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	<title>Leaule &#187; Maetel</title>
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	<description>Ode au temps jadis.</description>
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		<title>Le Jardin des moines</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Dec 2011 09:17:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bibliophilie]]></category>
		<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Manuel Azaña]]></category>

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		<description><![CDATA[Manuel Azaña est tristement reconnu de nos lecteurs pour son rôle délétère, lors de la Seconde République, comme un des principaux responsables de la Guerre d’Espagne, telles les diverses traductions des articles de l’éminent historien Pío Moa le révèlent. El jardín de los frailes est la première œuvre littéraire de Manuel Azaña, publiée en 1927. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Manuel Azaña est tristement reconnu de nos lecteurs pour son rôle délétère, lors de la Seconde République, comme un des principaux responsables de la Guerre d’Espagne, telles les diverses <a href="http://leaule.com/pio-moa-guerre-espagne/" title="Site externe : http://leaule.com/pio-moa-guerre-espagne/" target="_blank">traductions des articles</a> de l’éminent historien Pío Moa le révèlent. <em>El jardín de los frailes</em> est la première œuvre littéraire de Manuel Azaña, publiée en 1927. Cet ouvrage souligne le véritable caractère de ce fascinant personnage et les profondes raisons de son comportement ultérieur. La lecture d’<em>El jardín de los frailes</em> est édifiante et nécessaire dans la compréhension de ce sinistre personnage, pourtant doté d’une intelligence supérieure mais égaré par des désirs supérieurs aux devoirs de son temps. L’édition française du <em>Jardin des moines</em> que nous détenons offre une traduction élégante qui dévoile au lecteur francophone une personnalité étrangement attachante, en dépit des erreurs commises et des opinions détestables de cette sinistre figure, une personnalité aspirant à l’élévation de l’esprit, écrasée par la médiocrité de son époque et de l’éducation reçue, dont les sentiments sont étrangement similaires à ceux dont l’âme est révulsée par l’absurdité contemporaine. Azaña narre, dans cet ouvrage, son entrée chez les Augustins de l’Escurial, à la fin du <span style="font-variant:small-caps;">xix</span><sup>e</sup> siècle. L’écriture est caractérisée par un registre soutenu, sinon lyrique, mais également par une ironie acérée et un humour incisif, qui contrastent savamment avec la mélancolie diffuse de ces quelques pages magnifiques décrivant le calme jardin, symbole d’une nature sereine et accueillante au sein de laquelle Azaña éprouve un fugace réconfort. Azaña y présente des descriptions pittoresques de ses professeurs et fustige la société espagnole de son époque. L’œuvre s’organise tel un recueil de brefs chapitres semblables à des évocations de souvenirs suivant un ordre souvent chronologique. L’enfant Azaña est décrit et enrichi par la plume intransigeante de l’adulte jusqu’à ce que les voix s’entremêlent, dans une démarche d’introspection qui n’est pas dénuée de poésie. L’ensemble possède l’aspect d’une création singulière, caractérisée par la variété, la satire, qui séduit et inspire une certaine affection envers ce personnage haïssable et détestable.</p>
<p>Manuel Azaña, cet immense talent frustré, s’est parallèlement consacré à sa carrière politique et littéraire. Cet être, doté d’une sensibilité littéraire telle qu’elle ne pouvait que desservir ses desseins politiques, s’illustra pourtant dans des œuvres qui ne privilégiaient aucunement le lyrisme, comme les <em>Causas de la guerra de España</em> et <em>La velada de Benicarló</em>, œuvres teintées d’évidentes allusions politiques. <em>El jardin de los frailes</em> fut initialement publié entre septembre 1921 et juin 1922, dans la revue <em>La Pluma</em>, qu’Azaña dirigeait conjointement avec Cipriano Rivas Cherif. Cette publication fragmentée en dix-neuf épisodes distincts explique l’aspect segmenté de l’œuvre et la relative indépendance de chaque chapitre, pouvant se lire comme une entité originale, chargée de sa signification et de sa cohérence individuelle et de son indéniable charme, entité parfaitement maîtrisée dont la densité est égale, sans véritable transgression de la taille canonique n’excédant guère cinq pages. Le chapitre XII, d’une ampleur supérieure, sert d’appendice transitoire et d’ébauche de réflexion au sujet de la tradition <em>castiza</em> qu’Azaña considère comme surannée. L’ensemble est néanmoins cohérent et signifiant, puisque les fragments furent rassemblés et publiés en un ouvrage unique, en avril 1927. Pourtant, Azaña s’adonna à la rédaction d’<em>El jardín de los frailes</em> de façon discontinue, perpétuellement interrompu par ses impératifs politiques et littéraires. De fait, Azaña reçut, en 1926, le prix national de littérature pour sa <em>Vie de don Juan Valera</em> et œuvra à l’élaboration de sa pièce, <em>La corona</em>, publiée en 1928. Il est certain qu’en raison des affinités étroites qu’entretiennent littérature et politique dans l’œuvre d’Azaña, ce recueil singulier, d’apparence mélancolique et lyrique, évoquant de vivaces souvenirs d’enfance, porte en son sein les profondes racines de l’orientation politique d’Azaña et éclaire pleinement son comportement prochain, dont son aversion envers la religion catholique, qu’il a, il convient de l’avouer, côtoyé sous un aspect défavorable. Manuel Azaña s’est toujours vivement intéressé à la question religieuse et cette autobiographie, centrée sur son éducation catholique, explique, avec une éloquence acérée, l’inimitié que ce politicien rancunier éprouvait envers les congrégations enseignantes.</p>
<p>Lorsqu’il devient pensionnaire du Collège royal universitaire Maria Cristina, dirigé par les pères Augustins du Monastère de l’Escurial, Azaña est essentiellement bouleversé par l’étroitesse d’esprit des professeurs et des religieux, dont l’ambition est d’avilir les élèves, d’anéantir l’élan intellectuel et d’annihiler le génie. Azaña détient l’étoffe, la simple lecture de cet ouvrage parvient à le souligner, d’un être éclairé, doté d’une indéniable intelligence, d’une capacité littéraire indiscutable et d’une sensibilité ardente et avide, dont les traits semblent féminins. L’éducation reçue suscita d’amers souvenirs et frustra cette âme exigeante. Le jeune Azaña est de fait confronté à la rachitique pitance offerte par ses professeurs, pitance qui parvient difficilement à combler une soif spirituelle et intellectuelle particulièrement intarissable. Pourtant habité par un désir sincère de croire en ce Dieu dont les préceptes creux ponctuent les interminables et ennuyeuses études contraintes, Azaña exprime avec une remarquable dignité et une appréciable retenue l’altération régulière de la foi véritable, confronté contre son gré à la stupidité et à l’ineptie des représentants de la sagesse divine. Ne vomissant guère avec de véhémentes imprécations cette religion pourtant honnie, Azaña semble parfois regretter ces innombrables scènes, ridicules et affligeantes, qui lui font douter du catholicisme, jusqu’à la découverte saisissante de la vérité&nbsp;: incapable d’instruire et d’éduquer les adolescents, l’école religieuse agit tel un repoussoir, innommable vivier de toutes les frustrations et de toutes les débauches, tandis que les élèves s’adonnent avec un dédain farouche à des désirs inassouvis, excités par le sentiment de faute inculqué par des professeurs zélés.</p>
<p>Frustré par cette instruction ingrate et intransigeante d’où n’émergent guère que des élèves débauchés et décadents, Azaña s’empresse, dès qu’il en détient l’autorité, de museler considérablement l’enseignement religieux, établi par la constitution de 1931 et les lois sur l’enseignement des congrégations de 1933. Nous n’affirmons, et il serait fallacieux de le penser, que l’instruction rachitique reçue par Azaña causa les crimes commis par lui, seul véritable coupable de ses actes délétères&nbsp;; néanmoins, cet enseignement renferme «&nbsp;non seulement le secret de la personnalité de Azaña mais aussi le secret de son attitude d’homme d’état et de sa vision de l’État&nbsp;» Cette réflexion autobiographique sur l’éducation augustinienne place certes Azaña dans l’héritage classique des ouvrages anticléricaux, comme celui de Ramón Pérez de Ayala, <em>AMDG</em>, fustigeant l’éducation jésuite. L’écrit d’Azaña s’inscrit dans la prolifique littérature anticléricale contemporaine, mais il s’inscrit de façon singulière dans la littérature espagnole du <span style="font-variant:small-caps;">xx</span><SUP>e</SUP> siècle et semble, contrairement à la critique insultante et vaine des écrivains anticléricaux, chargé d’une âme individuelle, teintée d’une profonde mélancolie.</p>
<p>Azaña est conscient des défauts de son ouvrage et de l’imperfection de son sujet&nbsp;: l’initiation d’un jeune garçon sévère aux frivolités de l’existence, sa vertu inconsciente et ses efforts maladroits pour atteindre l’épanouissement intellectuel, confronté à l’absurdité de la vie et des professeurs, qui s’efforcent d’anéantir les espoirs de la jeunesse. «&nbsp;On exige trop de l’amitié&nbsp;: y compris qu’elle lise les livres et ne les discrédite pas.&nbsp;» Dénués d’amitié envers ce sinistre personnage, nous sommes néanmoins séduits par la façon dont ce sujet délicat fut abordé&nbsp;; avec une délicatesse inaccoutumée, ponctuée d’une douce mélancolie et d’un humour désabusé et conscient, chargé d’une discernable déception, de la piètre impression que ses contemporains religieux donnèrent de la foi catholique.</p>
<p>Selon Azaña, l’éducation reçue était fertile en concepts inaccessibles et terrifiants, et dépourvue d’éléments intelligibles éveillant la sensibilité personnelle des enfants. Hébétés par ces notions incompréhensibles, récitées stupidement et ressassées éternellement, les élèves perdirent rapidement l’intérêt qu’ils portaient à l’insipide psalmodie des enseignants. L’école, l’exemple de l’école française est éloquent, n’instruit guère de jeunes goujats velléitaires, qu’elle élève en véritables érudits spirituels et instruits. Azaña souligne une évolution contraire&nbsp;; de jeunes garçons vifs et vertueux, dont la vigueur et la ferveur stimulèrent l’intellect, devenus, dès la première classe, des créatures languides et lascives, écœurées par des professeurs crétins, dont la seule contemplation suffit à décourager l’élève coriace. Car professeurs et religieux sont certes dotés de personnalités atypiques mais foncièrement grossières et risibles, achevant de caricaturer un enseignement fade et futile, d’une indicible pauvreté, reposant sur un programme restreint, dont l’aspect étriqué est un accablement perpétuel. L’apprentissage des élèves consiste en de rares et stériles lectures, dont ils devaient retenir jusqu’à la ponctuation. Ce formaliste étriqué accable le désir d’épanouissement et d’élévation des enfants doués, rabaissés par cet enseignement d’une consternante sécheresse, enseignement qui vainc la curiosité, annihile la ferveur et dénature l’élève, qui devient un parfait esclave des dogmes inculqués en un éternel recommencement, détruisant réflexion individuelle et esprit critique. Or, Azaña s’adonne à la lecture d’ouvrages interdits –&nbsp;les écrits autorisés se résumant à de dissuasifs manuels ennuyeux respectant l’endoctrinement scolaire et religieux&nbsp;– ouvrages d’une inestimable richesse, tels ceux de Jules Verne, qui stimulèrent la soif d’érudition et le goût d’aventure. Doté d’une sensibilité supérieure, Azaña dévore littéralement les romans et fictions, tels ceux de Walter Scott, Alexandre Dumas, Eugène Sue, Victor Hugo et enfin François-René de Chateaubriand, découvrant grâce à la lecture une digne échappatoire à la banalité de l’existence et à son cortège d’interdits et d’abrutissements. Ce caractère exceptionnel exigeait passion et ferveur, afin d’exalter et d’épanouir sa véritable richesse, sentiments hélas anéantis par la médiocrité des lectures forcées.</p>
<p>Azaña déplore que l’histoire littéraire se résume à l’étude malavisée de manuels austères et insipides, ôtant le goût d’apprendre. Les ouvrages choisis par les professeurs et les religieux ressemblent à ceux de l’école française, rédigés par des esprits ingrats, dénués de saveur et de caractère, consacrés à l’exaltation d’une pensée étroite et misérable. Azaña narre l’étude contrainte d’un ouvrage de philosophie rédigé par un vendeur de morue en gros. Les auteurs de manuels scolaires n’ont guère changé depuis&nbsp;; ils ne fournissent qu’un brouet insipide et uniformisé, participant à l’avilissement d’une jeunesse qui acquiert progressivement la docilité nécessaire à l’obéissance et à l’acceptation de la servitude démocratique. Azaña donne des portraits particulièrement désopilants de ses professeurs, portraits qui révèlent leur idiotie et leur vulgarité, comme ce professeur nommé Don Narcisco, qui, siégeant lors d’un jury, se permit d’ôter sa chaussure, de soutenir son pied dénudé sur la table et de retirer, avec un canif, un cor qui lui était douloureux. La besogne achevée, le professeur remit sa chaussure, empli d’une profonde satisfaction, sans considérer l’exemple qu’il donnait à ses élèves et l’irrespect de ses manières. Second exemple, celui de ce professeur distrait qui, lorsqu’il réalise soudain l’imminence des examens, s’efforce de rattraper son retard en infligeant à ses élèves l’absorption cyclopéenne d’une année de cours en une poignée d’heures. Gavés jusqu’à l’épuisement, les élèves s’efforcent d’ingurgiter cet indigeste brouet, sans véritablement comprendre ce qu’ils consomment. Les élèves, stimulés par ces pitoyables modèles, fument des cigarettes et incendient le plancher de la salle de classe, tandis que le moine surveillant s’est endormi à son poste. L’attitude détestable des religieux s’accompagne fatalement de divers sévices corporels, censés aider à retenir la syntaxe latine. Dans cet étrange mélange de grossièreté et d’austérité, Azaña souffre péniblement sa condition. L’élève, confronté à de tels exemples, devient le délinquant gréviste, insolent et oisif que notre époque chérit, l’invitant à devenir le parfait parasite&nbsp;; les devoirs sont proscrits car ils confèrent le goût de l’effort, les cours sont réduits à l’apprentissage de la valeur délétère d’égalité, qui justifie la médiocrité et la banalité. Incapable de mûrir une pensée indépendante et de forger des mœurs individuelles, l’élève devient l’oisillon sot qui réclame la becquée quotidienne des professeurs, puis, à l’âge adulte, celle des gouvernements et des médias.</p>
<p>L’éducation religieuse espagnole semble pareille à l’éducation française, notamment de par son dédain pour les élèves curieux et intelligents et sa volonté de les rabaisser grâce à une instruction uniforme et un endoctrinement favorisant l’assimilation de la pensée unique. La discipline inculquée fait de l’école un véritable bagne, dans lequel l’élève, entre enfermement, privation et insatisfaction, doit plier et accepter le modèle imposé. L’école devient le temple du conformisme et du politiquement correct, apprenant la dissimulation, la fourberie et la petitesse, façonnant le citoyen vulgaire, dont l’insignifiance signifie ignorance. Les élèves doués sont perpétuellement traqués et les professeurs s’efforcent d’accabler et d’éteindre les étincelles de génie. Les enseignants, orgueilleux et fiers de leurs privilèges dérisoires, les administrations, consacrées à leur aversion envers autrui, les bastions de crétins syndiqués dont l’objectif est de décourager les insoumis restants, l’école est l’industrie de l’abrutissement –&nbsp;et de l’asservissement&nbso;– de la jeunesse.</p>
<p>L’enseignement, catholique, tel que le connut Azaña, est particulièrement caractérisé par la promiscuité avec les étudiants, promiscuité encouragée par les professeurs. L’isolement est aussitôt considéré comme le signe précurseur d’une anormalité indicible. L’enseignement devient donc le contraire de l’épanouissement individuel, qui n’existe que grâce à l’isolement salutaire dans les ouvrages et les arts. L’école agit comme puissance destructrice d’individualité visant à instiller chez l’élève une certaine vision de la normalité, reposant assurément sur la médiocrité. Donc, chaque pensée particulière, chaque geste indépendant et chaque intérêt inusuel sont considérés comme le stigmate effroyable de quelque monstruosité qu’il convient d’annihiler. L’attrait pour la lecture, que les enseignants s’efforcent de détruire en infligeant aux élèves des lectures ennuyeuses lors de cours fastidieux, n’est guère considéré comme le signe d’une âme supérieure, mais comme celui d’une anormalité, incarnée sous la forme répugnante d’un appendice révulsant, qu’il faut mutiler afin de devenir le clone abject d’une masse informe et lisse, dénuée d’aspérités et d’irrégularités. L’impulsion est évidemment similaire lorsque l’élève exprime son dédain envers l’outil précis de l’uniformisation, la télévision, et des goûts dissemblables à ceux qui sont généralement encouragés par la «&nbsp;culture&nbsp;» autorisée, qui éructe ses inepties abjectes en chaque endroit. L’école devient donc une véritable épreuve de torture, où l’élève est soumis à l’amputation acharnée et cruelle des ses singularités, jusqu’au viol de son âme, qui devient la réplique fidèle de l’âme vulgaire. L’enfant, irrémédiablement appauvri, est privé des ailes lui permettant de s’élever intellectuellement et spirituellement et, s’il n’est pas suffisamment courageux pour conserver son foisonnement intérieur, s’insère dans la multitude uniforme de la bien-pensance citoyenne.</p>
