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	<title>Leaule &#187; Cycle des Ancêtres</title>
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		<title>La Loi des Ancêtres</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Jul 2010 20:04:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La Loi des Ancêtres s’attache à narrer les péripéties d’Henri Algan, le capitaine du Carcal, vaisseau en approche de la planète aux quatre continents dénommée Kher. Comme tout Ancêtre, Algan, du fait de trajets sidéraux durant d’innombrables décennies, subit régulièrement des hibernations prolongées qui lui ont permis de traverser les siècles en conservant le corps [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>La Loi des Ancêtres</em> s’attache à narrer les péripéties d’Henri Algan, le capitaine du Carcal, vaisseau en approche de la planète aux quatre continents dénommée Kher. Comme tout Ancêtre, Algan, du fait de trajets sidéraux durant d’innombrables décennies, subit régulièrement des hibernations prolongées qui lui ont permis de traverser les siècles en conservant le corps d’un homme jeune. Il dispose, sur Kher, de quelques descendants qui jouissent d’un statut élevé dans la hiérarchie de la planète. Tel est le privilège de chaque enfant d’Ancêtre. Privilège qui comporte une contrepartie&nbsp;; un fils d’Ancêtre peut certes assurer un avenir radieux à sa descendance mais ne connaît guère son père. Seuls ses enfants ou ses petits-enfants peuvent espérer rencontrer leur patriarche lors d’une escale sur la planète, après un périple d’un siècle. En amorçant les procédures d’arrivée sur Kher, Henri Algan constate que les robots du spatiodrome réservé aux Ancêtres réagissent de façon inhabituelle. Soudain, le Carcal est pris dans un champ de force d’une puissance insoupçonnée et il n’est plus possible pour son capitaine de s’en extraire sans disloquer le vaisseau. Finalement, le Carcal n’a d’autre possibilité que de se poser. Henri tente de lancer une fusée d’avertissement adressée aux Ancêtres afin de les prévenir d’une probable révolte sur la planète. Mais la fusée est spontanément détruite par les assaillants. Le staré Tarkov, un des dirigeants de Kher, annonce qu’il désire prendre l’astronef en son pouvoir. Les Ancêtres ont donc été déchus de leur autorité sur la planète. Henri ordonne alors la destruction de la tour de contrôle du spatiodrome. Cette tour abritait les projecteurs nocturnes. L’ennemi se retrouve donc dans l’obscurité une fois la nuit tombée. L’Ancêtre profite de ce répit pour s’échapper subrepticement et rendre une visite discrète à son descendant grâce à un compensateur de gravité qui lui permet de voler silencieusement. Algan se rend dans le château familial et visite en premier lieu la chambre qu’il occupait avec l’épouse qu’il s’était choisie sur la planète, une dénommée Gisèle. Une photographie de sa femme et de son fils orne la pièce, habitée par une jeune dormeuse qui sommeille durant l’investigation discrète de l’Ancêtre. La photographie comporte, en son dos, un message inquiétant, écrit de la main de son descendant&nbsp;: toute la famille Algan aurait été exilée sur le quatrième continent de la planète. Ria Lémon, fidèle connaissance familiale, est la seule qui puisse permettre à l’Ancêtre de retrouver les siens. Il s’agit de la fille endormie. Fille qu’il s’empresse d’éveiller mais dont il finit bientôt par se méfier…</p>
<p>Ce dernier volume clôt talentueusement le <a href="http://leaule.com/mot-clef/cycle-des-ancetres/" title="Site externe : http://leaule.com/mot-clef/cycle-des-ancetres/" target="_blank" target="_blank">cycle des Ancêtres</a>, cycle qui se caractérise par une constance remarquable. Aucun tome ne pourrait être considéré comme inférieur aux autres et <em>La Loi des Ancêtres</em> ne fait guère exception. Chaque ouvrage prend comme protagoniste un Ancêtre différent. Cependant, ces Ancêtres sont parfois dotés de qualités, de pensées et de comportements si semblables qu’ils paraissent être un seul et même personnage, celui de l’Ancêtre canonique. L’Ancêtre est l’archétype même du proscrit randéen et nous le découvrons, au fil des ouvrages de ce cycle, de façon nuancée. L’Ancêtre est certes un surhomme doté de qualités remarquables. Néanmoins, il est un être tourmenté et solitaire. Conditionné à la vie dans l’espace, l’Ancêtre est incapable de se fixer sur aucune planète et multiplie épouses et descendants sans véritablement constituer de famille. En effet, lorsqu’il revient, après des pérégrinations de plusieurs siècles, il rencontre ses descendants tout en restant du même âge que lorsqu’il quitta la planète. L’Ancêtre a peur de vivre. Ainsi, il ne peut demeurer plus de quelques mois sans hiberner. «&nbsp;Notre fatalité à nous, les Ancêtres, c’est le temps…&nbsp;» Henri Algan est né sur Terre O il y a plus de 6 siècles. Il a quitté la planète originelle par attrait pour l’espace, par désir de quitter la médiocrité terrienne ordonnée par un gouvernement inepte.</p>
