Il s’agit donc d’une musique infiniment personnelle. <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em>, deuxième album du groupe, est une simple réussite et nous attendons avec une hâte non dissimulée la parution d’un troisième opus. <em><span style="font-variant:small-caps;">ii</span></em> est cependant élaboré de façon si minutieuse et si élégante qu’il est, semble-t-il, ardu de pouvoir mieux faire. Les membres de Krux sont pourtant talentueux et il ne serait point étonnant qu’un troisième album, meilleur encore que les deux précédents, puisse troubler nos oreilles attentives et dévaster nos âmes ravies.</p>
<p class="alinea">Extrait en écoute&nbsp;:</p>
<p></p>
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		<title>Death Magic Doom</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jul 2009 15:24:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Mélomanie]]></category>
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		<category><![CDATA[Doom Metal]]></category>
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		<description><![CDATA[Voici encore un disque de Candlemass qui frôle l’excellence&#160;; après King of the Grey Islands, qui signait le digne retour du groupe après l’injuste défection de Messiah Marcolin, Death Magic Doom représente, en quelque sorte, l’aboutissement artistique de Candlemass auprès du chanteur qui succéda au fantasque moine, l’américain Robert Lowe. King of the Grey Islands [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici encore un disque de Candlemass qui frôle l’excellence&nbsp;; après <em><a href="http://leaule.com/culture/candlemass-king-grey-islands/" title="Site externe : http://leaule.com/culture/candlemass-king-grey-islands/" target="_blank" target="_blank">King of the Grey Islands</a></em>, qui signait le digne retour du groupe après l’injuste défection de Messiah Marcolin, <em>Death Magic Doom</em> représente, en quelque sorte, l’aboutissement artistique de Candlemass auprès du chanteur qui succéda au fantasque moine, l’américain Robert Lowe. <em><a href="http://leaule.com/culture/candlemass-king-grey-islands/" title="Site externe : http://leaule.com/culture/candlemass-king-grey-islands/" target="_blank" target="_blank">King of the Grey Islands</a></em> fut façonné pour Messiah Marcolin&nbsp;; Robert Lowe dût donc chanter des airs qui ne lui étaient destinés et plier sa voix aux exigences premières du capricieux Messie. Le résultat fut sublime, grâce aux remarquables qualités du nouveau chanteur, qui parvint malgré tout à fournir une œuvre personnelle et cohérente, mais nous attendions avec hâte et appréhension un suivant album, qui viendrait sceller la prometteuse collaboration entre Candlemass et Robert Lowe. Nous ne fûmes absolument pas déçus par cet album. <em>Death Magic Doom</em> est donc, au contraire, pleinement adapté aux capacités et aux goûts de Robert Lowe, qui, ayant trouvé sa place auprès des musiciens, permet à sa voix de se déployer pleinement, dans des contrastes de plus en plus saisissants. C’est encore du Candlemass, mais avec plus d’audace, plus de caractère et plus de panache, comme si, après maintes errances artistiques, le groupe était enfin pleinement conscient de toute l’ampleur de ses qualités musicales et atteignait une maturité artistique nécessaire pour élaborer des œuvres dantesques, franches, parfaites, comme celles que l’on trouve dans <em>Death Magic Doom</em>.</p>
<p>Le premier titre, <em>If I Ever Die</em>, est un convaincant prélude. Le titre est saisissant, et entraine d’ores et déjà l’auditeur dans l’impétueux maelström musical de Candlemass. Les quelques notes dissonantes des premières secondes se muent en un rythme farouche et soutenu qui porte inlassablement la voix du chanteur, expressive et précipitée. L’air, mis en valeur par une musique enfiévrée et furieuse ainsi que par des <em>riffs</em> frénétiques, est brièvement entrecoupé de quelques secondes de silence où le chanteur exalte son sentiment d’immortalité. En effet, le titre est marqué par un profond sentiment de vie qui perce au travers de cette vive musique et de cette voix impérieuse. Robert Lowe scande toutes les conséquences de son trépas&nbsp;: «&nbsp;<em>rivers will dry, pillars will