<p>Forcé de côtoyer des médiocres, qui se plient à l’asservissement des enseignants, Azaña écrit des lignes d’une profonde justesse au sujet des élèves.</p>
<blockquote><p>Il faut être un barbare pour se plaire dans la compagnie des étudiants. En général, chez les élèves, les instincts bestiaux s’extériorisent par vagues et sous prétexte de camaraderie abaissent les barrières qu’érige l’éducation pour rendre possible la vie en société. Une masse d’étudiants dégénère rapidement en une foule agitée, liée par la bassesse commune. Et tout individu qui ne souffre pas de futilité incurable et aspire à se forger tout au long de sa vie une conscience noble ne peut que s’émanciper de cette sottise primaire, qui souvent, ne dépasse pas le niveau des libertés absurdes et de mauvais goût. Beaucoup de gens caressent le souvenir de leurs années d’étudiants, mettent en avant leur douceur et tournent tendrement leur regard vers elles, pensant qu’elles furent l’âge d’or de leur vie. C’est une aberration de l’esprit, à moins que lesdites personnes n’aient connu une situation plus affligeante –&nbsp;par exemple être bagnards&nbsp;– ou ne remémorent leur jeunesse perdue, sans discerner son essence de ses incidents pittoresques.</p></blockquote>
<p>L’école est effectivement l’endroit où règnent jalousie, cruauté et hypocrisie et où l’élève est forcé de côtoyer ses semblables dans le maintien de mœurs primitives. L’école, plutôt que d’enseigner des valeurs justes et appréciables, apprend la duplicité car, du fait de l’inquisition perpétuelle des enseignants, chaque signe d’individualité est hautement punissable. La dissimulation devient l’attitude privilégiée des élèves désireux d’être respectés des professeurs, qui utilisent le mensonge et la fourberie. Encouragés par l’interminable ineptie des cours, les élèves deviennent paresseux et fainéants. Ceux que l’ennui insupporte s’adonnent aux tribulations des vices, des violences et des fraudes. Ils sélectionnent dès lors le souffre-douleur de l’école, celui qui doit subir les brimades et les violences, et qui est évidemment celui qui possède une attitude décente, un attrait pour l’effort, sinon un goût pour l’honnêteté. Dans une implacable cohérence, les élèves assimilent et reproduisent la torture que les professeurs et les religieux infligent à ceux qui osent encore résister, devenant de véritables bourreaux jaloux, ce qu’ils s’efforcent ensuite de rester à l’âge adulte, en exprimant quotidiennement leur stupidité et leur prédisposition à la revanche, à la mesquinerie et à la jalousie. Les élèves doués et solitaires, brimés par les écoliers idiots, deviennent de véritables proscrits, aucunement soutenus par les professeurs et religieux, pourtant censés protéger précieusement les élèves intelligents&nbsp;; ils soutiennent au contraire leur soumission et leur abrutissement sous l’influence douloureuse des jeunes sauvages. Cette passivité vise évidemment à uniformiser, par l’intimidation, les rares récalcitrants. L’enfermement des élèves, insiste Azaña, exacerbe leur sexualité et aiguillonne de véritables déchaînements érotiques, encouragés par la conscience religieuse de la faute et les pénitences et mortifications qui invitent, dans un réflexe malsain, à la luxure. Azaña mentionne un jeune Madrilène ne connaissant pas le Castillan, d’une innocence et d’une pureté irréprochables, qui apprit, dès la première semaine, à blasphémer et calomnier, devenant, de surcroît, ivrogne. La conscience de commettre un péché et le sentiment pervers de repentance encouragent une véritable frénésie érotique, aiguillonnée par la culpabilité et la transgression. Les rares élèves qui ne sont pas happés par cette démence charnelle deviennent mélancoliques et irascibles. Un élève fut retrouvé ensanglanté dans sa cellule après s’être flagellé. Il prétendit, dans un instinct masochiste stimulé par les effets conjugués de la religion et de l’école, adorer s’infliger de telles mortifications. Plutôt que d’élever, l’école déprave et enlaidit, instruit de comportements criminels, vol, viol et violence.</p>
<p>Le jeune Azaña, doté d’une nature romantique jurant particulièrement avec son époque et les réalités de l’enseignement, parvient à s’apaiser et s’échapper en contemplant le jardin ornant le monastère, véritable rappel de la nature telle que la concevait Chateaubriand, reflet et expression des sentiments de l’âme, et dans la lecture, qui offre à Azaña un univers imaginaire où la noblesse et le courage sont omniprésents. Azaña semble particulièrement s’identifier à Don Quichotte, dont il prétend comprendre la folie et l’attrait irraisonné pour la lecture, fasciné par l’héroïsme espagnol de cet être particulier et original. Azaña semble considérer que cette inestimable richesse est pervertie par l’Église, qui exige de la jeunesse qu’elle concilie la foi, telle qu’elle est instruite dans les écoles religieuses, et la vie sociale, chaque élève étant destiné à accomplir une fonction définie, dénuée d’attrait. S’ensuit un équilibre impossible entre ce qu’Azaña appelle l’épée et la croix, c’est-à-dire entre les attentes de la société et les interdits et exigences de la religion, entre la charité enseignée par la chrétienté et l’État, «&nbsp;qui est oppresseur et orgueilleux.&nbsp;» Les élèves dotés d’une sensibilité supérieure deviennent, comme Azaña, des êtres tourmentés par la culpabilité, nourrissant bientôt un orgueil démesuré.</p>
<blockquote><p>Un esprit tendre, d’enfant, avide d’amour, commence vite à tisser un cocon dans lequel s’enfermer avec ce qu’il y a de meilleur dans sa vie, plein de désirs nobles ou pas, mais fervents, que le monde ignore et foule aux pieds. À cet âge, on ne vit que par le cœur. […] Les maîtres nous interrogent sur l’histoire, la physique, l’agronomie…, mais jamais sur le labyrinthe dans lequel le jeune garçon s’aventure à l’aveuglette, plein de craintes et de désirs face au mystère. Larve de fonctionnaire qui deviendra père de famille dès qu’il sera dégagé des obligations militaires&nbsp;: c’est ce qu’indique l’écriteau qu’on vous accroche au cou. Et on commence alors à s’aimer soi-même d’un amour monstrueux qui a macéré dans la solitude et, la conscience coupable, on plonge dans les délices de la rêverie. Car toutes les herbes folles qu’alors nous voyons croître et se développer, c’est à coup sûr le désordre, le mal, ce qui est interdit, honteux, caché et dont on ne doit parler. Ou peut-être les autres ne sont-ils pas frappés par cette maladie, et vous êtes un cas unique, un monstre. […] Il faut s’accepter, il n’y a pas d’autre choix. Mais s’accepter ainsi, en cachette, en croyant commettre un crime, et se pencher, plein de remords et de craintes, sur les secrets qui bouillonnent au fond de nous et nous fascinent…</p></blockquote>
<p>Tout ce qui confère à Manuel Azaña le goût de la vie, l’art, l’amitié, l’amour et l’enthousiasme, il ne l’apprit guère à l’école, au contraire&nbsp;; l’enseignement s’est acharné à détruire son enthousiasme juvénile et à façonner cette culpabilité de se connaître, de se découvrir et de concevoir une pensée individuelle. La réflexion introspective est effectivement proscrite, car l’éducation religieuse s’efforce d’en faire un péché d’égoïsme, punissable des flammes éternelles, comme la force et la confiance en ses aptitudes et en ses qualités, devenues des défauts indignes qu’il convient de haïr. L’élève doit être une coquille impersonnelle et inconsistante, destinée à la banale position de fonctionnaire bigot et craintif. Le jeune Azaña ne peut supporter les pressions sociale et religieuse, réunies afin de façonner de parfaits esclaves, et se délecte de la contemplation de la nature, qui lui fait brièvement oublier son devoir. Son amour des objets familiers et ordinaires l’aide à supporter sa condition, mais subsiste, dans ses écrits, une véritable conscience du péché qui le ronge jusqu’à l’âme, conscience d’autant plus aigüe qu’il refuse de plier face aux attentes. Cette sensibilité supérieure et cette intelligence incontestable deviennent de véritables fardeaux dont il est coupable, plutôt que d’être, naturellement, des dons que les professeurs et religieux devraient cultiver et déployer.</p>
<p>Sa lucidité sur l’ineptie de l’enseignement reçue est exceptionnelle et confirme sa supériorité intellectuelle&nbsp;: «&nbsp;J’ai quitté le collège sans aucune acquisition&nbsp;; je n’avais rien à perdre ou à laisser. On m’avait donné des armes en carton pour un combat que, par chance, je ne souhaitais pas mener&nbsp;; je les jetai, sans me battre, j’étais à mon aise, je n’en souhaitais pas d’autres pour la circonstance. On me dit que c’était s’égarer et se gâcher. Soit.&nbsp;» Les connaissances acquises sont frivoles et inutiles, comparables au dressage de quelque primate savant, dont les aptitudes ne sont que façade. Les pénibles efforts pour acquérir et retenir ces connaissances s’avèrent donc inutiles. «&nbsp;Si le collège nous semblait être une interruption provisoire de notre vie personnelle, cela se devait surtout à une suspension de la culture de l’intelligence.&nbsp;» Cette destruction de l’intelligence s’accompagne d’une crainte superstitieuse, exacerbée par les professeurs et religieux, qui façonnent des créatures chétives, terrorisées par un divin incompréhensible, ôtant le plaisir et la joie d’apprendre, les substituant avec maintes privations, peurs et douleurs. L’école n’encourage guère l’élévation et l’aspiration au sublime&nbsp;; elle prépare, de fait, à ce rabaissement perpétuelle qui donne accès à une société chétive et codifiée et délivre de l’insatisfaction d’être supérieur. L’Escurial désirait diminuer et polir la passion, rendre cette dernière présentable, dans une société fade et dénuée de goût. </p>
<p>Azaña, après s’être abandonné à la prière, réalise qu’il recherche en elle une intensité qu’elle ne possède guère. Il raille le répertoire pathétique et impersonnel des prières, l’encens, et l’interminable cérémonial de l’autel. Tandis que les esprits influençables s’abîment dans une dévotion aveuglée, le jeune garçon n’éprouve que froideur face à ce vain cérémonial, pompeux et creux, doté d’une signification menaçante. Confronté à un christianisme dégénéré, dont les représentants sont des ridicules, Azaña devient brièvement païen et se repaît d’innocents mythes champêtres qui flattent son affection envers la nature, qu’il considère comme plus tendre et vif que les gesticulations de quelque prêtre lors de la messe. Préférant la compagnie des arbres, après avoir contemplé la sauvagerie humaine démesurée de l’école religieuse, le garçon s’y adonne sans interdit à la lecture, jusqu’au jour où la nature devint effrayante et ne parvint à combler ses désirs. Confronté à l’exemple délétère des élèves incivilisés réunis et confinés dans cet enfer terrestre dirigé par des professeurs incultes, Azaña désire diminuer l’influence de la religion, sans véritablement concevoir qu’elle n’est seule coupable. Entre l’épée et la croix, Azaña, répugné par cette religion insipide, choisit l’épée et décide d’outrepasser les attentes de la société, menant un combat acharné et souvent perfide, pour accéder à de hautes fonctions. La soif de savoir, pervertie par l’éducation religieuse et ses maintes bassesses, s’est muée en soif de pouvoir et, quoique les critiques d’Azaña soient souvent d’une profonde justesse, l’orgueil démesuré qu’a nourri cet être supérieur, confronté pendant l’enfance à des médiocres, provoqua la ruine d’une existence et d’une nation. Non contente d’ôter l’envie d’apprendre et d’entraver la curiosité intellectuelle, produisant des captifs inquiets, persuadés de  leur intelligence, de leur liberté et de leur sagesse, alors qu’ils sont des clones de la pensée unique dotés d’un simulacre de culture, culture misérable et rachitique recueillie dans les immondices stériles de l’abjection humaine, et d’une effronterie grossière de sauvages primitifs, elle rabaisse et humilie, avec l’assistance de ses représentants, mesquins et jaloux, les surdoués, les passionnés et, de façon générale, les élèves dotés d’un certain potentiel, encourageant frustrations et culpabilités, ouvrant donc la voie à l’esclavage totalitaire, produisant les esclaves et les tyrans futurs. L’ouvrage d’Azaña est éclairant sur ce qu’une société, telle que la société française, doit craindre dans son exaltation de l’instruction obligatoire et de l’inénarrable égalité, qui n’offre que des idiots et des frustrés.</p>
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		<title>Les Apprentis sorciers</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Nov 2011 21:50:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bibliophilie]]></category>
		<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Anticipation]]></category>
		<category><![CDATA[Fleuve noir]]></category>
		<category><![CDATA[Peter Randa]]></category>

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		<description><![CDATA[Jacques Crécy, contrebandier français, est exilé sur la planète Djarka, planète découverte par les explorateurs portugais et habitée par des indigènes revendicatifs. Cette planète sauvage et austère est principalement exploitée pour un minerai exceptionnel, appelé le moral, dont certaines propriétés sont encore inconnues des Terriens. Jacques Crécy, pourtant recherché sur plusieurs planètes, s’adonne librement à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Jacques Crécy, contrebandier français, est exilé sur la planète Djarka, planète découverte par les explorateurs portugais et habitée par des indigènes revendicatifs. Cette planète sauvage et austère est principalement exploitée pour un minerai exceptionnel, appelé le moral, dont certaines propriétés sont encore inconnues des Terriens. Jacques Crécy, pourtant recherché sur plusieurs planètes, s’adonne librement à ses activités de contrebande de jarls, un alcool interdit. Une nuit cependant, il devient le témoin involontaire d’une tentative d’assassinat sur un Terrien dénommé Jacques Richez. L’intègre Crécy neutralise les poursuivants de Richez et devient le confident inopiné des secrets de cet énigmatique comptable à l’agonie. Dépositaire des effets personnels de Richez, Crécy découvre la carte d’une région sauvage constituée de jungles interminables et peuplée de créatures terrifiantes, un sifflant à rayons, arme redoutable, et, enfouie dans un portefeuille, la simple photographie d’une charmante Portugaise dont l’attrait séduit Crécy. Mariada, fille de l’armateur Rodrigue Alveira est prisonnière dans un temple mermer, élaboré par une florissante civilisation éteinte dont rien ne subsiste, hormis cet édifice. Elle y est retenue en captivité par un certain Suamo, métis insignifiant dont le projet ambitieux concerne étroitement la civilisation oubliée et le surprenant moral. Crécy, touché par la beauté terrienne de Mariada, décide d’intervenir lorsqu’il est sollicité par Sherba, de la police djarkienne, afin qu’il espionne précisément les activités de Suamo dans la zone décrite par la carte, dans laquelle Crécy effectue généralement ses transactions illicites. L’ingénieux contrebandier décide d’écouter son instinct et découvre l’inquiétant secret de ce précieux minerai doté du pouvoir indicible de remonter les siècles.</p>
<p><em>Les Apprentis Sorciers</em> est un énième classique de Peter Randa dont la lecture est source de délectation. Les personnages répondent toujours aux représentations canoniques de la littérature randéenne, notamment Jacques Crécy correspond à l’archétype du surhomme proscrit et intègre, stimulé par d’instinctives impulsions, certes, mais surtout motivé par une morale supérieure qu’il ne trahit jamais, en dépit de l’erreur passée. Le jeune Crécy, influencé par son premier verre de jarls, alcool vénusien provoquant une irrépressible euphorie, assassina un étudiant belliqueux de la classe dirigeante afin de se défendre. L’innocence de Crécy fut reconnue, mais le blâme qu’il reçut compromit ses espoirs futurs d’intégrer la garde spatiale et fit de lui un contrebandier fugitif. Néanmoins, Crécy et Mariada, dont les sentiments envers le contrebandier sont purs et dénués de préjugés, deviennent les témoins de l’effrayante épopée des Mermers et les héritiers de leur inconcevable invention, tandis que les intrigants et les malveillants n’obtiennent qu’un trépas certain.</p>
<p>Jacques Crécy est également remarquable de par le jugement lucide qu’il porte sur la planète Djarka et sa découverte par les vaisseaux spatiaux portugais de la planète peuplée d’indigène primitifs.</p>
<blockquote><p>Ils ont donc installé des fonctionnaires à Ruhl, bombardée capitale, et ces fonctionnaires ont entrepris d’instruire les Djarkiens pour tuer le temps. Écoles et tout. Le gros slogan de l’instruction publique et obligatoire… […] Le retour de flamme a pris les Portugais le jour où l’on a découvert les premiers gisements de moral. Du moment que la planète devenait riche et qu’on lui avait fourni l’équipement indispensable, les indigènes se sont découvert des tas d’idées d’émancipation.</p></blockquote>