<blockquote><p>À l’époque, Terre O était gouvernée, comme elle l’a été souvent, par une assemblée élue qui avait entrepris une fois de plus un nivellement par le bas assez désastreux et dont l’injustice fondamentale me révoltait […] et je suis parti en me disant que, à mon retour, je trouverais la Terre sortie des théories politiques fumeuses des illuminés qui la gouvernaient à ce moment-là.</p></blockquote>
<p>Hélas, après quelques siècles d’errance, il ne fut plus guère possible à l’Ancêtre de s’installer durablement sur Terre O. Même si le régime politique en place, une théocratie strictement hiérarchisée, lui plaisait infiniment, il ne pouvait plus rester sur une planète sans ressentir l’angoisse de la vie et l’impérieux désir de retrouver l’espace.</p>
<p>L’ouvrage pose la question du pouvoir&nbsp;; les Ancêtres jouissent effectivement d’une puissance qu’aucun dirigeant planétaire ne pourrait posséder. Les Ancêtres sont les seuls à diriger simultanément toutes les planètes colonisées par les Terriens. Ils dirigent également toutes les voies qui permettent aux Terriens de se rendre d’une planète à l’autre. Ce pouvoir peut paraître exorbitant mais c’est ce statut particulier qui confère toute sa pérennité et toute sa force aux Ancêtres. Toutefois, les Ancêtres ne disposent de ce pouvoir qu’afin de préserver l’équilibre des colonies. </p>
<blockquote><p>Malheureusement, il n’est pas question que nous permettions aux planètes de se libérer de ce qu’elles considèrent comme un joug et, dans l’espace, nous ne tolérerons jamais la moindre concurrence. S’il en existait une, elle conduirait inexorablement l’humanité au chaos car toutes les civilisations qui la composent ne sont pas arrivées au même point de développement.</p></blockquote>
<p>Le souverain, tel qu’il est incarné par les Ancêtres, se doit d’être distant et intouchable. Il est considéré avec crainte et révérence, à la manière d’une divinité antique. Seule cette forme de pouvoir semble être légitime et valable, selon Peter Randa, par opposition à la démocratie où les êtres les plus communs, les plus bas et les plus vils accèdent au pouvoir. Les Ancêtres sont, au contraire, au sommet de la hiérarchie et séparés du peuple par des obstacles infranchissables&nbsp;: tout d’abord l’âge, puis la distance, les Ancêtres ne résidant que quelques mois sur chacune des planètes à plusieurs siècles d’intervalle, et, enfin, la possession exclusive d’objets technologiquement avancés. Cependant, les Ancêtres laissent les différentes colonies dans une complète liberté, les laissant évoluer et progresser selon leur rythme et refusant d’imposer le moindre commandement à la plèbe. Mais les spatiodromes doivent demeurer intouchables à la manière d’un temple sacré. Ces installations, qui permettent aux Ancêtres d’y poser leurs imposants vaisseaux, sont le seul élément contraint de leur règne. Toucher à ces spatiodromes revient à commettre un acte sacrilège et les Ancêtres prennent sérieusement toute attaque ou toute dégradation qui leur serait faite. «&nbsp;Nous régularisons les rapports planétaires. C’est devenu notre véritable raison d’exister et, si nous sommes des maîtres impitoyables quand il le faut, les populations que nous contrôlons n’ont affaire à nous que durant quelques mois par siècle.&nbsp;» Tel serait le souverain parfait, un être sage, distant et perspicace qui aurait sacrifié son existence afin de se vouer entièrement à sa tâche. Selon l’auteur, ce régime idéal est l’exact contraire de la démocratie.</p>
<blockquote><p>Les connaissances suprêmes et les techniques de pointe doivent être l’apanage d’un petit nombre… Si nous permettions aux civilisations de toutes les planètes de se développer librement, nous aboutirions fatalement à une guerre des mondes qui serait vite effroyable… Les hommes ne sont jamais majeurs… Un très petit nombre d’entre eux parvient à la sagesse… Lorsqu’une fatalité les y contraint et seulement alors.</p></blockquote>
<p>Peter Randa désire montrer l’absurdité d’un régime démocratique qui ne placerait au pouvoir que des processions d’êtres immatures, belliqueux et abjects. Ce rêve de l’écrivain est perceptible au long de ce cycle dont les protagonistes sont justement des hommes qui disposent de la sagacité nécessaire pour gouverner. Malheureusement, la Terre ne dispose guère d’Ancêtres et la croyance éperdue que certains peuples entretiennent envers la frénésie démocratique laisse vivement souhaiter qu’il soit possible, comme Henri Algan, d’hiberner pendant plusieurs siècles et de ne s’éveiller qu’une fois les humains revenus de leurs aspirations médiocres et placés sous la tutelle de créatures responsables à l’aura presque divine.</p>