break, Hell feels like ice, the mountains will shake</em>&nbsp;» et «&nbsp;<em>the stars will drop from the sky, the gods will mourn me and cry</em>&nbsp;» symbolisent l’apocalypse qui parachèvera sa mort, mort improbable face à la véhémence de cette volonté de vivre qui lui donne la certitude d’être immortel. Hymne à la vie et à l’insouciance, ce titre invite l’auditeur à n’avoir aucun regret, aucune tristesse, à profiter de chaque instant comme s’il n’y avait pas de lendemain. Seule cette façon d’exister fait de l’homme un être immortel pour qui la mort n’est qu’une abstraction. <em>Hammer of Doom</em> est un air plus pessimiste, reposant sur un rythme lent, appuyé et funèbre. La voix, parfois calme, parfois emportée, est suivie par les envolées tourmentées de la guitare. Un son de cloches retentissant lentement donne à cet air une sonorité inquiétante et sentencieuse. <em>Hammer of Doom</em> narre l’inéluctable exécution d’un homme et sa descente en Enfer, descente sous entendue par l’isotopie de l’enfer «&nbsp;<em>hell</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>hellfire</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>inferno</em>&nbsp;» et par l’allure désolée du lieu où aucune rose ne pousse et où aucun rayon de soleil ne point.<br />
<a href="http://leaule.com/medias/PromoCandlemass.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/PromoCandlemass.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/PromoCandlemass-500x332.jpg" alt="" title="Candlemass&nbsp;: photo de promotion" width="500" height="332" class="aligncenter size-medium wp-image-4381" /></a><br />
<em>The Bleeding Baroness</em> révèle tout le talent de Candlemass qui parvient à créer des tableaux évocateurs grâce à une musique hautement expressive et à des paroles soigneusement élaborées. La lenteur majestueuse de la guitare au début de l’air rappelle la lenteur et la grâce de la pâle créature qui descend les escaliers. La voix du chanteur suggère l’envoûtement à la mention de l’odeur capiteuse de musc qui entoure la femme. Ce calme mouvement introductif est interrompu par une musique effrénée et des paroles saccadées qui suggèrent des images fulgurantes, effectuant un glissement vers l’horreur et l’effroi&nbsp;; une tour sombre pendant la pleine lune, un massacre nocturne perpétré par la femme, un vampire assoiffé d’un sang délicieux. La femme mystérieuse descendant doucement les escaliers n’était autre qu’un vampire en quête de sa proie. La véhémence acerbe de ces évocations chaotiques contraste avec le refrain, semblable à une lamentation. <em>Demon of the Deep</em> est un titre qui excelle mêmement dans la création d’une ambiance tant poétique que musicale. Le titre débute avec des notes douces et répétitives de guitare. La voix grave et lente de Robert Lowe vient se superposer à la musique jusqu’à ce que celle-ci se mette à tonner un air menaçant puis se calme à nouveau, comme après une soudaine tempête. Cette musique contrastante vient accompagner la description d’un sinistre monstre marin, semblable au Léviathan biblique, «&nbsp;<em>tyrant of the abyss, plague of the seas</em>&nbsp;», les savantes modulations de la guitare, l’éclat de la voix font de <em>Demon of the Deep</em> un titre protéiforme aussi grondant et farouche que la créature qui est décrite. La fin du titre s’achève avec quelques notes d’un discret clavier et un chœur furtif qui prononce les dernières syllabes du chant. <em>House of 1000 Voices</em> décrit un orphelinat ayant brûlé et que les petites victimes continuent à hanter. La musique est excellente et parvient à retranscrire le sentiment de peur et d’inquiétude face à un tel tableau. Le titre s’inscrit dans la tradition des films d’épouvante&nbsp;; les visages des enfants morts apparaît dans les miroirs, le bruit de leurs pas dans les couloirs se fait entendre. Les ruines noircies, abandonnées par tous et déjà envahies par la végétation, dégagent une aura diabolique et mystérieuse&nbsp;: «&nbsp;<em>just a box full of evil</em>&nbsp;». L’inéluctabilité du destin fatal de ces enfants rend la scène encore plus oppressante, d’autant qu’un élément vient troubler le calme du paysage calciné&nbsp;: «&nbsp;<em>There’s a smell of something that’s