<p>Avec sa finesse coutumière, Peter Randa entreprend une vive critique de la colonisation telle qu’elle fut pratiquée par les colonisateurs européens, visant à éduquer les indigènes afin d’asservir des ambitions socialistes et humanitaires. Cette éducation consista précisément à leur inculquer des valeurs incompatibles avec leurs mœurs et à leur donner les armes intellectuelles leur permettant de s’insurger contre les colons, prestement considérés comme des oppresseurs au regard des valeurs démocratiques. Les indigènes sont dénués de reconnaissance envers la civilisation qui leur fit entrevoir des valeurs inconnues et étrangères et les contraignit à l’instruction obligatoire. Randa critique brièvement le système éducatif français, dont l’aspect contraint est source de conflit, particulièrement dans le cadre d’une colonisation. «&nbsp;L’instruction est une chose, mais elle n’a jamais rendu personne intelligent&nbsp;», conclut le visionnaire Peter Randa, conscient des lacunes de l’instruction française et du cortège d’idiots incapables qu’elle façonne. Les indigènes révèlent un comportement hypocrite, semblable à celui des immigrés, qui copient le modèle occidental mais se permettent toutefois de vivement le critiquer&nbsp;: les métis sont les premiers à s’enorgueillir de leur ascendance terrienne… et à fustiger l’envahisseur portugais. «&nbsp;Plutôt comique, ce gars, avec sa façon de singer les Terriens tout en les haïssant profondément&nbsp;», tel est le constat ironique de Crécy, soulignant un paradoxe encore présent et vif.</p>
<p>Cette œuvre de Peter Randa est donc fort plaisante et instructive ne serait-ce que par les références et réflexions que l’écrivain esquisse de sa plume légère mais acérée, réflexions toujours vivantes qui réjouissent le lecteur instruit. L’originalité principale de l’ouvrage réside dans son articulation imprévisible, ponctuée de rebondissements palpitants que nous nous refusons de livrer afin d’en conserver la fraîcheur.</p>
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		<title>L’Ethno-nationalisme du Black Metal</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 17:41:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeurs]]></category>
		<category><![CDATA[Les Complaintes de Maetel]]></category>
		<category><![CDATA[Alex Kurtagić]]></category>
		<category><![CDATA[Black Metal]]></category>
		<category><![CDATA[traduction]]></category>

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		<description><![CDATA[MTV ne peut être considéré comme l’un des défenseurs de la civilisation européenne. De fait, ses instincts sont tellement orientés vers la gauche, qu’une expression exacte de ses valeurs rouges changeantes demanderait de complexes formules mathématiques. Heureusement, et comme Eric Owens le soulignait dans son article pour <em>American Renaissance</em> daté de novembre de l’an 2000, intitulé «&#160;The New Nationalist Music&#160;», toutes les musiques populaires modernes ne sont pas issues de la gauche trotskyste. L’article de M.&#160;Owens confère une vue d’ensemble providentielle de la variété des scènes musicales nationalistes qui émergèrent depuis les années 1970, chacune offrant une sous-culture alternative pour les jeunes générations désillusionnées par le courant dominant.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="alinea">Traduit de l’anglais par Maetel, avec l’aimable autorisation d’Alex Kurtagić.</p>
<p class="alinea">Source&nbsp;: Alex Kurtagić, «&nbsp;<em>Black Metal Ethno-nationalism</em>. <em>Waging Cultural War</em>&nbsp;», dans Jared Taylor (éd.), <em>American Renaissance</em>, vol.&nbsp;21, n<sup>o</sup>&nbsp;6, Juin 2010, p.&nbsp;1-8.</p>
<p>MTV ne peut être considéré comme l’un des défenseurs de la civilisation européenne. De fait, ses instincts sont tellement orientés vers la gauche, qu’une expression exacte de ses valeurs rouges changeantes demanderait de complexes formules mathématiques. Heureusement, et comme Eric Owens le soulignait dans son article pour <em>American Renaissance</em> daté de novembre de l’an 2000, intitulé «&nbsp;The New Nationalist Music&nbsp;», toutes les musiques populaires modernes ne sont pas issues de la gauche trotskyste. L’article de M.&nbsp;Owens confère une vue d’ensemble providentielle de la variété des scènes musicales nationalistes qui émergèrent depuis les années 1970, chacune offrant une sous-culture alternative pour les jeunes générations désillusionnées par le courant dominant.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Tyr-By-the-Light-of-the-Northern-Star.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Tyr-By-the-Light-of-the-Northern-Star.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Tyr-By-the-Light-of-the-Northern-Star-500x500.jpg" alt="Symbolisme anti-chrétien dans une pochette d’album du groupe féroïen de Viking Metal, Týr." title="Symbolisme anti-chrétien dans une pochette d’album du groupe féroïen de Viking Metal, Týr." width="500" height="500" class="aligncenter size-medium wp-image-10565" /></a></p>
<p>Cependant, le mouvement s’est principalement développé à partir des années 2000 et au moins un certain nombre des scènes musicales étudiées par M.&nbsp;Owens ont subi une croissance considérable et ont engendré de nouvelles scènes. Il est pertinent de reconsidérer le sujet abordé par M.&nbsp;Owens, et de déverser quelque lumière sur ce qui a suscité l’épanouissement de la musique nationaliste lors de la dernière décennie.</p>
<p>Bien que M.&nbsp;Owens aborde différents genres (Oi!, Apocalyptic Folk, RIF et Black Metal), je me concentrerai essentiellement sur le Black Metal. Le Black Metal est mon domaine d’expertise et, de façon significative, certains artistes de Black Metal ont obtenu un succès commercial certain et ont parfois récolté des récompenses de l’industrie musicale. Le succès commercial pose des questions intéressantes sur le potentiel du Black Metal à légitimer de façon graduelle ses idéaux radicalement antisystème, en dépit des efforts de l’extérieur pour le censurer et de l’intérieur pour le tempérer.</p>
<p>Avant que nous n’examinions le Black Metal, nous devons rappeler les événements historiques signifiants dans et hors de la scène selon un point de vue racial. Selon moi, ces évènements sont la chute du communisme en Europe de l’Est et son avènement dans l’Ouest, l’apparition d’une progéniture explicitement politique et nationaliste dans le Black Metal et la visibilité grandissante, l’acceptation au sein du courant dominant de groupes possédant des affinités avec le Black Metal.</p>
<p class="alinea"><strong><span style="font-variant:small-caps;">Origine et progéniture</span></strong></p>
<p>Le Black Metal est originellement l’enfant du Heavy Metal et est nommé de cette façon en raison de l’imagerie et des paroles occultes et sataniques premièrement définies dans les années 1980. Quoiqu’il retint les éléments constitutifs que sont la guitare, la basse, la batterie et la voix, depuis ses origines, il sonnait de façon plus extrême, ses paroles étaient plus ésotériques et son ton plus sérieux. Les artistes de Black Metal, durant les années 1980, étaient trop obscurs et rares pour parler d’une scène véritable, et ses admirateurs comptaient parmi une plus grande sous-culture Heavy et Thrash Metal.</p>
<p class="alinea"><a href="http://leaule.com/medias/Tomas-Forsberg.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Tomas-Forsberg.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Tomas-Forsberg-150x204.jpg" alt="Tomas Forsberg, fondateur du groupe suédois Bathory et une influence majeure de la scène musicale völkisch." title="Tomas Forsberg, fondateur du groupe suédois Bathory et une influence majeure de la scène musicale völkisch." width="150" height="204" class="alignleft size-thumbnail wp-image-10567" /></a>Ce n’est pas avant le début jusqu’au milieu des années 1990, avec l’avènement d’un cercle radical de musiciens scandinaves, en particulier norvégiens, que le Black Metal se développa en une scène pleinement épanouie. Cette scène serait probablement demeurée obscure et n’aurait évolué si rapidement qu’elle le fit si son apparence médiatique n’avait été concrétisée par une poignée d’artistes pratiquant le Black Metal qui, entre 1992 et 1993, choisirent d’acquérir une notoriété scandaleuse en incendiant des églises. Ceci fut évidemment envisagé afin de choquer et de terroriser et, lors de la vague publicitaire résultante, les coupables expliquèrent leurs actes dans le cadre d’une idéologie néo-païenne et anti-chrétienne. Plus que de politiser leurs crimes, de tels propos les consacrèrent comme des refus par procuration des valeurs libérales, égalitaires et universalistes de la société moderne qu’ils assimilaient au christianisme.</p>
<p>Seuls quelques musiciens étaient impliqués et tous sauf un subirent des peines brèves, donc cela n’affecta pas drastiquement la scène&nbsp;: seule la sortie d’une poignée de disques fut repoussée d’un an ou deux. Mais cela détermina les frontières extérieures de la pensée politique de certains artistes pratiquant le Black Metal. De façon similaire, certains montrèrent un intérêt –&nbsp;parfois éphémère, parfois durable&nbsp;– en ce qu’ils considéraient comme l’exact opposé de l’âge contemporain&nbsp;: le national-socialisme.</p>
<blockquote><p><em>The loyalty for country<br />
The light of lightning is a sign for us<br />
We must go to the road of battle<br />
For the fathers world transfer the blood<br />
It cleanses the enemies’ sin<br />
[&hellip;]<br />
The loyalty for country<br />
This is the most important thing<br />
You raise your head with honor<br />
With dignity you must go ahead to death</em><em>.</em></p></blockquote>
<p class="alinea"><a href="http://leaule.com/medias/Bathory-Album-eponyme.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Bathory-Album-eponyme.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Bathory-Album-eponyme-150x146.jpg" alt="Le premier album de Forsberg avait une iconographie explicitement satanique." title="Le premier album de Forsberg avait une iconographie explicitement satanique." width="150" height="146" class="alignleft size-thumbnail wp-image-10566" /></a>Les artistes de Black Metal des années 1990 héritèrent du lien entre leur musique et l’idéologie nationaliste –&nbsp;de laquelle le national-socialisme est le produit dérivé le plus notoire&nbsp;– des albums tardifs d’une de leurs influences majeures&nbsp;: le groupe suédois Bathory. Fondé par Thomas Forsberg en 1983, le premier album de Bathory usait de thèmes et de paroles ouvertement sataniques. Néanmoins, dans les trois albums ultérieurs, Forsberg, qui décéda en 2004 à l’âge de 38 ans, adoptait une musique et une approche lyrique plus sophistiquées, inspirées par la musique classique, l’art et le dessin romantiques reposant sur la mythologie scandinave.</p>
<p>Simultanément, M.&nbsp;Forsberg développa une idéologie nietzschéenne et néo-<em>völkisch</em> qui rejetait le christianisme comme une force étrangère et destructrice et appelait à la reconsidération des racines païennes de l’Europe. (Le terme allemand <em>völkisch</em> entremêle les notions de race et de peuple à une conception romantique du folklore et de la nature n’ayant aucun équivalent précis dans différentes langues). Une croix celtique, autrement nommée roue solaire, apparaît sur la pochette de son cinquième album, <em>Hammerheart</em>, et le suivant, <em>Twilight of the Gods</em>, est partiellement inspiré des critiques nietzschéennes de la modernité et du rejet du christianisme. M.&nbsp;Forsberg affirma un jour que la Suède comptait 2000 ans de paganisme et seulement 970 ans de christianisme. Il se décrivait comme désireux de combattre pour ses «&nbsp;pères les dieux&nbsp;», soulignant qu’ils représentaient des valeurs pour lesquelles il était digne de se sacrifier.</p>
<p>De façon plus controversée encore, <em>Twilight of the Gods</em> contient ce que certains interprètent comme des références indirectes à la Waffen SS. Ultérieurement, le Black Metal des années 1990 élabora cette idéologie de façon plus radicale et explicite, encourageant finalement l’avènement, comme nous l’étudierons, d’un sous-genre portant le nom de National Socialist Black Metal (NSBM).</p>
<p>À la fin des années 1980 et pendant les années 1990, le Black Metal a inspiré deux sous-genres notables et souvent assimilés, le Viking Metal et le Folk Metal. Le Viking Metal scandinave est caractérisé par des synthétiseurs grandiloquents, des psalmodies épiques et des mélodies wagnériennes. Il peut être relié à la musique classique romantique tardive, interprétée avec des instruments électriques puissamment amplifiés. Le Viking Metal s’inspire du paganisme nordique, de sa mythologie et de l’ère viking. Certains groupes comme Enslaved, Einherjer (Norvège), Falkenbach (Allemagne) et Týr (Îles Féroé) en sont des exemples caractéristiques.</p>
<p>Le Folk Metal puise ses origines dans le groupe de Thrash Metal britannique nommé Skyclad dont l’album <em>The Wayward Sons of Mother Earth</em> (1990) en est considéré comme le premier exemple. L’idée d’incorporer instruments folkloriques et thèmes traditionnels dans le cadre du Metal extrême fut reprise par des groupes comme Storm (Norvège), Cruachan (Irlande), Amorphis (Finlande), Moonspell (Portugal) et Orphaned Land (Israël) mais le Folk Metal n’acquit sa pleine maturité qu’à partir des années 2000, grâce à des groupes finnois comme Finntroll et Moonsorrow. Le Folk Metal provient de scènes régionales, centrées en Scandinavie, en Russie, en Irlande, en Allemagne et au sein des contrées baltiques. Il existe également une scène Folk Metal aux États-Unis, dont un célèbre représentant est le groupe Agalloch.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Finntroll.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Finntroll.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Finntroll-500x501.jpg" alt="" title="Le groupe finnois de Folk Metal Finntroll." width="500" height="501" class="aligncenter size-medium wp-image-10573" /></a></p>
<p>Bien qu’existent des points communs entre le National Socialist Black Metal et le Folk Metal, ce dernier est généralement apolitique. Il est relativement populaire en Europe, où des concerts sont souvent organisés et où il est souvent l’objet de couvertures de magazines consacrés au Metal.</p>
<blockquote><p>Cela n’est pas la Norvège. Nous sommes près d’être remplacés par des étrangers –&nbsp;culturellement, religieusement et génétiquement parlant. Il suffit de considérer notre population aujourd’hui et de la comparer avec ce qu&#8217;elle était un demi-siècle plus tôt.</p></blockquote>
<p>L’aspect <em>völkisch</em> de ces groupes est évident non seulement parce qu’ils choisissent souvent de chanter dans leur langue native plutôt qu’en anglais, langue globale de la musique pop, mais également dans l’imagerie de leurs disques et leurs photographies promotionnelles. Tandis que les authentiques musiciens pratiquant le Black Metal favorisent le cuir sombre, les brassards dotés de piques, les ceintures ornées de cartouches, les longs cheveux noirs et les peintures faciales morbides, les musiciens de Viking et Folk Metal préfèrent les costumes de guerriers anciens et primitifs de l’ère médiévale nordique. Ils brandissent souvent des haches et des épées, et les reconstitutions de batailles sont courantes dans leur sous-culture.</p>
<p>Certains groupes de Viking et Folk Metal on découvert leur inspiration chez J. R. R. Tolkien. L’<em>Encyclopaedia Metallum</em> (l’enclyclopédie en ligne consacrée au Metal) recense plus de 100 groupes dont Tolkien est une influence lyrique. D’autres groupes ont simplement emprunté leur nom au <em>Seigneur des Anneaux</em>&nbsp;: Gorgoroth, Minas Tirith, Gandalf, Sauron, Cirith Gorgor et Gagorlad en sont des exemples.</p>
<p>Cet attrait pour Tolkien n’est pas surprenant. L’écrivain était préoccupé par le folklore, l’histoire et les paysages locaux, les idéaux ruraux, l’anti-urbanisme, l’anti-modernisme, l’anti-industrialisme et l’anti-libéralisme. Lorsqu’Aragorn rallie ses forces, avant l’ultime combat entre le bien et le mal du <em>Seigneur des Anneaux</em>, il nomme ses soldats les «&nbsp;Hommes de l’Ouest&nbsp;»&nbsp;; cela n’est pas une coïncidence.</p>
<p class="alinea"><strong><span style="font-variant:small-caps;">Le communisme s’écroule à l’Est</span></strong></p>
<p>Au début des années 1990, le Black Metal scandinave atteint et inspire de jeunes hommes de l’Est, qui émergeaient à peine de décennies d’oppression communiste. Le communisme est fondé sur la modernité, l’égalitarisme, l’universalisme, la centralisation et l’homogénéité. Il exige donc une stricte orthodoxie, qui fut soutenue à l’Est par des moyens totalitaires. Les identités historiques et nationales furent effacées au profit d’une identité soviétique standardisée et le bloc soviétique, composé de nations autrefois souveraines, se réduisait à des provinces dirigées depuis Moscou.</p>
<p>La chute du communisme en 1989 stimula une réaffirmation des identités nationales longtemps endormies. Ainsi, une scène musicale radicalement néo-<em>völkisch</em> attira inévitablement une jeune génération en quête d’un sens profond à son existence, hâtive de réclamer ses racines anciennes. De jeunes amateurs de Black Metal en Europe de l’Est furent également séduits par le national-socialisme, peut-être parce qu’il est l’exact opposé de l’ancien oppresseur honni.</p>
<p class="alinea"><a href="http://leaule.com/medias/Count-Grishnackh.png" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Count-Grishnackh.png" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Count-Grishnackh-150x188.png" alt="Varg Vikernes, un des pères fondateurs du NSBM, subit une longue peine pour incendie d’église." title="Varg Vikernes, un des pères fondateurs du NSBM, subit une longue peine pour incendie d’église." width="150" height="188" class="alignleft size-thumbnail wp-image-10568" /></a>Le National Socialist Black Metal (NSBM) serait originaire de Norvège, à l’aube des années 1990, avec Varg Vikernes et son projet solitaire nommé Burzum. Le NSBM puise ses racines plus profondément à l’Est, au milieu des années 1990, spécialement en Pologne, Russie, Biélorussie, Ukraine et en Allemagne de l’Est, même s’il est également présent en France et en Grèce. Des groupes comme Graveland, Veles, Infernum, Kataxu, Ohtar, Thor’s Hammer, Capricornus, Sunwheel et Gontyna Kry (provenant tous de Pologne), Nokturnal Mortum (Ukraine), Temnozor (Russie) et Absurd (Allemagne) sont des groupes assumés de NSBM. S’ils prospèrent, c’est parce que la scène NSBM, comme la scène Black Metal, a développé ses propres labels et réseaux de distribution, opérant à l’abri des personnes de l’extérieur.</p>