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		<title>La Révolte des inexistants</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Jul 2010 17:38:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La Révolte des inexistants est le troisième opus du cycle des Ancêtres. Le commandant de l’Astaré et membre du Conseil des anciens Philippe Estainier dirige son astronef vers la planète Bardella. Étant un Ancêtre, sa perception du temps est fort différente et celui‐ci a l’apparence d’un homme jeune tandis qu’il ne s’est pas rendu sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>La Révolte des inexistants</em> est le troisième opus du <a href="http://leaule.com/mot-clef/cycle-des-ancetres/" title="Site externe : http://leaule.com/mot-clef/cycle-des-ancetres/" target="_blank" target="_blank">cycle des Ancêtres</a>. Le commandant de l’Astaré et membre du Conseil des anciens Philippe Estainier dirige son astronef vers la planète Bardella. Étant un Ancêtre, sa perception du temps est fort différente et celui‐ci a l’apparence d’un homme jeune tandis qu’il ne s’est pas rendu sur Bardella depuis près d’un siècle. Il s’attend ainsi à pouvoir y rencontrer certains de ses descendants. Il reçoit justement un message d’un descendant homonyme qui cherche à l’avertir d’un danger imminent&nbsp;; le Grand Conseil chercherait à s’emparer de son vaisseau. Philippe passe outre ce message mais reste sur ses gardes en plaçant son vaisseau en état d’alerte et en atterrissant discrètement sur la planète avec une navette. Sur Bardella, son descendant jouit d’un statut privilégié en tant que membre du Grand Conseil. Philippe se décide à lui rendre une visite nocturne mais son homonyme se comporte d’une étrange manière, comme s’il était sous l’influence de quelque drogue. L’Ancêtre réalise l’incohérence de l’attitude de son descendant, qui ne se souvient plus lui avoir envoyé un tel avertissement. Il apprend que son descendant entretient une liaison avec une mutante, ce qui est passible de la peine de mort sur la planète. Le couple chercherait à fuir dans le vaisseau de Philippe afin de pouvoir vivre librement, même si la mutante devrait être stérilisée sur toute autre planète. Bardella dispose de trois races différentes, les Terriens issus de Terre O qui colonisèrent la planète grâce aux Ancêtres et les Slavons, êtres semblables aux humains mais à l’intelligence irrémédiablement amoindrie. Hélas, les Slavonnes sont de superbes créatures et nombreux furent les Terriens qui succombèrent aux charmes de leur corps splendide. De cette union étrange naquirent des mutants qui disposent de l’intelligence humaine mais ont le front déformé par deux antennes. Les Slavons ne peuvent bientôt approcher les Terriens que le jour&nbsp;; la nuit, les Slavons égorgent les Terriens afin de se nourrir de leur sang. Ils sont donc retranchés dans des réserves nocturnes. Les mutants n’ont pas hérité de cette caractéristique. Néanmoins ils sont considérés comme des êtres inférieurs. Cependant, des mutantes d’une grande beauté qui dissimulent leurs antennes grâce à leur coiffure ont réussi à devenir les secrétaires des plus influents membres du Grand Conseil. Les dirigeants de Bardella semblent comme hypnotisés et séduits par ces beautés inquiétantes. Philippe Estainer découvre également, grâce à une jeune femme nommée Galda, que des personnalités importantes ont été enfermées tandis que leurs familles ont été rétrogradées. Des Slavons réfractaires, qui auraient inopinément développé leur intelligence, se seraient rebellés et retirés dans la nature. Les Terriens mènent envers eux une guerre qu’ils sont sur le point de perdre, en dépit d’armes et de moyens incomparablement supérieurs à ceux des Slavons. L’Ancêtre se doute qu’un inavouable secret trouble l’apparente tranquillité de la planète, un secret qui touche de près les mutantes.</p>
<p><em>La Révolte des inexistants</em> aborde à nouveau les problèmes raciaux avec une rare acuité. Les mutants, ce sont évidemment les métis qui éprouvent des sentiments de rancœur et de haine envers la race dominante qu’ils ne parviendront jamais à atteindre, de mépris et de haine envers la race inférieure dont ils sont en partie issus. C’est le cas des mutants de Bardella qui préparent l’asservissement de galaxies entières colonisées par les Terriens. Leur révolte est sournoise, insidieuse et indigne. Les mutantes sont créées artificiellement par les leurs, dans une sorte d’eugénisme malsain, de façon à ce qu’elles puissent acquérir les deux qualités essentielles pour séduire et asservir les Terriens&nbsp;: une beauté surprenante et un don hypnotique. En hypnotisant les dirigeants des planètes colonisées, elles ont le parfait contrôle des décisions prises par les gouvernements et tiennent sous leur coupe les colons. Pour l’instant, les mutantes possèdent seulement