wrong</em>&nbsp;». Ces dernières paroles, presque hurlées, suggèrent que l’incendie fut criminel, de même que le terme «&nbsp;<em>murder</em>&nbsp;». Derrière cette image symbolique se cache un thème cher à Candlemass&nbsp;; la fatalité. Enfermés dans la demeure, les enfants furent condamnés et n’eurent aucun choix. Leurs rêves brisés et la fulgurance de leur mort font qu’ils errent encore dans les ruines et ne sont guère conscients d’être des fantômes. Le contraste entre l’enfance et la mort est marqué musicalement par un léger air enfantin jaillissant d’une boîte à musique accompagné de la guitare, après qu’elle ait exalté la mort dans des <em>riffs</em> lourds et acérés.<br />
<a href="http://leaule.com/medias/PromoCandlemasscircus.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/PromoCandlemasscircus.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/PromoCandlemasscircus-500x333.jpg" alt="" title="Candlemass&nbsp;: photo de promotion" width="500" height="333" class="aligncenter size-medium wp-image-4380" /></a><br />
<em>Dead Angel</em> fait explicitement référence à Lucifer, «&nbsp;<em>a born devil, a saint that deceives</em>&nbsp;» et à sa nature ambiguë, à la fois ange déchu et créature satanique. La description faite de Lucifer dans le présent titre évoque davantage la vision de William Blake que celle de la Bible&nbsp;; le poète anglais considérait en effet Lucifer comme un être semblable à Orc, homme musculeux ceint de feu, esprit de la révolution et de la sédition. Ces éléments se retrouvent dans les paroles «&nbsp;<em>I’m an image of perfection, I’m the sunrise, the resurrection</em>&nbsp;». La référence à la mer et à la terre provient de l’Apocalypse de Saint Jean où Satan s’incarne dans des monstres, l’un terrestre, l’un maritime. <em>Dead Angel</em> est évidemment un titre ironique&nbsp;; les paroles insistent sur le fait que Lucifer est partout, dans les éléments déchainés et dans le cœur tourmenté des hommes, pour en venir à cette conclusion&nbsp;: «&nbsp;<em>I’m the angel alive</em>&nbsp;». De fait, Satan n’est pas détruit dans l’Apocalypse, mais seulement enchaîné durant mille ans. Les <em>riffs</em> très rapides accompagnant le chant âpre de Lowe sont alternés par des passages plus lents, chantés par plusieurs voix douces, symbolisant la nature paradoxale de l’ange déchu. <em>Clouds of Dementia</em> aborde le thème de la folie, autre thème cher au groupe. La voix lancinante et traînante se lamente furieusement et mime parfaitement celle d’un dément désespéré. La détresse perce effectivement dans la voix du chanteur&nbsp;: il n’a pu se débarrasser des cris des fous qui occupent perpétuellement son esprit et a échoué dans ses différentes tentatives de suicide. Le dernier titre, <em>My Funeral Dreams</em> énumère des séries de rêves morbides. La musique, douce lorsque le chanteur raconte la longue descente éthérée vers les portes du trépas pendant le sommeil, se déchaine en même temps que la voix lors de l’énumération des songes. Les rêves de mort s’enchaînent sans cohérence&nbsp;: citons par exemple la mort dans les tranchées de la Première Guerre. Le narrateur se fait tirer dessus sans raison, est étranglé pour trahison ou se retrouve frappé par une flèche empoisonnée. La superposition de ces images d’anéantissement est intimement liée au thème de la superstition et de la peur. Le réveil est terrible&nbsp;; «&nbsp;<em>I’m dead without leaving my own bed</em>&nbsp;». Ces pensées funèbres sont autant de morts quotidiennes qui viennent tourmenter l’endormi. La musique, obsédante et lugubre, parvient à faire éprouver un sentiment similaire à l’auditeur, qui ressent le même trouble sinistre.</p>
<p>La présente édition limitée à 500 exemplaires contient un titre supplémentaire <em>Lucifer Rising</em> qui appartenait au précédent EP éponyme contenant deux inédits, dont celui-ci, un réenregistrement de <em>Demons Gate</em> et des versions de concert gravées sur scène à Athènes en 2007.</p>
