Goya graveur
L’exposition consacrée au grand peintre du XVIIIe siècle, homme éblouissant pétri des Lumières, dans le cadre délicieux et vaste du Petit Palais, est exclusivement consacrée d’estampes, eaux-fortes, lithographies et autres gravures ; une excellente façon de s’instruire de l’art d’un irréfragable orfèvre honteusement peu connu en France et dont on ne perçoit que trop confusément l’œuvre peinte (la languissante Maja, dévêtue ou non, les puissants Deux Mai à la Puerta del Sol et Les Fusillades du Trois Mai, éclatant témoignage de l’implication de Francisco de Goya dans l’histoire de sa patrie, ou encore l’excellent et redoutable Saturne dévorant un de ses enfants). Cette acuité picturale a fait de Goya le Premier Peintre du roi d’Espagne, et lui a apporté une consécration amplement méritée, mais, et c’est pourquoi, je pense, les salles d’exposition fournissaient un éclairage feutré et une intimité appuyées, son travail de graveur fut son art le plus personnel, qu’il cisela avec cœur et ardeur. Chaque gravure exposée est un fragment de son âme qu’il convient de scruter avec bienveillance et application. Tragiquement clairvoyant sur la nature de l’homme et les mœurs de ceux qui vivaient en son temps, écartelé entre exaltation et aversion envers la raison humaine qui tend à la fois aux actes de bravoure absolue et aux pires abominations, Goya n’aura cesse d’exprimer librement ses impression et ses appréciations d’une manière si personnelle que chacun peut y voir le reflet de ses propres constats et y faire une lecture à chaque fois unique du livre ouvert qu’est l’art de Goya, homme entier, plus humain qu’humain, façonné par l’histoire et la vie. Grâce au vif attachement de trois grands collectionneurs, Eugène et Auguste Dutuit et le couturier Jacques Doucet qui firent don de leurs étonnantes acquisitions respectivement au Petit Palais et à l’Université de Paris, s’offre au regard un tableau complet et bigarré du travail de Goya. L’accès aux salles réservées à Goya est d’ailleurs veillé par une pièce discrète en l’honneur de ces hommes passionnés ; on apprécie d’autant plus ce geste en s’émerveillant devant l’ampleur et la variété des planches de Goya, préservées avec le plus grand soin et, pour la plupart, dans un parfait état. Je présenterai l’exposition dans l’ordre des salles qui découpent avec pertinence l’œuvre de l’artiste espagnol.
La première salle se penche sur le rapport entre Goya et ses maîtres. On peut apprécier, non sans une certaine émotion, le premier essai de gravure de notre artiste, La Fuite en Egypte, où le graveur s’est aidé de lignes parallèles afin de composer son œuvre qui se démarque par sa simplicité et sa maladresse, néanmoins on est touché par cette pieuse image qui fait part des premiers essais de son auteur. Il est possible également de contempler l’Aveugle à la guitare grande planche qui initie le thème du pittoresque léger. Inspiré par l’âge d’or de la peinture hollandaise et espagnole, admirateur de Velasquez et de Rembrandt, Goya s’écarte délibérément des artistes de son temps pour se tourner vers un passéisme prospère et productif. Goya était le possesseur de dix gravures de Rembrandt (l’exposition montre son célèbre autoportrait Rembrandt travaillant à la fenêtre) et se plaisait à l’étude de ses œuvres, dont il s’est inspiré pour y façonner sa technique, grâce à l’utilisation de l’aquatinte procédé récent, qui lui permet de saisir les subtiles nuances de gris et de noirs utilisées par Rembrandt. Les gravures de Goya trouvent un autre inspirateur ; Giambattista Tiepolo, éminent peintre, célébré pour ses fresque (L’Apothéose de l’Espagne, La Rencontre d’Antoine et de Cléopâtre, Le Banquet de Cléopâtre) qui mêlent la splendeur du baroque à la rigueur classique (on peut d’ailleurs apprécier son Monument à la Gloire des Héros ou Le Ravissement de Saint Pierre). Tiepolo inspirera à Goya l’illumination de parties précises de son œuvre, afin d’en faire ressortir l’essence. Goya a également dupliqué par la gravure de célèbres tableaux de Velasquez avec toutes les difficultés que comportait la transition entre ces deux techniques si différentes ; rendre l’espace, les couleurs, les textures était une épreuve. Il semblerait que Goya s’en soit merveilleusement bien sorti. On peut au fil des planches admirer des portraits équestres de Philippe III et Marguerite d’Autriche, Philippe IV et Isabelle de Bourbon des figures de nains de la cour, et les célèbres Ménines dont il fut si ardu de reproduire les subtiles demi-teintes (l’aquatinte fut d’un grand secours pour notre graveur qui, après avoir insisté sur les traits d’eau forte à l’aide d’un burin pour se rabattre sur cette technique). Ces œuvres bien que reproduites selon Velasquez pour des raisons obscures (peut être pour le numéraire ou afin de se faire bien voir) sont éclatantes, personnelles et harmonieuses. Si Delacroix disait « On commence toujours par imiter », ici Goya, en plus de produire des imitations talentueuses, les adapte à sa main d’une manière très personnelle. Il n’imite pas, il interprète.