Bardella mais elles désirent s’emparer du vaisseau des Ancêtres afin de s’étendre à travers toutes les galaxies colonisées. Ces inexistants ont donc prévu un plan machiavélique afin de se venger de l’insignifiance qu’on leur prête. Selon Peter Randa, tout métis possède des velléités similaires. Le sentiment d’infériorité, sentiment souvent justifié –&nbsp;n’oublions pas que les Slavons, dont sont en partie issus les mutants, sont des vampires idiots&nbsp;– provoque un impérieux désir de vengeance envers ceux qui sont supérieurs et complets. Les mutants présentent une menace pour l’équilibre social&nbsp;: «&nbsp;le corps social tout entier est miné, rongé depuis l’intérieur comme un fruit en train de pourrir… Les mutants, bien sûr…&nbsp;» Les mutants deviennent des insectes abjects&nbsp;: ils se réunissent dans des centres afin de rassembler leurs énergies psychiques. Ils espèrent conférer davantage de puissance à leurs séduisantes alliées. Ils ressemblent aux insectes des <em><a href="http://leaule.com/culture/les-frelons-dor/" title="Site externe : http://leaule.com/culture/les-frelons-dor/" target="_blank" target="_blank">Frelons d’or</a></em>, regroupés en nids, dépourvus d’imagination et de personnalité, voués uniquement à une unique tâche, celle de renforcer le pouvoir des mutantes. Lorsque l’exécution des mutants est ordonnée, Philippe est partagé entre le dégoût et la pitié&nbsp;: «&nbsp;Ils forment une cohorte innombrable dont l’anéantissement a quelque chose d’écœurant et fait penser au sacrifice de certaines fourmis lorsque leur nid est en danger.&nbsp;» La ressemblance avec les insectes fourmillants et impersonnels est éloquente. L’Ancêtre ne peut s’empêcher d’éprouver de l’aversion envers ces créatures&nbsp;: «&nbsp;en la voyant j’éprouve un insupportable sentiment de répulsion. Celui que tout homme normal éprouve pour les mutants…&nbsp;» Les dires de Peter Randa ne peuvent que vivement importuner d’éventuels lecteurs pour qui le métissage est un ineffable bienfait.</p>
<p>Une autre question soulevée par l’écrivain est celle du pouvoir. Ce pouvoir est incarné par les Ancêtres. Ces hommes privilégiés traversent les siècles et les distances, pouvant ainsi diriger les colonies terriennes. Ils respectent l’indépendance et l’intelligence de chaque colonie. Ils ne cherchent guère à influencer la progression de chaque planète et veillent à ce que nul despote ne s’empare des colonies en usant d’une quelconque supériorité technologique&nbsp;:</p>
<blockquote><p> Chaque civilisation évolue dans une voie qui lui est propre… Le progrès n’est pas le même partout, mais il n’est bon que s’il s’est développé harmonieusement… Sur Styra, tous les hommes portent un désintégrateur à leur ceinture… Une arme capable de faire disparaître une maison de six étages en quelques secondes… Les Styriens s’en servent judicieusement parce que toute leur éducation les a préparés à cela… Une éducation qui s’est étendue sur plusieurs générations… En serait‐il de même si on donnait cette arme aux hommes d’Ogouze, du jour au lendemain&nbsp;? Ils s’en serviraient d’abord pour régler tous leurs comptes et le massacre serait épouvantable…</p></blockquote>
<p>Seuls les Ancêtres peuvent manipuler ces différentes armes afin de protéger les colonies de toute menace technologiquement supérieure. Même si leur décision de préserver l’évolution inhérente à chaque colonie peut paraître injuste, elle relève d’une intelligence supérieure. L’exemple du désintégrateur styrien permet de comprendre que chaque peuple subit son évolution et y fonde sa civilisation, basée sur la responsabilité, la sagesse et le discernement. Un fait que certains États, qui veulent imposer leurs valeurs, leurs conceptions et leurs techniques à des peuplades qui possèdent des mœurs et des idées parfaitement antagonistes, semblent oublier, égarés dans leur frénésie égalitariste. Les Ancêtres sont, au contraire, désireux de préserver l’intégrité de chaque colonie. Ils ne sont pas des despotes mais des dieux. Chaque siècle, lorsqu’ils rendent visite aux colonies, ils semblent dotés d’une jeunesse éternelle. Ils sont les seuls à sillonner l’espace et paraissent résider dans un empyrée divin. «&nbsp;Nous sommes considérés un peu comme des dieux sur les planètes que nous visitons. Des dieux au même titre que ceux de la mythologie grecque et romaine à la grande époque de l’antiquité.&nbsp;» Ce statut leur confère une autorité incontestable. Comme les dieux de <em>L’Iliade</em> ou de <em>L’Odyssée</em>, ils influent sur le destin de la planète mais ne se préoccupent guère de futilités politiques. Peter Randa reprend d’ailleurs une idée déjà développée dans <em><a href="http://leaule.com/culture/deucalion/" title="Site externe : http://leaule.com/culture/deucalion/" target="_blank" target="_blank">Deucalion</a></em> selon laquelle les dieux antiques seraient en vérité des êtres issus de l’espace&nbsp;: «&nbsp;Une autre race qui nous aurait précédés et dont nous retrouverons peut‐être les traces un jour.&nbsp;»</p>