<p><em>Death Magic Doom</em> forme un album soigneusement élaboré, superbement orchestré, doté de maintes chansons évocatrices qui traitent des thèmes chers de Candlemass. Le talent de Robert Lowe se dévoile encore une fois dans toute sa richesse et toute sa profondeur&nbsp;; sa parfaite maîtrise des effets vocaux est remarquable. L’auditeur avisé a le sentiment que ces chansons ont été faites pour lui et qu’elles lui correspondent pleinement. Ce nouvel opus s’écoute donc avec bonheur, délectation et s’inscrit parmi les nombreux chefs-d’œuvre du groupe.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Candlemass-Death-Magic-Doom.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Candlemass-Death-Magic-Doom.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Candlemass-Death-Magic-Doom-500x375.jpg" alt="" title="Candlemass - Death Magic Doom&nbsp;: édition CD limitée" width="500" height="375" class="aligncenter size-medium wp-image-10431" /></a></p>
<p class="alinea">Extrait en écoute&nbsp;:</p>
<p></p>
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		<title>King of the Grey Islands</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Jun 2007 14:33:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Hormis leur premier et remarquable album, <em>Epicus Doomicus Metallicus</em>, qui a irrémédiablement posé les fondements musicaux du groupe, chaque tentative qu’a subi Candlemass de changer de chanteur fut une expérience désastreuse, déplaisante, une dénaturation de cette sensibilité qui donne à la musique du groupe tout son relief. Candlemass se retrouvait alors depuis des années assimilé à la voix chaleureuse du charismatique moine à la chevelure hirsute nommé Messiah Marcolin, dont il semblait qu’elle était faite pour perdurer toujours avec lui. Hélas, Messiah est un chanoine fort capricieux et pour des raisons qui sont pudiquement tues par le meneur, Leif Edling, Candlemass s’est vu contraint de congédier le chartreux fantasque et, cette fois-ci, la séparation semble être définitive. Si Messiah a tant marqué Candlemass, est-il raisonnable de poursuivre sur une voie semée de difficultés, notamment celle de trouver un autre chanteur, qui soit digne d’hériter du rang messianique, au risque de causer à nouveau la déception d’un public fidèle, pétri de méfiance vis-à-vis des écarts excentriques du groupe lorsque celui-ci se retrouve sans la voix du Moine irascible&nbsp;? Nous attendions donc ce dernier opus avec une crainte excessive, mais aussi avec espoir et confiance. Notre intuition nous disait que nous n&#8217;allions guère être déçus de nos maintes expectatives, et celles-ci se sont montrées de très bon aloi. Néanmoins, certaines peurs persistaient en nos esprits&nbsp;; nous doutions que les airs de ce dernier opus, composés initialement pour la voix si particulière de Messiah Marcolin, seraient aussi bien interprétés par un autre chanteur. Nous présumions qu’il s’agissait d’une néfaste erreur que le Messie quitte ce groupe qu’il a à jamais marqué de son empreinte, de cette voix à la fois puissante et douce, pleine d’expressivité et de ferveur. Cependant, depuis quelque temps, le groupe peinait piteusement à se renouveler et s’appauvrissait lentement. Messiah, conservateur pointilleux, refusait toute tentative de progression, d’audace, de changement, préférant avec une bonhomie pantagruélique prendre repos sur ses divins lauriers, s’estimant, avec une certaine présomption, si vital au groupe qu’il pouvait relâcher ses exigences et sombrer dans un contentement sourd et aveugle. En maints aspects, ce nouvel opus est une providentielle renaissance pour Candlemass, ce qui lui permet de laisser son essence s’épanouir à nouveau pleinement, tout en renouant avec cette audace, la même qui avait fait d’<em>Epicus Doomicus Metallicus</em> et de <em>Nightfall</em> deux piliers de leur discographie. <em>King of the Grey Islands</em> est, par conséquent, digne de parachever ce triptyque.</p>