La deuxième salle s’intitule Les Caprices, du nom d’un recueil de gravures qu’il composera après avoir longuement posé dans son carnet de croquis maintes esquisses noueuses et touffues avec pour secrète volonté de dénoncer « les erreurs et les vices humains ». Goya, fort de sa technique acquise avec minutie et talent, est nommé Peintre de la Chambre du Roi. Il y assiste à la décadence et la déchéance de la cour, aux intrigues et manigances, au resserrement rigoriste dû à la crainte de voir les idées de la Révolution de France se propager dans le royaume d’Espagne qui éloigne les intellectuels éclairés dont le graveur s’était rapproché. Goya, atteint d’une grave maladie devient sourd, et c’est dans se contexte troublé que Les Caprices voient leur genèse se faire où « e caprice et l’invention peuvent se développer ». En quatre-vingt planches « de sujets capricieux, inventés et gravés à l’eau forte par Don Francisco Goya », Les Caprices représentent un travail tourmenté, exigeant, minutieux. Outre la velléité de laisser libre cours à l’imagination, le dessein de Goya est bien plus ambitieux ; son œuvre se veut universelle, et dénonce les vicissitudes humaines dans des scènes intimistes et puissantes, accuse l’Inquisition et les mœurs liberticides de la société espagnole. Goya aborde ainsi divers thèmes tels que l’éducation des enfants, les femmes exploitées ou prostituées, la sorcellerie, la superstition, l’Inquisition et le Clergé, mêlant le macabre à l’irrationnel. Ses albums se voient contraints d’être retirés de la vente sous la pression d’un clergé exigent, les planches en seront extraites une à une afin d’être vendues. Les albums reliés et entiers se feront très rares ; de très beaux exemplaires sont exhibés dans des vitrines ; ce sont de véritables œuvres d’art. On y retrouve de merveilleuses gravures ; L’Amour et la Mort, Il est bien tiré (gravure montrant une jeune maja tirant son bas dont Vigny, Musset et Gautier ont vanté les louanges), Tous tomberont (où une chouette à tête de jeune prostituée est utilisée pour attirer les oiseaux telle un leurre afin de les plumer), le célèbre Se repulen, où l’on voit de monstrueux démons se couper les ergots dans le but de s’embellir, et le polémique Songe du Mensonge et de l’Inconstance, gravure qui serait une allusion de sa liaison avec la duchesse d’Albe, fort versatile, qui l’aurait abandonné. Le portrait du graveur est visible, étreint par une femme bifrons. Les ailes de papillon, symbole récurrent de l’inconstance, ceignent la femme : on voit à terre un serpent, digne emblème de la perfidie, et une grenouille, qui pourrait symboliser le mensonge. La gravure dénonce les vices féminins de cette nouvelle Eve traitresse, et présente un idéal, une forteresse lointaine, blanche et imprenable. Qui sait si notre graveur parviendra t il à l’atteindre ; « Son seul dessein est de bannir de nuisibles croyances communes et de perpétuer par cette œuvre de caprices le solide témoignage de la vérité ». La vérité de Goya, bien que fortement teintée de fantaisie, est terrible.
La troisième salle de taille menue, s’intitule l’atelier, ainsi se veut elle donner le plus d’indications sur les méthodes de gravure, les différents stades d’élaboration et le matériel utilisé. « Un clou suffit à un cadre, tandis que les feuilles de papier que la presse noircit peuvent voler à tous les vents du ciel » disait Laurent Matheron. A travers quelques gravures choisies, notamment le fameux Volaverunt (« elles ont volé », prétérit latin du verbe volare) représentant une jeune courtisane couronnée d’ailes de papillon, symbole de l’inconstance, volant, soutenue par trois sorcières, en une leçon donnée sur la destinée tragique et inéluctable des courtisanes et la fugacité de la vie, nous pouvons apprécier le travail préparatoire, la plaque de cuivre et enfin, le résultant final. Une presse pour la gravure est également exposée.
