Still at War
Les pizzas, les pâtes, le calcio, les fausses blondes à forte poitrine, le tiramisu, Rome, Venise, la tour de Pise sont, parmi d’autres, autant d’éléments caractéristiques de l’Italie. Mais les guides touristiques occultent une autre grande spécialité transalpine: le metal épique. Le grandguignolesque arbre RHAPSODY [OF FIRE] cache trop souvent dans l’imaginaire collectif du metalhead l’opulente forêt des WOTAN, DOMINE, DOOMSWORD, ICY STEEL, ADRAMELCH, etc. Ainsi, la présente chronique jardinière s’intéressera au cas de la jeune pousse HOLY MARTYR.
Après s’être fait les dents avec trois démos (Hatred and Warlust, Hail to Hellas, Vis et Honor) ou encore sur les planches du Keep It True, le quintet sarde, au nom à consonance jihadiste, nous livre en cet an de grâce 2007 leur premier album, Still at War, une véritable pépite de « war epic metal ».
Comme beaucoup de ses confrères officiant dans le même courant musical, HOLY MARTYR puisse ses sources dans des gloires des années 80 comme MANILLA ROAD (dont figure sur le tribute The Riddle Masters une reprise de « Dragon Star »), OMEN ou MANOWAR. Rien de bien original, certes, mais HOLY MARTYR réussit le tour de force de sonner à la fois joliment démodé et résolument moderne.
Après une introduction évocatrice (des légionnaires répétant en chœur un serment en latin), Still at War démarre fort, batterie battante et guitares acérées, sur ce qui constitue à mon sens le joyau hymnique de l’opus: « Vis et Honor ». Dans cet ébouriffant mid-tempo à l’ambiance héroïque et martiale, tel un imprécateur, le vocaliste nous transmet la furieuse envie de prendre les armes pour la gloire de Rome. On retrouvera une folie similaire sur le fougueux « Warmonger », morceau speed le plus bourrin de l’effort au refrain entêtant et ravageur.
La voix d’Alex Mereu contribue indéniablement à la qualité des compositions. Rauque, puissante, elle rappelle un peu J.D. Kimball; elle lorgne aussi vers Blaze Bayley, par exemple sur la belle balade « From the north comes the war ». A propos des thèmes abordés, on retrouve sans surprise les civilisations anciennes européennes sur fond de grandeur militaire. Cliché, oui, mais après tout, ces sujets conviennent au style pratiqué, n’est-ce pas?
Ceux qui s’étaient pris une baffe avec leurs compatriotes WOTAN n’ont désormais plus qu’à tendre l’autre joue pour s’en prendre une seconde avec HOLY MARTYR.
Ave Roma!