<p>Il est important de constater que l’approche du NSBM diffère significativement du mouvement skinhead. Le NSBM méprise la politique de masse et se concentre uniquement sur les racines spirituelles et culturelles de l’homme européen et de son identité nationaliste et raciale. L’antisémitisme est présent, mais souvent implicite et rarement exprimé, sinon dans le contexte d’une opposition générale néo-païenne au Judéo-christianisme et à l’Islam&nbsp;; les trois religions monothéistes sont regroupées sous le titre de «&nbsp;trois mauvaises herbes de la même racine&nbsp;».</p>
<p>Le NSBM est le plus controversé des fils du Black Metal, dont il représente une minorité fondamentaliste. Il acquiert une signification plus importante en tant que composant d’une plus large scène Black Metal néo-<em>völkisch</em> et païenne. Le mouvement élargi est composé de groupes pouvant rejeter le national-socialisme mais étant néanmoins séduits par certaines de ses idées et de ses sentiments&nbsp;: l’idéologie du sang et de la terre, le mysticisme de la nature, le rejet du christianisme comme une force d’occupation étrangère, l’appréciation des traditions et mythologies païennes européennes, le nationalisme racial, le rejet du socialisme, l’exaltation de l’élitisme et des valeurs héroïques et, enfin, la glorification de la guerre considérée comme une expérience spirituelle. Il n’existe pas de division claire entre les groupes explicitement et implicitement raciaux et, ensemble, ils donnent à la scène Black Metal entière une saveur qu’elle ne pourrait obtenir autrement. À la lumière de ces influences, depuis l’an 2000, l’Europe de l’Est est devenue une fabrique prodigieuse de Pagan Black Metal de haute volée et certains groupes ont obtenu un tel succès qu’ils suscitent l’intérêt de certains des plus importants labels de l’Ouest.</p>
<p class="alinea"><a href="http://leaule.com/medias/Masha-Scream.png" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Masha-Scream.png" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Masha-Scream-150x198.png" alt="Masha Scream du groupe russe de Pagan/Folk Metal Arkona. Son groupe est désormais suffisamment populaire pour signer chez un label de l’Ouest." title="Masha Scream du groupe russe de Pagan/Folk Metal Arkona. Son groupe est désormais suffisamment populaire pour signer chez un label de l’Ouest." width="150" height="198" class="alignleft size-thumbnail wp-image-10570" /></a>Le succès commercial de ces groupes souligne une contradiction intéressante. Les groupes de Black Metal nationaliste issus de l’Est, à l’image des gens du Tiers Monde, considèrent l’Ouest comme une contrée opulente et désirent une partie de l’<em>El Dorado</em> occidental. Ils veulent également être traités en partenaires égaux et craignent d’être considérés comme naïfs, primitifs et provinciaux. Néanmoins ces groupes voient simultanément l’Occident comme dégénéré et craignent les perspectives d’occidentalisation, sinon pire, d’américanisation. Selon eux, l’Amérique est synonyme de capitalisme corrompu, de déchéance culturelle, de consumérisme décérébré et d’immigration de masse.</p>
<p>Jusqu’à une période récente, l’Europe de l’Est n’a pas souffert d’une immigration abondante en provenance du Tiers Monde et sa population est encore presque complètement blanche. La substitution de population a néanmoins commencé et, depuis 2003, des noirs africains peuvent être aperçus dans les rues de Kharkov, en Ukraine. Je suppute que, puisque les nations de l’Est sont absorbées par l’Union Européenne et que leurs lois sont harmonisées avec celle-ci, et puisque les virus du politiquement correct et du multiculturalisme sont prégnants, nous assisterons à une radicalisation encore plus importante des sentiments ethno-nationalistes qui sont apparus après la chute du communisme. Le Black Metal nationaliste est important dans ce processus car, comme nous l’avons remarqué, dans les années 1960 à l’Ouest, la musique est un élément important de la dissidence politique et culturelle.</p>
<p>La signification du Black Metal n’est pas oubliée par la gauche des contrées de l’Est, qui copie à présent son équivalent à l’Ouest et mobilise les voyous «&nbsp;anti-fascistes&nbsp;» contre le nationalisme racial des musiciens pratiquant le Black Metal. Le groupe de Black Metal païen ukrainien Kroda, par exemple, exprime son nationalisme romantique en des termes qui ne laissent que peu de place au multiculturalisme&nbsp;:</p>
<blockquote><p>Nous sommes fiers de notre pays, de notre peuple, de notre passé héroïque, et nous ressentons une intense douleur face aux évènements qui se déroulent aujourd’hui&nbsp;: comment notre peuple est violé, oppressé et subit un génocide, comment notre héritage est perverti. Mais nous comprenons également que la cause principale de cela est la confiance et l’honnêteté de notre peuple. Ils ont été changés en ce troupeau que nous observons aujourd’hui… Nous combattrons pour réveiller à nouveau notre peuple, dussions nous crier avec une telle force qu’avec ce cri nous vomissions notre vie et notre âme même&nbsp;! Dussions nous brûler jusqu’à n’être plus que cendres, afin d’illuminer une voie future pour notre race à travers les siècles&nbsp;! Nous n’élevons pas notre intérêt personnel au-delà du bien commun, car aujourd’hui nous sommes changés en rebuts, nous sommes assassinés&nbsp;; notre peuple ne remarque pas même le génocide qui est pratiqué à son encontre&nbsp;!</p></blockquote>
<p>En juin 2009, des terroristes «&nbsp;antifa&nbsp;» attaquèrent Kroda. Ils démolirent leur voiture, détruisirent leurs instruments et blessèrent sérieusement les musiciens, les forçant à annuler leur tournée en Pologne, en Allemagne et en Autriche.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Kroda-Live-Moscou-2008.png" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Kroda-Live-Moscou-2008.png" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Kroda-Live-Moscou-2008-500x312.png" alt="Kroda sur scène à Moscou en 2008, avant l’agression." title="Kroda sur scène à Moscou en 2008, avant l’agression." width="500" height="312" class="aligncenter size-medium wp-image-10571" /></a></p>
<p>Les artistes, labels et éditeurs d’Europe de l’Est affrontent sporadiquement des persécutions du gouvernement, soit pour avoir exprimé des opinions ethno-nationalistes soit simplement pour faire partie d’une sous-culture qui reconnaît le nationalisme. Roman Saenko, appartenant aux groupes ukrainiens Drudkh et Hate Forest, subit des périodes d’intense investigation policière, tandis que certaines personnes associées à des groupes et labels païens d’Europe de l’Est furent périodiquement harcelés et parfois emprisonnés.</p>
<p>L’émergence d’une musique radicale et nationaliste lors des dernières décennies n’est pas simplement qu’une étrangeté issue des frontières occidentales qui puisa ses racines à l’Est. Une scène Black Metal existe dans presque tous les pays originaires d’Europe, notamment les États-Unis, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Certains de ces groupes sont tout aussi radicaux que ceux qui ont émergé de l’Est postcommuniste.</p>
<p>Peut-être est-ce parce que, comme le suggère Tomislav Sunić dans son livre <em>Homo Americanus</em>, la chute du communisme à l’Est eut un impact mineur puisqu’il s’est ensuite installé à l’Ouest, d’une façon insidieuse et sophistiquée. Tandis que le communisme de l’Est, vulgaire et évident, était symbolisé par les goulags et la police antiémeute, il a pris, à l’Ouest, l’aspect de la rectitude politique, de l’apprentissage de la sensibilité ethnique, du multiculturalisme, du féminisme, des préférences raciales non-blanches, des droits des homosexuels, de la scholastique freudo-marxiste, des lois antiracistes et de l’autocensure. Les professeurs des universités occidentales affichent des drapeaux communistes et des représentations de Marx et Lénine dans leurs bureaux. L’Occident a sa version des commissaires du peuple sous la forme des terroristes «&nbsp;antiracistes&nbsp;», masqués et hurlants, faisant virevolter des battes. L’avènement du Black Metal explicitement nationaliste à l’Ouest a été stimulé par une hégémonie culturelle basée sur les mêmes principes qui ont été appliqués à l’Est.</p>
<p class="alinea"><strong><span style="font-variant:small-caps;">La conscience contre-culturelle</span></strong></p>
<p class="alinea"><a href="http://leaule.com/medias/Enslaved-Eld.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Enslaved-Eld.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Enslaved-Eld-150x154.jpg" alt="Un membre du groupe norvégien Enslaved. La tenue et le décor sont typiques du Viking Metal." title="Un membre du groupe norvégien Enslaved. La tenue et le décor sont typiques du Viking Metal." width="150" height="154" class="alignleft size-thumbnail wp-image-10572" /></a>Le Black Metal parvient à obtenir une plus grande visibilité et une reconnaissance de l’industrie qui aurait été inimaginable quelques années auparavant, du fait de son contraste avec les valeurs des sociétés occidentales modernes. À la grande désolation de certains groupes de gauche anti-blancs, des albums de Black Metal et dérivés du Black Metal dotés d’un caractère nationaliste –&nbsp;y compris ceux de Burzum&nbsp;– sont régulièrement disposés dans les rayons des réseaux de distribution grand public et sont également disponibles sur des sites de vente en ligne classiques. De fait, des groupes de Black Metal comme Dimmu Borgir, Enslaved et The Kovenant n’ont pas seulement été commercialisés avec succès, mais ont reçu de surcroît le <em>Spellemannprisen</em>, considéré comme le «&nbsp;Grammy Awards norvégien&nbsp;». Des albums de groupes comme Nightwish, dont les membres fondateurs puisent leurs racines dans la scène Black Metal, sont ont été de multiples fois disque de platine en Finlande. Lentement, mais sûrement, les artistes dotés d’une sensibilité alternative ont creusé leur chemin dans le courant dominant.</p>
<blockquote><p><em>Sunwheel on the Helmet of Steel<br />
Once shone the European sky<br />
The smashing force of hellborn beast<br />
The will that no one could resist</p>
<p>IN FIRE<br />
The spirit was born<br />
IN FIRE<br />
All weakness has gone<br />
IN FIRE<br />
The battle took place<br />
IN FIRE<br />
We forged our Race</p>
<p>Legions of vengeance are growing fast<br />
Proudly return from glorious past<br />
The time has cured deep bleeding scars<br />
And our sun again will rise</em><em>.</em></p></blockquote>
<p>Il est inutile de préciser que les groupes ayant reçu des récompenses sont, si je ne m’abuse, apolitiques et certains arborent des attitudes gauchistes. L’important est qu’ils font partie d’un vaste réseau de groupes, de labels et d’amateurs de Metal extrême. Ils ne sont que la partie visible de l’iceberg, avec au moins une part signifiante des 90&nbsp;% que le courant dominant ne voit pas, comprenant des gens qui rejettent le politiquement correct et le multiculturalisme, qui refusent le pouvoir médiatique, politique et universitaire.</p>
<p>Ces personnes ont de toutes autres attentes&nbsp;: un nouvel ordre nationaliste qui valorise la force, la virilité, l’enracinement, l’héroïsme et la gloire&nbsp;; qui valorise la qualité plutôt que la quantité, l’instinct plutôt que le rationnel, le paysage naturel plutôt qu’urbain, la hiérarchie plutôt que l’égalité, l’originalité plutôt que la standardisation, la communauté organique plutôt que l’individualisme isolé, les rôle traditionnels (et complémentaires) masculins et féminins plutôt que la guerre des sexes, qui ne ressent pas le besoin de se justifier et qui assume fièrement son caractère blanc et européen.</p>
<p>Cela ne signifie pas que les artistes et amateurs de Black Metal sont capables d’articuler leur vision du monde en des termes aussi explicites, ou qu’ils sont capables de reconnaître qu’il y a une vision du monde accrochée à leur musique. De même, il serait fallacieux d’affirmer que les adeptes du Black Metal vivent essentiellement de par leurs idéaux. Comme pour toute sous-culture marginale, le Black Metal attire un certain nombre de personnes déséquilibrées qui boivent avec excès et sont vouées à l’autodestruction. Il attire également des éléments nihilistes et hautement misanthropiques, ce qui ne nous concerne pas dans le cas présent.</p>
<p>En outre, hors de la relativement petite et extrêmement politisée scène NSBM, ce serait une erreur d’affirmer que l’ensemble de la scène Black Metal est autre chose qu’une communauté blanche implicite. Contester le système socialiste-égalitaire est principalement esthétique et spirituel et non directement politique. Les amateurs s’habillent d’une certaine façon, décorent leur maison d’une certaine façon et lisent certains types d’ouvrages (généralement d’horreur, de science-fiction, d’occultisme, de <em>fantasy</em> et d’histoire).</p>
<p>Un pittoresque admirateur de Black Metal que je connais demeure en Angleterre, dans le Bedfordshire. L’intérieur de son cottage est peint en noir, il use d’un cercueil comme d’une table basse et a chargé ses murs de tarentules et d’armes médiévales&nbsp;; l’un de ses décors, qui inclut une affiche des jeunesses hitlériennes, s’accorde avec ses sympathies raciales nationalistes. Mais la plupart des auditeurs de Black Metal appartiennent à la classe moyenne et ont des métiers ordinaires, même s’ils peuvent décorer leur domicile de modestes ornements gothiques. La musique, ni la race, ni la politique, est leur point commun.</p>
<p>Néanmoins, parce que l’idéologie <em>völkish</em> et inégalitaire s’exprime par la musique, il n’est pas surprenant que je rencontre régulièrement des passionnés de Black Metal dans des cercles nationalistes raciaux. Certains appartiennent aux partis nationalistes, d’autres sont affiliés aux entités para-politiques païennes, forums, communautés et autres organisations.</p>
<p>Nous voyons donc un réseau étendu de dissidents culturels et politiques, certains racialement conscients, d’autres non. Ce réseau continue de s’élargir. Même si les concerts typiques n’attirent en moyenne que 50 à 200 personnes, l’<em>Encyclopaedia Metallum</em> dénombre déjà 1&nbsp;100 groupes de Viking et Folk Metal et plus de 17&nbsp;000 groupes de Black Metal.</p>
<p>Je ne doute pas que les lunatiques de gauche espèrent qu’avec force abrutissement et propagande, avec des lois suffisamment draconiennes, ils peuvent forcer les hérétiques européens à la soumission, même s’ils ne pourront jamais les convertir. Je crois qu’ils ne réussiront jamais, car ils essaient de traiter avec des gens qui n’accepteront jamais le projet socialiste, universaliste et égalitaire. Qui plus est, ils sont nombreux et se répandent au sein d’un réseau compliqué de scènes et de sous-cultures imbriquées, toutes décentralisées, certaines n’étant pas musicales, et dont les frontières sont en perpétuel mouvement. Ceci n’offre pas à la gauche une cible facile.</p>
<p class="alinea"><a href="http://leaule.com/medias/Couverture-de-Terrorizer.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Couverture-de-Terrorizer.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Couverture-de-Terrorizer-150x202.jpg" alt="Terrorizer commit une “erreur”." title="Terrorizer commit une “erreur”." width="150" height="202" class="alignleft size-thumbnail wp-image-10574" /></a>Évidemment, le Black Metal n’a jamais été complètement préservé des impulsions orthodoxes. Il y a environ quatre ou cinq ans, le magazine britannique de musique extrême <em>Terrorizer</em>, qui est disponible dans les kiosques à journaux, publia une entrevue avec Spear of Longinus, un groupe australien de Black et Thrash Metal ayant enregistré un album intitulé <em>The Yoga of National Socialism</em>. Même si l’entretien ne parle strictement que de musique, le magazine s’excusa, suite à des plaintes, qualifiant ledit entretien d’«&nbsp;erreur&nbsp;».</p>
<p class="alinea">En 2007, le magazine allemand <em>Rock Hard</em>, qui célèbre généralement la dissidence et le non-conformisme, réalisa un article intitulé <em>Der rechte Rand im Black Metal</em>, «&nbsp;L’Extrême-droite dans le Black Metal&nbsp;», se plaignant des labels et des catalogues de ventes par correspondance qui offrent ce qu’ils considèrent comme du Black Metal politiquement incorrect. Je possède moi-même une maison de disques et, dans les années 2000, un certain nombre de revues et de distributeurs de Metal bannirent certains des groupes que j’édite, critiquant leurs opinions politiques.</p>
<p>De nombreux musiciens désirent simplement éviter les problèmes. Considérez le cas de Kroda. En dépit des vues politiques évidentes des musiciens, après l’attaque de Varsovie, le groupe émit une déclaration affirmant qu’il était simplement un groupe de Black Metal païen, «&nbsp;HORS de la politique moderne&nbsp;».</p>
<p>Comme souvent, la quête de succès commercial peut encourager la négation des principes. Dans la scène Black Metal, les rares et larges entreprises commerciales tendent vers le politiquement correct, tandis que les innombrables et modestes groupes clandestins aspirent au politiquement incorrect. Lorsqu’il a signé avec un label plus important, spécialisé dans l’orientation commerciale, Roman Saenko, qui a profité d’une longue carrière clandestine en tant qu’artiste nationaliste racial, a prestement renié son idéologie raciale et a coupé les ponts avec le NSBM, en émettant d’incroyables déclarations et démentis antiracistes. Son nouveau label réalisa que son groupe, Drudkh, avait prouvé sa qualité de produit vendeur et voulait préserver son investissement. Après la résurrection de Drudkh en un groupe politiquement correct, il fut blanchi par les grands magazines et distributeurs qui le reniaient autrefois.</p>