La quatrième salle est consacrée aux Désastres de la Guerre. L’Espagne a connu une époque de terreur, déjà fragilisée par les luttes intestines, elle se voit prise d’assaut par l’impérialisme napoléonien ; l’armée française s’empare de la péninsule, et, du Palais Royal à la Puerta del Sol, après la prise de Madrid, survint un massacre sanglant le 3 mai 1808 où les émeutes formées la veille sont sauvagement réprimées. Charles IV ayant abdiqué, Napoléon fait proclamer Joseph son frère, roi d’Espagne. S’ensuit une longue guerre pour l’indépendance de la patrie et le retour du Désiré Ferdinand VII pour la souveraineté de l’Espagne. Goya, habitant à Madrid, est bouleversé par ces événements, « J’ai vu cela » dit-il, côtoyant les horreurs de la guerre. En 1808 il se rend à Saragosse afin de témoigner de la résistance héroïque des habitants lors du premier siège, J’ai vu cela en est la représentation et la volonté de Goya de s’insérer dans les évènements est évidente. Peu après, il élaborera ses premières gravures comme témoignage personnel des évènements. Les Désastres de la Guerre prennent forme et mettront dix ans à se réaliser. Les titres s’enchaînent formant un scénario macabre et inquiétant Elles ne veulent pas non plus, Il n’est déjà plus temps, Vous étiez né pour cela, Cela ne peut se regarder. Il représentera des scènes de viols, de violences, représentera la famine qui touche Madrid au cours de l’hiver 1811 (Aucun remède à cette mort, Le pire est de mendier), et des scènes d’exécution (Les charretées au cimetière). Dénonçant les crimes des soldats, les horreurs guerrières, la sauvagerie de chacun avec un réalisme fou, il fera cependant preuve de compassion envers le drame national et glorifie l’attitude notamment des femmes Et elles sont féroces, où la figure de la femme donne du courage à l’homme ; Augustina de Aragon, comme tous les hommes autour d’elle ont été tués arme seule un canon afin de défendre l’entrée de sa cité. Les Ravages de la Guerre est une gravure exceptionnelle qui illustre parfaitement cette partie de son œuvre, les corps nus et blancs renversés en tous sens (la femme tête en bas est une suffocante évocation de la chute de l’abîme), la femme dénudée tenant son enfant, les hommes aux visages effrayants, bouche ouverte, yeux fermés, et la chaise, élément familier, renversée. Il est ardu à Goya de se procurer des plaques de cuivre en ces temps de guerre, ainsi, afin de faire figurer une scène de viol il se voit forcé de sacrifier un paysage. Travaillant sur des plaques mal parées ou endommagées, les gravures de Goya sont imparfaites, mais cette imperfection rend encore plus vivant le travail de l’artiste. 1814, la guerre s’achève, mais le Désiré s’avère un tyran réactionnaire et conservateur qui persécute les libéraux et instaure une nouvelle terreur. Goya hésite à publier ses planches, qui paraîtront après sa mort, malheureusement retouchées et agrémentées. Ces gravures, faites de contrastes violents, de clarté, la précision du tracé font de ces gravures des œuvres uniques. A noter la présence d’une gravure exceptionnelle, Le Colosse ou le Géant, qui est une image poignante des interrogations et des craintes de l’artiste.

La salle suivante est consacrée à l’attrait que porte Goya pour le spectacle espagnol par excellence, la tauromachie, déjà très en vogue à l’époque de l’artiste qui ne cache pas qu’il est un fervent aficionados qui fréquente les arènes de Madrid et de Saragosse. Représentant sur de grandes plaques des scènes sur l’art de toréer et des courses de taureaux, il saisit sur le vif des scènes de bravoures et de virtuosité, représentant des banderillos, des picadors ou des matadors, comme Mariano Ceballos, dit l’Indien, qui torée à cheval, et s’essaye à chevaucher un taureau, Bernardo Alcade y Merino, qui s’enveloppait de sa cape d’étudiant et se jouait du taureau par ses feintes, Martincho, qui affronte le taureau assis sur une chaise. Goya décrit aussi la mort des plus audacieux, comme Rendon mort transpercé par la corne de son taureau donc le trépas a été un drame national. Goya s’attache aussi à dépeindre les origines de la tauromachie, des anciens Maures, qui, oubliant les superstitions du Coran adoptent l’art de chasser, dont Gazul, le premier homme qui ait attaqué les taureaux à la lance est selon des règles qui seront conservées, ou d’autres qui, effectuant des passes avec leurs capes vont aussi pérenniser les règles de la tauromachie (d’ailleurs les véritables origines de la tauromachie ne sont pas mauresques mais chrétiennes, et furent initiées en Navarre au Moyen-Âge) chassant les taureaux sauvages jusqu’au Cid et à Charles Quint en passant par la manière dont les anciens espagnols chassaient les taureaux à cheval dans la campagne. Goya semble passionné par ces figures d’hommes courageux qui affrontent la mort en face. Une autre scène dont Goya fut témoin est celle de la mort du maire Torrejon ; les gradins des arènes n’étant pas assez protégés, un taureau saute parmi les spectateurs ; cette gravure sublime montre le déséquilibre des gradins vides d’un côté, et des foules pressées par le taureau ; cette construction sobre augmente l’effet tragique de la scène. Ces scènes de Goya sont simples, lumineuses, elles se veulent centrées sur le principal ; la relation entre l’homme et la bête. La qualité des plaques de cuivre contribue à donner à ces gravures un aspect appliqué, harmonieux, montrant le bonheur de l’artiste à assister aux combats.