<p><em>La Révolte des inexistants</em> est donc un excellent ouvrage qui poursuit dignement ce remarquable cycle des Ancêtres. Ces Ancêtres sont des hommes supérieurs auxquels le lecteur finit irrésistiblement par s’attacher. Jouissant d’une intelligence et d’une sagacité remarquables, ces personnages n’en sont pas moins des créatures tourmentées et solitaires qui ne peuvent se fixer sur aucune planète et qui sont condamnés à sillonner l’espace. Ils sont l’incarnation du souverain d’autorité divine qui fait le sacrifice de son être pour diriger les siens sous l’impulsion de la raison d’État. Ils sont pareillement des Christophe Colomb futuristes qui rassemblent les planètes à la manière du navigateur placé sous le signe de la colombe et de l’universalité chrétienne. Rassembleurs païens, les Ancêtres constituent ce formidable lien qui unit les hommes dans les différentes galaxies de l’univers.</p>
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		<title>Retour en Argara</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Jul 2010 18:51:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Julien Lestrade est un Ancêtre qui sillonne l’espace depuis plusieurs siècles mais qui arbore toujours un corps athlétique et un visage jeune. Son vaisseau, l’Étoile, est gravement endommagé, condamnant l’équipage à une errance sans fin dans l’espace, avec l’espoir insensé de croiser une hypothétique planète où les réparations nécessaires pourraient être effectuées. Cependant, une force [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Julien Lestrade est un Ancêtre qui sillonne l’espace depuis plusieurs siècles mais qui arbore toujours un corps athlétique et un visage jeune. Son vaisseau, l’Étoile, est gravement endommagé, condamnant l’équipage à une errance sans fin dans l’espace, avec l’espoir insensé de croiser une hypothétique planète où les réparations nécessaires pourraient être effectuées. Cependant, une force d’origine inconnue attire l’astronef hors de ses inexorables errements, sans qu’il soit possible à Julien d’en discerner l’origine. Cette puissance rapproche davantage le vaisseau du point d’où elle émane et les Ancêtres aperçoivent enfin un gigantesque bâtiment d’origine extraterrestre, celui-là même qui les guide irrésistiblement à lui. Les capteurs de l’Étoile ne dénombrent qu’une unique forme de vie à bord de l’astronef étranger. Lestrade se rend seul en reconnaissance au sein du vaisseau et contemple sombrement, au gré des couloirs, les cadavres momifiés d’êtres humanoïdes. Il parvient finalement jusqu’à une salle abritant un sarcophage contenant une charmante créature. Cette femme se nomme Marka et sort d’un sommeil artificiel de plus de mille ans, réanimée par son imposant robot, baptisé Olgoo. Marka est l’ultime survivante du vaisseau qui porte d’ailleurs son prénom. Le capitaine en était son père, gravement blessé et décédé au moment de dessiner, à l’intention d’un visiteur prochain, en l’occurrence Julien Lestrade, le processus de réanimation de sa fille. L’équipage a été massacré du fait d’un soulèvement de Kholkas qui appartenaient à l’équipage et en qui le père de Marka avait pourtant confiance. Marka vivait sur Argara. Cette planète abritait plusieurs races mais seule la race blanche des Argariens a connu un remarquable essor. La race inférieure, a décidé de se lier étroitement aux blancs afin de prendre insidieusement le contrôle de la planète et d’anéantir la race supérieure par ce que l’on pourrait nommer un génocide par substitution. De ces unions contre-nature sont issus les Kholkas, pleins de haine et de ressentiment envers la race supérieure. L’élite de la race à laquelle appartenait Marka, dépositaire de tous les savoirs et de toutes les sagesses, a décidé de s’enfuir sur de grands vaisseaux spatiaux afin d’abandonner les Kholkas à leur sort. Après plus de mille ans d’absence, Marka ignore ce qu’il est advenu des différentes races de sa planète et désire retrouver Argara afin d’en apprendre davantage. Après certains événements qu’il serait fastidieux de reproduire ici, Julien se réveille sur Argara avec son équipage. Marka a complètement disparu. Julien semble avoir été hypnotisé par Marka mais, progressivement, celui-ci se découvre des capacités impromptues, comme celle de manipuler aisément les armes et les engins des Argariens, ou encore celle de connaître instinctivement la localisation des principales bases de la planète…</p>