<p>Les artistes incorruptibles occupent le second versant. Hendrik Möbus, après une enfance en Allemagne de l’Est, continue de produire du Black Metal nationaliste et organise des concerts en dépit des raids policiers, des confiscations et même de l’emprisonnement pour le seul crime d’avoir produit des œuvres nationalistes. «&nbsp;Je désire montrer qu’il est possible d’organiser en Allemagne des concerts avec des groupes “controversés” de Black Metal, quoique parfaitement légaux&nbsp;», écrivait-il, «&nbsp;lorsque vous avez le courage et la résistance nécessaires pour l’endurer, sans vous préoccuper de la pression combinée des antifas, des médias et des autorités.&nbsp;» Pour lui, le slogan «&nbsp;le Black Metal est davantage que de la musique&nbsp;» est une réalité vivante.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Apraxia-Ideology.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Apraxia-Ideology.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Apraxia-Ideology-500x497.jpg" alt="Pochette d’album du groupe biélorusse Apraxia. L’arrière-plan est d’après certaines informations un symbole de paganisme racial, et non de national-socialisme." title="Pochette d’album du groupe biélorusse Apraxia. L’arrière-plan est d’après certaines informations un symbole de paganisme racial, et non de national-socialisme." width="500" height="497" class="aligncenter size-medium wp-image-10575" /></a></p>
<p>La grande célébrité d’Hendrik Möbus dans son pays a certainement contribué à encourager sa persécution. Dans des contrées au sein desquelles les lois s’avèrent moins restrictives, les hérétiques doivent seulement avoir du cran. Lorsque le magazine de musique extrême <em>Zero Tolerance</em>, disponible chez les marchands de journaux, organisa également une entrevue avec Spear of Longinus en l’an 2007, il ignora les plaintes et en conserva ses ventes intactes.</p>
<p>La scène Black Metal clandestine est aussi repliée sur elle-même qu’une université moderne et ce fait isole les adeptes des conséquences pratiques de l’hétérodoxie, comme l’univers académique isole de la raison les socialistes déments. Le Black Metal clandestin opère avec son économie interne, son code de conduite, ses médias, sa distribution et son dialecte commercial. D’ailleurs, le Black Metal se délecte de sa marginalité, ainsi même ceux qui ne sont pas idéologiquement affirmés refusent obstinément de céder à la pression extérieure. Ceci, et la poursuite volontaire de l’obscurité et de l’anonymat d’un certain nombre de ses acteurs, empêche le bannissement et l’anéantissement général de cette scène, à moins d’avoir recours à des méthodes ouvertement totalitaires qui discréditeraient encore davantage le système.</p>
<p>En bref, même si la culture populaire dominante est un véritable désert pour les descendants d’Européens aujourd’hui, subsistent des oasis grandissants, dans lesquels nous pouvons élaborer une véritable dissidence. Ils offrent des espaces culturels et créatifs au sein desquels nous pouvons concevoir un paradigme neuf pour le futur, plutôt que de simplement critiquer le présent et déplorer le passé. Fait également important, ils procurent des facilités économiques et professionnelles pour les personnes qui veulent vivre en harmonie avec leur tempérament, leur conscience et leur idéal ethnique.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Graveland-Creed-of-Iron.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Graveland-Creed-of-Iron.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Graveland-Creed-of-Iron-500x500.jpg" alt="Pochette de l’abum Creed of Iron de Pochette d’album de Graveland." title="Pochette d’album de Graveland." width="500" height="500" class="aligncenter size-medium wp-image-10641" /></a></p>
<p>Je crains que nous ne traversions une ère qui verra deux univers parallèles –&nbsp;le nôtre et celui de nos ennemis&nbsp;– devenir progressivement plus extrêmes et polarisés, tandis que chaque univers essaiera de durer plus longtemps que son antagoniste. Nos opposants ont connu l’ascendance durant une période étendue, mais ils multiplient les signes grandissants de fatigue et de désespoir, l’évidence est qu’ils ont échoué, sont dépourvus d’idées, et n’offrent désormais rien, sinon une descente orchestrée vers la tyrannie et la pauvreté universelle. Nous, nous avons décliné pendant une longue période et beaucoup d’entre nous sont voués à la disparition&nbsp;; mais ceux qui resteront seront les plus forts, les plus adaptés, les plus fanatiques, les plus vigoureux, ceux qui ne s’égareront pas dans cet âge sombre et chaotique.</p>
<p>Nous entamons une course contre le temps, car le présent tend vers un horizon fini, au-delà duquel tout effort serait vain. Nous devons nous assurer d’être préparés à l’effondrement du présent système, car il s’effondrera. La bataille ne sera pas remportée grâce au Black Metal, assurément, mais la musique est importante –&nbsp;et a toujours été importante&nbsp;– dans chaque mouvement de la contre-culture, et parce que le Black Metal est une forme artistique dont la quintessence est européenne, procurant une source d’énergie et une furie conquérante radicales, pures et féroces. Sans cela, nous ne remporterons jamais le combat culturel.</p>
<blockquote><p><em>The days when ancient blood<br />
Will awake in the hearts of white men and women<br />
Our banners will rise to the sky<br />
And will flap with joy on wind<br />
Ancient wisdom and strength will return<br />
Divided nations will become unity<br />
And cry of thousands of throats<br />
Will disperse darkness<br />
[&hellip;]<br />
New generations will be bred<br />
When ancient blood will return us our will<br />
We will not be afraid of darkness any more<br />
[&hellip;]<br />
We will join proud heroes<br />
Who with might and main gave their lives away<br />
And belong to the past fighting<br />
For honor and pride of our race</em><em>&hellip;</em></p></blockquote>
<p class="alinea">Extraits en écoute&nbsp;:</p>
<p></p>
]]></content:encoded>
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		<title>La Source vive&#160;: Dominique</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Oct 2011 20:15:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bibliophilie]]></category>
		<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Ayn Rand]]></category>

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		<description><![CDATA[Deux jeunes architectes sortent de la même école&#160;; Peter Keating avec honneur et considération, intégrant ensuite un prestigieux cabinet new-yorkais, Francon &#038; Heyer, Howard Roark, congédié par des professeurs insensibles, rejoint Henry Cameron, architecte génial cruellement incompris, dont il partage la pauvreté et la déchéance. Or, Peter Keating est en vérité un architecte médiocre, détestant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Deux jeunes architectes sortent de la même école&nbsp;; Peter Keating avec honneur et considération, intégrant ensuite un prestigieux cabinet new-yorkais, Francon &#038; Heyer, Howard Roark, congédié par des professeurs insensibles, rejoint Henry Cameron, architecte génial cruellement incompris, dont il partage la pauvreté et la déchéance. Or, Peter Keating est en vérité un architecte médiocre, détestant son ouvrage et se contentant d’imiter complaisamment les œuvres passées. Howard Roark est, contrairement à Peter Keating, un génie, doté d’un trait vif, acéré et parfait, d’une personnalité virile, intransigeante et absolue. Mais l’époque n’apprécie guère l’innovation et préfère se complaire dans de ridicules pastiches des anciens, à l’exubérance raisonnée, chargés d’inénarrables chapiteaux corinthiens, colonnes ioniques, fresques renaissantes, etc. Howard Roark refuse le compromis et ne désire souiller son talent à de grotesques imitations. Il désire des constructions épurées, claires et lumineuses, dépourvues du pesant legs des œuvres passées, simplement définies par leur fonction véritable. De ses œuvres émane une véritable beauté car, dépourvues de l’opulence insipide des admirateurs de l’architecture ancienne, elles sont personnelles, caractérisées par leur cohérence et leur singularité. Roark est prestement considéré comme un original et seuls des êtres d’exception, semblables à Roark, osent lui adresser de rares commandes éloquentes. Ayant fondé son cabinet d’architecture après l’abdication définitive de Henry Cameron, brisé par l’alcoolisme et l’indifférence des contemporains, Roark subit l’attente interminable d’un client, qui, lorsqu’il se présente, ne lui offre souvent que des projets qu’il se voit forcé de refuser pour leur superficielle adhésion à l’esthétique ancienne. Au contraire, Peter Keating connaît une fulgurante ascension et son ambition démesurée, aiguillonnée par une mère despotique et fourbe, l’invite à d’inavouables bassesses, causant la décadence et même la mort de ses principaux concurrents, crédulement persuadés de la grandeur d’âme de cet hypocrite avenant. Ces deux figures contrastées gravitent autour d’une femme, Dominique Francon, fille honnie de l’architecte Guy Francon, dont le caractère passionné attise passion et haine. Cette beauté intransigeante, symbole absolu de la femme moderne, aspire à se réaliser dans la frénésie violente qu’elle éprouve envers Roark, qu’elle s’efforce parallèlement d’anéantir.</p>
<p>La première partie de <em>La Source vive</em> est palpitante et prometteuse. Ayn Rand, cette exceptionnelle créature, possède à la fois une plume élégante et une véritable habileté à séduire le lecteur grâce à son style délicat, teinté d’ironie, à son art du portrait, qui suscite tantôt de l’admiration envers le personnage évoqué, tantôt l’éclat d’un rire soudain lorsque le personnage est décrit par des traits grotesques, qui souvent se plient à une personnalité ridicule néanmoins tellement fidèle et pareil à ce que le lecteur attentif endure quotidiennement, confronté à des caricatures. Comme souvent avec Ayn Rand, les personnages sont taillés immuablement dans le granit et répondent à une typologie manichéenne. La première catégorie est fatalement celle des surhommes modernes que sont les protagonistes randiens, protagonistes qu’elle semble vénérer de l’extrémité de sa plume frémissante. Ces héros incarnent toujours de véritables forces, dont la puissance des nerfs et des muscles est singulièrement perceptible, tendus vers un mouvement d’élévation, d’ascension dans une aspiration perpétuelle à la perfection. Ces êtres sauvages et sévères incarnent l’absolu dans sa complète expression. Caractérisés par leur immense sublimité, ces personnages abhorrent le compromis&nbsp;;  ils affrontent privations et sacrifices avec flegme, sans jamais faiblir, conscients de la qualité de leurs idéaux. Ces personnages vertueux et virils affrontent l’ignorante assemblée des inénarrables incultes dont les dirigeants sont des incarnations de la duplicité. Leurs intentions sont définies par l’instinct de destruction, quête frénétique de pouvoir par la manipulation, la bassesse et la corruption, par l’asservissement et l’avilissement d’autrui derrière l’apparence bienveillante de l’égalitarisme et de l’altruisme. Tel est notamment Ellsworth Toohey, qui dissimule, derrière un physique frêle et un air bienveillant, un caractère terrifiant, jusqu’à effaroucher sa défunte tante qui lui affirmait&nbsp;: «&nbsp;Vous êtes un monstre […] vous vous nourrissez du malheur des autres&nbsp;». Le fragile Ellsworth, doté dès l’enfance d’une âme diabolique, lui répondait&nbsp;: «&nbsp;Dans ce cas, je ne mourrai jamais de faim.&nbsp;» S’intéressant aux questions religieuses, il était le juvénile orateur qui fascinait les faibles et les insignifiants, leur inculquant une morale veule, les assujettissant à leur petitesse. Puis il se désintéressa soudainement de la doctrine chrétienne et s’abandonna au socialisme, invitant l’innombrable cohorte de ses disciples à l’égalitarisme et à la parfaite réfutation de leur individualité, anéantissant l’existence de dizaines d’adorateurs reconnaissants.</p>
<blockquote><p>L’amour pour un être […] est un mal, comme tout ce qui est personnel. Et cela ne peut rien amener que de mauvais. […] L’amour pour un être est un acte de discrimination, de préférence. C’est donc un acte d’injustice envers tous les êtres humains que vous frustrez de cet attachement arbitrairement réservé à un seul. Il faut apprendre à aimer, également, tous les êtres. Mais vous ne pouvez arriver à une si noble conception que si vous n’avez pas d’abord tué en vous-même vos égoïstes petites préférences. Elles sont mauvaises et nuisibles puisqu’elles sont en contradiction avec la première des lois cosmiques&nbsp;: la profonde égalité de tous les hommes. </p></blockquote>
<p>Lorsqu’il s’adresse en de tels termes à Peter Keating, ce dernier éprouve une immense satisfaction, celle qu’éprouvent les faibles face à l’insipide discours des égalitaristes. Celle d’être simplement dispensé de penser et de vivre, d’oublier ses ambitions, ses rêves et ses aspirations, d’abdiquer certes la tristesse et la jalousie, mais surtout la passion et la volonté. Le verbe néfaste d’Ellsworth Toohey est tel qu’il avilit et abêtit ses auditeurs fascinés, apaisés par la perspective d’une existence facile, faite de renonciation parfaite de l’individualité au sein d’une humanité rabaissée, délivrée du fardeau de la volonté et de la liberté.</p>
<p><em>La Source vive</em> est un combat entre deux conceptions antagonistes de l’humanité. Celle d’Ellsworth Toohey, dissimulant la haine et la jalousie derrière des désirs d’universalisme et d’égalité teintés de morale catholique et de vernis socialiste, et celle d’Howard Roark, qui s’exprime pleinement à travers son œuvre et ses conceptions architecturales. Les plans architecturaux de Peter Keating s’abandonnent confusément à l’incohérence, ornés de multiples styles subtilisés aux édifices antérieurs. L’œuvre de Keating est semblable à son caractère&nbsp;; sans cesse influencé par les jugements extérieurs et le désir irrépressible de plaire quitte à nier sa volonté, constitué de duplicité et de déloyauté, prompt à la trahison et à la lâcheté en dépit d’une posture avenante et généreuse. Le simulacre d’élégance et d’élévation extérieure dissimule donc des fondations instables, creuses et déplorables. Keating est à l’image des façades surchargées qu’il élabore, association superficielle de styles divers dont l’ambition est de convenir au public. Contrairement à cet être disséminé dont l’existence est déterminée par leurs semblables, Howard Roark est unité, franchise et simplicité. Il est l’incarnation de l’objectiviste randien dont l’égoïsme sublime est source de valeur morale. Son désintérêt parfait envers des créations surannées est source de dépassement. Affranchi des conceptions architecturales classiques, son œuvre entière respire son individualité et son désir de liberté. </p>
<blockquote><p>Chaque forme nouvelle a sa propre signification, comme chaque être humain à sa propre raison d’être, sa propre forme, son propre but. Pourquoi attache-t-on tant d’importance à ce que les autres ont fait&nbsp;? Pourquoi cela nous devient-il sacré pour la simple raison que ce n’est pas nous qui l’avons fait&nbsp;? Pourquoi ont-ils raison simplement parce qu’ils ne sont pas nous&nbsp;? Pourquoi prennent-ils la place de la vérité&nbsp;?</p></blockquote>
<p>Roark est l’architecte indépendant qui s’affranchit des créations passées et des avis extérieurs. Son œuvre exalte son individualité, sans cesse tendue vers sa forme véritable, obtenue intuitivement, esquissée de traits sublimes et épurés, toujours déterminée par l’âme de son constructeur qui n’hésite pas à fréquenter le chantier de ses créations et éprouver une véritable passion fusionnelle pour ses constructions, dont il suit la conception avec un profond respect. Les formes sont claires et simples, dotées de vastes terrasses lumineuses et de grandes fenêtres ouvrant sur la beauté solaire. Les lignes sont audacieuses mais judicieusement élaborées, convergeant vers un équilibre parfait. Howard Roark, semblable à son œuvre, est transparence, harmonie et unicité. Incapable de nier ses ambitions et ses aspirations, il refuse l’hypocrisie et l’affectation et préfère devenir simple ouvrier dans une carrière de marbre plutôt que de devoir supplier ses détracteurs en acceptant leurs conditions et leurs intrigues. L’âme de Roark est révélée par son art, un art que les philistins s’efforcent d’annihiler par crainte d’un être qui ose éprouver une véritable passion, commettant donc un crime contre l’égalité et révélant la véritable grandeur humaine dans une société dévastée par l’insignifiance. Contrairement à Ellsworth Toohey, dont le dédain farouche envers l’humanité est perceptible dans son discours teinté de religiosité, valorisant la soumission, la repentance et la petitesse, Roark œuvre à la gloire humaine contre le despotisme divin. Alors que Toohey, dans son furieux désir de domination, fantasme sur une humanité perpétuellement prosternée, prostrée et abandonnée, Roark est debout, dans une nudité parfaite, au sommet d’une falaise escarpée, tel qu’il figure dans l’incipit de <em>La Source vive</em>, défiant l’univers de la franchise de son rire créateur et son œuvre exalte le primat humain en une vivante invitation au dépassement. Lorsqu’il doit construire un temple pour un imbécile manipulé par Ellsworth Toohey, Howard Roark refuse d’élaborer une imposante cathédrale tendue vers le ciel, inspirant des sentiments de crainte et de modestie, il construit un édifice de forme allongée, considéré comme un vulgaire entrepôt vautré dans la fange et la bassesse des instincts charnels par les rapaces de la critique architecturale, révélant pourtant la véritable puissance tellurique des hommes fiers et libres.</p>