Les Disparates seront l’œuvre suivante de Goya, ce sont en quelque sorte des caprices, énigmatiques et obscurs, peuplés de monstres, de fantômes qui évoquent la création de l’auteur, des amusements populaires de ses premières gravures au désespoir de celles consacrées à la guerre. Thèmes grotesques où le cauchemar et l’absurde se parent d’une mystérieuse poésie ; elles ne seront publiées qu’après la mort de l’auteur, laissant de nombreuses interrogations sur le sens véritable de ces Disparates étranges. On trouve le Disparate de bête, le Disparate d’idiot, celui de frayeur, désordonné, carnavalesque, tranquille, funèbre, pauvre, du cheval rapteur, féminine… On retrouve à chaque fois des figures chimériques, désordonnées, hybrides ou volantes habitent la gravure. « Le cauchemar s’agite dans l’horreur du vague et de l’indéfini » disait Baudelaire. Cette phrase décrit à merveille l’univers des disparates.
Viennent ensuite les Lithographies, permettant de reproduire les images en plus grand nombre et à moindre coût. Goya s’initie à cette technique nouvelle qui lui permet de découvrir de nouveaux effets, notamment l’effet du grain de pierre et l’intensité des noirs avec La Lecture. Il s’adonne à nouveau au thème de la Tauromachie avec quatre scènes des Taureaux de Bordeaux, gagnant en vivacité, toujours aussi nostalgique des divertissements d’Espagne, avec sa Danse Espagnole ou Maja dansant le Vito.
Une large partie de l’exposition est centrée sur la découverte en France de l’œuvre de Goya, et sur les influences qu’il exerça notamment auprès des Romantiques. Grâce à la circulation de quelques planches issues des Caprices, qui circulent dans les cercles érudits, artistes et poètes sont rapidement fascinés par son œuvre pittoresque, exotique et séduisante. Rapidement quelques gravures sont transposées en lithographies et diffusées sur forme de petits albums que vont acquérir de nombreux artistes. Rapidement le cercle s’élargit et on finit par découvrir les Disparates et les Désastres de la guerre. On découvre deux plaques des Prisonniers et celles de ses dernières eaux-fortes. On s’émerveille devant l’Aveugle enlevé sur les cornes d’un taureau et le Petit prisonnier. Les Romantiques furent les plus fervents admirateurs de Goya ; tout chez notre graveur leur insuffle admiration. Il n’est rien chez Goya qui les répugne ; le grotesque mêlé de sublime, si cher à Hugo, l’expression exacerbée des sentiments, le pittoresque de l’Espagne (également prisé par Hugo), les géniales caricatures, le macabre fantastique. Tant appréciée est l’œuvre de Goya que certains n’hésitent pas à le plagier ; Delacroix, dans ses gravures consacrées à Faust n’hésitera pas à s’inspirer largement de l’œuvre de Goya, Maurice Sand, fils de George, qui à 15 ans avec l’aide de son maître le peintre Auguste Charpentier copiera certaines pièces des Caprices. Sand appréciera tant ces dessins qu’elle les emportera à Majorque lors de son périple amoureux avec Chopin. Plus tardivement, Manet, impressionné par l’imagination de Goya et son acuité exceptionnelle à s’emparer des techniques de gravure et l’implication du graveur dans son temps. Il gravera, très inspiré par Goya, l’Exécution de l’Empereur Maximilien, en réponse à l’exécution de l’empereur du Mexique. Il s’inspirera du maître également pour dépeindre les ravages de la Commune de Paris en 1871. Les symbolistes ne sont pas en reste ; proches de Goya par le mystère et la subjectivité, les peintres-graveurs symbolistes se reconnaissent dans l’esthétique du maître. Le « dérèglement de tous les sens » de Rimbaud qui habite cauchemars et rêves touche à la fois Goya (et son célèbre Le sommeil de la raison engendre des monstres) et les symbolistes, notamment Félix Buhot et son Pauca Paucis, reprenant le thème du hibou dont l’ombre sur un livre ouvert représente le profil de l’artiste. La gravure, comme pour Goya, est vue comme introspection, moyen d’expression intime, de même que la sorcellerie et le bestiaire de la nuit. Marcel Roux s’inspirera également fortement de l’œuvre de Goya, avec son vertigineux Démon guettant, écho au Colosse de Goya. Une exposition soigneusement cousue, très riche, intéressante jusqu’au bout et dans laquelle jamais l’ennui ne pointe. On se plaît à découvrir les gravures célèbres de Goya de même que celles qui le sont moins.