<p><em>Retour en Argara</em> est l’un des ouvrages les plus philosophiquement éloquents de Peter Randa. Marka narre la situation de la société argarienne avec fougue et lucidité. L’écrivain y expose librement sa conception de la société française en filigrane. Pour Marka, la race blanche est toujours vouée à dominer car elle confère son essor à la civilisation. Le peuple européen, respectueux des traditions et des hiérarchies, fut justement une civilisation glorieuse qui changea admirablement la face de la Terre. Cependant, le récit de Marka s’abîme dans le pessimisme&nbsp;:</p>
<blockquote><p>Mais peu à peu, les barrières sociales qui séparaient les races sont tombées… Elles ont toutes fusionné […] Tant que les mélanges gardent un caractère exceptionnel, ils ne présentent aucun danger… Sur Argara, les distinctions ont presque totalement disparu… Une race hybride était née de cette formidable fusion à l’échelle planétaire… Naturellement, elle a tout de suite commencé à dégénérer… Il ne pouvait en être autrement. La nature le prouve…</p></blockquote>
<p>Peter Randa prévient le lecteur des dangers que présente un métissage effréné. Désireux d’une société strictement hiérarchisée, Peter Randa considère avec effroi l’abolition progressive des entraves sociales en France. Il aspire à une Europe communautaire, indépendante et intègre. Hélas, les prédictions de Marka s’avèrent réalistes et l’Histoire européenne a déjà entamé un tour inquiétant. Deux races distinctes ne peuvent, selon l’écrivain, s’unir sans créer une certaine dégénérescence. La philosophie de Peter Randa outrerait les apologistes de la négritude et du métissage. Cependant, il est, à notre sens, le véritable apôtre de la diversité&nbsp;: de par son souhait de préserver les caractéristiques des ethnies, de conserver les traits des races, il prône la diversité tandis que d’autres, comme ce délégué cégétiste, rêvent du «&nbsp;jour où le monde ne sera constitué que de gens marrons clairs avec des yeux un peu bridés&nbsp;», d’une humanité uniformisée et insipide qui est justement l’exact contraire de la diversité.</p>
<blockquote><p>Nous appelons Kholkas cette race hybride née sur Argara… Des métis de métis. C’est bien la chose la plus abominable qui puisse exister… Lentement, elle a tout envahi… elle a constitué la majorité… elle a commencé à peser sur les lois… elle a voulu prendre la direction de la planète. […] Le nombre des aliénés a augmenté dans des proportions considérables… Une sorte de lâcheté collective a amené les hommes à se targuer de droits avant de songer à leurs devoirs… Le rythme des naissances s’est accéléré jusqu’à mettre en péril les ressources alimentaires d’Argara…</p></blockquote>
<p>Les effrayantes prédictions de Peter Randa se sont avérées d’un réalisme tragique et les faits, en France, prennent rapidement la même tournure qu’en Argara. Dès à présent, les populations immigrés influent sur les lois et réclament toujours plus de droits, se considérant en terre conquise et se permettant de haïr la langue, la culture et la population d’accueil, apathique et dévirilisée, qui n’a plus guère qu’à s’effacer devant les coutumes archaïques, pernicieuses et accaparantes de chaque immigrant. Elles pèsent sur la démographie du fait d’un taux de fécondité inconcevable et les Français de souche constitueront bientôt une minorité qui, n’ayant guère le recours de l’espace, finira annihilée par un sournois génocide de substitution déjà entamé depuis des décennies. L’attitude détestable de l’État et l’abjecte manipulation des médias contribuent à l’endormissement abruti d’un peuple autrefois si grand, corps désormais rongé de l’intérieur par une lèpre sordide.</p>
<blockquote><p>Les kholkas ne sont pas les principaux responsables… Leurs chefs étaient des nôtres… Ils les ont fanatisés pour des raisons d’intérêt ou de prestige personnel… Toujours facile de flatter les bas instincts de l’homme&nbsp;! […] Le peuple est incapable de juger par lui-même… il devient vite malléable entre les mains de ses meneurs… On lui fait accepter ce qu’on veut, pourvu qu’on aille dans le sens de ses satisfactions immédiates… </p></blockquote>
<p>La responsabilité des politiciens et des électeurs est soulignée par Peter Randa. Cet écrivain visionnaire connaît les travers de la démocratie. Il sait que ce régime encourage vivement la médiocrité, l’uniformisation et le nivellement par le bas. Nulle conscience singulière, nulle âme indépendante ne pourrait émerger de cette asservissante égalité, égalité fondée sur la bassesse, la servilité et la vilenie.</p>
<p><em>Retour en Argara</em> dénote donc fortement avec le multiculturalisme hystérique de notre siècle. Cet ouvrage, deuxième opus du <a href="http://leaule.com/mot-clef/cycle-des-ancetres/" title="Site externe : http://leaule.com/mot-clef/cycle-des-ancetres/" target="_blank" target="_blank">cycle des Ancêtres</a>, est un remarquable chef-d’œuvre dont la philosophie jouit d’une puissante vivacité et dont le réalisme trouble le lecteur réfléchi. Peter Randa n’a, jusqu’à présent, commis le moindre impair et nous espérons découvrir d’autres remarquables romans de cet écrivain injustement méconnu dont le message mériterait pourtant d’être entendu.</p>