<p>Rand illustre dans cette œuvre magistrale ses théories objectivistes appliquées à l’art. La sculpture de Dominique, élaborée par Steven Mallory, un homme semblable à Roark, est décrite comme une véritable force de vie, dont les muscles tendus sont une invitation à la puissance et à la jouissance. Cette statue, seul ornement de ce temple de l’esprit humain, est une ode à l’existence et à l’individualité contre le despotisme de la religion qui, dans les théories objectivistes d’Ayn Rand, n’est qu’une ineptie. Plutôt que de vénérer quelque divinité éthérée, Rand révèle l’individu héroïque, seul capable d’ordonner sa destinée, affranchi des pratiques et des idéologies liberticides de la religion. Opposée à la raison objectiviste, la religion devient l’instrument des faibles et des attentistes, justifiant l’asservissement des individus dans une doctrine de la résipiscence, de la résignation et de la pénitence, notamment du fait d’un altruisme coercitif et d’un égalitarisme assujettissant. La religion ordonne de s’incliner devant une force supérieure, réfutant donc l’individualité, de laquelle est puisée la force humaine véritable. Fidèle à l’idéal objectiviste, Howard Roark nie l’idée d’une humanité diminuée par la souillure du péché et considère l’essence humaine comme source de pureté, de beauté et de noblesse. Désireux de révéler la futilité divine, Roark et Mallory sont deux créateurs défiant Dieu, dont l’art est source de vie. Steven Mallory et Howard Roark sont transfigurés par leurs créations et souvent les doigts agiles de Roark sont décrits, fins, nerveux et virils, des doigts de créateur qui soulignent la divinité humaine. La féconde harmonie qui règne entre Roark et ses esquisses, ses plans et ses maquettes, est principe de création, décrite comme la noble et valeureuse possession d’une amante docile. Les œuvres de Roark et Mallory sont immédiatement proscrites, symbolisant l’impulsion délétère de la société et des institutions la régissant. Un être tel que Roark attise naturellement jalousies et haines.</p>
<blockquote><p>Il était généralement détesté, au premier regard, où qu’il allât. Son visage était fermé comme la porte d’un coffre-fort. On enferme généralement dans un coffre-fort des choses de valeur et c’était pour cette valeur devinée que les hommes lui en voulaient.</p></blockquote>
<p>Howard Roark est un véritable être pensant, voué à l’accomplissement de sa passion sans aucune concession, dont la supériorité naturelle suscite un profond mépris. Supériorité physique de ce corps viril à la chevelure enflammée, doté d’une éclatante puissance et d’un charme fascinant, capable de tailler le marbre de ses doigts créateurs, et supériorité mentale de cette âme forte, qui subit les affronts silencieusement et dont la volonté ne fléchit jamais, comme si les insultes n’effleuraient guère cet être intègre et entier. Car l’indicible et inatteignable Howard Roark révèle, de par son indifférente ferveur, le néant de ses ennemis, impuissants à affaiblir cette droite flamme dont la rousseur symbolise l’ardent feu intellectuel de l’objectiviste. Il souligne en un implacable contraste la complète vacuité de son entourage&nbsp;; créatures ineptes, vaines et insignifiantes, intrinsèquement fausses, s’adonnant à la duplicité et à l’hypocrisie, créatures désespérément incomplètes car dénuées d’idéal supérieur et d’absolu moral, caractérisées par la concession, la flatterie et la dissimulation. Lorsqu’il refuse d’élaborer une demeure de style Tudor pour Mrs. Wilmot, Howard Roark réalise l’inconsistance effroyable de ses contemporains.</p>
<blockquote><p>Mrs. Wayne Wilmot n’existait pas en tant qu’individualité. Elle n’était que le reflet des opinions de ses amis, des reproductions de tableaux qu’elle avait vues, des romans qu’elle avait lus. Et c’était à ce quelque chose d’inconsistant, de sourd et d’impersonnel comme un paquet d’ouate, qu’il devait s’adresser et dont il ne pouvait espérer obtenir ni attention ni réponse.</p></blockquote>
<p>Cette œuvre, qu’Ayn Rand considérait comme un simple prélude à l’éminent <em>La Grève</em> demeure néanmoins magistrale et offre une véritable illustration de l’objectivisme à l’art et l’architecture. Les personnages répondent certes à une symbolique chère à Rand dont les caractéristiques transparaissent également dans <em>La Grève</em>, mais ils n’en demeurent pas moins extrêmement convaincants&nbsp;; Howard Roark possède une aura telle qu’elle égale, sinon domine, celle de son équivalent dans <em>La Grève</em>, Hank Rearden, de par la précise et éloquente insistance que l’exceptionnelle Ayn Rand use lorsqu’elle décrit cet être, véritable allégorie de l’objectivisme. La seconde partie de l’ouvrage, qui porte justement le nom de l’architecte, sera considérée ultérieurement.</p>
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		<title>Odz Manouk / Tukaaria</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Sep 2011 10:37:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Mélomanie]]></category>
		<category><![CDATA[Black Metal]]></category>
		<category><![CDATA[Black Twilight Circle]]></category>
		<category><![CDATA[Rhinocervs]]></category>

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		<description><![CDATA[Les deux groupes californiens Odz Manouk et Tukaaria unissent leur art la durée d’un excellent split édité par Rhinocervs Records, label entretenant des liens étroits avec le Crepúsculo Negro, du fait qu’il édite parfois certaines formations du Black Twilight Circle. Rhinocervs, qui produit des œuvres au format cassette, s’intéresse donc à des groupes méconnus dotés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les deux groupes californiens Odz Manouk et Tukaaria unissent leur art la durée d’un excellent <em>split</em> édité par Rhinocervs Records, label entretenant des liens étroits avec le Crepúsculo Negro, du fait qu’il édite parfois certaines formations du Black Twilight Circle. Rhinocervs, qui produit des œuvres au format cassette, s’intéresse donc à des groupes méconnus dotés d’un caractère certain, musicalement semblables à ceux du Black Twilight Circle, néanmoins sans mettre en exergue les revendications indigènes ni l’iconographie inspirée par les civilisations précolombiennes. L’association entre Odz Manouk et Tukaaria ne trahit pas cet engouement pour un Black Metal unique, façonné par de remarquables talents. Des rumeurs appuyées veulent que le label lui-même soit tenu par les musiciens de Tukaaria et d’Odz Manouk et que ce soit eux qui composent les titres anonymes qui parsèment les productions de Rhinocervs.</p>
<p>Tukaaria, dont le nom signifie «&nbsp;nuit&nbsp;» dans la langue d’une race amérindienne, située au nord du Mexique et au sud des États-Unis, appelée Yaqui, contribue à ce <em>split</em> grâce à trois titres habiles. Le premier, <em>Mythology</em>, possède un son étouffé, qui confère une atmosphère feutrée au titre. La musique, contrastant avec l’émergence de la voix, grave et sépulcrale, est dotée d’une certaine légèreté. La batterie égrène son rythme répétitif tandis que la guitare rivalise de beauté s’unissant dans un savant contraste avec la voix, également sublime. Tandis que la voix s’apaise dans un râle, l’air acquiert une légèreté inaccoutumée, s’élançant vers des aigus uniques. Entraînante et fascinante, l’interprétation des instruments est bientôt accompagnée de discrets chœurs fantomatiques qui viennent rehausser l’aspect sinistre de la voix. Le rythme acquiert imperceptiblement une certaine rapidité, avant de reprendre sa vitesse initiale, ponctuant la voix sévère de ses notes légèrement aigrelettes. Une voix sépulcrale paraît, effacée et lointaine, donnant à ce titre une richesse insoupçonnée et une indéniable profondeur. La guitare égrène soudain sa partition répétitive semblable à celle de la batterie, notes étranges et singulières au sein d’un titre prométhéen, révélant l’ampleur de sa variété, tandis que la voix poursuit, imperturbable, ses cris étouffés, parfois difficilement perceptibles, perdus dans ce déferlement musical fantastique. Le râle puissant qui conclut le titre s’abrège soudain sur une sobre note de guitare.</p>
<p>D’une tonalité menaçante et effrayante, le deuxième titre, <em>Suspensions</em>, commence avec une batterie fulminante ponctuée de sons métalliques semblables aux chaînes entrechoquées d’un prisonnier. La voix surgit soudain, parfaitement cohérente avec la musique effrayante. Soudain, une guitare chargée de sonorités positives surgit avec espoir, avant de pleinement se joindre à la batterie. Les râles sombres contrastent avec les sonorités insouciantes de la guitare, qui s’efforce de quitter le maelström musical provoqué par une batterie hystérique. Le rythme ralentit sensiblement, cesse avec un son métallique, puis reprend avec une vigueur redoublée, ponctuée de son psychédéliques et, surtout, de la guitare devenue impérieusement fiévreuse, tandis que la voix semble comme poursuivie par des échos effrayants, qui deviennent bientôt des cris fantomatiques. Le rythme poursuit néanmoins sa course effrénée comme la voix, imperturbable, qui scande rageusement, dans ce déferlement musical où la guitare virtuose semble animée d’une existence unique et s’affranchit enfin du rythme, qu’elle domine de son habileté et de son aigreur.</p>
<p>Le troisième titre de Tukaaria, intitulé <em>Memory of an Extinct Race</em> commence avec cette même guitare virtuose qui enchaîne avec un <em>riff</em> d’envergure. La voix apparaît ensuite, infiniment sépulcrale, entonnant un air d’une grande ingéniosité, entrecoupé de silences inquiétants et de râles expressifs, ponctués par les notes vives et variées de la guitare, qui néanmoins entonne régulièrement son oppressant couplet. La batterie, quant à elle, alterne rapidité et lenteur, force et douceur, avec une expressivité inaccoutumée pour un tel instrument. Révélant sa force, la voix use de cris déments et rauques qui viennent embellir la prestation des instruments, d’une grande richesse, rehaussée de légers chœurs. Finalement, le titre s’achève sur une aporie progressive du son, concluant avec talent la prestation de Tukaaria.</p>
<p>Odz-Manouk est un personnage de la mythologie arménienne et le fils d’un couple royal imaginaire. Ce singulier fils, à la naissance, était un gigantesque serpent. Enfermé dans une chambre dissimulée du palais, il se nourrissait exclusivement de jeunes vierges. Un jour, la belle Arevhat fut enlevée pour nourrir Odz-Manouk, mais lorsque le roi se rendit dans la chambre afin de vérifier s’il s’était sustenté, il réalisa avec stupéfaction qu’Arevhat était intacte et que le serpent s’était métamorphosé en un magnifique jeune homme. Comme il se doit, il épousa Arevhat et le couple dirigea bientôt le royaume arménien. Odz Manouk débute avec <em>The Scavenger</em>, qui commence sur une tonalité oppressante et répétitive. La voix de Yagian, le créateur d’Odz Manouk, contraste néanmoins parfaitement avec celle de Tukaaria, car elle est aiguë, insistante et sépulcrale. La guitare ponctue l’interprétation de trois notes originales et répétées qui s’intercalent avec les couplets proférés de la voix menaçante et appuyée. Progressivement, la musique subit des variations sensibles, soigneusement élaborées, orchestrées principalement par une guitare virtuose. La voix gagne en force et en expressivité, tandis que la guitare entame des notes éthérées et discrètes dont la sonorité rappelle l’orgue. Soudain, la musique cesse complètement, puis reprend avec une verve similaire, enfin entame une séquence caractérisée par une lenteur sentencieuse où la voix devient grave et gutturale. La musique s’atténue et s’amenuise, jusqu’à ce que seule la guitare puisse conclure cet éloquent titre.</p>
<p>Le <em>split</em> s’achève avec <em>The Sloth</em>, où la batterie et la guitare entament un rythme particulièrement convaincant, aux intonations magistrales et semblables au Doom Metal. La voix révèle une énième facette de son interprétation en lançant un cri sinistre et grave. La guitare poursuit cependant son <em>riff</em> d’excellente facture, mais soudainement, se change en un air de véritable Black Metal, bientôt accompagné d’une batterie dont la ferveur est caractéristique. La voix reprend son incantation, agrémentée d’un subtil écho. Le rythme ralentit tandis que la voix éructe ses cris, ponctuée d’un discret chant clair. La guitare entame un air superbe, soigneusement appuyé, toujours doté d’une sensibilité Doom. La voix éraillée cesse, bientôt remplacée par une voix claire saisissante, mais renaît bientôt, dans un rire satanique. La musique cesse, remplacée par un air psychédélique aux sonorités métalliques et éthérées, rappelant encore l’orgue, concluant de façon magistrale ce <em>split</em>.</p>
<p>Tukaaria et Odz Manouk livrent donc un <em>split</em> de qualité, soigneusement élaboré et magistralement interprété, qui révèle la richesse musicale de ces deux excellents artistes.</p>
<p class="alinea">Extraits en écoute&nbsp;:</p>
<p></p>
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		<title>Call to Arms</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Aug 2011 22:06:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeurs]]></category>
		<category><![CDATA[Les Complaintes de Maetel]]></category>
		<category><![CDATA[White Music for White People]]></category>

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		<description><![CDATA[L’épique Call to Arms de Manowar devrait être écouté par les enfants occidentaux pour les valeurs présentées, qui sont des valeurs positives, essentielles à notre civilisation, que sont la bravoure, la virilité et la persévérance. L’honneur, la fidélité et la pugnacité seuls peuvent sauver la civilisation occidentale, échouée dans l’abîme de la stupidité et de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’épique <em>Call to Arms</em> de Manowar devrait être écouté par les enfants occidentaux pour les valeurs présentées, qui sont des valeurs positives, essentielles à notre civilisation, que sont la bravoure, la virilité et la persévérance. L’honneur, la fidélité et la pugnacité seuls peuvent sauver la civilisation occidentale, échouée dans l’abîme de la stupidité et de la veulerie. La prise d’armes est l’unique façon d’éveiller courage et abnégation dans l’âme des Occidentaux, avachis par une société féminisée qui s’abandonne à la couardise. Cet air vaillant et franc confère l’envie de combattre l’intrusion des valeurs contraires issues de l’immigration afro-maghrébine que sont la félonie, la pleutrerie et la sournoiserie. Les parents responsables devraient, plutôt que d’abêtir leurs enfants à l’écoute d’airs idiots valorisant la tolérance et le métissage, les responsabiliser avec de tels hymnes énergiques dont la puissance permet d’affronter dignement l’adversité et de renverser les gouvernements fourbes qui asservissent le fier peuple européen, aux impétueuses et généreuses racines. Manowar devrait inspirer la jeunesse occidentale et aider son ressaisissement.</p>
<p><br /><img src="http://leaule.com/medias/Manowar_Call_to_Arms.png" width="500" height="298" alt="media" /><br />
</p>
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		<title>Les Lois de l’ORGA</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Aug 2011 11:23:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bibliophilie]]></category>
		<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Adam Saint-Moore]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques de l’Ère du Verseau]]></category>

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		<description><![CDATA[L’astucieux Kerval est ce que les Matriarches appellent dédaigneusement un Eti, mot-valise d’être inférieur. Les Etis sont considérés comme des créatures médiocres, esclaves au sein des innombrables fermes d’État produisant vivres et énergie, sous le règne implacable de l’ORGA. Ce régime matriarcal fut fondé par des femmes qui survécurent à la Grande Désolation, une guerre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’astucieux Kerval est ce que les Matriarches appellent dédaigneusement un Eti, mot-valise d’être inférieur. Les Etis sont considérés comme des créatures médiocres, esclaves au sein des innombrables fermes d’État produisant vivres et énergie, sous le règne implacable de l’ORGA. Ce régime matriarcal fut fondé par des femmes qui survécurent à la Grande Désolation, une guerre exterminatrice entre les continents, survenue à une époque avancée de civilisation, annihilant presque l’humanité avec des armes destructrices et nucléaires. Ces femmes, furieuses de la démence des hommes, décidèrent de créer une société de guerrières, société archaïque reposant sur la réincarnation de la Matriarche Originelle et différentes castes, des Prêtresses aux Matriarches Oméga, sans oublier les Noires, amazones d’élite chargées de pacifier les Zones d’Insécurité, fréquentées par des mutants et des Sous-Humains, souvent des Etis vivant en tribus barbares avec des femmes qui ignorent les règles de l’ORGA. Les Matriarches endurent donc une existence particulièrement martiale, vénèrent avec déférence les décrets de l’ORGA et notamment l’interdiction de commettre le Crime contre l’Espèce, qui signifie entretenir des relations intimes avec un mâle, et celle d’allaiter les enfants, engendrés artificiellement et soigneusement sélectionnés, les filles devenant des miliciennes et les garçons des esclaves serviles. Mais Kerval, athlétique et rusé, contraste avec les autres Etis, caractérisés par leur rudesse et leur stupidité. Les Etis démontrant certaines aptitudes intellectuelles sont éliminés dès l’enfance, mais Kerval semble avoir providentiellement échappé à la vigilance des Matriarches. Lors d’une énième journée de labeur dans les champs d’une ferme d’État, une Alpha blonde, jeune guerrière destinée à devenir Noire, baptisée Goveka, s’apprête à entraîner ses Filobs inexpérimentées, adolescentes guerrières formées par les Alphas, à la traditionnelle chasse à l’Eti, exercice idéal permettant d’évaluer la force, le flair et l’endurance des filles et de leur attribuer un rang dans la hiérarchie matriarcale. L’impétueuse Goveka décide aussitôt de prendre en chasse un vieil Eti, avant que Kerval n’intervienne, demandant à l’Alpha de le choisir comme proie, lui assurant une chasse infiniment plus excitante que celle d’un vieillard déjà exténué par des années d’ouvrage. Goveka accepte. Or, Kerval parvient à semer les Filobs et tend un piège à la jeune Alpha. Dans la confusion de l’étreinte guerrière, Goveka commet le Crime contre l’Espèce avec Kerva. Singulièrement, la blonde amazone ne ressent aucune honte après cette union et prévoit rapidement de fuir le Matriarcat avec Kerval, quitte à affronter avec l’Eti les maints dangers qui parsèment la route vers la liberté, des poursuites des Noires et de leurs implacables limiers dressés à exterminer les Déviants, aux créatures sauvages et inquiétantes hantant les Zones d’Insécurité et les anciennes mégapoles, témoins sinistres de la glorieuse civilisation défunte, désormais habitées par des clans mystérieux et des créatures repoussantes.</p>