<p>Ce qui charme de premier abord dans cet opus, c’est son aura éthérée et déroutante, dès le prologue, doux et énigmatique, invitation à un lointain ailleurs ou à une proximité méconnue. Nous pressentons que l’écoute de l’album ne sera qu’une longue pérégrination mystique dans des cœurs sombres et tourmentés par les affres de l’existence. Cet aspect est bien entendu renforcé par la voix étonnante de Robert Lowe, chanteur émérite de Solitude Aeturnus, un maître qui contrôle chaque effet de voix à la perfection, nous entraînant soit dans les affres d&#8217;une rudesse révoltée et charismatique, soit dans les volutes d’une douceur ensorcelante. Une voix changeante, certes, expressive et infiniment subtile, alliée à des <em>riffs</em> défiant toute puissance. Le titre <em>Emperor of the Void</em> est un exemple de cette force intacte et immortelle des musiciens, qui transporte quiconque l&#8217;écoute dans une fureur jubilatoire. L’album ne se résume certainement pas à cet unique titre, et exulte de rage à peine contenue dans les titres suivants, où la suavité de la voix contraste et s’allie à merveille au rythme ralenti et appuyé des titres <em>Devil Seed</em> et <em>Of Stars and Smoke</em>, qui parfois prennent une suavité inaccoutumée. Nous reconnaissons assurément Candlemass, mais un Candlemass perfectionné, apaisé, serein, qui renaît de ses cendres poussiéreuses pour créer un opus infiniment plus poignant et assuré que ce à quoi nous aurions pu nous attendre d’un groupe dont nous craignions l’irrésistible déclin. <em>Demonia 6</em> et <em>Destroyer</em>, deux sommets du talent de Candlemass, sont deux titres qui, à n’en point douter, raviront ceux qui apprécient un Doom Metal exacerbé par un aspect énigmatique&nbsp; les paroles expriment toutes un malaise, un sentiment persistant de mal être dans la société, et abordent des thèmes d’un pessimisme acéré&nbsp;: la dépression, la souffrance existentielle, les horreurs de la drogue, la volonté d’en finir avec ce monde avili, infâme, et toujours cette aspiration à un dépassement, une transfiguration dans le rêve et l’imagination divine, dans la mort, symbole ultime d&#8217;achèvement spirituel et d’extase finale. La reprise de <em>Solitude</em>, le titre le plus célèbre du groupe, à l’issue de l’édition <em>digipack</em>, n’est point innocente&nbsp;: la recherche du trépas solitaire, considéré comme délivrance et source infinie de délectation voit ici son expression la plus pleine. Chacun de nous est un <em>King of the Grey Islands</em> qui, au moins une fois dans son existence, a ressenti un abyssal dégoût de ce qui constitue notre basse et creuse vie quotidienne, ainsi qu’un sentiment tant de révolte que d’impuissance. L’opus se concentre sur la déchéance, la ruine de tous ceux qui ont tenté de se débattre en vain dans un monde qui n’est et ne sera jamais fait pour eux. Il s’agit probablement de l’album le plus pessimiste de Candlemass, en partie expurgé des résonances religieuses et apaisantes que l’on retrouve dans <em>Nightfall</em>. C’est sans doute pourquoi il évoque un ailleurs insulaire, semblable à l&#8217;île de Patmos, sombre et lointain, dans une dynamique descendante semblable à une chute vers des profondeurs mystérieuses et démoniaques. Le chant acéré de Lowe exprime parfaitement cette volonté de combattre et de se révolter, alliée à un désespoir profond et inextinguible qui semble consumer chaque note. <em>Clearsight</em>, avec ses râles répétitifs, en est une parfaite illustration.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/PromotionGroupe.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/PromotionGroupe.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/PromotionGroupe-500x333.jpg" alt="" title="Candlemass&nbsp;: séance de promotion 2007" width="500" height="333" class="aligncenter size-medium wp-image-4370" /></a></p>
<p><em>King of the grey Islands</em> est introduit, dans le livret, par un court texte qui résume admirablement l’ensemble de l’album. Le voici donc&nbsp;:</p>
<blockquote><p><center><em>I am the king of the grey islands. An unworthy soul, windswept and scarred, bent and confused.<br />
My castle, my ruin, the moldering grave where the memory fades with the mourning cry of the mother.<br />
Pain is an ally, loyal and true. Sweet like a burning poison. I know you.<br />
Who counts the wounds? Who sees the hunger and it’s flight over the coastline of denial?<br />
The fibers, the nerves, that rupture from arterie to cell, continuously repeating the hymn of life, death and the holy whore…<br />
Desecrated in desperation.<br />
I am the king of the grey islands. A lifeless and godforsaken realm at the rim of the great divide.<br />
Where existence is torn apart against the black rock.<br />