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		<title>Les Ancêtres</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Jul 2010 19:12:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bibliophilie]]></category>
		<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Anticipation]]></category>
		<category><![CDATA[Cycle des Ancêtres]]></category>
		<category><![CDATA[Fleuve noir]]></category>
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		<description><![CDATA[Le lieutenant Frédéric Talbot est un jeune homme intrépide et indiscipliné. Il est désigné par ses supérieurs pour s’acquitter d’une tâche fort particulière. Il lui faut postuler auprès des Ancêtres afin de devenir l’un des leurs. Le caractère de Talbot s’accorde justement avec les préférences des Ancêtres. Les Ancêtres sont les premiers hommes qui se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le lieutenant Frédéric Talbot est un jeune homme intrépide et indiscipliné. Il est désigné par ses supérieurs pour s’acquitter d’une tâche fort particulière. Il lui faut postuler auprès des Ancêtres afin de devenir l’un des leurs. Le caractère de Talbot s’accorde justement avec les préférences des Ancêtres. Les Ancêtres sont les premiers hommes qui se lancèrent dans la conquête de l’espace au-delà du système solaire. La durée des voyages interstellaires entravait toute expédition au-delà de Pluton&nbsp;: il était techniquement possible de se rendre au sein d’une autre galaxie mais le trajet était le fait de plusieurs générations successives d’explorateurs. L’hibernation permettait aux Terriens d’accomplir des distances inhumaines sans vieillir entretemps. Les premières expéditions quittèrent la Terre dans de gigantesques vaisseaux équipés du système d’hibernation susmentionné. Certains de ces astronefs abordèrent des planètes viables. Mais quelques Ancêtres éprouvèrent une grande nostalgie de la Terre et la regagnèrent à bord de l’Athos. Le trajet dura plus d’un siècle durant lequel les passagers, mis en état d’hibernation, ne prirent pas d’âge. La Terre avait tant changé, après deux siècles, que les Ancêtres ne la reconnurent plus et ne purent s’y adapter. Ils retournèrent alors sur la planète qu’ils avaient quittée, pour y retrouver finalement les descendants de ceux qu’ils côtoyaient auparavant. Ils réalisèrent donc qu’ils s’étaient placés hors du cours du temps et qu’ils n’appartenaient plus à aucune patrie, à aucune famille, à aucune époque. Ils décidèrent donc de rester dans l’espace et de fonder une guilde permettant aux Terriens d’accomplir des périples vers des galaxies lointaines. Certains de ces Ancêtres vivent théoriquement depuis plusieurs siècles mais, n’ayant passé que quelques heures par siècle sans hiberner, ils sont encore jeunes quoique dotés d’une pâleur de peau caractéristique des endormissements perpétuels. La communauté des Ancêtres repose sous l’autorité d’un Conseil suprême et dispose de techniques secrètes qui garantissent sa puissance. Un astronef s’étant écrasé sur Terre avec un unique survivant, les Terriens ont interrogé icelui et ont découvert que les Ancêtres disposaient désormais d’un moyen leur permettant d’éviter l’hibernation et de parcourir en deux jours des distances qui prenaient habituellement deux siècles. Talbot doit s’emparer de l’un de ces astronefs, après avoir été accepté auprès des Ancêtres, et le ramener sur Terre afin que soit étudié le système leur permettant d’atteindre une vitesse illimitée. Les Ancêtres sont d’ailleurs accusés d’avoir enlevé des centaines d’enfants terriens à des fins inconnues, mais le lieutenant Talbot découvrira progressivement le rôle véritable des Ancêtres contre les Vétans, espèce extraterrestre énigmatique.</p>
<p><em>Les Ancêtres</em> est le premier volume du <a href="http://leaule.com/mot-clef/cycle-des-ancetres/" title="Site externe : http://leaule.com/mot-clef/cycle-des-ancetres/" target="_blank" target="_blank">cycle</a> du même nom consacré à ces hommes indépendants et singuliers qui vivent complètement hors du temps et n’appartiennent, par conséquent, à aucune planète et à aucune patrie. Ces Ancêtres sont des créatures redoutables car ils disposent d’une technologie inconnue des Terriens. Cependant, ils n’abusent guère de leur pouvoir et cherchent seulement à veiller sur la Terre et ses colonies galactiques. L’hibernation puis le temps négatif leur permet de sillonner l’espace et de parcourir des distances que nul être humain ne pourrait accomplir de son vivant. Les Ancêtres sont donc indispensables car ils relient Terre O à l’espace lointain. Ils sont craints et respectés comme des dieux dans certaines colonies, mais ils n’en demeurent pas moins des êtres