<p>Ce qui séduit, dans <em>Les Lois de l’ORGA</em>, est la parfaite connaissance d’Adam Saint-Moore de l’esprit féminin et des méfaits d’une société féministe, vers laquelle nous évoluons irrémédiablement. L’ouvrage d’Adam Saint-Moore, pourtant daté, est néanmoins éclairant. Confrontés à la féminisation de la société, les mâles contemporains oublient la virilité et deviennent de véritables Etis, esclaves des velléités et des ordres féminins, des créatures stupides et avachies, incapables d’agir avec fermeté et force. Les Matriarches, qui exterminent les rares mâles virils et harmonieux lors d’une impitoyable sélection, sont similaires aux féministes dont la tâche consiste essentiellement en un effort acharné de destruction des attributs masculins au profit de la splendeur féminine. L’écrivain dispense un avertissement d’une claire lucidité&nbsp;: l’anéantissement de la masculinité débute avec la valorisation des caractéristiques féminines, comme le fait de s’apprêter physiquement, avec maquillage et épilation par exemple, d’arborer des manières et des comportements efféminés, et cela s’achève par un impitoyable Matriarcat qui asservit les mâles et extermine les déviants. Pour les besoins de l’intrigue, Adam Saint-Moore a préféré esquisser un univers post-apocalyptique en une nette et soudaine régression de la civilisation, tandis que l’agonie de notre société est progressive, mais n’en demeure pas moins cruelle.</p>
<p>L’aspect bureaucratique et administratif du Matriarcat est évident, et la comparaison avec le système dans lequel nous évoluons, soumis à la dictature des administrations et des armées dociles de fonctionnaires tyranniques, est parfaitement réaliste. Une société où la féminité règne est une société soumise au joug bureaucratique, répondant à un désir particulièrement féminin d’organisation, d’assujettissement délétère, perpétré par les interminables justificatifs et formulaires qu’il convient de pourvoir. Un aspect consécutif de ce régime reposant sur d’innombrables administrations et castes qui régissent les gestes les plus essentiels et les plus anodins de l’existence est la méfiance. Comme dans l’œuvre d’Adam Saint-Moore, notre société repose sur une suspicion farouche. Quoi qu’il advienne, les Matriarches sont sommées d’établir d’interminables rapports sur leurs semblables et de dénoncer n’importe quel comportement déviant. Les relations entre les femmes reposent donc sur une parfaite hypocrisie et une défiance démesurée. Une amie, sinon une compagne, dissimule toujours une véritable calomniatrice qui s’efforce de révéler la faille lui permettant d’annihiler ses semblables et de gravir progressivement les différents échelons des castes matriarcales. C’est le cas de Mira, une des Filobs de Goveka, qui soupçonne l’Alpha d’avoir commis le Crime contre l’Espèce et émet un rapport sur la jeune blonde, la forçant, afin d’éprouver sa fidélité envers l’ORGA, à conduire Kerval dans un centre d’extermination sous la surveillance d’une Matriarche Supérieure, étudiant les moindres réactions et gestes de la jeune femme. La délation, la suspicion et, essentiellement, la fidélité à l’organisation tyrannique du Matriarcat est considérée comme une attitude exemplaire. Fin observateur des comportements féminins, Adam Saint-Moore souligne les aptitudes destructrices des femmes lorsqu’elles obtiennent un pouvoir qui ne devrait être leur. Leur caractère est de fait révélé par le fait qu’elles soient seules régnantes. Une société qui s’abandonne au féminisme repose précisément sur l’hypocrisie, car tel est le comportement habituel des femmes en société et telle est la conséquence d’une société féminisée.</p>
<p>La société de l’ORGA reposant sur le déséquilibre, la virilité étant asservie sinon anéantie, les femmes doivent combler seules leurs désirs. Elles s’adonnent au saphisme, oscillant entre de multiples partenaires. Les unions fidèles et durables s’avèrent particulièrement rares et les Noires sont souvent décrites comme d’une singulière virilité, dotées d’une carnation sombre, d’une absence remarquable de poitrine et de cicatrices couvrant leur corps élancé et musculeux. Obéissant à leurs gènes, n’en déplaise à ceux qui prétendent que les sexes sont des constructions sociales, les femmes tentent de se satisfaire des ces subterfuges de virilité mais ne parviennent à en être comblées. C’est le constat que dresse Goveka après avoir été satisfaite par Kerval, et son sentiment d’être enfin entière, n’éprouvant aucune culpabilité d’avoir pourtant commis un véritable crime selon les Matriarches. L’acte charnel entre Matriarches n’est de fait qu’un signe d’intégration pour lequel elles ont reçu une éducation précise et la capacité à provoquer le plaisir de sa partenaire est une qualité déterminante dans l’évolution d’une femme au sein de l’ORGA. Nous ne sommes guère éloignés de notre société, où la quête effrénée du plaisir et la multiplication des partenaires ont remplacé la fidélité, la tendresse et l’estime mutuelle. Puisque les femmes s’épient perpétuellement, la couche d’une Matriarche est également l’endroit où les femmes s’espionnent et guettent les gestes déviants. La quête de Goveka et Kerval est donc celle de l’unité originelle et de l’antique fusion amoureuse de l’homme et de la femme, reniée pendant des siècles par les Matriarches. </p>
<p>Enfin, signe consécutif d’une société abandonnée à la féminité, l’ORGA est un régime archaïque et agraire&nbsp;; les femmes éprouvant un certain dédain envers la raison et le progrès, elles n’éprouvèrent aucun désir de reconstituer la civilisation passée, mais se sont au contraire méfiées des progrès humains, qu’elles estimèrent dangereux, ne conservant comme technologie passée que les outils nécessaires à l’accomplissement de leur règne, dont les armes leur permettant d’asseoir leur pouvoir. Néanmoins, des techniques avancées sont consacrées à la sélection des fœtus. Le ventre des femmes n’enfante plus et l’allaitement est considéré comme une démarche avilissante. Ces créatures émancipées n’en sont pas moins des adoratrices de Gaïa et l’écologisme, digne pendant du féminisme, connaît un intérêt certain qui coïncide avec les désirs régressifs des Matriarches. Leur désintérêt envers le progrès, la raison et la science, leur volonté impérieuse de réprimer, de tyranniser et de contrôler, leur dédain envers la création, ne serait-ce que sur les plans artistique, architectural et technique révèle la véritable nature de la femme lorsque celle-ci s’abandonne à ses vils instincts et n’est pas encouragée à la création et à la perfection par un être viril.</p>
<p>Notre société possède les caractéristiques de ce Matriarcat que Goveka et Kerval cherchent éperdument à fuir. En quête d’une terre accueillante, le couple doit fuir les guerrières de l’ORGA afin d’espérer survivre. Il lui faut affronter diverses épreuves, qui laissent le lecteur sans répit, et divers univers au sein de cette Terre dévastée, de la Mégapole 3 et ses familles malveillantes aux Puants, mutants dégénérés qui se nourrissent de sang, chaque aventure permet d’introduire des personnages complexes et énigmatiques, ainsi que des décors étranges, des déserts habités par des lézards crachant un poison mortel à la sereine montagne bleue et ses forêts accueillantes, sans oublier la mégapole, vaste cité à la fois effrayante et majestueuse, dernier vestige d’une civilisation oubliée. La plume d’Adam Saint-Moore est vive et plaisante, et les péripéties se succèdent sans répit dans cette épopée convaincante. L’ORGA évoque de façon persistante les affres du féminisme contemporain. L’écrivain aborde de façon critique cette société féminisée, caractérisée par sa cruauté guerrière, sa puissante bureaucratie et son absence élémentaire de liberté. L’unique bémol réside certainement dans l’attrait de l’écrivain pour le voyeurisme saphique, qui semble parfois purement gratuit. Mais le rythme effréné des péripéties et la variété des cadres et des personnages parviennent aisément à combler cette gêne. <em>Les Lois de l’ORGA</em> est donc le début prometteur d’une série d’une série d’ouvrages parfois inégaux, intitulés <em>Les Chroniques de l’ Ère du Verseau</em>, qui introduit la richesse imaginative d’un écrivain érudit et visionnaire, de son véritable nom Jacques Douyau, ancien journaliste à <em>La Dépêche du Midi</em>, qui prédisait dès 1985 l’<a href="http://leaule.com/medias/Article-de-Jacques-Douyau.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Article-de-Jacques-Douyau.jpg" target="_blank" target="_blank">islamisation de la France</a>. Nous conseillons donc cette saine et intéressante lecture qui ravira certainement les amateurs de science-fiction post-apocalyptique.</p>
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		<title>Bloodflower</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Aug 2011 21:34:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Mélomanie]]></category>
		<category><![CDATA[Black Metal]]></category>
		<category><![CDATA[Black Twilight Circle]]></category>

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		<description><![CDATA[L’excellent EP de Blue Hummingbird on the Left est édité par le Crepúsculo Negro, un label recueillant des artistes américains d’origine mexicaine, qui appartiennent au Black Twilight Circle, fascinés par les mythologies inca et aztèque. L’esthétique de ces groupes généralement talentueux est donc inspirée par la religion cosmique mésoaméricaine, par son panthéon singulier, et, en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’excellent EP de Blue Hummingbird on the Left est édité par le Crepúsculo Negro, un label recueillant des artistes américains d’origine mexicaine, qui appartiennent au Black Twilight Circle, fascinés par les mythologies inca et aztèque. L’esthétique de ces groupes généralement talentueux est donc inspirée par la religion cosmique mésoaméricaine, par son panthéon singulier, et, en ce qui concerne Blue Hummingbird on the Left, par la divinité Huitzilopochtli, le colibri de la gauche du titre, divinité solaire de la guerre parée de plumes de colibri, ces oiseaux représentant les âmes des combattants défunts qui accompagnent l’astre solaire. La gauche symbolise, dans la mythologie aztèque, le séjour des morts, duquel dépendent les guerriers défunts. Huitzilopochtli est la divinité protectrice des Aztèques, qui lui consacrèrent d’innombrables sacrifices humains afin de bénéficier de son énergie solaire et de sa protection virile. Férus de nationalisme mexicain, Coapahsolpol, Yayauhqui, Tlacelel et Yecpaocelotl, les quatre artistes de Blue Hummingbird on the Left, y insèrent le thème guerrier du dieu colibri Huitzilopochtli. Musicalement, leur EP de trois titres, intitulé <em>Bloodflower</em>, évoque un Black Metal puissant, agrémenté de touches légères et obsédantes, imprégné d’un caractère unique.</p>
<p>Le premier titre, <em>Cuauh Youalli</em> évoque l’aigle, symbole des grands guerriers aztèques qui se paraient des plumes de l’oiseau majestueux. S’initiant sur un rythme étouffé et puissant, à la rapidité frénétique, le titre s’apaise rapidement avec l’arrivée de la guitare, accompagnée de sons aigus de sifflets qui évoquent les cris d’un aigle furieux. La batterie reprend son rythme initial, impitoyable et impérieux. La voix, grave et rauque, surgit, avec ses hurlements saccadés et expressifs. Essoufflé, le rythme regagne son intensité tandis que la voix rageuse éructe en de brefs halètements ses cris farouches. Le sifflet retentit à nouveau, tandis que surviennent des tambours au rythme martial, scandant l’entrée en guerre des guerriers aigles sanguinaires. <em>Cuauh Youalli</em> rappelle l’élite guerrière des cuāuhpipiltin lors d’un conflit sanglant, ponctué des cris volontaires des soldats et des sons de tambours virils, sous la protection céleste de l’aigle glatissant. Cet aigle symbole de virilité et de courage, dont les ailes sont illuminées, est l’aigle solaire qui, lors de la Création, éleva le soleil dans les cieux et s’en brûla les ailes.</p>
<p><em>Southern Rules Supreme</em> évoque l’entrée en guerre des légions solaires en un tableau martial agrémenté des divinités aztèques qui veillent sur les guerriers. Il débute sur un rythme effréné ponctué de cris semblables aux hululements de quelque nyctalope furieux. Le sifflet, surgissant soudain, imite le cri de quelque oiseau alerté, avant que la voix, suivant les sifflements légers, ne décrive justement le contraste entre le calme de la nature et la proximité de l’assaut des guerriers, entre la vie fourmillante de mille animaux et la mort prochaine des combattants&nbsp;: «&nbsp;<em>Yet, the birds still sing their songs, songs of life as our lord rises and signals the Attack!</em>&nbsp;» Le rythme éminemment martial accompagne la voix, rauque et emportée tel un cri de guerre, dans la description du combat. Tandis que les coups mortels fusent, symbolisés par les notes cruelles et rageuses de la guitare et les ponctuations effrénées de la batterie, les oiseaux font entendre, grâce au sifflet, leur mélodie aigrelette, alors que la voix poursuit son récit à la gloire des divinités guerrières. «&nbsp;<em>The hummingbird of the south, Signals of smoke, mirror the battlefield eagles scout northern plains jaguars advance, target, Slay!</em>&nbsp;» Le conflit est humain, animal et divin, impliquant des forces naturelles et surnaturelles, présentes dans la musique, sauvage, combattive et sublime, qui décrit farouchement le déroulement de la bataille, bataille acharnée de surhommes dont le corps tendu s’harmonise avec la nature afin de grandir en férocité et en force. D’une démente expressivité, la musique place l’auditeur au sein de la guerre, entre le vol d’une chouette effarouchée et le coup d’épée d’un guerrier mourant dont l’âme rejoindra bientôt le discret colibri.</p>
<p>Le dernier titre, <em>Bloodflower</em>, débute avec une guitare rageuse, suivie par une batterie frénétique dans la continuité du titre précédent. Les exclamations gutturales accompagnent la musique en une narration soutenue, expressive et élégante, ponctuée d’un léger écho, évocation éthérée du trépas d’un valeureux guerrier, dont l’âme, bénie des dieux pour son courage et sa valeur, est emportée dans les airs par le colibri bleu&nbsp;: «&nbsp;<em>I hear birds who cry out like flutes, my heart beats along with the blue hummingbird</em>&nbsp;». Les <em>riffs</em> expressifs de la guitare soulignent, de par leur tension, l’envolée de cette âme vers le soleil qui nourrira bientôt le colibri lors de l’éclosion des fleurs nouvelles.</p>
<p><em>Bloodflower</em> est donc un triptyque évocateur qui s’écoute comme trois tableaux traitant de la guerre, de la préparation nocturne sous la protection de l’aigle à la mort des braves dont l’âme est choyée par le colibri funèbre, sans oublier le conflit, sous l’œil des animaux et volatiles qui jugent la valeur des guerriers. La richesse thématique et mythologique de Blue Hummingbird on the Left est servie par une musique puissante, élégante et cruelle, dotée d’un immense caractère et ponctuée par des sifflets qui évoquent la présence des oiseaux aztèques. <em>Bloodflower</em> compte parmi les œuvres géniales du Black Twilight Circle, dont la qualité et le caractère sont évidents. Nous conseillons donc fermement l’écoute de cet EP parfait, dont l’expressivité parvient à exacerber l’imagination.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Bloodflower2a.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Bloodflower2a.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Bloodflower2a-500x375.jpg" alt="Blue Hummingbird on the Left - Bloodflower&nbsp;: versions sur vinyle 7″." title="Blue Hummingbird on the Left - Bloodflower&nbsp;: versions sur vinyle 7″." width="500" height="375" class="aligncenter size-medium wp-image-10539" /></a></p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Bloodflower2b.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Bloodflower2b.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Bloodflower2b-500x375.jpg" alt="Blue Hummingbird on the Left - Bloodflower&nbsp;: édition régulière sur vinyle 7″." title="Blue Hummingbird on the Left - Bloodflower&nbsp;: édition régulière sur vinyle 7″." width="500" height="375" class="aligncenter size-medium wp-image-10540" /></a></p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Bloodflower2c.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Bloodflower2c.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Bloodflower2c-500x375.jpg" alt="Blue Hummingbird on the Left - Bloodflower&nbsp;: édition spéciale sur vinyle 7″." title="Blue Hummingbird on the Left - Bloodflower&nbsp;: édition spéciale sur vinyle 7″." width="500" height="375" class="aligncenter size-medium wp-image-10541" /></a></p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Bloodflower2d.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Bloodflower2d.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Bloodflower2d-500x375.jpg" alt="Blue Hummingbird on the Left - Bloodflower&nbsp;: test press du vinyle 7″." title="Blue Hummingbird on the Left - Bloodflower&nbsp;: test press du vinyle 7″." width="500" height="375" class="aligncenter size-medium wp-image-10542" /></a></p>
