Œuvres de William Blake III

William Blake reste et restera une énigme pour moi ; comment un auteur aussi médiocre a-t-il réussi à devenir l’un des écrivains les plus appréciés de la littérature anglaise ? Le personnage en lui même n’a strictement rien d’attrayant ; drogué aux émanations des produits corrosifs qu’il utilise pour ses gravures, atteint dès son plus jeune âge de troubles psychiques qui lui conférèrent des visions pour le moins ridicules (notre auteur s’est même cru la réincarnation de John Milton dont l’ultime mission était de corriger les fautes commises par le fameux poète dans son œuvre la plus connue, Paradise lost), tentant d’imposer la polygamie à son épouse et portant le bonnet phrygien de nombreuses années en soutien à la révolution française (quand d’autres comme Edmund Burke auront eu la clairvoyance de prédire la Terreur et les massacres qui seront commis en son nom), William Blake s’est trompé toute sa vie durant. L’idéologie totalement fallacieuse et ridicule de la Révolution française et de Europe, deux livres soi-disant prophétiques, montre parfaitement l’ignorance de l’auteur, perdu dans des miasmes éthérés pseudo-visionnaires. Une absence totale de réalisme, des symboles biaisés, une écriture niaise, répétitive, ridicule font que ces textes confinent à l’indigence la plus manifeste. Car Blake, en plus d’avoir passé presque toute son existence à se tromper, est également un poète médiocre dont le style (préservé dans la version anglaise) est aussi éloquent que celui d’un enfant. Sa mythologie qui s’est voulue l’égale d’une Théogonie d’Hésiode n’est rien d’autre qu’un amas de figures indécises, laides et vaines. Méprisant la religion chrétienne, méprisant la monarchie, Blake a vivement critiqué ce qui a fait, pendant de nombreux siècles, tout notre héritage, faisant de cet auteur un illuminé dont les textes sont incompréhensibles et sans charme. La traduction de Pierre Leyris, bien qu’elle ait été fortement critiquée par certains de ne pas avoir complètement collé au texte original, tente de relever le niveau de langue de cet auteur qui ne convainc guère par son propre langage. Les gravures qui relèvent légèrement le niveau sont dans cette édition reproduites dans un noir et blanc crasseux et se retrouvent donc totalement inutiles.

Avant de me mettre à lire du William Blake et en écoutant de nombreux avis favorables, je me faisais une bonne opinion de cet auteur qui me semblait génial, mais en le lisant, je dois dire que j’ai été fortement déçue. Beaucoup des personnes qui apprécient Blake ne doivent sans doute jamais l’avoir lu ou n’y ont, au final, rien compris.

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Œuvres
Traduction de Pierre Leyris
Présentation de Jacques Blondel et Pierre Leyris
Tome III
Auteur : William Blake
Éditeur : Aubier-Flammarion
ISBN : 2-08-220003-5
Année : 1980
Pages : 427
Prix neuf : 15,24 euros