humains aux maintes faiblesses&nbsp;: les Ancêtres sont tristes et tourmentés du fait de leur inadaptation à toute forme de civilisation. Les Ancêtres s’entourent d’objets surannés et obsolètes afin de combler le vide causé par une civilisation qu’ils ne connaîtront jamais plus, celle qu’ils ont quitté, il y a plusieurs siècles, pour explorer l’espace. L’Ancêtre est la quintessence du proscrit randéen&nbsp;: le temps, qu’il perçoit différemment, le sépare de sa patrie. Les Terriens se méfient d’eux du fait de leur puissance secrète. Les Ancêtres désirent néanmoins protéger les Terriens. Ils proviennent de la même race et sont reliés par le sang, les Ancêtres ayant de nombreux descendants sur Terre. La Terre est, en l’occurrence, menacée par la race des Vétans, des êtres à l’apparence humaine mais dont l’espèce, anémiée et exsangue, se meurt lentement. Cette race est supérieure à la race terrienne mais physiquement similaire. Elle tente de se régénérer en enlevant des enfants terriens afin de s’emparer de leur vitalité. Ce sont pourtant les Ancêtres qui sont accusés d’un tel forfait, eux qui cherchent à repousser les Vétans. Les Ancêtres doivent protéger les humains contre leur gré&nbsp;: «&nbsp;Notre mise en garde vous aurait paru automatiquement suspecte. […] Nous avons fait une première expérience dans la nébuleuse d’Andromède et nous sommes entrés en conflit non seulement avec les VETANS mais encore avec les humains que nous voulions protéger.&nbsp;» Les hommes se méfient des ces êtres qui traversent les siècles sans vieillir mais qui, pourtant, appartiennent à leur race. Aucun proscrit randéen ne peut l’être autant que ces Ancêtres qui cherchent progressivement à se couper des Terriens, conscients qu’ils appartiennent à une époque révolue&nbsp;: «&nbsp;Nous avons correspondu à un besoin de l’humanité. Grâce à nous, la race humaine a essaimé dans les plus lointaines galaxies, mais ce temps est révolu. Nous avons déjà abandonné toutes nos bases sur d’innombrables planètes.&nbsp;» Tel est le constat de Jean-Baptiste Mortier, l’Ancêtres qui commande le vaisseau l’Apocalypse. Comme toujours, chez Peter Randa, l’élite est rejetée par une majorité jalouse. Elle n’a d’autre choix que de se retirer. Les Ancêtres se définissent comme des êtres monstrueux, de la même façon que Barra dans <em><a href="http://leaule.com/culture/zone-de-rupture/" title="Site externe : http://leaule.com/culture/zone-de-rupture/" target="_blank" target="_blank">Zone de rupture</a></em>&nbsp;: «&nbsp;Nous sommes des espèces de monstres.&nbsp;» La supériorité du surhomme randéen en fait un être colossal et effrayant.</p>
<p>Le gouvernement terrestre est presque essentiellement constitué de Vétans infiltrés. Ils ont donc parfaite autorité sur les Terriens. Ces Vétans se sont emparés du pouvoir en toute discrétion et régissent des êtres qu’ils vont asservir et saigner de façon à ressusciter leur race. Aucun Terrien ne réalise les ambitions cruelles de ses dirigeants. Les Vétans sont un prétexte permettant à Peter Randa d’aborder quelques éléments de sa philosophie politique&nbsp;: «&nbsp;Seuls quelques esprits supérieurs sont en mesure de comprendre ce qu’il y a d’avilissant à servir complaisamment des maîtres qui vous méprisent.&nbsp;» De fait, les Vétans haïssent les Terriens qu’ils considèrent comme une race primitive. Tout politicien est un Vétan qui dédaigne une majorité inepte et servile. </p>
<blockquote><p>Nous qui avons connu d’innombrables générations successives, nous savons combien le peuple, la masse du peuple, est facile à asservir. Elle n’aspire pas à la liberté. Chaque fois qu’elle l’a connue, certains hommes l’y ont maintenue presque de force. J’ai connu l’ère des démocraties où les hommes prétendus libres étaient de serviles pantins à la merci d’une administration omnipotente. Un asservissement indirect dont ils n’essayaient même pas de secouer le joug.</p></blockquote>
<p>Usant de sa clairvoyance coutumière, Peter Randa nous confie un énième chef-d’œuvre du roman d’anticipation. <em>Les Ancêtres</em> est un ouvrage à la fois passionnant et palpitant dont la lecture ne laisse indifférent. Le cycle des Ancêtres débute donc de manière prometteuse et nous ne pouvons que vivement conseiller la lecture d’un ouvrage aussi stimulant qu’intéressant, ouvrage qui pourrait d’ailleurs être considéré de façon individuelle et indépendante, le deuxième volume du cycle, <em><a href="http://leaule.com/culture/retour-en-argara/" title="Site externe : http://leaule.com/culture/retour-en-argara/" target="_blank" target="_blank">Retour en Argara</a></em>, ne constituant pas une véritable suite. Cependant, le cycle prend comme protagonistes communs les Ancêtres, personnages énigmatiques dignes de figurer parmi les dignes proscrits randéens.</p>
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