The foul taste of failure and disappointment enrapture my soul and my cries are smothered in fruitless abandon.<br />
The smell of self contempt sultry over the springs of oblivion.<br />
I stand before destruction, beholding the stone of my realm.<br />
It’s dignity, cold and stern. Unmerciful without empathy. Eternal like sin.<br />
You saw my birth, an ornament in your grain.<br />
You see my death.<br />
Dreadful and cold.<br />
Alone.<br />
Divine.</em></center></p></blockquote>
<p>Ces propos sont en partie repris dans le premier titre qui commence avec un prélude doux et amer à la fois, puis s’exalte dans des <em>riffs</em> à la démence à peine contenue. <em>Emperor of the Void</em> demeure l’un des titres les plus pessimistes de l’album, où la figure virginale se trouve désacralisée, dans un retournement apocalyptique, en celle d’une odieuse hétaïre. La détresse narrée dans ce titre est telle qu’elle ne trouve plus l’apaisement dans les figures conciliatrices de la religion. Dans un revirement similaire, le château se fait ruine et devient sépulcre. Il ne reste plus que la couleur grise, oppressante, et le vide infini, deux symboles d’une terreur abyssale synonyme de mort. L&#8217;isotopie de pouvoir «&nbsp;<em>ruler</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>king</em>&nbsp;», «&nbsp;<em>emperor</em>&nbsp;» exalte les vanités humaines, assimilée aux vastitudes abandonnées d&#8217;îles perdues au sein d&#8217;un océan inquiétant, elle montre l’arrogance pusillanime de la nature humaine qui croît se targuer de quelque autorité alors qu’elle n’a aucune influence sur l’issue inéluctable de la vie&nbsp; la mort, mort évoquée par des éléments du corps humain qui, chaque instant, ramènent l’homme à son destin fatal. <em>Devil Seed</em> assimile la figure du diable à celle d’une drogue dont nul ne peut se défaire. L’être est dépossédé de sa substance, habité par des voix lancinantes qui rendent impossible toute guérison et causent le meurtre, le suicide. Ce sont les pouvoirs séducteurs et terribles de la drogue que cette chanson à l’air obsédant, lourd et répétitif cherche à illustrer&nbsp; il suffit d&#8217;en ingérer un soupçon, «&nbsp;<em>a little seed</em>&nbsp;», mais cette semence diabolique dévore consciencieusement jusqu’à l’âme de celui qui l’a ingurgitée, propageant une lèpre intérieure. La volonté de Satan se répand comme une vérole infâme, rendant toute échappatoire vaine. Les remords, les soins sont inutiles. <em>Of Stars and Smoke</em> exalte la dualité de l’homme&nbsp; son âme vouée à l’élévation, à l’éternité, aux chimères et son corps, fragile, tellurique, éphémère. L’homme est tel un arc-en-ciel passager dont les couleurs rapidement défaillent avant de disparaître. «&nbsp;<em>From nothing I came before, to nothing I go</em>&nbsp;», telle est la leçon de ce titre lent et délicat qui s’écoute comme une ballade, adoucissant l’acerbe sincérité de ses propos&nbsp;: «&nbsp;Homme, tu n’es qu’un songe rapide, un rêve douloureux&nbsp; tu n’existes que par le malheur&nbsp; tu n’es quelque chose que par la tristesse de ton âme et l’éternelle mélancolie de ta pensée&nbsp;!&nbsp;» écrivait Chateaubriand. <em>Of Stars and Smoke</em> veut exprimer un constat similaire à celui que Dieu dresse à Adam une fois le péché originel consommé&nbsp;: «&nbsp;car tu es poussière et tu retourneras en poussière&nbsp;». Aucun titre peut exprimer aussi bien le thème de la chute que <em>Demonia 6</em>, avec ses sonorités lourdes et hypnotiques et ses paroles répétitives. Le sentiment de déchéance se voit accompagné d’une euphorie luciférienne et d’un enivrement frénétique. <em>Destroyer</em> exacerbe, dans des <em>riffs</em> menaçants, un puissant désir de destruction, celui d’une société infâme et immonde dont le massacre est source d&#8217;ineffable jouissance. Les paroles cherchent intentionnellement à scandaliser et prouvent que s’il existe des êtres qui désirent puissamment l’extinction du monde, l’ignominieuse race humaine en est responsable&nbsp;: «&nbsp;<em>I am injected, with venom and your piss. My life is hatred, I spiral down the abyss. A mind on kill mode, expressionless face. Brain like a child, fuck the human race</em>&nbsp;». Le titre suivant, <em>Man of