<p class="alinea">Extrait en écoute&nbsp;:</p>
<p></p>
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		<title>Demo 2</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Aug 2011 18:50:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Mélomanie]]></category>
		<category><![CDATA[Black Metal]]></category>

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		<description><![CDATA[Le groupe suédois Octinomos est constitué de Frederik Söderlund, un des membres de Puissance, groupe de musique industrielle fasciné par les thèmes de l’holocauste nucléaire et de l’humanicide, et d’un membre d’Arditi, Mårten Björkman, un groupe d’ambiant porté sur la matière militaire. Ces deux artistes de tendance néoclassique se sont réunis afin de créer Octinomos, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le groupe suédois Octinomos est constitué de Frederik Söderlund, un des membres de Puissance, groupe de musique industrielle fasciné par les thèmes de l’holocauste nucléaire et de l’humanicide, et d’un membre d’Arditi, Mårten Björkman, un groupe d’ambiant porté sur la matière militaire. Ces deux artistes de tendance néoclassique se sont réunis afin de créer Octinomos, dans un style musical différent, le Black Metal. L’auditeur s’attendrait presque à ce que cette production soit pétrie du genre usuellement pratiqué par eux, une musique soignée aux orchestrations raffinées, or Octinomos est un Black Metal cru, généralement classique, hormis quelques originalités présentes dans certaines de leurs productions ultérieures. Leur Black Metal est certes soigneusement élaboré, avec recherche, souci du détail et esthétique, mais néanmoins simple, reposant sur l’incessante répétition de <em>riffs</em> similaires et le respect obséquieux des principes du genre. La démo, intitulée <em>Demo 2</em>, est, contrairement à ce que son titre indique, la première démo éditée par Octinomos. Le duo y révèle des aptitudes inattendues dans le domaine du Black Metal et s’approprie ses conventions afin de fournir quatre titres classiques mais talentueux, dotés d’une esthétique soignée.</p>
<p>Le premier titre, <em>Still Those Stars Shine</em>, commence par un <em>riff</em> éculé mais néanmoins savamment réalisé, rapidement accompagné par la voix flûtée du chanteur, qui se répand en râles incessants. L’air repose sur la répétition, mais son élaboration est néanmoins harmonieuse, tandis que le chanteur émet des plaintes d’une voix progressivement acérée. Exaltée, la musique l’accompagne dans ses cris rageurs, formant un léger contraste d’un goût certain, qui s’achève de façon abrupte, enchaînant sans transition avec le deuxième titre.</p>
<p><em>From the Sky</em> débute avec un rythme reposant sur la lenteur, mais qui soudainement s’agite et se précipite dès l’apparition de la voix hurlante. La guitare, cristalline et enjouée, évoque subtilement la musique d’un orgue, justement accompagnée par de discrètes notes de clavier qui en évoquent la sonorité sépulcrale. Cette délicatesse presque harmonieuse contraste avec la batterie, d’une violence insoupçonnée, tandis que la voix s’abandonne à des râles dont la virulence surpasse celle du titre précédent, dotée de légères tonalités nasales. Des bruits indéterminables, semblables à des clapotis aquatiques souterrains, confèrent à ce titre une sonorité étrange et maléfique, amplifiée par la musique, qui oscille entre la démence et la douceur de façon imprévisible. La voix s’accorde aux caprices de cette musique protéiforme et astucieuse, dont le rythme passe de la lenteur à la frénésie, avec une nuance d’exaltation et d’enjouement, qui contraste avec les menaces d’un cadre musical inquiétant.</p>
<p><em>Iniuira</em> reprend la sonorité aigre des précédents titres. La musique, tantôt volubile tantôt répétitive, accompagne la voix dont les grognements rauques sont d’une grande variété. Un air apaisé accompagne un cri rauque, avant de soudainement se reprendre, avec une batterie frénétique, qui encourage la voix à éructer ses cris répétés et expressifs. La guitare semble acérée comme la voix, formant un surprenant dialogue, ponctué par l’ire irrépressible de l’insaisissable batterie. Les râles se suivent, uniques, tantôt graves, tantôt aigus, brefs, longs, sinistres, jubilatoires, ils semblent emportés par ce flux musical incessant, dont les secondes de repos ne sont que des accalmies avant des redoublements d’intensité, et qui finit par périr dans un bref écho.</p>
<p><em>The Demiurge</em>, dernier titre de la démo, possède un rythme rapide, reposant sur une base musicale similaire à celle des trois titres précédents. La voix semble comme transportée par cette ultime performance, révélant davantage encore la richesse de sa palette et exaltant ses interminables râles d’une profonde expressivité. Elle semble enfin surpasser l’opulence musicale qui l’accompagne, cette dernière étant comme maîtrisée, enfin, par la voix, d’une force inouïe, semblable à quelque infernal gouffre dans lequel l’auditeur est précipité. Les instruments s’abandonnent à des séquences rythmiques répétitives afin de rehausser davantage ses râlements nasaux. Menaçants et brefs, ils confèrent un sentiment de profondeur musicale effrayant, comme si le titre était interprété de quelque abîme mystérieux, au creux de l’antre d’un démon qui ne serait autre que cette voix, révélant enfin pleinement son expressivité, avant de s’éteindre dans un dernier remarquable cri.</p>
<p><em>Demo 2</em> est donc une œuvre plaisante, reposant sur les conventions du Black Metal, dénuée de remarquable originalité, mais néanmoins talentueusement interprétée, avec expressivité et sensibilité.</p>
<p class="alinea">Extrait en écoute&nbsp;:</p>
<p></p>
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		<title>2010 Demo</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Aug 2011 15:17:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Maetel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le Coin de l’érudit]]></category>
		<category><![CDATA[Mélomanie]]></category>
		<category><![CDATA[Doom Metal]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est difficile d’exprimer pleinement l’enthousiasme que nous procure ce groupe, natif de l’Arkansas, sinistrement et dignement dénommé Pallbearer. Sa première démo, sobrement intitulée 2010 Demo, dissimule, derrière son titre austère et sa pochette funèbre, trois titres d’un Doom Metal à l’excellence telle que nous pouvons considérer la démo comme l’une des meilleures œuvres du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est difficile d’exprimer pleinement l’enthousiasme que nous procure ce groupe, natif de l’Arkansas, sinistrement et dignement dénommé Pallbearer. Sa première démo, sobrement intitulée <em>2010 Demo</em>, dissimule, derrière son titre austère et sa pochette funèbre, trois titres d’un Doom Metal à l’excellence telle que nous pouvons considérer la démo comme l’une des meilleures œuvres du genre. Pallbearer mérite déjà de siéger parmi les véritables souverains du Doom Metal que sont Candlemass, Black Sabbath et Solitude Aeturnus, afin de ne citer que cet éloquent triptyque dont Pallbearer semble s’inspirer. Aucun terme n’est suffisamment puissant pour exalter le déferlement intense d’émotions causé par l’écoute de <em>2010 Demo</em> et la transe mélancolique provoquée par ces airs hypnotiques d’une facture éminente, parfaite et prodigieuse, à l’expressivité exacerbée et à l’intensité telle qu’elle captive l’âme frissonnante et suscite des tremblements corporels. </p>
<p>L’auditeur est spontanément fasciné par le rythme lent et lourd, les <em>riffs</em> pénétrants et délicats de la guitare et, enfin, la voix suave et subtilement nasale du chanteur, Brett Campbell, semblable à celle d’Ozzy Osbourne, l’insigne chanteur de Black Sabbath et de Dan Fondelius, de Count Raven, préservant néanmoins sa particularité, son caractère éthéré et délicat d’ange mélancolique qui s’accorde avec la musique sans pourtant la dominer, avec une précision de nuances remarquable et un goût d’une invraisemblable perfection. La voix complète donc la musique et lui confère son aspect poétique et déchirant, dans un équilibre érudit, qui souligne la considérable puissance évocatoire de ce triptyque remarquable, confondant majesté et mélancolie avec intelligence, technique et supériorité. </p>
<p>La vigueur et la virilité de cette considérable démo est savamment pondérée par cette particularité qui confère à Pallbearer sa beauté fascinante, cette sérénité désabusée d’une finesse inégalée, cette sagace connaissance de l’âme et de l’alchimie hermétique qui règne entre elle et la musique, dont la cabalistique harmonie seule parvient à l’écarteler dans une abondance déchirante d’émotions. Ces druides occultes, versés dans une poésie oubliée, ne sont guère les fossoyeurs de l’âme&nbsp;; ils en sont les rédempteurs qui épanchent, grâce à des rites précis et gracieux, les douleurs humaines. Révélateur des affligés et des tourmentés, Pallbearer use d’une tendre et miséricordieuse catharsis qui désenchaîne l’âme et délivre Prométhée de son éternel supplice. La véritable beauté mélancolique de <em>2010 Demo</em> est une expérience de l’extase poétique. La sublimité sépulcrale de ce sacrement initiatique est impossible à dépeindre sans que sa magnificence en soit altérée.</p>
<p><em>The Legend</em> s’ouvre sur des notes de guitare qui initient cette catabase dans les tréfonds de l’âme. Le rythme, pesé avec une savante exactitude, est souligné par un crescendo éloquent, puis ponctué par la batterie, qui en souligne les accords désabusés. Immédiate et exacte, la beauté surgit des ténèbres de ces instruments funèbres dont les notes névrosées annoncent un Doom Metal d’une grande pureté, soulignant l’indolence sépulcrale du rythme et l’insistante profondeur des instruments. La puissance n’est guère dénuée d’harmonie et le rythme est posé, dans de talentueuses variations, qui précèdent la voix. Voix plaintive, presque effacée, mais mélodieuse et d’une infinie douceur, qui contraste avec la sonorité fougueuse de la guitare. Vibrante et implorante, la voix révèle, dans une interprétation parfaite, sa beauté éthérée. La batterie et la basse confèrent un arrière-plan digne des grandes œuvres du Doom Metal à ce titre sublime et leur force est souvent révélée lors de séquences astucieusement disposées. La composition savante permet d’exalter la suave légèreté de la voix, rehaussée dans un mystérieux contraste par la grande intensité des instruments.</p>
<p>Le deuxième titre, intitulé <em>Devoid of Redemption</em>, s’annonce également comme un chef-d’œuvre du Doom Metal. Équilibre et puissance s’unissent afin d’élaborer un titre à l’eurythmie parfaite. Les phrases musicales s’enchaînent de façon soignée, sur un rythme solide, tel un atlante vigoureux, afin de soutenir cette voix sans cesse dressée vers les cieux, tel un ange aux ailes brisées. Presque lointaine, comme agrémentée d’une subtile résonnance, elle déclame avec d’esthétiques gémissements son douloureux poème. Néanmoins, elle se révèle alternativement acerbe, ironique, désabusée et caressante, dans un contraste d’émotions remarquable. Elle déploie, avec ces magnifiques variations, sa grande expressivité. Captivés par ces émotions, les instruments deviennent menaçants, avec des sonorités cruelles et hypnotiques, avant de reprendre leur rythme habituel. La voix, soudainement défigurée, devient ensuite métallique, elle se dédouble, se déforme, puis meurt dans l’écho d’un véritable déchirement, tandis que la batterie égrène de façon imperturbable son rythme d’insensible bourreau. La guitare succède à la voix dans un <em>riff</em> talentueux, mais les clameurs désespérées reprennent, avec une intensité nouvelle, dans une surprenante et inattendue renaissance, pour enfin s’épuiser tandis que le rythme ralentit sensiblement. L’interminable titre s’achève enfin, dans l’agonie mesurée de l’épuisement et de l’aporie. </p>
<p>La démo se clôt avec <em>Gloomy Sunday</em>, la reprise éponyme de la célèbre chanson hongroise du début du siècle dernier. Cette œuvre aurait de fait provoqué d’innombrables suicides depuis sa création. Elle évoque tristement un amant désireux de se suicider afin de retrouver l’être aimé dans la mort. Souvent reprise de façon malheureuse, cette chanson ne semblait guère attirer les musiciens pratiquant le Doom Metal. Le sujet, morbide et dépressif, était pourtant prédestiné aux adeptes de ce genre, dont les thèmes de prédilection sont notamment la dépression et le suicide. Jusqu’à Pallbearer, l’aura saisissante de cette chanson semble cependant avoir rebuté les artistes. Néanmoins, Pallbearer a décidé de soumettre sa version de l’air hongrois, une version d’une implacable puissance, autrement plus évocatrice que l’interprétation bêlante et apathique de Billie Holiday. Dans la version de Pallbearer, la batterie virile et la guitare puissante remplacent le piano amorphe et le saxophone nonchalant, imposant un rythme captivant, infiniment plus expressif et dramatique. La mélancolie itérative de l’interprétation intensifie le caractère tragique et dépressif de l’œuvre. </p>
<p>L’aisance avec laquelle les musiciens s’approprient la chanson révèle que <em>Gloomy Sunday</em> était façonnée pour le Doom Metal et, près d’un siècle après la création de cette chanson, elle parvient enfin à révéler pleinement sa beauté, sa subtilité et sa tristesse, grâce à l’interprétation sublime de Pallbearer. La force incomparable de l’instrumentation permet d’exprimer de multiples sentiments, comme le désespoir, le désenchantement, la détermination et la tristesse. Sa verve inclut un ressenti semblable à quelque rage sourde face à l’injustice de l’existence. La voix exalte avec une profonde beauté la palette de ces émotions&nbsp;; douce et éthérée, dotée d’une intensité inégalée, elle exécute avec une expressivité et une aisance inouïes cet air périlleux qui nécessite justesse et caractère de la note introductive à la note conclusive. Cette interprétation magistrale est absolument parfaite et d’un équilibre exemplaire. Parfois maniérée et sombre, parfois éraillée et farouche, parfois aigüe et implorante, parfois même ornée, dans ses implorations désespérées, d’un discret vibrato qui ponctue élégamment les phrases, la voix révèle ses aptitudes avec une retenue et une rectitude singulières. Sa volubilité contraste avec les instruments, puissants et constants, qui accompagnent funèbrement les plaintes de la voix, apposant à chaque note le sceau de l’issue inéluctable symbolisé par le serment de suicide prononcé par le chanteur&nbsp;: «&nbsp;<em>Angels have no thought of ever returning you would they be angry if I thought of joining you?</em>&nbsp;». Magnifique et massif, ce titre clôt souverainement cette démo qui abandonne l’auditeur à la réminiscence mélancolique de cette véritable beauté musicale.</p>
<p>Pallbearer n’est donc définissable que comme l’éloquente allégorie de cette religion de l’âme qu’est le Doom Metal. Lucifer à la diabolique distinction, Hécate à l’angoisse lunaire, Pallbearer incarne la plainte gémissante des damnés au sein d’une nature à la solennité de cathédrale gothique. Magnifique et monumental, <em>2010 Demo</em> est un prodige musical, une merveille à préserver et à chérir au creux de son âme, un baume pour les instants d’affliction, un aromate, un encens précieux qui confère à l’existence son caractère thaumaturgique et dont les émanations permettent de saisir le sens occulte de la vie. L’écoute de ce triptyque éloquent provoque chez l’auditeur une transe révélatrice grâce à laquelle il entrevoit l’immoralité de l’âme dans une démarche platonicienne qui ouvre l’individu aux beautés impalpables de la divinité.</p>
<p>Il existe, de <em>2010 Demo</em>, deux éditions de format CD&nbsp;; un premier pressage à 120 exemplaires sur CD-R orné d’une pochette sérigraphiée et un second pressage sur le même support, dont la quantité est limitée, disponible à la vente lors des différents concerts du groupe. Nous possédons cette dernière version. S’ajoutent enfin deux éditions cassette. Le label Deathsmile a édité une première version à 66 exemplaires, puis un second pressage à 100 exemplaires avec une présentation améliorée figurant sur la photographie ci-dessous. Enfin, Pallbearer distribue généreusement une version mp3 de l’intégralité de la démo en téléchargement libre, version disponible en écoute à la fin de cette recension.</p>
<p><a href="http://leaule.com/medias/Pallbearer-2010-Demo.jpg" title="Site externe : http://leaule.com/medias/Pallbearer-2010-Demo.jpg" target="_blank"><img src="http://leaule.com/medias/Pallbearer-2010-Demo-500x375.jpg" alt="" title="Nos versions de la démo 2010 de Pallbearer, badges et sticker." width="500" height="375" class="aligncenter size-medium wp-image-9193" /></a></p>
<p class="alinea">Démo en écoute&nbsp;:</p>
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