Shadow</em> rassemble des passages véhéments et acerbes et d’autres plus doux. Il raconte la détresse d’un homme qui se suicide par dépit, chérissant sa dépression, enfouissant son âme dans la douleur. <em>Clearsight</em>, excellent air métaphorique aux sonorités menaçantes et puissantes, raconte le périple à travers les mers du navire <em>Clerasight</em>, à la recherche des lointaines rives de la connaissance. Après quatre ans de navigation, les passagers périssent d&#8217;inanition mais leurs esprits continuent leur sempiternel périple à travers les océans, assistant au déclin progressif de l’humanité. Ce titre est merveilleusement servi par une modulation du <em>riff</em> initial extrêmement savante et talentueusement interprétée. L’ultime chant, <em>Embracing the Styx</em> arbore une imagerie tout aussi mélancolique&nbsp;: un mort franchit le Styx, fleuve sinueux des enfers, assisté par le nocher Charon. Inéluctablement, à chaque vague que la barque fend, il sent la vie s’échapper de son corps.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/PromotionRobertLow.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/PromotionRobertLow.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/PromotionRobertLow-500x333.jpg" alt="" title="Candlemass&nbsp;: séance de promotion 2007" width="500" height="333" class="aligncenter size-medium wp-image-4371" /></a></p>
<p>Outre la voix mélancolique de Lowe, qui donne l’ultime touche aux différents airs, la performance de Leif Edling s’approche de la perfection, et donne un aspect intemporel à cet opus. L’air de clôture, <em>Embracing the Styx</em>, représente une merveilleuse synthèse de tout l’album qui s’achève dans une tranquillité déconcertante, mortelle et fascinante. Les musiciens sont loin d’être délaissés&nbsp;; si l’étouffant trappiste occultait légèrement les performances musicales des instrumentistes, Lowe parvient, dans un équilibre magistral, à s’imposer tout en laissant s’exprimer avec largesse les <em>riffs</em> toujours aussi talentueux, mais plus acerbes et appuyés qu’à l’accoutumée, de Leif Edling.</p>
<p>Un nouveau chef-d’œuvre de Candlemass, donc, sans doute celui dont l’ambiance est la plus pessimiste et sombre. Un chanteur mélancolique, à la fois plaintif et agressif, nous confie une prestation mémorable. Des musiciens imposants, aux <em>riffs</em> majestueux, se montrent d’une expressivité inégalée. Tout est compris, dans cet album, pour en faire l’un des meilleurs de Candlemass, rival estimé et méritant d’<em>Epicus Doomicus Metallicus</em> et de <em>Nightfall</em>. Précisons que la version <em>digipack</em> contient deux titres exclusifs, <em>Solitude</em> et <em>At the Gallows End</em> interprétés par Robert Lowe. On peut y suivre l’évolution musicale du groupe, sa nouvelle sensibilité, plus extravagante et amère, et apprécier la prestation fort sagace du nouveau chanteur. Ces deux titres, bien qu’étant des reprises d&#8217;anciens albums, s’inscrivent à merveille dans l’ambiance tourmentée de l’opus. Pour ceux qui auront le privilège d’acquérir l’édition limitée du <em>digipack</em>, ils découvriront un mini-disque bonus contenant la reprise de Robert Lowe du titre <em>Black Dwarf</em>, signe éclatant que Robert Lowe est un digne héritier de Messiah Marcolin, et la version première de <em>Demonia 6</em>. Nous fûmes enchantés à l’écoute de <em>King of the Grey Islands</em>, que nous ne nous lassons guère d’apprécier. Chaque titre est intriguant, merveilleux, puissant, et mérite une écoute attentionnée afin d’en saisir toute la profondeur. Il faut, avec intérêt, prêter l&#8217;oreille à cette musique si foisonnante et changeante, servie par un chanteur expressif et troublant.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Candlemass-King-of-the-Grey-Islands.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Candlemass-King-of-the-Grey-Islands.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Candlemass-King-of-the-Grey-Islands-500x375.jpg" alt="" title="Candlemass - King of the Grey Islands&nbsp;: édition CD limitée" width="500" height="375" class="aligncenter size-medium wp-image-10430" /></a></p>
<p class="alinea">Extrait en écoute&nbsp;:</p>
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